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De la bienfaisance nationale, sa nécessité et son utilité dans l'administration des hôpitaux militaires et particuliers ([Reprod.]) / par M. l'Abbé Desmonceaux,...

De
54 pages
[s.n.] (Paris). 1789. Hôpitaux militaires -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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De LA i
BIENFAISANCE
NATIONALE,
Sa nécessité et son utilité
DANS l'administration DES
Hôpitaux militaires et
particuliers.
tAR M. l'Abbé t)E$MoNcfeAux Pcnfîonnaird
du Roi.
Salus populi fuprima ht.
A P A R I S.
A
A NOSSEIGNEURS
LES Présidkns ET AUTRES Dérvrés
François, TENANS LES États-
g û n é r a u x.
1V1 ESSEIGNEU RSy
Livré depuis plus de vingt-cinq ans,
aux j'oins qu'exige le traitement curatif
des maladies des yeux, fans ceffe occupé
àfolliciter des alles de bienfaifanct en
faveur des malheureux j'ai eu tout Il
temps de réfléchir fur l'utilité de aux qui
font établis fur les moyens qui peuvent en
augmenter le produit, SC en perpétuer Us
avantages. Toutes ces conJidérations réu*
nies ,font un tribut d'ob/èrvations que je
dois à la bonté paternelle de Sa Majeflé,
& quejefoumas aux illuflres rtpréfentans
de la Nation entière.
On peut dire aujourd'hui, MESSE/-
gneurs SC fans bleffir les droits de
la Monarchie voici le moment d'une
nouvelle reflauration qui en nous ren-
dant la liberté de nous faire entendre
doit nous procurer un avenir plus heureux
Aj
Guffi nefl'ilpas de François qui ne s'at-
tribue le droit de-plaider la caufe com-
mune fur -tout lorfquellc intérejje la
confervaùon cfes/ujeisde l'Êtat,lor/que
les moyens de pojjibilité qu'elle renferme
offrent des rejjourcesfans nombre, qui
ne peuvent jamais être onéreufes*
Jaloux MtisSEiGXE URS de mériter
votre eflime & votre approbation dans
toutes les circonflances qui auront pour but
le bien général, je ne crains pas de vous
tracer ici le précis de mes obfervations,
en vous. affurant .que je continuerai de
faire par la fuite tout ce qui dépendra de
moi pourfecourir mes femblables pour
feconder vos vues. patriotiques, pour vous
<o.
prouver en bon citoyen, en ami de l'hu*
manité, que l'on ne peut fe dire avec
une foumijjion plus Jincere plus. dévouée
& plus refpeclueufe
Votre très-humble & très-
obéiflant fçrvit«ur>
L'Abbé Desmonceaux DE Villeneuve.
paris ce premier du mois de Mai
A 4
y DELA
BIENFA ISA N.C E
N AT ION ALE,
SES DIPPÉHENS rapports AVEC la
Bienfaisance Naturelle.
LA. Bicnfaifancc naturelle, d'après les effets
que nous en éprouvons, eft un Sentiment intime
qui naît avec nous qui fc développe du plus
au moins, & qui nous rend fenfiblc à la misère,
comme aux infirmités de nos fcmblablcs. Il n'en
cft pas de même de la Bienfaifance pcrfonncllc,
qui c(t par elle-même une prédilection de la
nature, qui nous porte à faire le bien particu-
lier ce don précieux renferme Ces jouiflanecs
& Ces regrets. Les premières font l'apanage des
riches, les feçondey celui des pauvres dans
les uns la volon*£ ne réunit à la poflïbilité
lorfquc dans cs autres la volonté eft fo.uvcnt
fans pofllbilité. Voi'lVjc^contrafte afïligeant qui
nuit à la véritable cMï^é; cajfon ne devient
(«̃)
réellement charitablc qu'autant qu'or^ a Aip*
porté foi-même les misères d'autrui., parce que"
c'eft d'après fa propre expérience qu'on juge les
angQiflfs du bc(oin réel ,.& ceux dç l'extrême
détterte; mais cependant il cft vrai de dire que
la Bienfaifance, perfonncllc ne peut s'étendre
que fur un très- petit nombre d'individus x\
lieu que la Bienfaifance nationale a une forte
de conftitution primitivc un enfemble de
jpoflïbilitç générale, puifqu/clle répand Ces lar-
geffes de toute part; & qu'elle les réunit dans,
une jufte proportion,
La Bjçnfarfance nationale toujours con.
forme aux mêmes principes de notre cxiflence,
renferme un fentiment intime un fentiment
étendu, qui porte le corps de la Nation à ré-
former les abus qui lui font dénoncés, à écouter
les doléances qui lui font faites à vouloir le
bien qui eft dans ¡'ordre des chofes pofliblcs,
à l'étendre fur toutes les claflfcs des individus
qui fe trouvent dans la misère, ou qui font
affligés de maladies incurables. Cet acte d'hu-
manité de la Bienfaifancc nationale n'a pu
avoir, jufqu'a préfent, toute t'extenfion qui
lui étoit nécefla ire pour opérer le bien de la
commune Patrie, parce que lc Minière a
toujours été trop furchargé d'affaires particu-
jièîcs, pour s'occuper des projets qui lui onç
été préfentes j mais voici le moment de per·
fe&ionner l'cnfemblc des objets de réformes que
réclame le bien-être des Hôpitaux. C'cd ce
que j'entreprends de difcutcr à fond, 6c ce que
je divife fous trois points de vue difterens
qui font l'utilité des Hôpitaux dans leur inté.
rieur, l'administration des Hôpitaux dans leur
régie & enfin la prédilection que l'on doit
avoir pour les Minières de la fanté ce qui me
'fait dire à tout Citoyen Patriotique 4$e <i'toi
bgert debes » f<d femptr refpUe finem,
DE L'UTILITÉ DES HOPITAUX.
4-»'utilité intc'rîvure des Hôpitaux tant
pour les infirmes que pour les cnfans naturcls
ou dclaiflTcs, a été de tout temps le précepte
que la nature nous présent, & que la Religion
nous ordonne; ce qui fait qu'il n'eft prc(quc
pas de Villes qui n'aient des afylcs plus ou
moins bien fondés pour protéger la jcunclTc
orpheline, pour fecourir la vicillclle valétudi-
nairc: aurti cft-cc dans ces retraites de benedic-.
tion qu'c le GitoycQï honnête & vertueux va
exercer fes oeuvres de miféricordc qu'il va
rendre graco VDieu de la faveur in'igne. qu'il
( io )
lui a accordé de pouvoir fonlager Ces fcmbla-»
bksjc'cft alors qu'il fait ce retour fur lui-même,
en fe disant qu'ai-jc fait à la Providence pli
que ces malheureufes vidimes, pour avoir mé-
rité les dons de la fortune, pour n'avoir rien
à detirer; } c'eft donc un talent qui m'a été
confié par l'Êtrc-fuprêmc, un talent dont je ne
fuis que le dépofitaire, & dont je rendrai comptc
un jour, puifquc \notrc dernière heure en: la
même pour tous les hommes & que tous les
hommes n'emportent dans le tombeau que le
fruit de leurs bonnes oeuvres.
Cette vérité, en dctruifant les fa u (les illufions
du iîccïc prouve évidemment que le pauvre
comme le riche c(t Ai jet aux mêmes infirmités;
que le pèlerinage de l'un & de l'autre fuir la
terre, n'eft qu'un paflage de la vie à la mort,
& que la dinblution des corps terreftres eft la
même pour tous les hommes. Heureux donc
çelui qui.jouit paifblemcnt de cette falutairc
réflexion, & qui fnitxn profiter parce que les
derniers inftans de fa vie ne font: pas .ccux des
remords & des regrets parce qu'il laine après
lui un fouvcnir bien confolant pour fcs imita-
teurs., qui ne ceflent de dirc Pcnranfivit lenefa-
<undo; a fini comme il a vécu » c'eft-à-.dire
que fa vie a été une fuite de bonnes oeuvres,
& fcs bonnes oeuvres le fruit .de :fo jufticc
(u)
PenranfivU bfnifaclcndo. Cc panégyrique cft court,
mais il eu: bien confolant pour ceux* qui mar-
chcnt fur les mêmes traces, & qui fe comptai-
fcnt à faire-le bien qui cft en leur pouvoir..
L'utilité des Hôpitaux a des branches fi éten-
dues, qu'il eft de les parcourir
toutes; mais il Il eux principales d'.où dé-
rivent les autres: la première tend a préfervcr
les infirrttes des plus grands maux, la féconde,
à confcrver à l'état des milliers de Citoyens qui,
fans ce fccours, croient morts de faim U de
niisères. En effet, que de pauvres orphelins qui
fe trouvent préfervés de l'abandon que d'en.
fans naturels qui ne doivent leur exigence qu'i
U.façiUtc.quc Ton a établie, de les porter, ï
pleine n ai flans dans ces retraites charitables;
en un mot quçjlc énorme ^i.r}crenco entre tes
fiècles paflfés Que d'abus
de; toutes çfpèccsl que de crimes cachésiii fc
çommettoit en tout temps, en tous Hciix,
C'ffl: donc; a la Nation à ..iP.ujr.du
pxéferyer l.'aycnir de pareils mau* j c'eft à cjlç
pourvoie >
kuts befoins, a leur procurer Un état facial,
à, fe faire, rendre compte -de; l'adminirtration
temporelle & fpiritiicllç i :c*cfr a elle enfin à
Vouloir &: faire je bien néccflAùc & que dts
( u )
Administrateurs craintifs redoutent' d'cxécutcr
• de leur propre mouvement.
"L'utilité des Hôpitaux de charité n'admet pas
de reftriftions d'âge & de sexes, pourvu que te
fujer foit hors d'état de pouvoir vivre du fruit
de fon travail; c'eft un refuge de Bienfaisance
qui exige un locat très:étendu; afin de pouvoir"
féparer les hommes d'acc.c les femmes, afin
d'établir des falles communes où ceux qui
peuvent encore travailler; puiflent alléger les
dépenfes delà malfon. Cette petite cité a bcfoin
d'être féparéc du cahos tumultueux des villes;
elle ne doit plus fc trouver dans l'intérieur dcs
fnijrs, non-feulement pour la tranquillité des.
citadins, mais même pour éloigner. l'air fétide
qui en eft inféparabk il eft donc abfolument
cffentiel pour la confcrvation des uns & des
autres, de placer les Hopitaux hors des murs
#dc Ta ville, mais pas affez pour éloigner les re-
gards des âmes tendres & tenfibles-au malheur
^'autrui. Cette dépenfe momentanée feroit fa-
cile à remplir en réuniffant aux Hôpitaux ici
revenus de ccs..anclennes mafadrciics 'bu bien
'en prélevant fur les riches particuliers fur lcs
Communautés rentées fur les Commerçans
àifés, & autres de chaque Provtacc, une espèce
de fub.fidç aumônieux. QucradmWïïôn déci/îv*
( IJ )
fbit attribuée à l'un ou à l'autre moych> c'eft tôu»
jours au Tribunal de là Nation décider la
queflion à donner un manifefte qui en porte
l'injonction, & qui en fafle connoître les bons
avantages.
L'utilité des Hopitaux de charité cft fi uni..
verfellcmcnt avouée 6c reconnue qu'il n'eft
pas de familles qui regrettent les dons qui ont
pu être faits par leurs ancêtres, qu'il n'en: pas
de Citoyens qui ne voycnt avec plaide le produit
dc leurs bonnes oeuvres Ce réalifer, & tourner
à l'avantage des victimes fouffrantcs; mais pour
entretenir cet cntoufiafmc rcligieux & patrio-
tique, poar faire fermenter dc plus en plus le
principe de cette charité aumônieufe il faut
de toute néceflité que l'adminiftration fpiri·
tuelle & temporclle, fe réunifient pour agir* de
concert, & faire fructifier la vigne du Seigneur;
Il faut que l'une & l'autre fafle connoître publi-
quement la marche progreflïve du bien intéricur
qui s'opère il faut enfin en cchauflr le defir
par des A(remblécs de charitc & démontrer
le bcfoin dé pouvoir l'étendre a un plus haut
degré de perfection. Voilà ce qui fait des pro,·
'félytcs de bonne foi, ce qui entretient l'amour
du bien; voilà, en un mot. ce qui peut rendre
les hommes heureux & bienfaifans.
Il cft d'autres Hôpitaux ou Maifons de force
( u)
qui bien loin d'exciter la commiférâtion aumô.'
nieufe des fidèles, porte au contraire avec elles
le fecau de la réprobation mais ces afylcs forcés
n'ont aucuns rapports avec te régime des Hôpi-
taux de charité; ils font à la charge de l'État,
& forment des retraites aüfli utiles que nécef-
faires pour ieparer de la fociété ceux que le
mauvais exemple entraîne, que le libertinage
corrompt, & qui deviennent enelios à toutes
'fottes de viccs. L'afpccVdc ces lieux ténébreux,
& des coupables qu'ils renferment, eft bien fait
pour préfcrvcr des mêmes aftcs d'une jufte ré-
probation, les écarts d'une jeunefle trop liccn-
cieufe: il ett donc de la prudence des pères &
& mères de profiter de tout ce qui peut con-
tribuer à prcfci ver de pareils maux l'éducation
de leurs enfans cn leur faifant connoître de
bonne-heure ces lieux horribles & détectables,
ces lieux oit la honte ôc la turpitude enchaînent
le crime, où l'homme dégradé de Con clïcncc
perd fouvent pour toujours les droits qu'il avoit
acquis dans la fociéfe7\
Jc nc dirai rien de V-militc des Hôpitaux mi-
litaircs parce que tout le monde en connoît
la néceflité &c les avantagcs parce que leur
régime fi leur adminiftration cft toute diffé-
rente des Hôpitaux de charité; (,Il donc aux
Étatt généraux à nommer des Commiflaircs
( is )
particuliers, pour fe faire rendre compte de La
régie in terie urc, & des réformes dont l'cnfcmble
ferait fufceptiblc. Il cft encore dans l'enceinte
des villes des Hôtels-Dieu qui ont un certain
nombre de lits fondés pour recevoir les Mili-
taires malades & paflagcrs pour fcçourir les
citadins mal-aifés ces efpèces de maladreries
qui font régies & administrées par des Rcligicufcs
de l'Ordre de Saint Auguftin, feroient fufccp,-
tiblcs d'un nouveau plan de conduite, mais ce
fçroit fortir de mon fujct, qui pour but prin-
cipal que les Hôpitaux de charité cependant on
peut dire en général que ces fortes d'examens &
derevifion demandent une mifllon expieflc dont
la direction doit être réfervée à des Bureaux
particulicrs, ainfi que les abus énormes qui fe
commettent dans les Dépôts de mendicité. Ce
dernier article cft tropintereflant pour ne point
attirer les regards de la Nation.
DE L'ADMINISTRATION DES
HOPITAUX.
-IL n'eft pas de Commuautés régulières qui
n'aient befoin d'une administration fpirituellc
& temporelle, autrement ce feroit établit un
an
édifice fans fondctaens, & qui rrienaccroit ruihî
au moindre coup de vent. Les chefs de ces deux
dircttions doivent êrre des hommes en place,
& connus pour n'avoir ni intérêts à démêler;
ni partialités à prendre dans la confiance qui
leur cft donnée. Cette forme d'administration
intérieure cft renfermée dans des bornes plus
ou moins étroites, maiscellc des Hopitaux doit
être publique & généralc, parce que les Admi-
niurateurs ne font que les régHfetlrs des revenus
d'une grande famillc; qui a droit de furvcillér
à la confcrvation de fes propres intérêts il cft
» donc abfolumcnt indifpcnfablc que le Bureau
de l'adminillration rende tous les ans un
» comptc général de fa geftion que la Muni-
» cipalité de chaque ville nomme fix notables
». d'entr'eux pour aller en recevoir l'aveu pour
o en apporter les borderaux lignés parlcfAdmJ-
nifiratcurs & Icsdépblcr en pleine aflçmblée
dans les regiftres de la municipalité ». Cette
fage précaution cft abfolumclit neceflaire p'ou,c
parer à une infinité d'abus & doit porter le
corps de là Nation à donner une injonction qui
en prcfcrivc l'exécution ponctuelle.
Il (croit fupeiflu d'entrer dans tous les détails
de l'adminiftration fpirituellc & tclii^orcllc des
Hopitaux de charité. La première appartient an
Seigneur Évêquc diocéfain 6c en ion abienec
B
au plus ancien Curé d<} la Ville le rc-
préfenjer comme
c'ctt alui que doit
yoquçrtous les trois, mois des de
charité en faveur d'eu privcniphuit
jours d'avance MM. i.es.Cuiçcs de
afin qijMls aycnt le Kjup.s .d'en fairo.l'ijnaonce
aux prônes de leurs pftrqipcs &c les
les. vues dj; rhumanitô fpufr
frànte. Le produit .d^.ccsfottcs de
de laines & binages
propres aux habillçaicqs de, la maifoii dans
l'achat de iKCcflaires
à rentreden des pauvres ,ce qui :al|égeroit de
beaucoup les revenus tem-
porelle fur.tout fi. les fallcs de travail font
JoigncL)fenicnt furmUécspar les perfonnesqui
en ont la direction /car. il cft démontré qui
e'eft du bon ordre intérieur que dépend la bonne
adminiftration. • >
Les Préfidens-nés de Tadminiftiatio^ tempo.
rellc pour l'ordinaire le
Maire.de la
dans ÇM couvre pie pa/.des afpirajis à réchc-
par des Citoyens potables qui doivent
élus & échangés tous les trois ans. Le bien
qui doit rcfultcc de cette éleftion tiienna'.c
s'accorde on ne peut mieux avec le droit qui
âppartfeni à toutes les claflcs des Citoyens, ?
<jni tft de chercher les moyens de concourir à
l'intérêt commun. D'aitteurs la difdpline inté-
rieure de là Mai Ton fera mieux obfcrvée parce
que les prépofés à cette direction ne feront plus
des créatures dévouées a des Adminiftrateurs
permanensj parce que les doléances que les
pauvres porteront au Bureau général feront
Mieux écoutées, & leurs vœux plus arment
txaucés: il eft donc reconnu qu'il cft néceflaire
pour opérer le bien de la Maifon & des indi.
vidus qui la rompofent, d'avoir des Juges qui
/l'aient pas le; temps de fe laiffer fcduire par
Hntrigue & les cabales autrement les abus Ce
moltiplîent l'édifice écroule de toute part,
& les revenus ne fontplus fuffifans pour réparer
les échecs qui réfuhent des inconvénient Cette
comparaifon eftdemlfedans toutes les formes
d'admmirtration.
On ne doit pas annuler l'adminiftration tcmi
porelle des Hôpitaux à une régie générale qui
a diftérens intérêts de fpéculation. La bonne
adminillration des Hôpitaux doit être de rendre
la perception de fes revenus la plus ftmplc &
la moins compliquée que faire fe pourra, afin
de n'avoir plus a apporter ces non-valeurs,
toujours inséparables des biens feigncuriaux ou
domaniaux. C'cft donc un abus révottatit que
( I* )
^O
de confcrver ces titres fplcndidcs, un abus cbri*
fjç lequel tout Citoyen a 'droit de réclamer, lorf.
qu'il peut dire » à quoi bon Ces droits honorïfi*
o ques ces parcs > ces châteaux ces garde-s &
concierge», ces droits de rivière & de chafle «;
il ftft vrai que ccs titres faftuenx confervent le
touvenif de la pieufe compafïîon des donataires
qui n'ont pas craint de lai lier la dixmc de leurs
biens à la chue des pauvres indigens, leurs en*
fans adoptifs. Mais pour peu que nous réfié-
chiflîons firr les /hotifs de cet atle d'humanité*
nous verrons que leur volonté première & der-
nière à été que ce don gratuit foit employé-tout
entier au foulagcment des malheureux nous
teconnoîtrons que l'exécution n'a pas eu lieu,
& que le corps de la Nation réunie, ne peut
•'empêcher 'd'y faire droit.
On ne peut difeonvenif que dans les le|s des
biens feigneuriaux 6c domaniaux faits aux Ho-
pitaux, l'intention des donataires a été -que
leurs foient employées avec
mie au plus grand foulagcment des malheureux:
c'eft donc manquer à l'intention première des
bienfaiteaf$> que de çonferver leurs dons en
nature, puîlquc c'eft priver tes pauvres d'un
revenu qui pouroit aifémeitt fe doubler par la
vente des biens fclgneuriaux & domaniaux de
biens qui ac font que gêner Ie bon ordte do
(*o)
l'admintftration & cri rhultiplie^ les dépend
le. dis que c1eft déranger le bon ordre d'une
adminiflfratiori qui doit être circonfcrhc parce
qu'alors on ne petit fcdifpcnfer d'avoir des té*
gifleursà pourvoir fur ks lieux de* concierges*
à payer, des gardes de chafle ôc de bois à fur»
ye iiler, des mémoires de réparations de toute
cdnftatcr. -Tous ces
détails de néceflirô exigent foùvent ia préfenoé
dc;MM. les AdmiAiftratçursqu» d'une manière
p,n d'une autre,- multiplient les entraves delà
dépcp.fc enforre que le- produit des revemii
AiflT«- a peine pour acquitter les.
raircs -.j
Tous, ces faits ne fottp que le, précis. des abus
qui résultent mils
je vais plus loin, & «jue.MM-.lcs Admit
iMftratçurs ne peuvent & nedoivent pas même
confctvcr la jouiflançe des maisons qui leurs
(ont concédées dans l'intérieur des villes, parce
quc<k paroils revenus font toujours fpjcts'a ô.<#
evenemens plus ou moins critiques, tels. que
les incendies, les non-valeurs, (es, réparations
& auti-cs. Un fcul exemple de. cpmparaifon ciï
donnera imc preuve complctte.:lV)ut le piondç.
Ait que latente du. Çp\& de ,1'cih
clos de l'Hôpital royal, des
^Vis. vue Saint Honore >.a pj&diùt un fo.ndsj
( Il )
Bj
dé fept millions, qui, place au denier vingt,'
doivent rapporter, fans frais de régies trois cens
cinquante mille livres de rentes, torique par
une geftion générale les revenus de ce même «
enclos, & des maifons adjacentes, déduction
faite des frais de perceptions, réparations, non-
vakur & autres, Ce portoient à peine à quatre'
vingt mille livrcs de rentes or qucllc énorme
différence .entre le produit des biens fonds réa-
lifés & les entraves dune gedion toujours in.
certaine.
Je ne chercherai pas à grofïîr les détails d'une
comparaifon aufli notoire par l'analyfe W
biens fonds, tant feigneutiaux que domaniaux
qui appartiennent aux Hôpitaux de charité qui
fe trouvcnt répandus dans tous le royaume; je
ne prendrai pas même pour modèle les Hôpi-
taux de la capitale de chaque Province un
fimplc rapport tiré de l'Ile de France & de la
ville de Çompiègne en particulier fuflira pouc
démontrer l'abus qu'il y. a de confervçr en na-
.turc ccs forte de. propriétés; parce' que la
perception des revenus de ce genre entraîne
toujours. après elle un retard de rentrées une
fuite de non-valeur indifpenfable. La ville de
la Nation, que célèbre, par fonjiciueufe fitua-
!ion, par le bonheur qu'elle faire fcnivcm
( si )
les délice» dc nos Rois, pofsede hors de cet
murs un Hopital de charité qui ne laiflfc rien
à dcfiicr pour fon étendue & fon emplacement»
puisque le local feroit plus que fusant peut
renfermer tous les pauvres, & les enfans orphe·
lins de la ville & des environs mais la régit
de fes revenus domaniaux & Seigneuriaux, ne
répond pas à cette poffibilité, ainfi qu'il cft
aifé d'en juger par fé fuivant.
Dans les différentes concertions qui ont été
faitcs à l'Hopital de la v lle de Compiégnc, il
lui a été légué par d'anci< ns donataires des fiefs
qui lui donnent dans l'i térieur de la ville des
propriétés, des droits c lots te vcntes qui
Jui procurent au dehors des domaines plus ou
moins étendus, & enrr'autres la joniffance d'un
bois que l'on appellc le bois fJgtux, qui fc
trouve à quelques lieues de diftance de la ville:
or qu'arrive- 1* il dans la régie de ces fortes de
.revenus? C'eft que les lots & ventes ne font pas
toujours acquîtes par les acquéreurs, qui le
ttouvent des perfonnages en place., ou des
parens mal-aifés de .MM. les Adminiftrateurs}
'c'eft que le bois /^m*, mal gardé, ou mal
exploité ne produit pas le revenu qui en ré-
/uiteroic entre les mains de propriétaires qui
4upoient un intérêt perfonnef. Voilà donc en
général te grand abus de h biens de

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