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De l'Indifférence en matière de politique et de ses conséquences, dialogue / par M. Desvaux

De
8 pages
impr. de Lebel ((Versailles)). 1823. France -- 1814-1824 (Louis XVIII). 1 pièce (8 p.) ; in-8.
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DE L'INDIFFÉRENCE
EN MATIÈRE DE POLITIQUE,
ET DE SES CONSÉQUENCES.
DIALOGUE,
M. DESVAUX
PHOEDON.
Vous vous tromperiez, mon cher Arion, si, dans les
circonstances actuelles, vous vous croyiez dispensé
de prendre ostensiblement parti dans les matières
de politique, dans tout ce qui regarde le gouverne-
ment. Aux jours du danger, les anciens voulaient
que chaque citoyen manifestât sa pensée tout en-
tière: je vous ai entendu applaudir à cette loi qui fit
la gloire et la sûreté d'Athènes ; il en est de même
aujourd'hui.
ARION.
Y pensez - vous, ami? auriez - vous quelques
motifs de me regarder comme indifférent? Jugez-
moi sans prévention, et sachez que j'ai toujours
accompagné des voeux les plus ardens le besoin que
la France en général, et chacune de nos familles
en particulier, éprouvent de se reposer sous l'aile
( 2 )
protectrice d'un gouvernement essentiellement pa-
ternel. Il est vrai que mes voeux sont concentrés
dans mes habitudes, dans l'intérieur de mes foyers,
que je quitte difficilement; mais ils sont ceux d'un
homme ami de son pays, d'un père de famille, d'un
homme livré à l'étude, qui craindrait de faire juger
défavorablement de la loyauté, de la profondeur
de ses sentimens, s'il cherchait à en faire parade.
Et ne savez-vous pas mieux que moi que ce ne sont
pas les plus dévoués, les plus fidèles, qui crient le
plus haut, qui parlent sans cesse.
PHOEDON.
Mais, l'exemple des anciens, de ces illustres
Grecs, de ces vieux Romains que vous vantez chaque
jour ! ARION.
Les Grecs et les Romains avaient des moeurs bien
différentes des nôtres. Citoyens de petits états, ils
étaient tous appelés à discuter les lois, à juger les
démêlés qui s'élevaient entre eux, à voter sur tous les
besoins de la patrie. Nous, au contraire, sujets d'un
grand état, d'un gouvernement monarchique, notre
devoir se borne à remplir les obligations que l'in-
térêt général commande, par l'organe du souve-
rain ; à lui livrer nos bras, notre fortune, pour
défendre sa personne et soutenir l'indépendance de
la patrie quand sa voix nous appelle au combat.
PHOEDON.
Croyez-en mon amitié, Arion ; vous courriez des