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DE
L'UNION
EN FRANCE.
De l'Imprimerie de ME JEUNEHOMME,
rue Hautefeuille, n° 20.
DE
L'UNION
EN FRANCE ;
PAR EMMANUEL BOUIN.
L'union d'un grand peuple peut seule en
imposer à l'Europe.
INTRODUCTION.
A PARIS,
CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1817.
PREFACE.
LA Charte garantit la liberté de la
presse : une ordonnance nous en avait
privé; une ordonnance nous l'a ren-
due, sous certaines conditions.
Tous les orateurs qui ont parlé en
faveur du Projet de loi sur les jour-
naux se sont écriés : « La voix publi-
" que n'a pas besoin des journaux
« pour se faire entendre. La liberté
« de la presse existe, publiez des bro-
« chures...... ». Il m'a donc paru bien
surprenant que des imprimeurs aient
pu craindre de publier un ouvrage
que j'offrais de signer; et qui, j'ose le
dire, a été écrit sous la dictée du plus
ardent patriotisme.
(vj)
Mon étonnement a cessé lorsque
j'ai lu dans les journaux le discours de
M.me Vatimisnil, substitut de M. le
procureur dit roi, dans l'affaire des
sieurs Dentu et Chevalier.
Dans quel étrange abaissement est
tombée ma pat fie L. qu'un de ses en-
fans croit voir l'étranger chargé de ses
dépouilles, prêt à se partager ses
membres sanglans! qu'il élève sa voix
éloquente pour signaler l'écueilj et
réveiller la nation au bord du préci-
pice! un ordre des hautes-puissances
suffit four enchaîner ses cris de dé-
tresse.... Qu'un citoyen généreux,
voyant le ministère s'engager dans
une route tortueuse ou impraticable
essaye d'éclairer le roi et son peuple
sur les dangers qui les menacent : qu'il
tremble ! On a glissé à la tribune ,
propagé par les journaux ; et , on
soutient déjà , dans le temple de
Thémis cette doctrine; « qu'attaquer
« un ministre, c'est attaquer le roi (1),
« par cela seul qu'il est revêtu de sa
« confiance ». Le roi ne peut donc
jamais être trompé? Les ministres
seront tous des hommes habiles, in-
tègres, courageux et dévoués? A votre
avis, il faut toujours attendre, au 20
mars, pour signaler l'ineptie ou la
trahison?
Mais, comme en dépit des amendes,
des cachots, des persécutions de toutes
espèces, il existe des âmes fortes et in-
dépendantes, qui s'exposeraient avec
joie aux coups des méchans, fières de
(1) En poursuivant ce raisonnement, on trouverait
qu'accuser un valet de ville dé mal remplir ses fonc-
tions, c'est attenter à la majesté royale. En effet, un
préfet est revêtu de la confiance du ministre ; un maire,
de celle du préfet ; un valet de ville , de celle du mai-
re. Le respect me défend de remonter la chaîne.
Voilà pourtant ce qu'on appelle entourer le trône
de considérations !...
( viij )
souffrir pour la cause de la patrie; on
s'est avisé d'un étrange expédient : on
a poursuivi les imprimeurs comme
complices des ouvrages , même
avoués de l'auteur. Il me semble voir
tin enfant, pour se venger de la pi-
qûre d'une abeille, briser la ruche où
la république entière allait déposer
son miel. Xercès, faisant battre la mer
de verges, n'est que ridicule; les mo-
dernes inquisiteurs seraient quelque
chose de plus.
On exhorte charitablement les Fran-
çais, les jeunes gens sur-tout, à ne
plus écrire sur la politique. « Pour le
« faire sans danger, nous dit-on, il
« faut du tact, de la mesure, de la
" bonne-foi ». Français, comprenez-
vous cette dernière phrase ? La bonne-
foi, c'est-à-dire, la passion du bien
ne suffit plus pour parler à ses compa-
triotes des intérêts communs, il faut
encore le tact pour deviner ce qu'on
( ix )
peut dire, la mesure, ce qui peut
plaire.
Ne plus écrire sur la politique ! eh,
quoi? lorsque nous sommes parvenus
au dernier degré de l'opprobre et de
la misère, lorsqu'un excès d'énergie
et de confiance peut seul sauver la pa-
trie d'une dissolution prochaine, nous
donner le courage nécessaire pour
supporter ou terminer une pénible
agonie, vous nous engagez à nous li-
vrer à l'étude des sciences, des lettres
et des beaux-arts? Ainsi, quand la
mort erre sur les lèvres d'un enfant,
ses imprudens gardiens lui donnent
un hochet pour amuser sa dernière
heure, aulieu de lui prodiguer ces re-
mèdes efficaces qui pourraient peut-
être ranimer ses forces, et le rendre
à la vie.
L'attention d'un grand peuple aux
affaires publiques , est la marque la
moins équivoque de son patriotisme.
(X)
En effet, si une bonne législation est
celle qui est la plus en harmonie avec
les intérêts du plus grand nombre, il
est évident que ( dans les pays où, il
existe une telle législation ) si le gou-
vernement y conforme ses actes, plus
les citoyens les examineront, plus ils
se convaincront qu'ils ont été faits
dans leurs intérêts : cette conviction
seule les rendra capables des plus
grands efforts, des plus grands sacri-
fices. Aussi un tel système, chez les
anciens comme chez les modernes, a
créé les peuples les plus grands, les
plus forts. Par conséquent dans la
crise épouvantable où nous sommes,
avec une Constitution telle que la
charte, nous défendre de discuter nos
plus chers intérêts, c'est, à mon avis,
méconnaître la nature des choses et
donner lieu; à la malveillance de pu-
blier : que le gouvernement ne tra-
vaille pas sérieusement à sauver la
patrie, ou que c'est pour éviter la cir-
culation d'un pamphlet, tel que la
Lettre a M. le comte de Cazes , par
exemple, qu'on s'est mis dans la dure
nécessité de proscrire un ouvrage
aussi éminemment patriotique que
celui de la Coalition et de la France.
Convaincu de la fausseté de sembla-
bles allégations , je me suis décidé à
signaler un excès de zèle qui ne pour-
rait que nuire à la confiance sans la-
quelle le gouvernement ne peut opé-
rer le bien.
Cette conviction seule a pu m'en-
hardir à publier ce court opuscule. Si
je m'étais trompé, je répéterais avec
tous les Français, dignes de porter ce
nom : Fais ce que dois, advienne que
pourra.
Pour parler à mes concitoyens, je
n'ai d'autre titre que l'amour du bien ;
d'autre qualité que la bonne foi ; et
mon ouvrage n'aura sans doute d'au-
tre mérite que la vérité. Puisse-t-on,
du moins, y reconnaître ce caractère !
Puissé-je porter la conviction dans
les coeurs!
DE
L'UNION EN FRANCE.
CHAPITRE PREMIER,
Exposition!
L'ÉTRANGER campe au milieu de nous; il oc-
cupe nos places fortes; il inonde nos pro-
vinces ; il exige des tributs ; ses chefs
s'asseyent près du trône de Philippe - Au-
guste et de Louis XIV!
La colère céleste, que le retour des parens
du roi martyr devait appaiser, nous poursuit
encore ; l'intempérie des saisons met le comble
à nos maux.
La patrie, épuisée par vingt-cinq ans de
14 DE L'UNION
malheurs, de gloire et d'efforts inouis, es-
pérait tout encore de l'accord et de l'énergie
de ses enfans ; et nous, sourds à ses cris de
désespoir, traîtres à l'honneur, nous déchi-
rons son sein au lieu de cicatriser ses plaies,
nous creusons l'abîme au lieu de le fermer !....
Un génie malfaisant plane sur la malheu-
reuse France, et souffle au coeur de ses ha-
bitans l'aveuglement et la discorde. Insensés !
Le moment du réveil approche : « Les fers ou
» la mort : choisissez !.... »
Et cependant des accents vraiment patrio-
tiques ont retenti de la capitale au fond dés
provinces. Les coeurs généreux ont répondu
à cet appel. Mais pourquoi, chez le plus grand
nombre, la stupeur et l'effroi ?
Français ! désespéreriez-vous du salut de la
France?....
Si vous comptez vos ennemis, songez à vos
victoires ! Si vous sondez vos maux, songez à
vos ressources!
Quelle est donc la cause de ce long eton-
EN FRANCE. 15
nement ? Des intérêts divers, des passions
aveugles nourrissent la défiance, fomentent
les haines Oh! alors tremblez! L'union
d'un grand peuple peut seule en imposer à
l'Europe.
Plein de cette vérité, dessiller les yeux des
Français égarés, réunir les partis, baser l'union
sur le trône de nos rois, en éclairant la nation
sur ses véritables intérêts, en démasquant ces
hommes pervers qui la divisent pour régner ,
telle est la tâche que j'ose entreprendre. Elle
est sans doute au-dessus de mes forces; mais
je crois avoir découvert la vérité, et il est
de mon devoir de la dire. Ma haine pour les
méchans, mon amour pour mes rois, mon
zèle pour la patrie peuvent seuls m'enhardir
à braver le dédain du public et la rage des
vils artisans de nos discordes.
16 DE L'UNION-
CHAPITRE IL
De la Situation de la France par rapport à
l'Europe.
( LORSQUE le courageux auteur de la Coali-
tion et de la France, a annoncé à sa patrie
de grands dangers, au monde de nouvelles
commotions, il devait s'attendre à voir son
ouvrage réfuté, mais non proscrit. Nos pro-
tecteurs ont trouvé plus commode de le sup-
primer que d'y répondre. Ils ont été servis
à souhait.
Animé du noble désir d'être utile à mes
concitoyens, je dois voiler, quoiqu'à regret,
une partie de ma pensée. Mais les âmes gé-
néreuses se devinent aisément : j'ai l'orgueil de
EN FRANCE 17
croire que tous lés vrais Français sauront m'en-
tendre. )
La France est sous la tutelle de l'Europe;
je me trompe, des quatre Hautes Puissances,
puisqu'elles ont seules signé le traité qui ga-
rantit la stricte exécution de celui de Paris-.
Par ce dernier traité, la France s'engage
à payer des sommes énormes» Outre les quinze
Cent millions, on assure que les réclamations
et justes indemnités s'élèvent à plus de deux
milliards.
Les quatre Hantes Puissances s'obligent à
mettre toutes leurs forces respectives sur pied
pour assurer l'entier paiement dés livres , sous
et deniers sus-mentionnés. Et observez que la
trésor royal, surchargé, par l'effet de nos
révolutions, de traitemens et de pensions,
pourrait à peine , avec nos recettes tant ordi-
naires qu'extraordinaires , suffire à nos pro-
pres engagemens.
Cent cinquante mille étrangers , sous les
ordres d'un étranger, occupent nos provinces,
2
18 DE L'UNION
frontières et la plus grande partie de nos
places fortes ; au premier signal des souverains
alliés, leurs armées peuvent, sans obstacle,
pénétrer au centre de la monarchie : les An-
glais et les Prussiens sont à deux journées de
marche de la capitale (1).
(1) Il doit être permis à un Français, de faire connaître
à ses compatriotes les dangers qui pourraient les me-
nacer.
Sans doute les Hautes Puissances sont convaincues de
la loyauté du Roi de France et de son peuple ; cepen-
dant elles ont cru devoir prendre des mesures de pré-
caution. Nous sommes loin de douter de leur bonne
foi ; mais, à leur exemple , il devrait nous être permis
de prendre des mesures de précaution. Pour motiver
ces mesures, il était nécessaire de faire entrevoir la
possibilité du danger. Voilà pourquoi j'ai été obligé
de prêter aux Hautes Puissances certaines intentions
qui sans doute ne sont pas les leurs.
EN FRANCE. 19
CHAPITRE III.
Que les Hautes Puissances veuillent perdre ou
sauver la France, l'union est indispensable.
Si des craintes fondées sur des faits positifs
sont réelles, quel doit être notre espoir? le
fer et l'union : car je ne pense pas qu'il existe
des Français assez dégradés pour supporter
patiemment l'ignominie du joug étranger : il
faudra, dans cette hypothèse, opposer le
glaive au glaive, lé désespoir à la force. Or,
un exemple récent et funeste, et les lumières
du sens commun, nous avertissent assez que
des efforts isolés, quelques héroïques qu'ils
soient -d'ailleurs, ne sauraient produire d'heu-
20 DE L UNION
reux résultats. Si les Hautes Puissances ont ré-
solu la perte de la France, l'union est donc
indispensable.
Si, au contraire ( comme je me plais à le
croire), les Hautes Puissances veulent notre
bonheur, je dis encore que l'union est indis-
pensable. En effet, dans ce cas, quel a pu
être leur but? d'affermir le repos de l'Europe,
en assurant celui de la France. Pour atteindre
ce but, elles ont jugé nécessaire de déployer
une force militaire imposante , afin , sans
doute, d'effrayer les partis. Comme elles n'ont
pas eu la générosité d'entretenir leurs troupes
à leurs frais, elles ont dû exiger d'énormes
tributs : il est naturel de penser que cet ordre
de choses durera tant que les partis inspireront
les craintes les plus légères. Cet état de choses
prolongé doit amener la ruine de la France,
par l'épuisement. Dans ce dernier cas, l'union
me paraît donc encore indispensable.
J'appelle union , celte conformité de sen-
limens, de passions, qui imprime à tout un
EN FRANCE. 21
peuple un mouvement uniforme et terrible ;
cette communauté de biens et de maux qui vous
excile à braver, pour le bonheur de tous , la
douleur et la misère, certains de trouver par-
tout des frères prêts à soulager vos malheurs.
Accord admirable , que le danger fait naître ,
que l'intérêt cimente, que lu reconnaissance
environne de tous les prestiges de la gloire.
Supposez que les Français, comme je l'es-
père, soient bientôt embrasés de ces nobles
sentimens: alors, d'après ce que nous avons
dit plus haut, ou les Hautes Puissances, char-
mées de cet accord, retireront leur bras de
fer; ou, épouvantées de ce pacte formidable,
conclu par trente millions d'hommes , elles
n'oseront réclamer leur rançon ; ou les poten-
tats, saisis
De cet esprit de vertige et d'erreur
De la chute des rois , funeste avant-coureur.
voudront subjuguer la grande nation. Et, j'en
appelle à tous les coeurs français, dans cette
hypothèse, ce n'est plus à nous à trembler.
32 DE L'UNION
CHAPITRE IV.
L'union et ses bienfaits ne peuvent exister hors
de la légitimité.
EN effet, elle seule peut inspirer la confiance.
Un changement de dynastie en présage bien-
tôt un nouveau ; et, s'il est vrai que les révo-
lutions ébranlent les empires, c'est-à-dire, com-
promettent la masse des intérêts individuels
dont se compose l'intérêt général, nul doute
que les Français, éclairés par l'expérience, ne
regardent la légitimité, à la suite de laquelle
marchent l'ordre et la durée, comme l'ancre
de leur salut.
D'une autre part : c'est quand les peuples,
EN FRANCE. 25
ont été convaincu de ces vérités, par leurs
malheurs, que les souverains de l'Europe ont
pu les rallier tous contre l'oppresseur du genre
humain. Et si, oubliant que les trônes sont so-
lidaires , les hautes puissances méconnaissaient
à l'égard de la France, ces principes qui seuls,
les ont préservées d'une ruine entière, alors
l'opinion , cette puissante auxiliaire, se sépa-
rerait d'elles, les peuples s'armeraient à re-
gret pour une cause qui ne serait plus la
leur, et la justice celle fois triompherait en-
core de l'ambition.
24 DE L'UNION
CHAPITRE V,
Un changement de dynastie amènerait la ruine-
de la France.
SI quelques insensés pouvaient encore former
de chimériques projets, un souvenir suffira
pour les étouffer, si du moins le sang fran-
çais coule dans leur veines.
De tous les chefs de partis qu'on pourrait
opposer aux Bourbons, Buonaparte était sans
doute le plus accrédité. Lorsqu'il usurpa pour
la seconde fois le pouvoir suprême , nous
l'avons vu, entouré d'une armée nombreuse
réunir à lui, et cette lie de la nation, satellite
EN FRANCE. 25
vendu à tous les factieux, et ces jacobins (1)
irréconciliables ennemis de l'ordre et de la
paix. Qu'ont pu leurs efforts réunis? Conduire
à la boucherie l'élite de nos guerriers.... Lors-
que son glaive fut brisé, le despote tomba sans
appui, sans espoir; effrayante leçon!
Et qu'on ne dise pas qu'un autre se serait
maintenu à sa place : jamais un autre nom que
celui de nos princes n'a été prononcé par un
français, si ce n'est par ceux-là même qui
soutenaient Buonaparte. Et, je le demande,
de bonne foi un autre aurait-il pu mieux faire
que lui avec les mêmes moyens ?
Mais une puissance étrangère secondera vos
odieux projets.... Je ne puis croire que des
français soient parvenus à ce degré d'avilis- 1
sèment, de placer leurs espérances hors de la
pairie. S'il en était ainsi, qu'ils songent à quel
(1) Tous les vrais amis de la liberté s'éloignèrent de
de Bonaparte qui, pour la seconde fois, trompait leur
espoir,
26 DE L'UNION
prix on nous a rendu nos princes, et qu'ils
calculent, s'ils l'osent, combien leur coûterait
an usurpateur !....
Ils oublient sans doute, ces insensés, que l'ar-
mée est aussi dévouée au Roi que la garde impé-
riale l'était à Buonaparte; que s'il existe des
communes rebelles, les provinces fidèles sont
là; que si les fédérés vivent encore, les gardes
nationales instruites et accrues par l'expérien-
ce , sauront enchaîner leur rage ! —
Je pourrais, comme eux, invoquer les étran-
gers, peindre l'Europe armée pour repousser
les prétentions de cette puissance qui seule
voudrait imposer un maître à la France, pré-
dire avec quelle joie féroce nos implacables
ennemis saisiraient l'occasion de démembrer
la plus glorieuse et la plus antique monarchie
de la terre. Mais, si ces hommes ont encore
quelque chose de français, il me suffit de leur
avoir fait entrevoir la guerre civile et ses
fléaux, pour qu'ils reculent d'horreur devant
les fatales conséquences de leurs projets. S'ils
EN FRANCE. 27
ont, au contraire, abjuré tout sentiment de
patriotisme, ils sont, Dieu merci, en trop petit
nombre, pour que la patrie ait rien à craindre
de leurs atteintes.
28 DE L'UNION
CHAPITRE VI.
Le destin de la France est irrévocablement lié
à celui des Bourbons.
DEPUIS dix siècles entiers, cette noble race
est à la tête de nos destins, de notre gloire.
Comme la France est la première nation du
monde, la famille de ses Rois est la première
des tiges royales. Si les Francs de Hugues-le-
Grand, de Saint Louis et de Louis XIV ne
peuvent consentir à devenir les vassaux de
l'Europe, après avoir si long-temps marché à
sa tête, les descendans de ces héros ne sau-
raient non plus sans regret abandonner, pour
ainsi dire, le patriarchat de la royauté. La
EN FRANCE. 29
France, sans les Bourbons, ne saurait remplir
ses brillantes destinées. Elle ressemblerait à ces
statues antiques que la main du temps a dé-
pouillées des attributs de leurs divinités. De leur
côté, il n'existe pour les Bourbons aucun de-
gré entre le trône de Henri IV et un exil hon-
teux: car ils sont placés trop haut dans la sphère
des puissances, pour ressembler à ces dynasties
cosmopolites qui changent tous les siècles de
titres et de territoires.
Ainsi le destin des Bourbons est irrévo-
cablement lié aux destinées de la France. No-
ble et sublime alliance ! Que nos princes,
que nos compatriotes soient convaincus de
cette grande vérité. La France doit régner, ou
périr avec ses rois.