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De la connaissance du tempérament, peinture fidèle des états sanguin, nerveux, bilieux et glaireux comme principes de toutes maladies. Edition 12 / par le Dr D*** (Delacroix), Ch.

De
98 pages
l'auteur (Paris). 1828. 1 vol. (67 p.) ; in-8.
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DE JLA CONNAISSANCE
DU
TEMPERAMENT.
On doit regarder comme contrefaçon tout exemplaire qui ne.
serait pas revêtu de la signature de l'Auteur.
D. M. P,,
Rue de la Sourdière, N°. 55
Impriment de Gaxacur, rue Louis le Grand, Pi~. E;-.
DE LA CONNAISSANCE
DU
PEINTURE FIDELE
DES ÉTATS SANGUIN, NERVEUX, BILIEUX ET
GLAIREUX,
COMME PRINCIPES DE TOUTES MALADIES.
Signes auxquels chacun reconnaîtra facilement si les maux
qu'il éprouve , sont causés par le Sang, l'Humeur ou les
Nerfs ; les dispositions à l'Apoplexie , l'Hydropisie et la
Pulmonie ; Effets et Dangers de la Constipation ; Moyens
de combattre ces divers états , les Vents , la Maigreur et
l'excès d'Embonpoint. Signes qui annoncent une bonne
constitution et les probabilités d'une longue vie.
PAR LE DOCTEUR DELACROIX,
MÉDECIN DE LA FACULTE DE PARIS ; DE FEU LL. AA. SS. LE PRINCE ET LA PRIN-
CESSE L. DE CONDÉ, EX-MÉDECIN INTERNE DE L'BOTEL-DIED ET DE L HOPITAL
DES ENFANS MALADES DE PARIS : EX-PROFESSEUR DE PHYSIOLOGIE ET DHTGlÈNE,
ANCIEN MEMBRE DE L'ÉCOLE PRATIQUE , DE LA SOCIÉTÉ ANATOMIQUE ; ASSOCIE
CORRESPONDANT DE PLUSIEURS ACADÉMIES SAVANTES, NATIONALES ET ÉTRAN-
GÈRES ; MEMBRE DE DIFFÉRENTES INSTITUTIONS PHILANTROPIQUES : AUTEUR
DE DIVERS MÉMOIRES SUR DES SUJETS DE MEDECINE-PRATIQUE , DU MANUEL DES
HÉMORROÏDAIRES, ETC.
^———.-^^ Nosce te ipsum.
â^ f% «£>. DOUZIÈME ÉDITION.
. , ^~^ t^NSID^RABLEMEKT AUGMENTÉE.
**.,, ) C/ PRIX : 2 FRANCS.
CHEZ L'AUTEUR, RUE DE' LA SOURDIÈRE, N. 53,
PRÈS LE MARCHÉ SAINT-HONOR^.
1829
A LA MEMOIRE
HALLE.
M IXKXUWI »
J\a5peciw e^- J\ecoitM/auiAcatCe^.
AVERTISSEMENT
SUR CETTE DOUZIEME EDITION.
La rapidité avec laquelle onze éditions
successives de cet ouvrage ont été épuisées
dans l'espace d'une année, sa traduction en
langues étrangères et les imitations qu'on a
cherché à en faire , sont un témoignage in-
finiment flatteur de l'accueil qu'il a reçu du
Public. Je ne saurais me rendre compte du
véritable motif qui m'a porté à traiter ce
sujet tout-à-fait neuf en médecine. Il est
facile de voir que je n'ai pas été guidé par
un sentiment d'amour-propre, puisque dix
mille exemplaires s'étaient répandus avant
que j'y eusse attaché mon nom. Je crois y
avoir été naturellement porté par la raison
que beaucoup d'étrangers et de personnes
qui viennent des provinces nous consulter
à Paris, ont cette prévention, que les voyant
pour la première fois, nous ne pouvons con-
naître leur tempérament. J'ai voulu prouver
que cette connaissance si importante en mé-
VIII
decïne, ne s'acquiert pas uniquement avec
le temps , mais qu'elle dépend plutôt de la
grande habitude d'observer avec attention,
de questionner les malades dans les plus pe-
tits détails, et enfin de cet heureux don de
la nature qui constitue le tact médical.
Unintérêtparticulierqu'offre cet ouvrage,
c'est qu'il facilite infiniment la rédaction
des mémoires à consulter, lorsque l'on nous
demande des conseils par correspondance.
Beaucoup de personnes m'ayant exprimé
le regret de ne pas y trouver des considéra-
tions sur l'influence de l'hérédité dans les
maladies; je me suis empressé de remplir
cette lacune dans le premier chapitre qui
traite des signes annonçant une bonne cons-
titution , et les probabilités d'une longue
vie.
J'ai recomposé en entier et développé
très-longuement tout ce qui a rapport à
I'ETAT NERVEUX dont j'ai fait une étude
particulière , et qui est le principe de
tant de désordres dans la santé;qui rend
la vie pénible aux personnes même les plus
IX
comblées des dons de la nature et de la
fortune, état d'autant plus à charge aux
individus qui réprouvent, que tous ceux
avec lesquels ils vivent et les médecins
eux-mêmes n'y prennent en général qu'un
faible intérêt, regardant leur mal comme
imaginaire ou moral. Admettons qu il en
soit quelquefois ainsi, n'est-ce pas alors que
nous exerçons le plus noble des ministères,
puisque, si nous possédons entièrement la
confiance des malades, nous prenons sur
leur esprit un empire absolu ; nos paroles sont
pour eux les oracles de la divinité. Obligé
de les scruter dans l'universalité de leurs af-
fections , de leur caractère, de leurs goûts,
et de leurs penchans ; le médecin ne doit-il
pas se montrer moraliste , politique , reli-
gieux , philantrope, ami des sciences et
des arts, le confident intime de tout être
qui lui peint, ses souffrances , afin de répri-
mer les écarts de son imagination, rectifier
ses idées , le ramener dans le chemin de la
sagesse, lui apprendre à vaincre ses pas-
- sions , ses mauvaises habitudes . écouter
avec la plus grande attention et le plus vif
intérêt le récit détaillé de ses maux, l'atta-
cher à la vie dont le poids l'accablait, et
devenir en quelque sorte l'arbitre de sa
destinée?
Je m'estimerai très-heureux, si le public
accorde à cette douzième édition les suf-
frages dont il a honoré les précédentes.
P. S. J'ai mentionné dans cette nouvelle
édition le SIROP ANTISPASMODIQUE ou sirop
calmant, que j'emploie avec le plus grand
succès dans ma pratique, pour remédier aux
principaux accidens causés par les maux de
nerfs , et calmer toute espèce de spasmes
oud'irritations. Son efficacité généralement
reconnue, fait que je n'hésite pas aie re-
garder comme le remède le plus héroïque
que possède la médecine.
WOESM@>WOE1&W.Q>m*
LE Médecin ne doit pas faire un secret de son art;
il doit au public le fruit péniblement acquis de son
expérience. Les sciences sont un patrimoine commun
dans lequel chacun a le droit de prendre sa part ; le
peuple devient tous les jours plus instruit; la jeu-
nesse est avide de lumières; les gens du monde sont
beaucoup moins imbus d'erreurs et de préjugés
qu'autrefois; les femmes, dont l'éducation est plus
soignée, ont un tact exquis; Ton ne confond plus la
livrée du charlatanisme et de l'ignorance avec le
cachet de la vérité et du savoir : et la vraie noblesse
est dans le mérite.
On n'a jamais autant popularisé la science médicale,
mais a-t-on bien atteint jusqu'à présent le but qu'on
aurait dû se proposer pour être réellement utile?-Les
ouvrages d'hygiène sont infiniment précieux, mais à
peine les lit-on : on jouit de la santé sans y faire
XII
attention ; on n'en sent tout le prix que quand on 1'*
perdue. Quant à certains Traités de médecine domes-
tique, ne sont-ils pas autant d'armes meurtrières dans
la main de celui qui les touche? Du moment qu'il est
malade,l'homme conserve-t-il toujours la plénitude
entière de ses facultés morales et le discernement né-
cessaire pour se connaître et se traiter lui-même?
lorsqu'avec une instruction profonde, le Médecin le
plus heureusement organisé, craint quelquefois de
ne pas trouver suffisamment de ressources en ses
lumières, pour interroger tous les symptômes d'une
maladie; il sait douter à propos : l'ignorant seul ne
doute de rien. Le seul genre d'écrit médical qu'on
puisse donc sans inconvénient mettre entre les mains
du public, est celui qui se rattache à la médecine
préservatrice, en faisant connaître à chacun ses dis-
positions maladives dominantes, d'après son tempe-,
rament. Celui-ci ne conviendra alors ni aux personnes
en parfaite santé, ni aux personnes gravement ma-
lades; mais il sera recherché par toutes celles mena-
cées de le devenir. Dès qu'une maladie se déclare,
consultez un médecin, celui qui vous sera désigné,
ou que vous aurez jugé comme possédant éminem-
ment le coup d'oeil, le tact médical, cette qualité
précieuse et rare, cet heureux don delà nature que
XIII
perfectionnent l'étude et la connaissance profonde
des tempéramens Nous nous occupons à ce sujet
d'un travail étendu dans lequel nous développons
les idées émises dans une dissertation que nous
avons soutenue devant la Faculté de Médecine de
Paris, et dans laquelle nous nous sommes attaché à
démontrer que toutes les maladies organiques im-
priment sur la face un cachet, un caractère particulier
d'après lequel tout Médecin doué d'une certaine sa-
gacité, peut établir son diagnostic sur la nature et le
véritable siège de ces affections; cet ouvrage in-4%
accompagné de planches dont le luxe répondra à
l'importance du sujet, sera le Lavater de Fkomme
malade.
Nous ferons connaître dans celui-ci toutes les res-
sources que la médecine trouve dans l'emploi métho-
dique et raisonné des Pilules, dites PILULES IN-
DIENNES , dont les effets sont démontrés plus cer-
tains que ceux que l'on attend de beaucoup d'autres
purgatifs administrés dans les mêmes circonstances.
Nous croyons avoir eu une idée heureuse, en renfer-
mant dans un seul cadre les signes et symptômes des
maladies; les rapportant à quatre états principaux,
sous les noms d'états Sanguin, Nerveux, Bilieux, et
Glaireux, comme étant le principe de la majeure
XIV
partie des maux qui affligent l'espèce Jiumaine^nous
en ferons autant de peintures fidèles, dans lesquelles
chacun reconnaîtra facilement la disposition mala-
dive de son tempérament, représentée par la prédo-
minance de l'un de ces quatre états ; ce qui nous paraît
infiniaient préférable à l'obligation de compulser
souvent un manuel, ou même un ouvrage complet
de médecine, pour rencontrer une description qui
ressemble plus ou moins aux symptômes du mal,
dont on est, ou dont on se croit atteint. Il est incon-
testable qu'en fait de médecine-pratique, c'est an
des plus sûrs moyens d'éviter toute erreur dans les
cas difficiles et obscurs, que de se rattacher à étu-
dier lequel de ces états prédomine dans le tempéra-
ment ou dans la situation actuelle du malade. INous ne
craignons pas d'avancer que plus on a compiiquéles
classifications et les divisions des maladies, et plus
on a rendu difficile et incertaine l'étude de leur ori-
gine et de leur traitement.
JSoùs dirons avec franchise ce que mous pensons
des -états appelés vulgairement humeur noire ou<mê-
lane&liqrue, et humeur laiteuse ou 'lait répandu. Si
notre manière de voir blessé certains esprits qui
nient les ravages causés parle lait transporté dans le
torrent dé la.circulation ,jnous recevrons bien volon-
XV
tiers leurs attaques directes -et nomjnatives ; et tout
en déclarant né pas avoir eu la prétention (dumoins
pour le moment) d'écrire pour le monde médical,
nous entrerons avec plaisir dans la lice avec des
hommes d'un mérite reconnu, et nous repousserons
avec dédain les attaques suscitées par la malveillance
ou l'ignorance. Si r©n nous demande de prouver que
les élémens du lait existent en nature dans des vais-
seaux qui ne doivent pas le recevoir, nous exprime-
rons combien nous désirons que l'on nous prouve
qu'ils «n'y existent pas; nous invoquerons provisoi-
rement -des autorités puissantes, telles que celles des
PORTAL, des ALIBERT, des CORVISART, des HALLE,
des PINEL , etc.
Il nous a paru aussi très-important de faire con-
naître les signes qui annoncent les dispositions a
l'apoplexie, Vhydropisie et la pulmonie; affections
qui deviennent tous les jours plus communes; d'in-
diquer les effets et les dangers de la constipation,
ainsi que les moyens simples et faciles de com-
battre ces divers états.
Nous exposerons d'une manière beaucoup plus
détaillée qu'on ne l'a fait jusqu'à présent, tous les
XVI
symptômes qui annoncent la présence des vers , et
nous terminerons par l'exposé de quelques préceptes
qui ne seront pas sans intérêt pour les personnes
avides de connaître les moyens à employer contre la
maigreur et Yexcès d'embonpoint. Comme dans tous
les genres de peinture, les effets naissent des opposi-
tions, nous avons cru devoir faire précéder notre
travail par l'ensemble de tous les signes qui annon-t
cent une bonne constitution et les probabilités d'une
longue vie, et par une esquisse rapide des tempéra-
mens : on y reconnaîtra la plume élégante et facile
de l'illustre auteur de la physiologie des passions.
En mentionnant les PILULES INDIENNES , nous ne leur attri-
buons pas de vertus spécifiques : notre profession de foi est
que nous n'en reconnaissons pas en médecine ; nous préconi-
sons l'emploi de ces PILULES, affirmantque de tous les moyens
employés dans les circonstances où il convient d'exciter le tube
intestinal, aucune autre préparation ne réussit aussi bien.
BB^Ai.//Èj(>^NAlSSANCE
TÈllÉiRAMENT.
«IGNES QUI ANNONCENT UNE BONNE CONSTITUTION.
PROBABILITÉS D'UNE LONGUE VIE.
LA première et la plus importante des conditions
est d'avoir un bon estomac : l'estomac; disait Bacon,
est comme le chef de la famille, formée par les
membres du corps humain ; si le chef est en état de
souffrance,le reste delà famille ne peut prospérer.
On reconnaît cette disposition favorable, dit Hufe-
land, à la manière dont les organes remplissent leurs
fonctions. La digestion ne doit pas être précipitée,
mais régulière; l'appétit doit correspondre aux be-
soins des alimens et ne pas dépendre d'une irritation
locale et accidentelle : l'estomac doit, digérer sans
peine les diverses substances qu'on lui confie, mais
avec une facilité proportionnée à leur nature; la
digestion ne doit en général s'accompagner ni de
iS
dégagement de gaz, ni de rapports acides ou nido-
reux. Les excrémens doivent être moulés et d'une
certaine consistance, et les garde-robes avoir lieu
assez régulièrement toutes les vingt-quatre heures.
L'on se prête facilement a toutes sortes de régimes
alimentaires, à changer l'heure des repas et en gé-
néral toutes ses habitudes sans en souffrir. La bou-
che habituellement pâteuse le matin, ou même
infecte ainsi que l'haleine, n'est pas une présomption
favorable pour le bon état de l'estomac : L'usage
d'une ou de deux PILULES INDIENNES à chaque repas,
convient alors parfaitement. La conservation des
dents et leur bon état, est encore une condition
rigoureuse pour une bonne digestion. La consé-
quence d'une organisation heureuse, dit le même
auteur, est que les passions ont peu d'influence sur
l'estomac : il faut des émotions extraordinaires pour
en déranger les fonctions; les gens amis de la table
ont l'esprit jovial et ne sont pas disposés à la mélan-
colie. La poitrine doit être grande, large, très-mo-
bile par sa partie inférieure, et se dilatant avec
facilité; les épaules seront basses et effacées. L'in-
dividu doit pouvoir faire à volonté de grandes ins-
pirations qui ne causent aucune douleur : il doit
être en état de retenir'long-temps son haleine, ne
pas être essoufflé en montant, ou au moindre mou-
vement un peu actif : avoir la voix forte, être peu
disposé aux rhumes et à la toux; les fluxions habi-
tuelles ou répétées vers le poumon , deviennent à la
longue extrêmement nuisibles. Le bon état des pou-
mons est sans contredit l'une des conditions les plus
importantes pour assurer la longévité; le pouls doit
être ferme, peu fréquent et bien réglé. Le plus
avantageux de tous les tempéramens, est le sanguin,
mitigé par un peu de flegme. La texture de l'organi-
/9
sation sera solide, sans être sèche ni trop rigide ; la
fibre musculaire sera généralement forte. Une autre
condition bien essentielle encore, est une transpira-
tion toujours égale : si elle est incomplète ou si elle
se supprime accidentellement, le corps se trouve
surchargé des humeurs acres dont il devait sedéba-
rasser par cette voie. La matière de la transpiration
ainsi retenue, se dépose A'ers les parties extérieures
et donne lieu à la plupart des maladies de la peau,
dans lesquelles les Pilules indiennes sont de la plus
grande efficacité; elles établissent vers les intestins
un point de fluxion qui attire toutes les humeurs
au dehors, condition sans laquelle on ne peut jamais
espérer de cure radicale, et qui dispense de l'appli-
cation de tout exutoire : tels que cautère, séton et
vésicatoire. Si cette même matière se trouve fixée sur
les organes intérieurs, particulièrement ceux qui
servent à la digestion, elle s'épaissit, se coagule et
se présente sous la forme de glaires qui deviennent
la source d'affections rebelles ; ces PILULES les éva-
cuent souverainement (i).
L'homme bien constitué a des nerfs fermes , qui
ne bouleversent pas le corps pour la plus légère exci-
tation et qui le rendent peu sensible à toutes les
impressions : il a un teint animé, une carnation fraî-
che, une peau souple, des traits où se peint le repos
physique, un port droit, une station aisée , une dé-
(î)Noussavonsd'avance qu'on nous objectera que la formation
des glaires est le produit d'une sécrétion accidentellement aug-
mentée des membranes muqueuses en vertu d'une irritation ;
nous sommes loin de le nier; mais nous sommes intimement
convaincus aussi que les glaires ont très-fréquemment leur
source dans une atonie directe des voies digestives;nJinvoquant
jamais que des autorités puissantes, nous exposerons ce qu'a
écrit à ce sujet le professeur PINEL,
marche sûre et facile : il se livre sans contrainte aii
travaille supporte sans fatigue; la veille lui est
agréable et le sommeil réparateur ; jouissant enfin
de la santé, toutes ses fonctions se font avec une
parfaite régularité, avec aisance et sans aucun sen-
timent incommode. Il sait se trouver heureux; il est
toujours gai, content, généralement franc et cocira-'
geux, toujours prêt à défendre sa patrie et à donner
des enfans à l'état.
Galien, se livrant à son imagination, avait conçu
l'idée du tempérament parfait ; c'était celui de l'indi-
vidu chez lequel toutes les parties élémentaires des
organes se trouvaient daus une telle proportion,
qu'il en résultait une organisation générale parfaite,
et chez lequel aussi toutes les humeurs étaient les
meilleures possibles, parleur quantité ainsi que par
leurs qualités. L'arrangement des solides, le cours
des liquides, leurs rapports entre eux, l'action et la
réaction, étaient ordonnés de telle sorte, qu'il n'y
avait défaut de rien, prédominance de rien, mais en
tout uu équilibre vivant et agissant parfait.
Mais, il faut l'avouer, il y a loin de ce tempéra-
ment idéal au tempérament effectif de chaque être
vivant; aucun n'apporte en naissant ce degré de per-
fection. Chacun de nous vient au monde plus ou
moins vicié, d'où suit un défaut quelconque d'équi-
libre dans ses fonctions; aussi avons-nous tous une
partie relativement plus faible, plus irritable ou plus
sensible. Il n'existe donc pas de santé absolue : les
désirs immodérés, l'intempérance, les soucis de
fortune, les tracasseries domestiques , l'application
profonde aux affaires ou à l'étude, les passions en-
fin, tout concourt à la détruire. D'un autre côté, la
vie se compose d'une série d'actions et de combinai-
sons, d'où résultent des prédominances continuelles,
21
soit dans les fonctions de certains organes, soit dans
la proportion et la nature de certaines humeurs;
c'est ce défaut d'équilibre, de réciprocité d'actions
des fluides sur les solides, et de la réaction des so-
lides sur les fluides, qui constitue les divers états
maladifs, dont nous exposerons les signes avec toute
la précision possible.
Une considération très-importante encore en mé-
decine, c'est celle-de l'hérédité. On lira avec intérêt
ce que dit à ce sujet l'illustre professeur CORVISART.
«On doute moins aujourd'hui qu'autrefois que l'on
puisse hériter du tempérament de ses parens, de la
force ou de la faiblesse de leur constitution , des vices
de conformation générale ou particulière qui leur
sont propres; et sans parler ici de certaines affec-
tions, telles que la goutte, les dartres, etc., etc., on
F eut avancer que de la mauvaise disposition que
on tient de ses parens, naît le germe des maladies
organiques, de toute espèce. »
Je suis intimement convaincu que l'empire de l'hé-
rédité est plus puissant et plus étendu encore que
les médecins ne le pensent aujourd'hui : toutes les
maladies qui sont rebelles aux efforts de l'art, ne
sont telles que parce qu'elles sont dues à des causes,
soit- organiques, soit humorales héréditaires, et qui
paraissent insurmontables; on en a la preuve évi-
dente pour la pulmonie, les maladies du coeur, du
foie, de l'estomac, les aliénations, les apoplexies, la
goutte, les maladies de peau, les hémorroïdes (i), etc.
(1) Dans l'ouvrage que je viens de publier, sous le titre de
MAOTEL DEsHÉMOiuioÏDAinEs;je m'attacneà prouver qu'on peut
souvent guérir radicalement cette cruelle infirmité, sans le
moindre danger. J'y indique les moyens de la soulager cons-
tamment.
22
Aussi ceux qui sont nés de parens qu'ils savent avoir
été atteints de ces maladies, doivent-ils, quand ils
sont encore jeunes, chercher à modifier leur tempé-
rament : je puis affirmer avoir réussi souvent à
changer entièrement de telles dispositions à l'aide
de certains régimes particuliers et méthodiques.
La couleur de la peau, les traits du visage,la phy-
sionomie, la tournure, la stature, les défauts de con-
formations , les gestes, les habitudes, les penchans,
les goûts, les répugnances, les sympathies, les anti-
pathies, la voix, la faiblesse, et les différentes alté-
rations de la vue, de fouie, etc., en un mot toutes
les qualités physiques et morales se transmettent
plus ou moins des pères à leurs enfans.
On voit en général tous les hommes craindre avec
raison d'être affectés des mêmes maladies et de mou-
rir au même terme et du même genre de mort que
les auteurs de leurs jours. Où sont puisées ces idées
si généralement répandues, si ce n'est dans l'expé-
rience des siècles ?
Ces idées populaires ne sont-elles pas d'ailleurs
justifiées par l'observation en médecine? la consi-
dération du tempérament, de la constitution des
parens, des maladies qu'ils ont souffertes, ou aux-
quelles ils ont succombé, ne sert-elle pas puissam-
ment à faire connaître le tempérament, la constitu-
tion et les maladies des sujets soumis à notre
observation actuelle?
ESQUISSE DES TEMPÉRÀMENS.
On appelle Tempérament, une manière d'être
constante et habituelle qui modifie toutes nos affec-
tions et leur donne un caractère particulier. Le
tempérament sanguin est caractérisé par des solides
d'un tissu spongieux, et par un sang riche et délié
qui peut y circuler librement. On le reconnaît à des
membres charnus, à un visage plein et à un teint
fleuri : si avec la même constitution des solides, le
sang au lieu de molécules actives et rouges, contient
une très-grande quantité relative de principes aqueux
et froids, il en résuite un tempérament flegmatique,
qu'un ton de chair lâche et une couleur pâle rendent
toujours sensible. Le caractère moral affecté à cha-
que tempérament dérive de la facilité plus ou moins
grande avec laquelle les humeurs coulent dans leurs
vaisseaux,et par conséquent de la régularité plus ou
moins parfaite avec laquelle les fonctions vitales
s'exécutent. Si elles se font avec aisance, l'âme en
conçoit un sentiment de sécurité qui se marque dans
toutes les actions morales de l'individu : aussi ceux
qui sont doués d'un tempérament sanguin, qui est
celui où les fonctions s'exécutent avec le plus de
facilité, sont-ils en général d'un caractère gai, franc
et décidé.
Au contraire, l'exercice difficile-et pénible de ces
fonctions, comme il l'est dans le tempérament fleg-
matique, réduit à un état d'indolence, qu'on porte
dans la conduite ordinaire de la vie. Un homme fleg-
matique est presque indifférentpourtout, parce qu'il
sent qu'avec des organes sans consistance, il ne
peut presque rien : les parties aqueuses qui les
humectent continuellement, leur ôtant le ressort et
la force nécessaire aux grands mouvemens.
La méfiance et la timidité caractérisent le tem-
pérament mélancolique ; parce que , quoique les
vaisseaux qui forment les tissus des solides dans
ce tempérament, soient amples et d'un calibre
spacieux, la nature craint toujours que les hu-
*4
meurs qui y sont excessivement épaisses et lentes,
ne perdent leur aptitude à circuler et ne subissent
tôt ou tard une stagnation funesle : ce qui demande
de sa part, une sollicitude continuelle qui déborde
sur les actes extérieurs de l'individu. On reconnaît
ce tempérament à une teinte rembrunie, à une mai-
greur occasionée par le resserrement des solides , et
surtout par l'anéantissement ou le .rapprochement
excessif des lames du tissu cellulaire
La texture des solides, propre au tempérament
bilieux, est compacte et serrée, comme dans le
tempérament mélancolique, avec cette différence
que le calibre des vaisseaux y est moins grand ; mais,
le sang y étant très-fluide et très-mobile par la
grande quantité de matière phlogistique ou dépar-
ties actives qu'il contient, y circule avec rapidité,,
et toutes les autres fonctions s'y exécutent avec une
promptitude que les personnes éminemment bilieu-
ses mettent dans toutes leurs actions : l'audace est
la qualité distinctive de ce tempérament. Quoique
ceux auxquels il est propre, soient maigres, la>
couleur de leur visage est cependant vive et ver-
meille.
ÉTAT SANGUIN:
Nous comprenons sous cette dénomination la-
surabondance du sang, sa nature trop riche, sou
épaississement, son échauffement, son âcreté, son
agitation, son défaut d'équilibre, annonçant un
excès de tonicité général, une exaltation des forces
vitales et. une disposition permanente à un état
inflammatoire.
Les circonstances qui développent cet état y
sont : le tempérament sanguin, le moyen âger
a 5-
l'es professions sédentaires de la vie civile, celles-
qui exigent une grande action musculaire, '-l'ex*
position au soleil, à une forte chaleur et aux
intempéries de l'atmosphère, la suppression de
quelques évacuations naturelles ou accoutumées :
telles que celles des règles, l'époque de leur appa-
rition et de leur cessation, la suppression d'un flux
hémorroïdal, d'un saignement de nez, l'omission
de saignées dont on a contracté l'habitude, le pas-
sage d'un état de maigreur à un état rapide d'em-
bonpoint, l'habitation de.s lieux secs, froids et
élevés , les vents du nord, du nord-est, et de l'est,
une température sèche et froide ou devenue tout-
à coup humide, la transition subite de la chaleur
au froid, si l'on est en transpiration; une longue
exposition à un soleil ardent, l'habitude de boire
et de manger avec excès, le choix de mets trop suc-
culens et épicés, les boissons alcooliques, le défaut
absolu d'exercice ou des exercices trop violens,
un travail trop longtemps soutenu, des médicamens
échauffans, des affections vives ou tristes de l'âme,
toutes passions fortes et l'existence de certains
virus.
On reconnaîtra l'état sanguin à l'ensemble des
signes ou symptômes suivans : coloration de la
face, yeux injectés, vifs etbrillans, peau rouge,
chaude et sèche, douleurs et pesanteurs de tète qui
augmentent par le moindre mouvement, partout ef-
fort pénible ou toute contention d'esprit, étourdis-
semens et vertiges quand on regarde en haut, ou
que l'on se baisse et se relève brusquement, tinte-
mens et bourdonnemens d'oreilles ; le bruit ou la
lumière vive incommode et fatigue ; bouffées de
chaleurs au visage, sentiment d'ardeur intérieure,
de lassitude, de courbature, d'un poids incommode
26
sur tout le corps, anxiété et malaise, douleurs ob-
tuses, dans les membres et surtout dans les articula-
tions, avec roideurs, engourdissemens et fourmille-
mens; tiraillemens dans le bas des reins, prurit ou
démangeaison générale qui augmente si l'on est
en sueur, ou après un bain trop chaud : quelques
fois ebullition avec rougeur de toute la peau, cha-
leur des extrémiés, gonflement très apparent des
veines, battemens assez fort des .artères, pouls dur
et plein, saignemens de nez, palpitations avec
abattement total ou même avec défaillances, suiv
tout quand on est dans des endroits chauds ou
qu'on a beaucoup exercé : la plus légère irritation
développe des accidens inflammatoires, disposition
continuelle à l'assoupissement, particulièrement
après les repas, sommeil profond, prolongé , agité
et interrompu par des rêves pénibles, ou avec op-
pression et cauchemar ; esprit lourd, difficulté de
se mouvoir, de se livrera tout ce qui demande une
attention soutenue; perte d'appétit, langue rouge
et humectée, quelques fois bouche sèche, soif
assez vive, désir des boissons froides et acides,
haleine chaude, selles nulles ou rares, urines échauf-
fées , rouges et peu abondantes, répandant une odeur
forte, teignant le vase qui les reçoit, ne présentant
aucun sédiment ni dépôt, à moins d'une complica-
tion bilieuse ; digestions actives, chaleur à l'estomac ;
respiration fréquente, oppression, essouflement en
marchant ou en montant. Lorsque le sang a trop
d'épaississement ( c'est à dire lorsqu'il y a surabon-
dance de la fibrine et de la matière colorante ), il
circule difficilement; c'est alors qu'il se forme des
stases, des engorgemens, des congestions dans les.
parties du corps où les propriétés vitales des vais-
seaux se trouvent avoir moins d'activité et d'énergie :
27
s'il se fixe à la tête, il dispose particulièrement
aux vertiges, aux étourdissemens, avec trouble plus
ou moins marqué des facultés intellectuelles, à l'as-
soupissement, à l'apoplexie, aux hémorragies nasa-
les. Se fixant vers la poitrine, il produira de la
chaleur, des crachemens de sang, des apoplexies
pulmonaires, des oppressions, des palpitations;
disposera aux maladies organiques du coeur et des
poumons. Vers le bas-ventre, il déterminera des
embarras dans les vicères, des inflammations, des
obstructions, des hémorroïdes, des engorgemens
de la matrice et des pertes. S'il circule difficilement
dans les membres, il donnera lieu à des engourdis-
semens , des lassitudes et des fourmillemens ; il y
aura enfin dans toutes ces circonstances, défaut
d'équilibre dans la circulation.
Un pareil état réclame impérieusement un régime
rafraîchissant, et beaucoup de délayans, une vie
très-sobre, et l'éloignement de toutes les circons-
tances que nous avons indiquées, comme causes qui
peuvent le développer; on usera de boissons aci-
dulés; la nourriture sera légère, consistera princi-
palement en légumes et en fruits, et l'on sera le
moins sédentaire possible. Nous allons présenter
quelques considérations générales relatives à la sai-
gnée, indiquer dans quelles circonstances il sera
urgent d'y recourir, et les cas où il conviendra de
lui préférer l'usage des PILULES INDIENNES. On ne ti-
rera du sang qu'avec beaucoup de réserve aux sujets
nerveux, aux individus mal nourris, à ceux qui se-
ront épuisés par des travaux pénibles du corps et de
l'esprit, qui auront éprouvé des chagrins prolon-
gés ; aux enfans et aux vieillards : les évacuations
sanguines faites inconsidérément produisent des
syncopes inquiétantes, font prédominer la partie
a8
séreuse du sang, disposent"à la Cachexie, à l'Hydro-
pisie (i). Le tempérament sanguin est de tous , celui
auquel la saignée convient le plus : on ne craindra
pas d'y recourir toutes les fois que le pouls sera
plein, fort et dur, que l'on reconnaîtra un état de
turgescence, de pléthore générale, un développe-
ment de tous les systèmes circulatoires, avec gonfle-
ment des veines, vive coloration de la face et souvent
même, de tout le corps, état de vertiges,somnolence,
pesanteur, douleurs de tête, extrêmes, et surtout
lorsque la causé de cet état paraîtra être une sup-
pression des règles, d'un flux hémorroïdal, ou l'o-
mission de saignées habituelles; les personnes d'un
médiocre embonpoint, dont les chairs sont fermes,
supportent mieux la saignée que celles qui sont
chargées de graisse : notre expérience nous a dé-
montré bien évidemment que la saignée est rarement
profitable lorsque l'on a pour elle une répugnance
extrême; elle devient souvent funeste par le trouble
et l'agitation qu'elle cause aux personnes qui ne s'y
soumettent qu'avec peine. Nous ne parlons pas des
circonstances où il y a urgence imminente, telles
qu'une menace d'attaque d'apoplexie, une perte,
une véritable maladie inflammatoire. Nous avons
déclaré positivement que toutes les considérations
exposées dans cet ouvrage, ne s'appliquaient qu'aux
personnes qui offraient une disposition maladive, et
qu'il fallait recourir à un médecin, aussitôt qu'un
mouvement de fièvre un peu prolongé se manifestait
(1) GALIEN veut qu'on soit très-circonspect pour la, saignée,
à l'égard des personnes qui ont les veines petites, les chairs
molles, et chez lesquelles la pâleur se trouve réunie à l'embon-
point : dansces circonstances, on préféreralesPiLULESiNMENNES
à la saignée..
a9
èh même temps que le trouble des autres fonctions.
Les saignées conviennent mieux, en général, dans
un climat froid et sec, que dans un climat chaud et
humide. L'occasion de pratiquer la saignée s'offre
plus fréquemment en hiver et au commencement du
printemps, que dans toute autre saison : les femmes
supportent mieux que les hommes les évacuations
sanguines; les hommes vigoureux se trouvent mal
quand on les saigne, plus facilement que les per-
sonnes délicates.
Quant aux évacuations sanguines faites par les
sangsues, nous sommes moins disposé en leur fa-
veur, tout en étant éloigné de prononcer leur pros-
cription absolue, nous déclarant ennemi de tout
esprit de système; nous avons vu que très-souvent
l'application des sangsues a plutôt augmenté que
détruit un état fluxionhaire,en vertu de ce principe
sur lequel repose peut-être la médecine toute en-
tière : ubi '■ stimulus, ibifîuxus : les humeurs affluent,
là où il y a une irritation. C'est sur ce grand principe
qu'est établie notre théorie niédicale sur l'action des
purgatifs en général, et particulièrement sur l'en>
ploi des PILULES INDIENNES, toutes les fois qu'il s'agit
de combattre les dispositions à une congestion, ou
à un état fluxionnaire, de détourner des humeurs
ou douleurs qui tendent à se fixer. Nous dirons ce-
pendant que nous croyons l'application des sangsues
convenable, toutes les fois qu'il s'agira de dégorger
une partie dont l'embarras n'est que faiblement sou-
mis à l'influence de la grande circulation, et qui dé-
pend seulement d'une constriction, d'une inflamma-
tion locale, d'un engorgement ou d'un point dou-
loureux. Si l'inflammation locale est à la peau, on
appliquera les sangsues dans les environs du siège
inflammatoire; si au contraire la fluxion est plus
3o
profonde et sous la peau, comme dans les rhuma-
tismes, la goutte, on les appliquera sur le siège même
de la douleur. Nous employons préférablernent aux
sangsues, les PTLULES INDIENNES, dans les circons-
tances qui annoncent un certain embarras vers la
tête, vers la poitrine ou la partie supérieure du
ventre, tels sont : des douleurs, des pesanteurs de
tête avec rougeur de la face, des bourdonnemens,
tintemens et douleurs d'oreilles, fluxions sur les
yeux, rhumes de cerveau,engorgemens des glandes
vers le cou, boutons, éruptions au visage , teint cou-
perosé, oppressions, palpitations; nous les recom-
mandons surtout, lorsqu'en même temps il y a un
état de constipation.
On trouvera à la fin de cet ouvrage, un résumé
dans lequel sont exposées les règles générales rela-
tives à.la manière de faire usage de ces PILULES.
Tout en cherchant à favoriser, le plus souvent pos-
sible, des dérivations ou révulsions fluxionnaires,
nous reconnaissons cependant qu'il est des circons-
tances où il convient de respecter la tendance qu'a la
nature à opérer certaines déviations, dans l'exercice
même de nos fonctions : voici à ce sujet une obser-
vation remarquable.
Un diplomate portugais, ardent défenseur des li-
bertés de son pays, perd la sienne, et est accablé
d'outrages; son épouse, d'un tempérament sanguin-
nerveux, jeune et belle, qui depuis quelque temps
avait une toux sèche et des douleurs de poitrine, a
une suppression subite de ses règles, par la révolu-
tion qu'elle éprouve ; un crachement de sang consi-
dérable se manifeste le mois suivant, et donne lieu
de craindre la pulmonie : son mari lui est rendu; son
état s'améliore : cependant on lui conseille les voya-
ges. Arrivée à Paris, elle nous consulte, son crache-
3i
ment de sang et la suppression des règles conti-
nuaient et causaient uniquement son inquiétude : son
apparence de santé était du reste très-heureuse. Le
résultat de notre consultation a été, qu'il fallait bien
se garder de contrarier cette disposition bienfaisante
de la nature; continuer les voyages, insister sur les
adoucissans et de légers anti-spasmodiques. La seule
circonstance que nous pensions qui puisse devenir
favorable à un pareil état,serait une grossesse; cette
dame n'a jamais eu d'enfans. Nous possédons beau-
coup de faits très-curieux de notre pratique, qui
nous autorisent à avancer qu'on ne doit jamais agir
en médecine sans indication urgente, lorsque tout ce
qui se passe, même contre l'ordre naturel et accou-
tumé dans l'exercice des fonctions, ne cause aucun
dérangement sensible dans la santé : nous blâmons
donc les personnes qui font usage des PILULES IN-
DIENNES sans le moindre besoin, et seulement par
précaution.
ÉTAT NERVEUX.
(MAUX DE NERFS, A'APEURS, SPASMES, ÉRETHISMK ,
MÉLANCOLIE, HYPOCONDRIE, HYSTERIE.)
Si je voulais du mal à mon ennemi, je lui souhai-
terais pour supplice des maux de nerfs : il n'est pas
d'état plus cruel par l'anxiété affreuse qui souvent
l'accompagne. Si ceux qui tournent en ridicule les
personnes qui en sont tourmentées, les traitant de
malades imaginaires, venaient à ressentir de pareils
maux, ils reconnaîtraient qu'on ne saurait trop
plaindre leurs malheureuses victimes. Il ne suffit
pas à l'être qui souffre de chercher dans notre art,
du soulagement à ses maux, il lui est bien doux de
trouver quelqu'un qui y compatisse.
32
Si l'on se persuadait combien les causes dés ma-
ladies nerveuses sontvariées et souvent mystérieuses,
on examinerait, on questionnerait les malades avec
beaucoup plus de patience et d'intérêt, de discrétion
et de soins qu'on ne le fait communément, et l'on
ne manquerait pas de découvrir le principe, la véri-
table nature de ces affections, dont il faut l'avouer,
le protée dans ses métamorphoses, le caméléon sous
ses différentes couleurs, n'expriment encore que
faiblement la variété et la bizarrerie.
L'état nerveux a pour caractère essentiel une
excessive sensibilité avec une très-grande irrégula-
rité dans l'exercice des fonctions. On peut être
éminemment nerveux, sans avoir jamais éprouvé
de ces mouvemeris convulsifs, appelés attaques de
•nerfs.
Plusieurs autorités imposantes et ma propre expé-
rience me portent à affirmer qu'il existe des mala-
dies purement nerveuses, sans aucune apparence de
lésion organique ; cet état est souvent héréditaire.
Les personnes qui en sont atteintes, présentent les
caractères suivans, du moins le plus communément :
stature grêle, cheveux bruns ou noirs, yeux grands
et langoureux dans la jeunesse et sombres dans un
âge plus avancé, teint sans fraîcheur; les femmes
de ce tempérament ont la peau belle, mais sèche;
leur air annonce la nonchalance dans tout ce qu'elles
disent ou ce qu'elles font; les hommes, au contraire,
présentent une certaine vivacité avec une impatience
extrême, mettant de la promptitude dans toutes les
actions qui ne demandent pas beaucoup de force et
de constance. L'état nerveux domine dans les grandes
villes, dans les capitales et surtout chez les femmes.
Pourquoi, créées pour notre bonheur, sont-elles donc
généralement si à plaindre! ! !
33
Lès circonstances qui développent ou aggravent
l'état nerveux, l'hypocondrie particulièrement, sont :'
la vie sédentaire, les alimens échauffans, toutes les
boissons spiritueuses-, le thé, le café, les plaisirs
sensuels portés à l'excès, ou une trop grande conti-
nence, la fréquentation du grand monde et de la
cour, les postes éminens dans les affaires, l'applica-
tion trop assidue à l'étude, les travaux de cabinet,
les veilles, le jeu, l'abus des boissons chaudes, des
délayans et des rafraîchissans, des saignées et des
sangsues, enfin le nouveau système médical. Ajou-
tons à ces causes l'influence de certains virus et
traitemens mereuriels trop actifs, l'allaitement trop
prolongé, la présence des vers dans les intestins,
certaines maladies organiques, et souvent la crainte
seule d'en être affecté; la cessation brusque des
sueurs habituelles aux pieds, aux mains, aux ais-
selles, derrière lès oreilles; d'écoulemens provenant
d'exutoires, d'ulcères ou d'affections cutanées; le
déplacement des affections rhumatismale, goutteuse,
dartreuse , vénérienne , les suppressions de transpi-
- ration , d'un flux de sang périodique ; l'omission
-d'évacuations sanguines ou de purgations dont on
a contracté l'habitude, la répercussion ou la rentrée
de certaines éruptions, le transport du lait dans la_
masse du sang.
A ces causes nombreuses et variées,il faut ajouter
Fïntempérance, les fortes émotions morales, la perte
d'objets chéris, le chagrin d'avoir quitté son pays,
des inclinations ou vocations contrariées ; des pas-
sions malheureuses, des revers de fortune, des sou-
cis domestiques, des ambitions déçues, la jalousie ,
l'ennui, l'oisiveté, la crainte, et en.général toutes
les affections pénibles de l'âme, vives et continues.
Les maladies nerveuses sont beaucoup plus.com-
3
%
nrunes aujourd'hui qu'autrefois; lés motifs parais-
sent en être dans les progrès de la civilisation, la
succession des révolutions, les invasions étrangères^
la mobilité extraordinaire des événemens, des com-
motions politiques, qui blessent chacun dans ses
affections, dans ses intérêts , dans ses opinions, et
qui souvent divisent les familles ; l'amour des scien-
ces, la culture des lettres et des arts beaucoup plus
répandus. On remarque que les poètes, les peintres
et les musiciens qui exercent continuellement leur
imagination-, sont fréquemment atteints d'hypo-
condrie.
- On peut encore ajouter à tous ces motifs de la
fréquence des maladies nerveuses dans le siècle ac-
tuel, une avidité extrême de changer de situation,
de condition ( dans tous les rangs de la société ),
l'excès du luxe et de la mollesse, la lecture des ro*
■mans et tout ce qui produit une grande exaltation
dé toutes les facultés.
Plusieurs médecins très-célèbres ont attribué les
affections nerveuses au dessèchement et même au
iraccôrriissement des nerfs ;-je ne suis pas de leur avis,
par là raison qu'on voit des personnes ayant beau-
coup d'embonpoint-, en être horriblement tour-
mentées.
Une longue expérience dans le traitement de ces
maladies, me donne la conviction que leur siège
primitif est le plus souvent dans le cerveau, quel-
quefois dans les viscères du bas-ventre (l'estomac
particulièrement) et dans la matrice chez les femmes.
Ceïi'ést pas dans l'altération du tissu nerveux lui-
même qu'on en trouvé la cause immédiate, c'est
dans lé troublé, l'anomalie dés propriétés vitales du
système nerveux, et surtout dans l'exaltation de la
sensibilité organique.
35
L?ètat nerveux mélancolique était appelé par les
anciens atrabilaire , d'après l'idée qu'ils avaient
de la nature d'une bile noire dont nous avons
souvent constaté l'existence. Qu'il nous suffise d'op-
poser à ceux qui la nient, ce qu'a écrit à ce sujet le
professeur HALLE(i) :
« Nous avons vu, dit-il, cette humeur telle que
» les anciens la décrivent: parfaitement noire, ne
» pouvant être dissoute dans l'eau , ne présentant,
» quelque délayée qu'elle fut, aucune teinte difféV
» rente du noir parfait, et ne se rapprochant par
» aucune nuance, ni de la couleur du sang ni de
» celle de la bile : nous l'avons observé dans-les
» affections mélancoliques et hypocondriaques : la
» constipation lui est ordinaire. »
Dans la mélancolie, ily a constipation ou bien excré-
tion de matières noirâtres et poisseuses et d'une odeur
infecte. Ces matières s'attachent fortement au vase
dans lequel on les rend, elles ne peuvent se mêler à
l'eau ; elles forment quelquefois des crises lentes.
« Une jeune juive se croyait condamnée aux peines
de l'enfer : depuis plus d'un an, elle poussait des
cris, ou plutôt elle faisait des hurlemens continuels.
Tous les moyens employés pendant ce temps dans
l'hospice de la Salpêtrière avaient été inefficaces. Il
s'établit une diarrhée violente de matières noires,
poisseuses, d'une fétidité insupportable : cette
fille maigrissait et s'affaiblissait; mais dans le même
(1) Nous saisissons avec empressement cette occasion d'offrir
«a -témoignage public de notre reconnaissance à la mémoire de
cet illustre professeur, qui nous honora de sa bienveillance,
dans ,un .rapport que la société de la faculté de médecine des-
manda sur un mémoire que nous lûmes au sein de cette société
savante, et qui fut inséré dans le bulletin de ses séances, K° I^L
novembre 18] 3. ( sur l'orthopédie.) '■>
36
temps la mélancolie diminuait; enfin la diarrhée
cessa et la malade, qui avait recouvré sa raison ^re-
prit des forces et de l'embonpoint (A.-J. LANDRÉ
BEAUVAIS, séméiotique). »
Les personnes nerveuses sont plus souffrantes l'été
et l'automne et par les variations subites de tempé-
rature ; le grand froid irrite aussi les nerfs ; les bois-
sons acides, le thé, le café (surtout au lait chez cer-
certaines personnes), le. vin blanc, occasionnent quel-
quefois des tremblemens, des spasmes, des malaises,,
une agitation intérieure indéfinissable : les brouil-
lards donnent la migraine, les temps pluvieux oppres
sent, ôtent l'appétit; les temps orageux font éprouver
une.anxiété inexprimable, des maux de tête, des
maux de coeur, de l'assoupissement. L'état nerveux
est en général caractérisé par les symptômes les plus
bizarres et les plus mobiles, sous l'influence des plus
légères causes morales : coloration irrégulière des
joues, la figure tantôt très-animée, tantôt défaite,
abattue, toute décomposée, dans la même journée;
mouvemens convulsifs clans quelques muscles delà
face. Le plus souvent on a la tête brûlante et dou-
loureuse; on ressent des bouffées dé chaleur, ou l'on
éprouve par intervalle une sensation très-vive de
froid. C'est ordinairement le sommet de la tète qui
est douloureux. On voit des femmes y éprouver une
douleur comparable à celle que produirait un clou
qu'on y enfoncerait (clou hystérique); le crâne sem-
ble quelquefois comme accablé sous le poids d'une
calotte de plomb, ou bien comprimé latéralement
comme dans un étau. La peau qui le couvre devient
par fois si sensible, que les malades disent ressentir
de vives douleurs jusque dans les cheveux. Certaines
personnes éprouvent fréquemment un sentiment de
détente dans la tête (ou même dans la poitrine et
37
le bas-ventre), et en comparent le bruit à celui qui
résulterait d'une forte détonation électrique, ou de la
décharge d'une arme à feu; d'autres disent éprouver
des bouillonnemens dans l'intérieur du crâné, des
battemens ou un bruit comparable au son d'une
cloche : quelques-uns se plaignent d'avoir la tête
vide ou craignent continuellement de la perdre. Al-
ternatives dé froid et de chaud simultanément ou
successivement en différens endroits du corps; in-
somnie , rêves tristes et pénibles, cauchemar, idées
sombres et chimériques, crainte continuelle delà
mort : on voit cependant des personnes la dé-
sirer et se la donner. Visions pendant le som-
meil , auquel on redoute même alors de se livrer,
se trouvant plus mal au réveil, ou se réveillant
en sursaut. Eblouissemens, étourdissemens, ver-
tiges, sifflemens, bourdonnemens , tintemens d'o-
reilles et même surdité ; assoupissemens, fortes dou-
leurs vers les yeux, surtout dans le fond de l'orbite.
Les personnes nerveuses ont en général la peau
sèche, sans transpiration ; la grande lumière, le bruit,
la musique, certaines odeurs, les incommodent
par la sensibilité très - grande des organes des
sens. Le froid- le plus léger et la chaleur la plus
modérée font sur elles les plus vives impressions.
Elles sont très-sensibles à l'état électrique de l'atmos-
phère et aux variations brusques de température; le
moindre bruit les fait tressaillir, les agace, les impor-
tune; des douleurs de diverse nature , se font sentir
durant lé cours d'une même journée, d'une même
heure, dans les parties les plus opposées. Sentiment
de lourdeur, d'inquiétude, de lassitude, de pesan-
teur clans les bras et surtout dans lés cuisses et les
jambes; craqueméns dans les articulations; picotte-
mens, démangeaisons par tout le corps, chaleurs
38
brûlantes aux pieds et aux mains ; crampes , trem-
blemens, fourmillemens, engourdissemens, cons-
triction spasmodique dans la poitrine ; sensation
d'une boule qui monte du bas ventre ( avec serre-
mentau gosier, chez les femmes surtout) , ou d'une
pelotte de fil qui se déroulerait ou bien de la pré-
sence de vers, ou de tous autres insectes. Quel-
ques personnes croyent sentir dans le gosier,
un morceau de pomme ou de chair ; bouche pâ-
teuse, amère, la langue couverte d'un enduit mu-
queux, surtout le. matin ; envies de vomir, rapports
acides, appétit .affaibli-, capricieux, augmenté ou
dépravé; crachottemens continuels, salivation quel-
quefois abondante, avec acidité, aigreurs insuppor-
tables; gène et plénitude vers l'estomac après le
repas, avec borborygmes, tension, gonflement des
hypocondres ou de tout le ventre, dégagement de
vents dont la sortie soulage ordinairement; vomisse-
mens d'eaux claires, de pituite, de flegmes épais, ou
d'une liqueur verte ou noirâtre comme du mare de
café. Tous ces symptômes sont moins intenses le
matin, en général, que le soir et la nuit; ils sont
très-prononcés après que l'on a mangé; les urines
sont le plus souvent pâles et limpides : elles arrivent
quelquefois par un flux subit et abondant, et le len-
demain elles coulent goutte à goutte avec douleur et
sont très-chargées. Il existe assez ordinairement une
constipation opiniâtre.
Beaucoup de personnes, dans un pareil état, qui
est des plus pénibles, conservent de la fraicheur, ont
la figure colorée, animée, et toute l'apparence"de la
santé, avec un grand développement du système
musculaire : c'est ce qui fait que malheureuse-
ment on ne commence à ajouter foi à leurs maux
que quand leur embonpoint diminue , que leur
%
teint pâlit, et que toutes les fonctions parais-
sent languissantes; souvent alors la .peaii d;^
Yient terne, sale, farineuse, et le siège d'éruptions
très - variables pajj leur intensité et leur nature;
des palpitations de coeur se font souvent sentir
dans une grande étendue; elles empêchent les ina-r
lades de se coucher sur le côté gauche et viennent
par fois interrompre leur sommeil. Les palpitations
nerveuses se distinguent de celles qui sont occa-
sionnées par le sang , en ce qu'elles ne^sorit j>as
continues, c'est-à-dire qu'elles ont des intermis-
sions, qu'elles diminuent heaucoup d'intensité en
certains temps, et par les antispasmodiques, qu'elles
se manifestent à la plus légère émotion de plaisir ou
de peine; qu'elles augmentent par toutes les impres-
sions vives, toutes les affections morales tristes;
elle sont diminuées par un exercice modéré ; ce qui
est l'inverse dans les véritables anévrismes du coeur
et des gros vaisseaux où elles sont continues ou su?
bissent à peine quelques légères rémissions. Le.
pouls est extrêmement variable , inégal, intermit-
tent : quelques personnes sentent, entendent dis^
tinctement un battement général de toutes fours
artères; la plupart des mélancoliques , des hyppT-
condriaques sont affectés d'hémorroïdes (t).
: Chez les femmes, on observe que les règles au
lieu de se supprmier, augmentent souvent d'abon-
dance; il n'est pas rare de les voir cesser avanjt le
terme ordinaire prescrit par la nature, et être ren>
placées par des fleurs blanches.
Plusieurs malades ressentent dés douleurs comme
s'ils avaient eu des contusions: ils ont de l'oppres-
sion et de temps à autre une gêne cpnsidérable de
(i) Manuel des H.emor'roïdairés , par le/docteur Delacroix.
L'annonce s'en trouve sur la couverture du présent ouvrage.
4o
la respiration ; la poitrine est comme comprimée
par un poids lourd.
Ils éprouvent une petite toux sèche, des baille-
mens, des hoquets, un étatspasrnpdique du larynx,
accompagné quelquefois de la privation de la pa-
role et de la voix, et souvent des défaillances comme
si la vie allait les abandonner.
Les personnes nerveuses ont en général la peau
sèche, sans transpiration; de même qu'elles suent
facilement à la moindre fatigue.
Si on les envisage sous le rapport moral, on
trouve qu'elles sont irascibles, difficiles à vivre , à
charge à elles-mêmes et aux autres : généralement
tristes , sérieuses , timides , méfiantes , inquiètes.,
irrésolues ; dans un état de découragement , d'a-
battement, de langueur et d'indifférence, s'ima-
ginant n'être aimées de personne, recherchant la
solitude, évitant le bruit et ne se trouvant bien
nulle part : la même mobilité se remarque dans
les inclinations, les goûts , les penchans, les
affections morales : des pleurs abondantes alternant
avec de grands éclats de rire et tous les écarts d'une
gaité folle ; Idées sombres et chimériques ; apathie,
insensibilité à toutes les jouissances ; on voit tous
lés événemens en noir , tout en se trouvant au mi-
lieu des élémens de bonheur, au sein de la fortune
et de tout ce qui peut assurer la félicité domestique;
on gémit continuellement sur son sort, étant rêveur,
concentré, n'épanchant aucun de ses sentimens ,
aucune de ses sensations ; on est accablé par les plus
faibles revers, de même qu'on renaît pour la plus
simple satisfaction, pour la joie la plus légère; on
sent qu'on â besoin d'amis et l'on n'en trouve pas.
Voici une observation intéressante d'une maladie
nerveuse portée au dernier degré.
M. le comte de Puységur, capitaine des Gardes de

Un pour Un
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