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De la suppression des brevets d'imprimeurs et de libraires. Réponse des imprimeurs et des libraires de Lyon et du département du Rhône

13 pages
imp. de A. Vingtrinier (Lyon). 1869. In-4°. Pièce.
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DE LA SUPPRESSION
DES
BREVETS D'IMPRIMEURS ET DE LIBRAIRES
RÉPONSE
DES
IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES DE LYON
ET DU DÉPARTEMENT DU RHONE.
LYON
IMPRIMERIE D'AIMÉ VINGTRINIER
Bue de la Belle-Cordière, U
4869
DE LA SUPPRESSION
DBS
BREVETS D'IMPRIMEURS ET DE LIBRAIRES
REPONSE
DES
IMPRIMEURS ET DES LIBRAIRES DE LYON
ET DU DÉPARTEMENT DU RHONE.
Parmi les pièges qu'on tend au Gouvernement, un des plus perfides et
des plus dangereux est la demande qu'on lui fait de la suppression des
brevets:.
Sous prétexte de liberté, de diffusion des lumières, d'émancipation de
la pensée, et autres mots sonores dont on connaît malheureusement la
valeur et la portée, certains hommes qui réclament en même temps la
suppression de l'armée, de l'octroi, du culte pour-arriver à la suppression
de la propriété et de là famille, demandent, avec une insistance qui
prouve l'intérêt qu'ils y mettent, la liberté de l'imprimerie, c'est à dire la
liberté de l'attaque contre le gouvernement, la civilisation, les lois et les
moeurs.
La liberté dé l'imprimerie accordée, l'opposition sera-t-elle désarmée ?
Non, elle.avancera dans ses demandes, comme l'ennemi qui assiège une
place et qui la serre de plus près à mesure qu'il enlève les ouvrages exté-
rieurs.
Voyez, à Paris, le Rappel, le Réveil, la Lanterne, et, à Lyon, YHydro-
phobe et Y Excommunié et demandez-vous si la presse n'est pas assez libre,
si elle est gênée dans ses attaques furibondes contre tout ce qui a droit à
l'obéissance et au respect?
Lâchez la. plume aux Eochefort et aux Hugo, émancipez la librairie,
affranchissez le colportage, et notre malheureux pays sera bientôt au des-
sous de l'Espagne actuelle, qui, avec sa liberté et son émancipation, ne
rappelle que de bien loin les jours d'Isabelle et de Charles Quint.
Un journal d'ordre, le Salut Public, du 40 octobre 1869, s'effrayait du
déchaînement de la presse. — « En province comme à Paris, dit-il, le
Réveil et le Rappel commencent à faire dresser l'oreille aux citoyens pai-
sibles qui veulent le gouvernement libre, mais sans une révolution abou-
tissant fatalement à une crise sans nom. ' ,
« Les intérêts s'alarment, les manufacturiers et les commerçants com-
mencent à concevoir de légitimes inquiétudes, et la collision déplorable
quia éclaté dans l'Aveyron n'est pas sans donner une apparence de rai-
son aux trembleurs qui voient dans cette émeute le fruit inévitable des pré-
dications forcenées qui exaltent les passions mauvaises et; les poussent à
tous les désordres de la révolte. »
Si la voix du Salut Public paraît trop conservatrice et ne doit pas être
écoutée, qu'on veuille bien prêter l'oreille au Progrès du 11 octobre, à cet'
ami si déclaré delà liberté, à cet ennemi si implacable du gouvernement
et du pouvoir : •
« Nous apprenons que la police a fait disparaître des vitrines de cer-
tains magasins le portrait de Tropmann et les écoeurantes imageries repré-
sentant, dans toute leur hideur, les cadavres mutilés de ses infortunées
victimes.
« Oh ! la spéculation ! un manufacturier du Nord fabrique en ce moment
une quantité considérable de mouchoirs en coton sur lesquels sont repré-
sentés les assassinats du champ Langlois.
« Ces mouchoirs seront vendus soixante centimes pièces, et le Figaro
les baptise du nom de Madras de Pantin. »
Et si ce n'est pas assez du Progrès, voici un autre agitateur par excel-
lence, un autre ennemi de l'ordre, un autre de ces journaux dont les ré-
flexions tuent le commerce et l'industrie :
« Est-ce assez ignoble, s'écrie la Réforme :
« Ah ! Messieurs les meurtriers ont joliment raison de tuer et d'égorger
sans remords. Leurs crimes servent à faire monter le tirag*e de certaines
feuilles sans vergogne, et à fournir le déballag-e des articles de fantaisie
de certains marchands.
« Béni sois-tu, chantent en choeur ces industriels réjouis, béni sois-tu,
ô Tropmann, toi qui nous permets de prendre l'argent des badauds et de
nous emplir le ventre et la caisse au prix du sang de tes victimes !
« Et les journaux publient de plus belle les plus cyniques images !
« Et les marchands de toile et de coton font faire des mouchoirs, pour
les forçats, apparemment, et les habitués des maisons centrales.

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