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20*
1
NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
r
THEfRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PJRESS
I leuclinglon l-iill Hall, Oxford OX3 0BW, UK
DE LA NÉCES S ITÉ
DE'LA. MAiK¥
DES COLONIES
DE CULLION, ci.
l'Assemblée Générale de
A PARIS.
Chez G A T T E Y, Libraire au Palais Royal,
A 1
DE LA NÉCESSITÉ
DE DIVISER LE MINISTERE
DE LA MARINE.
FAUT-IL UN MINISTRE DES COLONIES?
J. L s'agit en ce moment de l'organifation
du miniftere. Je ne veux point me livrer
l'examen de toutes les queftions qui naitrent
de ce fujet, je ne me propofe que d'en examiner
une feule Faut-il un miniftre des colonies ?
Le comité de constitution a publié fon .rap-
port, et il a trianifeflé fur ce point une opi-
nion affirmative. Il femble que le voeu public avoit
préparé cette opinion cependant elle a trouvé
des adverfaires. Je vais préfenter les raifons
pour K contre & je m'efforcerai d'en' faire
forcir un jugement équitable.
Voici comme raifonnent ceux qui ne font pas
d'avis de féparer les- deux départemens.
(.4)
:leur première, & celle dont ils fé
fortifient davantage, eft la liaifon intime qu'ils
apperçoiwmt entre la marine et les colonies. Les
rapports font communs difent-ils entre ces
deurffëftions de département & le maintienne
ces rapports eft tellement indifpenfable que fi
l'on fuivoit l'opinion du comité, il n'y auroitpas
divifîon, mais déchirement en effet sans co-
lonies point de marine les unes font le prin-
cipe de l'autre & fi l'empire Français ne com-
Vxsti$* pas des pofleffions d'outre-mer, il n'au-
roit ni. ports, ni vaiffeaux.
Les- ports font le centre des liaifons colo-
niales -y c'eft là que réfident les négocians qui
unifient par tant de nœuds la métropole & les
colonies c'eft là que fe rendent les objets que
celles-ci confommenr, & les denrées qu'elles pro-
duisent, c'eft là que s'affemblent les forces na-
vales qui les protègent. Or les ports font §c
doivent demeurer fous l'autorité du miniftre de
la marine.
Les vaiiïeaux^à leur tour, qui fervent à la
formation de ces noeuds, en tranfportant les
objets confommés par lcs colons en rapportant
les'fruics de leur travait en défendant leurs pro-
priétés, (ont & doivent demeurer fous l'autorité
du miniftre de la marin?.
lA 3
On ne (aurait te figurer une opération colo-
niale dans laquelle le miniftre de la marine ne
joue un rôle. C;est lui qui entretient dans les
colonies un nombre de troupes convenable; c'est
lui qui nourrit ces troupes qui les arme et qui
les habille.
C'eft le miniftre de la marine qui ordonne la
conftrudtion des forts dans les colonies c'eft
lui qui les munit de ce qui eft propre à leur
défenfe.
C'eft le miniftre de la marine qui combine l'ac-
tion des troupes coloniales la réfiftance dont les
forts coloniaux font fufceptibles avec le mou-
vement des Rations qu'il y envoyé c'eft lui qui
veille aux intérêts de la mère-patrie, & slop-
pofe à la contrebande.
C'eft le miniftre de la marine qui paie ou qui
paiera déformais les frais des fortifications, les
frais de dation.
Les gouverneurs des colonies font évidemment
fous fa main en ce qui concerne ces troupes,
ces fortifications ces ftations.
Les intendans des colonies font évidemment
fous fa main en ce qui concerne, les depenfes re-
latives à ces troupes, à ces fortifications, ces
fiations.
•(,̃»̃̃̃)̃•
Dans le nouvelotdre.de. chofes l'adminif-'
trarion intérieure des colonies ne (aurotf donner
une gra-nde occupation au miniftre de la marine;
les afTemblées coloniales Se les gouverneurs y
fuiront, ~& cexn'eft que
naires que l'on aura, leçeùrs une
niftérielle.
Enfin fi les affaires coloniales exigent qu'un
homme y confacre fon attention toute entière
il ne faut que créer un directeur. général des
colonies comme on pourra créer- un directeur
général 'de la marine.
Par ce moyen on confervera l'unité d'aâfkjh
le miniftre n'ayant à ftatuer que fur des affaires
préparées & éclaircies ne fuccombera pas fous
un fardeau trop lourd, et fournira facilement fa
carrière.
Mais au lieu d'adopter ce moyen 6mple, qui
ne nuit ni & la délibération ni à l'exécution
qui concilie toutes chofes fi l'on s'obftine à
vouloir faire un département féparé des colonies
fi l'on met à la tête de ce département un miniftre
particulier la porte fera ouverte à une multitude
de défordres.
Le miniftre de la marine & celui des colo-
nies, ayant des fondions mêlées auront befoin
d être toujours & ne le feront pas ce
feraitnîal connoître le cœur humain que de fup-
pofer que de tels hommes vivront en bonn»
intelligence; lorfque l'onconficiere qu'ils pofféde-
ront leur" autorité par indivis, pour àinfi-dire j
que le premier ne verra jamais le' fécond qu'avec.
A un œil d'envie qu'il fe, -fouvienclra que les deux
dëpartemeris croient autrefois réunis, qu'il re-
gardera fon collègue cotnme un ufurpateor &
ne le fécondera qu'à regret j & qu'il fera d'au-
tant plus dangereux, qu'il ne laiffera pas e^lâtef
fes fentimens que fa haine fera fourde » & qu'il
Naùra foin d'éviter les coups de la 'loi qui pu-
^niroit une révolte ouverte mais'-qui n'aura pas
de prife fut une eorrduiteiartificièufe.
1 Cependant I^nation de cetre lutte
îècfette'; fes intérêts les lus précieux feront en
fouffrance & même en jreril. En effet fi dans
les rems de paix la méfintelligence des deut
minières eft nuifible fa les efforts de l'agricul-
ture en font ralentis*, fi le découragement s'in-
troduit dans les manufactures fi les canaux du
commerce font obftrués j que fera-ce durant la
guerre ? C'eft alors que les inconvéniens fe fe-
ronc fentir dans toute leur étendue & que l'on
pourra faire une cruelle expérience de la divi-
fvon des minière! car c'eft alors qu'il faudroit
A 4
eflentiellement du' feqr et de
l'harmonie dans les moyens de la célérité dans
l'exécution que la
fa viguéur, pour abréger une époque
toujours celle du deuil pour n^a
bjfoin ni de victoires ni de Conquêtes & c'eft
.alors qu'il y auroit plus que, jamais indifcrérion^
lenteur “& contrariétés, & qu'en dépit de la conf
titution nouvelle, le peuple gémiroit fqus le
double fléau d'une querelle étrangere & d'une
diffention inteftine.
Peu de mains doivent toucher aux rclforts'du
gouvernement, t'êft une vérité qui luira bientôt
pour toute la France, Se les agens de l'admi-
niftration feront réduits au plus petit nombre
poflible. Les rivalités éclatent aflez entre les dé-
pofitairçs de la puilfance publique on doit craindre
de les faire naître aflez d'épines font femées
fous leurs pas il ne faut pas les multiplier,
& créer inconfdérément des embarras qu'on au-
toit pu leur'éviter.
,Que -pour Aàttee un ambitieux, & Servir une
intrigue de cour, la diviGon des ministres eût
été ci-devant opérée il n'y auroit pas de quoi
's'étonner parce que l'intérét individuel l'emportoit
trop foûvent fur le bien général, & néanmoins
cette divifion n'a pas eu lieu dans les tems
>
inême ou ton, ne de favoris à -foi'
& poùrroK-bnfe p lace
dont le moindre défaut féroit d'être difpendieufe,
& dont l'ancien gouvernement n'avoit pas voulu
embaraflk la machine politique.
-On* vient de voir que les deux minières au-
roient de la peine à s'entendre, ou plutôt qu'ils
vivroient dans une difcorde perpétuelle. La po-
fition de leurs fubordonnés ferait encore plus
pénible. Que deviendroient par exemple les
administrateurs des colonies ? Aflujétis à leur
double pouvoir à leur double correfpondance
c'eft-â-dire à leurs doubles prétentions, à leurs
doubles caprices ne devine-t-on pas combien de
fois ils fe trouveroient froifrés entre deux au-
torités égales, comme ils feroient fouvent pouffés
d'un côté & retenus de l'autre & quelle in-
certitude ce mouvement irrégulier communique-
roit leur marche, quelle fluctuation aux affaires
quel défordre par-tout.
Ainfi s'expliquent ceux que le comité de conf-
titution n'a pu perfuader & qui rendent à fon
projet. Il faut convenir que leurs raifonnemens
ne font pas dénués d'une force apparente on
les écoute avec d'autant plus de faveur que la
matière en difcuffion eft peu connue, que leur
plan d'unité n'eft pas fans attraits, que leurs
confidérations d'économie ne font pasfans adrefle
mais dans un fujet auiffi important, on feroit
blainable des'cn renir-A un frrnple coup-d'oeU
on eft obligé de confulter long-tems fa raifon
& de. ne céder qu'à fes avertiffemens réitérés.
Maintenant, je vais répondre aux objeétions
que j'ai fcrupuleufement rapportées, que j'ai exa-
gérées peut-être, k (¡\-l'on veut me fuivre at-
tentivement dans mes réponfes on n'hcfîtera
vraifemblablêment pas à fe fixer à l'avis du co-
mité; on penfera qu'il faut un miniftre des co-
lonies.
D'abord je ne crains pas d'affirmer que les
deux départemens excedent les forces d'ur feul
homme.^fees Atlas capables de fupporter le
monde n'exigent' plus aujourd'hui. Il eft impop.
•fible qu'un feul minière puifle embraiïer de fes
regards deux départernens auffi vaftes qu'il puiffe
renfermer dans fa tête toutes les notions qui
leur font analogues en fonder tous les détails
avec profondeur & dans tous les cas fe déter-
minèr d'apres une conviction intime Se perfon-
nelle. Un feul miniftre continueroic à ligner aveu-
glement le travail des bureaux & ne celîeroic
pas d'être le jouet de pallions étrangères mais
1( il )
il n'eft plus d'irtvwl*bili*é minift^ielle le glaive
de la double reCpon&Wlké fecoit fufpendu fur
fa tête, & le glaceroit d'entoi celui qui s'expo-
feroit aux rifquës de cette double refpdnfabilité
nie devroit ,pas être considère co'tnme' le plus
inftruit & le plus courageux mais co
plus ambitieux & "le plus téméraire oiQ'ambi-
ti«h & la témérité ne doivent pas êtreies' vertus
des minimes. y'
M. de Fleurieu a prouvé fa mvdération & fon
amour pour le bien public en demandant à être
foulagé du département des colonies fon opi-
nion eft de quelque prix, puïfqu'il connaît par
expérience Timpoffibilitéde réunir dans la même
main les rênes de ce département & de celui de la
marine rarement on follicite foi-même la di-
minution de fon autorité & l'on doit ravoir gré
à celui qui donne un -Ci grand exemple.
Et qu'on ne fuppofe pas que la réfolution de
M. de Fleurieu ne foic que l'effet des circonf-
tances a&uelles, qu'il foit enraye des orages qui
troublent les colonies, & qu'il craigne d'être ren-
verfé par leurs fçcouffes. Les troubles de ces
contrées lointaines touchent à leur fin & il eft
vraife.mblable que la paix eft fur le point d'y re-
naî:re & de,s'y raffermir fur les bafes d'un gou-
vetnement jufie & modéré l'aflemblée natio-

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