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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMQN PRESS
Headington Hill fiall, Oxford OX3 OBW, UK
DE LA NÉCESSITÉ
D'ADOPTER
jL'Ë^S C LAVAGE
N
1°. Comme moyen
a0. Comme punition Pour les coupables;
3°. Comme ressource en faveur des indigcns.
Quoi la liberté ne se maintient qu'à l'appui de la
servitude ? Peut-être les deux excès.se touchent.
Rousseau. C. S.
Prix 24 sous.
vieille
i et
L'ESCLAVAGE EN FRANCE
il'. Comme moyen de prospérité pour nos Colonies
20. Comme punition pour les coupables
3°. Comme ressource en. faveur des
de ta servitude? Peut être les deux excès
se touchent.
de la. classe
laborieuse que de lui donner part au pouvoir
cette erreur politique Personne plus que
n'est ennemi. des distinctions qui séparent les ci-
sur
(•)
lîté- primitive, maintenant
tence de la société? Il en est une autre bien plus
précieuse aux yeux du
c'est l'égalité de bonheur; elle est possible être
« puissant, ce n'est pas être heureux et, malgré la.
différence des rangs et des fortunes, les besoins
et les passions naturels sont par tout les mêmes.
Que tous les philosophes travaillent def concert à
établir cette égalité, un bienfait leur ob-
tiendra la reconnaissance de l'humanité, entière.
Ce n'est point par des chimères spéculatives que
l'on rendra les hommes heureux,
tant leurs désirs leurs besoins et leurs sentimens
naturels. Examiner s'il existe des esclaves par
et le sort du pauvre doivent être à la disposition
du propriétaire c'est un sujet, ce
digne de
La tâche la plus difficile de l'écrivain n'est pas
toujours de produire la vérité, mais de faire
reconnue.
La malheureuse expérience que patrie faite
triomphé parmi nous m'évitera le soin de
annonce quelquefois
des vérités dures et austères mais un politique
adroit couvre de fleurs les chaînes dont il veut en-
'̃jÇ&.l
velopper ses concitoyens. Le véritable, ami 'du
peuple n'est pas ce journaliste fougueux qui l'ex-
cite à l'abus de sa puissance; et qui, lui parlant
sans-cesse de ses droits lui fait oublier ses devoirs
les plus sacrés. Mais c'est sans-doute l'écrivain sage
et réfléchi qui, lui, présentant les avantages du
calme, du travail et de la modération, lui trace
vers le bonheur une route sûre et faciale.
Je dois m'attendre que plusieurs personnes,
sur-tout celles qui ne m'auront point lu, ne voyant
qu'un pas de l'esclavage domestique à l'esclavage
social m'attribueront le dessein de préparer au re-
tourde l'ancien régime. D'autres, et ce sont ceux qui
croiront m'être'le plus favorables s'imagineront
ne voir dans cet ouvrage que les efforts d'un écri-
vain qui cherche à se distinguer par des paradoxes
hardis. Mais ce tems est passe, où il suffisait, pour
fixer quelques instans l'attention publique, de re-
vêtir d'un style brillant des idées bisarres et gi-
gantesques. Depuis huit ans que nous sommes
agités par une suite de révolutions, nous avons
parcouru toutes les situations extrêmes et il n'est
point de folie politique qui n'ait eu ses partisans
et ses adversaires. Se renfècrrier dans les bornes
exactes de la vérité de la justice et de la raison
voilà le seul moyen d'être neuf encore et de mériter
les suffrages des hommes éclairés.
S U R C VA
CHAPITRE PREMIER.
• Qu'est-ce que l'Esclavage?
.L'esclavage politique est celui qui rend un
'des.pote ou on corps peu nombreux maître ab-
solu des biens et de la vie de ceux qui lui sont
Bubordonnés. On ne s'est déjà que trop étendu sur
cette espace de maladie sociale. Je n'ai point envie
d'ajouter aux longues et violentes déclamations
,k plus aisément par. l'autorité des loix qu'avec le-
pouvoir absolu des souverains les mieux inten-
tionnés. Le despotisme ne peut convenir qu'aux
nations trop corrompues pour être capables d'au-
cune bonne police.
La servitude domestique absolue me semble
également nuisible à l'esclavage à qui elle ne laisse
aucun garant de. sa sûreté et au maître qu'elle peut
engager à des abus' d'autorité qui, lui deviennent
souvent funestes» à lui-même. Quoiqu'il n'ait rien
à craindre de ta justice Humaine, l'homme juste
ne se portera jamais à des excès contraires aux lobe
de la nature. La servitude domestique absolue ne*
peut donc plaire qu'à, des maîtres barbares et ca-
pricieux qui craignent de se soumettre aux regards
de la justice. En faut il davantage pour la faire
bannir de toute législation bien ordonnée ?
Ce serait combattre la nature même des choses
que de vouloir empêcher qu'il y ait des rapports
de sujétion entre 1 homme opulent et celui qui n'a
rien. Tous les plaisirs toutes les jouissances vien-
dront toujours s'offrir au devant de celui qui
1 pourra les payer, tandis que l'indigent, à force de
travaux, aura peine à pourvoir au plus étroit né-
cessaire. Un des soins les plus importans du lé-
gislateur doit être d'alléger cette situation pénible,
et d'empêcher qu'elle ne nuise à l'ordre social.
La servitude domestique modérée qui ne permet
au maître de rien exiger de ses esclaves que con-
formément aux Ioix, mais qui les lui fait regarder
comme
(6)
soins dont l'accroissement et le bon état ajoutent
à sa fortune n'est-elle pas plus favorable à la classe
laborieuse que l'ordre actuel des choses, qui rend
l'homme riche indifférent aux individus mêmes
qui le servent et qui expose aux hazards des
saisons, aux caprices des modes et à toutes les
révolutions qui agitent l'Etat, la subsistance d'une
portion considérable de la classe la plus utile à la
société. C'est peut-être là un des problêmes
politiques qu'il serait le plus intéressant de ré-
soudre mais il n'entre pas dans mon plan de-
m'en occuper.
C H A PITRE IL
Que la Liberté et l'Esclavage ne sont en eux-mêmes
ni des biens ni des maux.
Ne souffrons point-que des mots Nous fassent
plus long tems illusion. Le bonheur est le but
que la nature, nous propose à tous. Quel que soit
le chemin qui nous y conduise., le plus prompt et
vage est-il incompatible avec le bonheur ? n'existe-
favorable la
(7)
vage qui protège et soutient notre existence s'il
ne nous oblige à rien que de conform'e aux loix
de la justice j'ose le dire, un tel esclavage est un
bien mais celui qui nous soumet aux caprices
d'un maître est un mal qu'on ne saurait combattre
avec trop de vigueur.
Je ne doute pas qu'on ne m'oppose la législation
cruelle de la plupart des peuples de l'antiquité sur
l'esclavage. On me représentera ces Ilotes tour-
mentés avec tant de barbarie par les Spartiates; les
Romains usant de la manière la plus odieuse dn
droit de vie et de mort qu'ils avaient sur leurs
esclaves les Hébreux mêmes non responsables
devant les loix des blessures qu'ils faisaient à leurs
esclaves des qu'ils n'en mouraient t pas dans les trois
jours. On finira ce tableau, en retraçant les horreur$.
dont les nègres de nos Colonies ont été la victime.
Que m'aura-t-on prouvé ? que les loix sur l'escla-
vage ont été mal ordonnées dans presque tous les
pays. C'est ce que j'avoue d'avance mais ne serait-
il pas possible d'en créer qui fussent favorables au
bonheur de la nation qui les adopterait?
CHAPITRE III.
contraire aux Droits de l'homme.
On se servira sur-tout contre moi des principe»
proclamés avec tant de faste par nos philosophes
modernes qu'on ne peut vendre sa pcrsonne
que la liberté est une propriété inaliénable qu'un
tel contrat serait nul, parce qu'il laisserait sans
garantie. Ces écrivains grands maîtres dans l'art
de présenter des images frappantes se sont appe-
santis avec complaisance sur 1'usabe coupable
qn'un maître injuste pourrait faire du pouvoir que
nous lui donnerions sur nous-mêmes. Mais ces
objections n'attaquent que la servitude domestique
absolue que je condamne aussi bien qu'eux.
Dans l'esclavage modéré les conditions du
contrat sont réciproques. Ce ne sont pas propre-
ment des esclaves mais des mercénaires perpétuels,
selon l'expression aussi juste qu'énergique d'un
auteur de l'antiquité. Les obligations du maître sont
moins pénibles, sans-doute, mais bien plus éten-
dues. Il doit pourvoir à tous les besoins de ses
esclaves les défendre et les protéger quand on les
attaque; prendre soin de leur famille et, comme
il a profité de leur santé et de leur jeunesse-, la
nature même des choses lui fait un devoir de les
entretenir encore quand les maladies et les infir-
mités de l'âge les lui ont rendus inutiles.. Mais
l'esclave. ne peut s'engager qu'à l'emploi de ses
moyens quand il a consommé son tems au travail
qui lui est indiqué sa tâche est parfaitement rein-*
plie et, quoique sous l'autorité d'un maîtres, il
est bien plus encore sous la puissance des loix.
La propriété territoriale une fois admise, la
question n'est plus de savoir si celui qui n'a rien
sera tenu dans la sujétion elle est une suite de
rétablissement de la société mais s'il lui
plus avantageux de travailler pour un maître
obligé quoiqu'il arrive de le nourrir de le pro-
téger, de le soigner que de dépendre d'unt mul-
titude d'individus qui remploieront au gré de leurs
caprices et qui après avoir profité de sa force et
de sa santé, ne se mettront nullement en peine de
le secourir au milieu des embarras de la maladié,
ou d'une nombreuse famille. Pour l'indigent, il
n'y a point à choisir entre ces deux situations.
Pourquoi donc les esclaves des Romains rece-
vaient-ils la liberté avec tant d'enthousiasme ? C'est
qu'alors ils se trouvaient sous la protection des
loix auxquelles ils ne pouvaient auparavant avoir
recours, quelle que fût la barbarie de leurs maîtres.
l'affranchissement leur laissait encore de grandes
obligations à remplir envers leurs bienfaiteurs. Mais
n'existe-t-il pas en Asie des Etats où la liberté est
un si mauvais présent, que chacun s'empresse de
la perdre et cherche à se rendre l'esclave d'un des »
seigneurs dont le crédit est le: plus connu afin de.
trouver sous son abri une protection puissante.
(10)
DE LA NÉCESSITÉ
DE RÉTABLIR L'ESCLAVAGE
DANS NOS COLONIES.
Vue l'abolition, de l'esclavage des nègres fut
pour nos Colonies, la mesure la plus désastreuse
c'est ce qu'une expériençe terrible n'a que trop bien
prouvé. Il est inutile de revenir sur le passé, au-
quel tl est impossible de remédier. Examinons
seulement s'il n'existe aucun moyen d'arrêter les
maux quf dévorent nos plus riches possessions.
CHAPITRE PREMIER.
Du caractère général des Nègres.
Je laisse à l'histoire le soin de la
la haine de la postérité, que notre mépris pour-
(il )
de fuir, les antres disputant quelques restes de
leurs anciennes propriétés, contre les invasions des
Anglais ou l'avidité des nègres. Représentez-
vous ces mêmes nègres à la liberté desquels on a
tout sacrifié réduits aux deux tiers de leur an-
cienne population parla faim, par les ravages de la
guerre et par leurs propres divisions; et vous con-
naîtrez quels fruits vous devez attendre de leurs
funestes principes.
Non, certes, je ne suis pas l'ennemi des hommes
et quelle que soit leur couleur je les reconnais
tous pour mes frères mais en voyant d'aussi affreux
résultats, ne dois je pas m'élever contre les
coupables maximes de liberté et d'égalité dont
ils furent la conséquence. Si les nègres esclaves.
avaient été dignes de la liberté cette révolution
n'eût pas eu des effets aussi sanglans. Mais nous
mêmes nous qui, depuis quatre ou cinq cents ans
jouissions de la liberté civile nous n'avons pu
soutenir cette épreuve qu'au milieu des convul-
sions les plus terribles et l'on eût prétendu que
des nègres accoutumés dès l'enfance à des tra-
vaux abrutissans que la nature de leurs occu-
pations, le genre de leurs relations et la chaleur
de leur sang retiennent toute la vie dans une
certaine enfance, l'on eût prétendu que de Mis
êtres remdus !.la liberté; sans. aucune mesure
préparatoire, n'en feraient pas l'usage le plus
Envain nos législateurs décrètent L'égalité leurs
efforts na pourront jamais établir l'égalité d'es-
(12)
prit de courage et de
qu'aucun nègre ait montré, dans quelque genre
que ce soit des
une preuve éclatante de leur infériorité ?
magés par des qualités moins brillantes mais
est-ce une raison pour leur rendre une liberté
si funeste ? Voyons ce qu'il sont non pas dans
nos colonies où l'on peutcroire que leurs dis-
positions sont resserrées par les circonstances
considérons-les dans leur propre 'pays. Leurs
moeurs varient selon les contrées. Les voyageurs
nous représentent les uns ardens féroces et im-
pitoyables les autres doux simples et hospi-
taliers. Mais dans aucune nation nègre on ne
voit se déployer, à un certain degré, l'activité et
l'industrie. Toute bonne police paraît impossi-
bleparmi eux. Anarchie ou despotisme voilà
les deux extrêmes,
de ces peuples n'a su trouver de sage milieu.
Dans les nations Européennes si les actes arbi-
traires d'un monarque offensent trop vivement
ses sujets l'opinion publique réagit avec une
force qui
que les
nègres
(i3)
C H A P I T R E 1 1.
Peut- on espérer de faire fleurir nos Colonies sans
avoir recours d l'esclavage des nègres.
J'ose croire qne l'on pourra dans la suite faire
renaître la prospér,ité dans nos.Colonies sans avoir
recours à un odieux esclavage mais aujourd'hui
par quels moyens espérera- t-on y suppléer ? pré-
tendrait-on substituer des blancs aux nègres ce
serait n'avoir aucune idée de la nature du climat.
Ignore-t-on qu'il est mortel pour une partie des
Européens qui vont' chercler la fortune dans ces
contrées lointaines et que les autres abattus et
languissans respirent à peine dans l'intérieur des
maisons loin de pouvoir soutenir les ardeurs du
soleil et s'employer à des travaux fatiguans ? Les
durent plusieurs mois. Les nègres dont le sang
paraît avoir reçu une préparation différente
et qui sont
tations qui.
la manutention du sucre de l'indigo et des autres
vement et
ne venait pas nous éveiller combien d'entre non»
s'abandonneraient à une lâche oisiveté ? combien
voyons-nons d'êtres consumés par lennui, ne
pouvoir encore se livrer à des occupations utiles ?
D'ailleurs les alternatives de chaud et de froid,
le luxe la nécessité d'une grande quantité d'ali-
mens nous imposent des besoins bien plus étendus.
Mais le nègre n'a point de luxe et peu de besoin
à quoi lui serviront donc les denrées de l'Europe?
Où le besoin n'existe que d'un côté, tout échange
est impossible. Qu'on examine le genre de com-
merce qui a lieu sur les côtes d'Afrique croit-on
que les nègres en passant d'un hémisphère à l'autre,
changent d'habitudes de mœurs et de passions ?
l'activité, qui leur manque dans leur propre pays
l'activité qui est incompatible avec la chaleur du
climat qu'ils habitent se dévelopera-t-elle en eux
lorsqu'ils seront transportés dans une contrée
étrangère ? Il est donc impossible de suppléer sur-
le-champ, au défaut d'esclaves; et quand les mi-
nistres nous annonceront que les Colonies pren-
nent, sous des mains, libres la face la plus floris-
sante, nous les en croirons tout autant que s'ils
nous disaient que les 1200 brigands qu'on a dé-
barqués sur les côtes d'Angleterre sont devenus
d'honnêtes gens et de braves soldats.
(i5f
CHAPITRE III.
Moyens de rendre les Blancs utiles aux Colonies.
Jusqu'aujourd'hui les blancs n'ont presque
servi qu'à diriger les travaux des nègres il n'en
est que bien peu qui aient pu soutenir les fatigues
de la culture au milieu des chaleurs excessives de
ce climat. Je crois qu'ilserait possible d'augmenter
ce nombre en les accoutumant peu-à-peu à des
exercices pénibles, en les aguerrissant par l'habitude
contre les ardeurs d'un soleil brûlant, en leur li-
sant suivre un régime de vie mieux adapté au
climat et sur-tout en les y invitant par l'attrait le
plus puissant sur les hommes l'intérêt.
CHAPITRE IV.
Moyens de rendre les Nègres
Pour stimuler au travail des peuples naturelle-
ment paresseux
geaient dans des entreprises longues et périlleuses
curer.
étaient-elles formées qu'elles refluaient vers la mère-
patrie qui ne
(i6)
des travaux de ses enfans. Aura-t-on la même pers-
pective à offrir aux nègres ? quand il serait possible
de leur inspirer ce même amour pour une patrie!
qu'il ne connaissent pas où seront les motifs de
-leur activité ? Vivre et jouir voilà le voeu de ce
peuple. Pour vivre il n'a pas besoin de l'Europe
il lui suffit de cultiver quelques plantes du Pays.
Pour jouir ignore-t-on que dans les climats
chauds l'oisiveté est la plus douce de toutes les
jouissances ?
Je n'opposerai qu'un seul mot à tous les rap-
ports officiels sur la situation brillante de nos
Colonies. De quel moyen s'est-on servi pour faire
travailler les nègres ? La force, est hors de votre
plan. La raison? nous ne croyons plusà son pou-
voir sur l'esprit de ceux qui ne savejat pas penser.
Parlez-moi de l'intérêt parlez-moi d'une passiori
vive je commencerai alors à vous entendre man
vous ne sûtes jamais manier les passions que d'une
manière funeste au bonheur des hommes.
Si l'on veut faire travailler des nègres, libres, il
faut leur donner des besoins que
puisse satisfaire il faut leur inspirer une partie de
notre luxe il faudrait sur-tout
notre empire par les choses de première nécessité.
Je sens combien il serait dur d'exposer la subsis-
tance d'une multitude
des mers et cela pour nous assurer des denrées
qui ne servent qu'à entretenir notre luxe et notre
délicatesse mais cette difficulté n'est pas faite pour
nous arrêter nous qui sommes si accoutumés dt
sacrifier
sacrifier des hommes à nos plaisirs a notre gloire
et aux intérêts du commerce. 'Si par exemple
il étoit possible d'engager les nègres des Colonies
à ne' se nourrir que- de bled on sent alors qu'il
leur serait indispensable de cultiver le sucre le
café l'indigo etc. afin d'avoir une matière
d'échange.
Il ne faut pas croire que le commerce puisse
avoir encore le cours qu'il avait quand la plupart
des grands propriétaires de nos Colonies résidaient
dans la mère-patrie. Une partie assez considérable
des denrées coloniales pouvait alors s'acquitter en
lettres de change; mais aujourd'hui les retours
ne seront plus qu'en conséquence des apports
et toutes les denrées coloniales que nous consom-
merons représenteront autant de nos propres den-
rées qui auront été envoyées dans les Colonies.
Qu'à l'avenir on cesse d'être la dupe des grandes
phrases ministérielles et qu'on soit bien per-
suadé qu'où nul motif n'invite au travail le travail
n'existe pas. Si le besoin n'existe que d'un côté,
le commerce entre deux pays ne peut être de
durée. L'échange avec les métaux précieux tarit
bientôt, lorsque impossible.
w
CHAPITRE V.
Serait-il possible de rétablir tEsclavage des
comme il était auparavant.
JE n'ai pu me procurer que dès notions assez im-
parfaites sur la situation actuelle de nos Colonies
mais il est difficile de penser que des hommes,
livrés depuis quatre ans à la licence et à l'anarchie
reprissent aisément le frein de l'esclavage. Ima-
giner que la douceur puisse ici être de quelque
utilité, c'est une chose ridicule même à supposer.
Je demande à l'orateur le plus adroit de quelles
phrases il se servirait pour persuader aux nègres
de reprendre les fers sous lesquels ils ont gémi si
long-tems,et qu'ils ont brisés avec tant de violence.
Il faudrait appeler à son secours la force et les
ne pût employer ces moyens avec quelque succès
mais le sang coulerait encore et la soumission
serait-elle jamais bien entière ? Ce n'est plus le
tems où une foule de nègres tremblait devant un
.seul blanc. Le préjugé qui faisait notre force est
tombé et il renaître.
G H A P I T R E VI.
Des moyens de rétablir l'Esclavage dans nos Colonies
d'un; manièi c compatible à- leur bonheur.
IL est rare qu'une première injustice n'en en-
traîne à sa suite un grand nombre d autres. On ne
peut plus se délivrer du crime que par des crimes
nouveaux. Certes, la traite des nègres était un <i
tentat contre 1 humanité mais dès qu'une fois elle «
était consacrée par les lois de l'Etat,, les nègre
devenaient une propriété acquise sous la foi put
blique, et dont on ne pouvait plus être dépouillé
sans crime. Suffisait-il de rendre au propriétaire
le prix, de ses esclaves? mais qu'allaient devenir
ses plantations sans le bras des nègres qui les
rendaient fertiles? en les lui enlevait vous lui
ôtez encore
sions. Ce n'est pas là que ce sont arrêtés les mal-
{ heurs des volons, ils ont été persécutée incarcérés,
ii quelques-uns fusil'lés d'autres déportés. Aujour-
$ d'hui que l'on
i révolutionnaires, que Ton' se hâte de réparer les
i injustices commises à leur égard si l'on conserve
rites et
| Une partie des Colons est périe, d'autres se sont
émigrés parmi ceux mêmes qui sont restés quel
usage la plupart
(»o)
sions, si on ne leur fournit des négres ou d'autre*
ouvriers pour les aider dans leur exploitation ?
Ces fertiles Colonies qui ont procuré à la. Fràncc
des richesses si considérables vont devenir in-
cultes et désertes si une administration sage ne
prend des moyens pour y ranimer promptement
l'agriculture.
Pour y parvenir, il faudrait, ce me semble,
distribuer eiitre les nègres toutes les terres dé-
laissées régler à quelle espèce de culture ils se-
raient tenus de se livrer; et exiger d'eux un impôt
en nature, relatif au genre d'exploitation età sa
facilité. En distribuant entre les nègres les terres
abandonnées, et elles le sonten grand nombre, il
ne eut sans doute se lever aucune réclamation.
Si l'on règle leurs oecupations on pourra rétablir
alors ces grands atteliers sans lesquels lis. ne faut
pas s'attendre à voir renaître ce riche commerce
qui a si tong-tems excité en-
tière. L'impôt qui serait exigé serait une juste
demnité des avances auxquelles il ne faut pas se»
dissimuler que le gouvernement va être obligé, pour
rendre des contrées si dévastées à leur prospérité
première; il serait d'ailleurs un stimulant nécessaire
de l'activité des nègres.
On ne voit point encore comment, de ces di-.
ont la moindre connaissance du caractère des
un assez
grand nombre qui se montreront insensibles à tou-
tes les avances et à tous les motifs qui serontmis en
(ai)
avant pour les porter au travail voilà ceux qu'il
faudra remettre enservitude cette loi devra être
claire, précise et s'étendre aux hommes de toutes
les couleurs :que, sur-tout, celui qui la proclamera
ait assez de sagesse pour intéresser les nègres
propriétaires à son exécution et pour ne pas ré-
volter les autres par des rigueurs hors de saison.
Mon dessein comme on doit bien le pressentir
ne serait pas de faire renaître pour jamais l'escla-
vage mais seulement d'assurer la prospérité des
Colonies et le bonheur même des nègres, Si on
laissait à la v<ï>A<mté des propriétaires le soin de
choisir le moment où l'on pourrait, sans" danger
rendre leurs esclaves à la liberté, il y aurait à
craindre qu'ils ne l'éloignassent au gré de leurs
intérêts. Pou^ obvier à cet inconvénient, je dési-
rerais que la loi ordonnât que le dixième ou le
quinzième des esclaves serait mis en liberté cha-
que année d'après le jugement de commissai-
res nommés à cet effet, et sur le témoignage qui
serait rendu de leur bonne conduite.
L'exécution de ce plan sera sujette à beau-
coup de
n'est dirigé par un grand courage et par un es-,
prit
le pouvoir à
la volonté -entrent dans tous les détails de leurs
(22)
,plans s'ils sont favorables au bonheur public
cette vue portera la satisfaction dans le cœur des
gens de, bien s'ils étaient nuisibles à la société,
des écrivainscourageux pourraient en arrêter l'exé-
cution en mettant au grand jour leurs incon-
véniens. Quant à nous qui dans la retraite et
dans l'obscurité ou nous vivons ne pouvons
presque former que des voeux contentons-nous
de jetter nos idées en masse de peur que l'ennui
et le dégoût n'en détournent ratLention publique.
Je réduirai donc ce que j'ai dit à ces quatre
vérités principales.
10. Il est impossible que les blancs suffisent
seuls à l'exploitation de nos colonies.
°. Il sera impossible d'y engager les "nègres
sans de puissans motifs d'intérêt ou de besoin.
3°. Il sera impossible de faire naître ces puis-
sans motifs tant que les nègres trouveront près
d'eux tout ce qui est goûts
et à leurs besoins.
4°. cet édifice ne peut être que l'ou-
vrage du tems et qu'il est impossible en quel-
NÉCESSITÉ,
D'ÉTABLIR L'ESCLAVAGE
COMME PEINE CRIMINELLE.
CHAPITRE PREMIER,
Du crime et de sa punition.
V_>i'ê.tait une idée assez généralement :cçue
parmi les législateurs anciens que les peines
infligées au coupable étaient: une sorte de com-
pensation du dommage qu'il avait causé par son
crime. Aussi pensaient-ils que sa punition devait
s'approcher, autant que possible, du genre de
dommage qui en était la suite. Aussi le voleur devait
être puni dans ses biens celui qui blessait volon-
tairement par
par la perte de
et
n'est rien en comparaison des trahisons
(•4)
lières dans le monde et des moyens honteux
qu'on y met en usage; cependant les lois qui
punissent le premier se taisent sur les seconds.
Aux yeux de l'homme qui pense le scélérat qui
abuse de l'innocence et de la simplicité pour
l'enlacer dans les pièges du libertinage est bien
plus profondément coupable que l'infortuné,
qu'une fatale habitude de l'oisiveté un moment
d'erreur, le besoin peut-être, ont conduit sur
le grand chemin pour y attaquer la bourse des
voyageurs. Je dirai mêmcplus, le viol me pa-
raît moins criminel que la séduction qui souille
la fois lame et le corps de sa victime. Non,
rien au monde ne m'a paru plus bas et plus vil
que cer r d'abuser de la bonne foi d'un sexe
que sa faiblesse même doit nous rendre plus
intéressant de lui inspirer des désirs contraires
à ses devoirs de l'égarer lentement, et d'en ob-
tenir une honteuse victoire pour l'abandonner
ensuite à l'opprobre et au mépris. La loi se tait
confis-
les infortunés qui avaient le malheur de leur
nistre d'un grand État frappé des inconvénkns
répétés de la séduction ordonna que les coupla-
bles seraient forcés d'épouser celles qui en auraient
été l'obj;et. Les tribunaux ne retentirent bientôt
plus que du crime de séduction et l'on ne tarda
pas à être obligé d'abroger cette loi inconsidérée.
Touteici ^dépend de. circonstances délicates que
l'œil seul, de la Providence peut connaître. La
femme vertueuse gémit en secret du funeste
avantage qu'elle a laissé prendre sur elle. Celle qui
ose se plaindre par cela seul ne mérite plus dê-
tre écoutée.
Les loix ne peuvent porter que sur les actions
qui ont laissé des traces visibles et certaines du
désordre qu'elles ont causés dans la société. Le vol
et.les attentats contre la vie des citoyens voilà
les objets les plus faciles à constater aussi forment-
ils la matière de presque tous les procès criminels.
La punition du coupable doit avoir pour objet,
d'abord d'empêcher qu'une nuise àl'aveuir; ensuite
d'intimider ceux qui seraient tentés de l'imiter. Les
peines doivent donc être-proportionnées, non à la
scélératesse du délit commis mais au désordre
qu'il cause à la société, et à la facilité- que l'on
trouve à le commettre. On s'est élevé et avec beau-
coup de raison contre la loi qui ordonnait la peine
de mort pour les vols domestiques. Le législateur
avait cru ne pouvoir assurer par des peines trop
sévères la sûreté de nos personnes et de nos biens,
contre des individus qui avaient tant de moyens
d'abuser de notre confiance. Les vols domestiques
n'en furent pas inoins fréquens et à peiné y en
avait-il quelques-uns de dénoncés c'est eue la sé-
vérité de la loi
donc un défaut principal dans les lois de n'être
point d'accord avec l'opîtaion publique, Voilà ce
qui a rendu illusoires toutes celtes qui ont été por-
tées contre le duel.
La peine du tallion a été celle qu'ont adoptée ta
plupart des peuples comroençans mais ils ont peu
tardé à en reconnaître l'insufnsance ils ont vu que
les circonstances donnaient un
férent au même délit. Mais, si l'on ne peut juger
du crime que par la scélératesse de l'intention qui
l'a fait commettre quel autre oeil que celui delé-
ternel pourra pénétrer dans 1 iutérieur du coupa-
ble ? De-là vient la diversité des loix criminelles
les unes toujours menaçantes, enveloppaient quel-
maines, n'ont voulu punir que quand le fait et
Mais à l'égard de ses propres membres, elle ne don
considérer que futilité ou le dommage iqu'iii» lui
causent. Toute idée de vengeance serait, à cet
égard, aussi ridicule que celle que la tête préten-
drait tirer du bras. Il me semble que les écrivains
politiques n'ont point assez considéré les nations,
comme formant un grand ensemble dont les di-
verses parties devaient coucourir au bonheur du
tout. J'ose croire que cette idée eût jeté le plus
grand jour sur les lois criminelles. Je cesse de
m'inquiéter si les peines sont graduées selon les
délits pourvu que par elles les coupables devien-
nent d'un plus grand avantage à la société. Je vois
un corps immense qui prend au-dedans de lui-
même le mouvement et fa vie sans se concer-
ter, sans se connaître tous les citoyens marchent
vers un but général. L'administration suprême est
la volonté qui-Les
son impression paraît moins. Le code pénal est un
moyen violent et nécessaire par lequel on retient
ceux qui voudraiènt nuire à cette
monie.
Il.De faut pas cependant oublier que les
qui les opposent les uns aux autres et qui doivent
être contenus dans des bornes exactes. Si les
sous prétexte que les injures proférées contre lui
ne blessent point la société si l'or» ne faisait pas
rendre un bien acquis

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