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De la véritable cause de la Révolution : discours présentant une esquisse des calamités qui, depuis huit ans, pesant sur la FRance & que la guerre perpétue, en forme de prière à Dieu, pour qu'il se laisse fléchir, qu'il ait pitié de ce malheureux Empire, qu'il lui accorde enfin la paix, & qu'il fasse la grace au peuple français de faire, aux élections prochaines, un bon choix de ses députés ([Reprod.])

De
58 pages
chez le citoyen H. Nauville (Paris). 1797. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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D E LA
'VERITABLE fcAUSE
DE LA RÉVOLUTION.
D ISCO U K S|
Présentant une EfquifTe des calamité»
qui depuis huit ans pefonjc fur la
France & que la guerre perpétue :e&
forme de Prière à Dieu pour qu'il fe
laiffe fléchir, qu'il ait pitié de ;ce
malheureux Empire qu'il lai accorda
enfin la paix, & qu'il faflè la erace au
Peuple Français de faire aux Elevions
prochaines un bon choix de fe$-
Députés.
Qui vult viiam diligtrp & dits videre bonot declinet i
malo & faciat bonum inquirat pacem (f fkquatur eami
Que celui qui veut re rendre la vie aimable & voir de
bons jours s'abftiennedu mal qu'il faffe Je bien qu'il
recherche la paix & qu'il t'attache elle. Pnnpere
Epure de Saint Pierre chap. j u.
CI temps eft propre à nous amender recalons, par
Montagne, Lv. 3 chap.
Par un Citoyen d'un Département
A V rs^-I
DE
Les Notes gui fi trouvent à la fin peuvent
être lues, ou à mefure qu'on lira le Dif-
cours comme un éclaircijfement du Texte y
ou de fuite.
On penft que ces Notes pourront inté-
reffer même ceux qui ne goûteroient pas le
Difcours. Elles ont été mifes à la fin & de
fuite, pour la commodité de ceux qui vou-
droient les lire fans interruption.
Il eût été à defirer que ce Discours eût
paru plutôt. Dès circonftances impérieufes
en ont retardé i'iinpreffion. On fe flatte
qu'il pourra encore être utile. Cette efpé»
tance décide à le publier.
A »
DE LA VÉRITABLE CAUSE
DE LA RÉVOLUTION
DISCOURS
En forme de Priere à Dieu, pour lui
demander la paix & un bon choix
aux Élevions prochaines des Députés
du Peuple Français.
V-/ Dieu infiniment patient parce que vous
êtes éternel mais qui quelquefois, pour i'inftruc-
tion & la converfion de 1 impie & du méchant,
faites tout-à-cotip éclater votre juftice les crimes
multipliés & l'irréligion aflichec de la Nation
Françaifc depuis quelques aimées ont attiré
fur elle les fléaux de votre jufte indignation vous
ne^lui avez 'point épargné les calamités 8c vous
ayez répandu fur ce peuple impie îk facrüege un
efprit de vertige &defolie. (i.)
Dans les accès de fan délire, il a regardé, avec
le fourire du mépris, les gouvernemens anciens 8e
modernes. Les Législateurs les plus célèbres, tels
que Minos Lycurgue, Solon & Numa lui ont
paru des Législateurs pitoyables. Il n'a pas eu plus
d'eitime pour les gouvernemens contemporain^ nî.
pour les hommes de génie qui ont traité fonds de
la politique. Sa vanité lui fait prétendre â îa
gloire de l'invention d'un gouvernement d'une
forme nouvelle. Il a déjà mis au jour trois différen-
tes Constations, preuve au moins de la fécondité
de fon génie. Les deux premières fe font rapide-
ment recédées, & ont été abandonnées après
des effais défaftreux. La troifieme Conltitution eft
en activité. Veuillez bien faire, 6 mon Dieu 1
qu'elle n'ait pas le fort des deux premières &
que ce malheureux Empire ne fott pas de nou.
veau bouleverfé & en proie aux horreurs de
l'anarchie
Par la hauteur & l'injuflice de Ces procédés la
première Législature excita l'indignation des Peu-
ples voifins, les força de fe coalifer & de prendre
les armes pour s'oppoter aux progrés de l'ëpi-
démie Françaife, qui commençoit à les atteindre.
Si événement étonnant les Puifiânces coalifées
ont été fouvent forcées de céder le terrein aux
armées françaises, qui, comme des terrées te
font répandues avec une rapidité & une furie faus
exemple auxquelles rien n'a pu réfifter ces
armées ont eu auffi le fort des torrent qui s'écoulent
& di/paroifleut. Quels triftes lauriers cueillis par
ces armées (z) Hélas ils ont été couvers & enfe-
velis fous des tas de cyprès. Au lieu des cris & des
chants de victoire, des plaintes des gémiflemens
des cris de défefpoir le font faits entendre de
l'orient à l'occident & du Septentrion an midi.
Des peres & des meres défolées redemandent en
vain à la République ceux qui leur ayant dû le
jour, foutenoient les leurs fur leur déclin des
époufes réclament inutilement leurs époux, des
enfans leurs pères ils ne font plus un fer ennemi
les a moitlonnés; ou ils ont été écrafés par ces
foudres dont l'enfer jaloux de la terre lui fug-
géra la meurtriere invention. Ad nihilum rtdtgit
Deus valdi Ifratl, Et conclufit inglaiiopo-
pulum fuum.. Juvtnts eorum comedit ignis. (Pfal.
77 t ift'$9i^i6i> )
(s)
A3
Mais, Seigneur au milieu des coups dont ce
Peuple rébelle vous contraint de le frapper, ne
vous fouviendrez vous plus que vous êtes (on-
Père? Vous l'avez appelle & il a été fourd â
votre voix il n'a répondu à vos invitations que
par des rebuts & par une opiniâtre révolte; vous
l'avez follicité par le mouvement de votre Efprit
& par la voix de vos minières. Ce Peuple aveu-
gle & endurci a réfifté à toutes vos folhcitations
& vous a forcé enfin de le traiter en ennemi incor-
rigible. Parce que nous n'avons pas obéi à vos
Commandemens c'eft pourquoi nous avons été
livrés au pillage la mort & fommes devenue
la fable & l'objet du mépris de toutes les Nations.
Quoniam non obedivimus prœceptis tuis, ideb tra*
dit; jamus in dirtptionem. mortem & in
fabulam & in improptrium omnibus Nationibus.
iTob.Cap. 3, t.
Alors vous avez permis, ô mon Dieu le ren-
verfement du Trône & l'abolition de la Monar-
chie. Alors vous avez permis que des Philofophés
fe {oient failis des rênes du Gouvernement &
fc foient érigés en Légiflateurs. Dans un mouve.
ment d'orgueil ( 3 ) ils ont dit donnons à l'Etat
une Couftitution nouvelle, & fi nouvelle que dans
l'Univers il n'en ait pas exifté de femblable que
notre nom devienne par là célèbre dans le monde
entier? Mais vous Seigneur vous êtes def-
cendu du haut des Cieux le principal féjour de
votre fagefle & de votre gloire, pour examiner
de près leurs projets infenfés vous avez dit juf-
qu'à préfent ce vafte Empire n'a formé qu'un feul
Peuple fous le gouvernement d'un fiîùl homme;
aujourd'hui que ces hommes orgueilleux ont ré*
folu de fubftituer l'ancienne Conftitution de la
Monarchie, maintenue pendant quatorze Cède?,
uueCoaftitiMQU de leur façoq, ils ne reooncç-.
(6 )
ront pas à leur entreprife, jusqu'à ce qu'ils foient
venus à bout de l'exécuter n'ont-ils pas même
pris ma Divinité à tsmoin de leur réfolution à tout
renverfer pour tout rcconftruire à leur manière?
Venons donc ciefeeadons confondons leur lan-
gage, qu'ils ne s'entendent plus l'un l'autre ?£><•
cerniit autem Dominas ut vident. & dirit Ecce
Unus tfi Papulus b unutn labium omnibus cape.
rur.tçue hec Jàcere ntc
fuis donne eas opère compleant. Vcnitt igitur def-
cmdamus 6" confundamus ibi linguam eorum ut nou
audiat voccm proximi fui. ( Genef. Ch.
il i il. 5 6 & 7. ) En effet, ô mon Dieu vous
avez tellement confondu leur Jangue qu'ils ne fe
font plus entendus avec leurs mots des Droits de
¡'Homme, de, République une & tndivifible de Fèdé-
ralifme d'Égalité & de Liberté. lis font devenus
fembiables à ce Peuple dont parle Ifaïe Peuple
fans pudeur, Peuple au relevé & fier langage,
dont il étoit impoflîble de comprendre l'amphigouri
de. exprcmons parce qu'elles ne renfermoient au-
cun fcna raifonuable. Populum itnpudentem Popu-
lum ahi J'trmonis ira ut noa pojps intelligere difér-
titudintm lingual ejus in yud nul la eft fapientia.
( Ifaïe, Chap. 33 il. 19.)
Les Marâtres, les Orléaniftes les Néchrif-
tes, les Monarchiftes les Monarchiens les
Feijillans, les BrilTotins les Gcrondiftes les
Rolandiftes Ies Montagnards les Robefpier-
riftes, &c. g<c. &c. fe font faits fucceflivement la
guerre chaque parti voulant faire prévaloir fort
opinion, la hache a répandu des flots de fang eu
mvme temps qu'une faction dominait il s'en éle-
voit une autre plus puilHinte qui Fabattoit & l'écra-
foit jamais affemblée d'hommes n'a plus reffem-
blé aux fameux Architectes de la tour apgellée
Tour de Babel du de confufion. Précipita Do-
( 7 )
A4
mine, dividt linguas eorum
tem & contradicliontm in civitate» Die
cumdabit eam fuper murol ejus iniquitas & labor in
medio ejus, & inju itia & non déficit de plate is ejus
ufura & dolus. ( Pfal. 54, iijf. il Se
Précipitez, Seigneur divifez leur langue car
j'ai vu l'iniquité & la contradiction maîtrifer la
Capitale de l'Empire. Nuit & jour l'intrigue fiiïvie
de la calomnie tourne au tour de fes murs elle
travaille au dedans & l'usure & la fraude. s'exer-
cent au milieu de fcs Places publiques.
Ainfi vous avez livré la France a toutes les hor-
reurs de l'anarchie, de la difcorde & des divilions
inteftines. Uue foule d'Affaflins & de Scélérat*
répandus fur fon territoire y ont porté l'épouvante
& l;i mort. Ils ont pillé, brûlé noyé faccagé
înalFacré fes habitans & commis les plus exécra-
ble atrocités. Plus de Loix, plus d'ordre plus
eie police, plus de force publique, plus de pro-
priété refpeétée les Loix divines & humaines
impunément violées la malédiction a dévoré cette
terre, fes Cultivateurs font devenus fous & les
Campagnes ont été dépeuplées. Et terra infeâa t
eft habitatoribus fuis quia tranfgreffi funt Leges
mu t avérant jus dijftpaverunt fondas fempitermtm,
.Propter hoc malediSio vorabit terram.
infante nt Cul tores ejus r & relinqueaiur konùnts
pauci. (Ifaïe, Chap. $$•̃&̃* &> )
Bon Dieu étoient cr donc ià les fruits
de cette douce & aimable liberté dont nos Philo-
fophes dans leurs faftueufes déclamations aimaient,
à nous bercer ? Ignoroient-ils que la liberté, ne
peut appartenir {qu'à l'homme de bien, & que te
méchant & l'homme corrompu font néceflàirement
efclaves 3 Quels fruits de mort a produit cet Arbre
fi vanté de la Liberté 1 pat fuffi d'être on
riche ou probre } qu
r 8
pecl & être livré au poignard, ou au tranchant
de la hache ? Quiconque a eu une propriété temar-
quable n a- 1- il pas été mis fous le prelfoir jufqu'à
ce que la dernière goutte de fon or & de fon fang
lui ait été fous-tirée ?
Vous avez permis 6 mon Dieu ces affreufes
vexations, ces fpoliations inouïes, ces barbares
opprefïions, afin que l'homme afin que le Chré-
tien appréciât leur jufte valeur ces richefles périf-
fables°l'objet de fa convoitife & ne s'appuyât pas
fur un bras de chair, mais fe confiât uniquement
en vous. (4).
Permettez nous d'efpécer que le jour de vos
miféncordes n'eft pas éloigné, que vous n'ache-
verez pas de nous exterminer comme autrefois
vous exterminâtes les villes infâmes de Sodome &
de Gomorrhe moins criminelles que nous & que
vous accorderez la paix aux vœux fit aux prières
desjuftes, aux gémiflemens de tant de mal.heu·
reux Prêtres fi tyranniquement & fi outrageufe-
ment perfécutés ( & aux larmes de tant de
Vierges réduites, par amour pour vous, à une
extrême indigence. Ah dès-lors les uns & les au-
tres ont pu s'écrier avec le Roi Prophète nous
fommes devenus étrangers à notre Patrie & à nos
Freres parce que nous vous fommes demeurés
fideles ô mon Dieu parce que nous étions rem-
plis de zèle pour votre Religion & pour le culte de
vos Autels. C'eft porquoi ceux, qui vous haïflbient
& qui blafphémoient votre faim Nom nous ont
couverts d'opprobres. Extraneus fac?us film fratri-
bus mtis & pertgrinus filiis matris mtœ* Quoniam
qelus domûs tuce comedit me, & vpprobria exprobran·
tium tibi ceeiderunt fuper me. (Pfal. 68, ffr. 1 1 &
Non, Seignetir vous n'aurez pas toujours l'air de
voir d'un oeil Indifférent le vice adroit 8c l'impiété
fleurir & profpérer tandis que l'innocence 8t la
(9)
vertu fuccombent 8c gétniffent. (6) Que ceux qui
ont fubi tant de vexations & de revers Ce confident
dans la penfée qu'ils ne font pas le plus à plain-
dre & que la profpérité dans les méchant eft
fouvent l'effet le plus formidablc de la colère
célefte.
O Dieu fort & terrible ne détourne! pas, nous
vous en conjurons vos yeux.des calamités qui au
dedans & au dehors ne ceflent d'affiéger cette mifé-
rable Nation & qui l'écrafent tous leur épouvan-
table poids. Nous reconnoiffons avoir mérité toute
la rigueur de ce cruel traitement, & le prenant
besoin que nous avions d'être châtiés avec une
verge de fer pour nous faire rentrer en nous-mê-
mes 8c nous faire conférer avec les larmes d'un
repentir fincere nos crimes, notre irréligion (7)
nos impiétés & nos façrileges. Nous l'avouons, 8
mon Dieu ce Peuple devenu Souverain par la
grâce & l'autorité des Philosophes, n'eu: devenu
Souverainement malheureux que pour avoir négligé
d'avoir prcîté l'oreille à vos instructions 8c leur avoir
préféré les déclamations des frippons & des char-
latans qui ont flatté fa vanité pour l'égarer 8c en
faire leur dupe..
Dans fou délire, non pas le Peuple Français
mais la Populace 8c la Canaille chantoient çà
ira y çà ira. Sans- doute Seigneur le cours de
votre juftice fur cette Nation impie 8c facrilege nei
devoit pas être arrêté par des clameurs 8c des cris
intentes. Elle a vu lualhcureufement trop tard
que votre bras s'étoit appcfanti fur elle & que
votre jufte courroux alloit bien plus loin qu'elle ne
le penfoit d'abord. Où font aujourd'hui la plupart
de ceux qui fe livroient à ces chants de mort Que
font devenus les
qui lui ont donné le premier mouvement 8c qui y
ont joué ces principaux rôles? Tous ces Perturba*,
( io )
tcurs tous ces Hommes due feng Dieu juitr!
ô Dieu vengeur de l'innocence font tombés dans
vos terribles mains dans les mains d'un Dieu
vivant & irrité. Quelle épouvantable chute quelle
horrible cataftio;jhe ? Ils ont fait un pende bruit,
& leur mémoire s'eft évanouie Periit mtmoria
torum cum J'onitu ( Pi*. 9, il. 8 ); j'ai paffé & ils
n'ctoient plus tranjivi & ecce non trant on faifoit
leur apothéose où ils n'étoiert pas 8c ils fonf-
froient d'horribles tourmens au lieu où ils étoient
laudantur ub't non funt cruciatnur ubi funt.
Écoulez ce que dit le Seigneur hommes trom-
peurs qui ne cherchiez a féduire mon Peuple que
pour en devenir les tyrans Vous avez dit, nous
avons traité avec la mort & nous avons fait un
pade avec l'enfer. Le fléau qui ravagera cet Em-
pire ne nous atteindra pas, parce que nous avons
xnis notre efpérancc dans le menfonge, & que
ju (qu'ici l'impofture nous a mis à couvert c'elt
pourquoi le Seigneur a ajouté Votre traité avec
la mort & votre patte avec leufer ne tiendront
pas, & torique le fléau de ma colere répandra
fes ravages vous ferez brifés & foulés aux pieds.
Trotter hoc audite verbum Domini viri illufores
qui daminamini fuper Fopulum me un. Z?ixi/üs
e/iim percufjlmus fadus cum morte & cum i/ifirao
J'ecimus paBum. Flagellum inundans cuiti tranfierit
con vtnitt fuper nos quia pofuimus mendaciumfptm
r.ojîram & menJacio proteâi fumusi Idcirch heecdtcit
Dominus Deus. Delebitur fadus vejirum cum
morte & p4c7unr veflrum cum inferno nonflabh Jla-
gellum inundans cum rranfter.it tritis et M toncul-
cationem. ( Ifaïe, Ch. i8 f. 14, 15 l6,,l8.)
Depuis quelques années le Peuple Français
naturellement vif, legcr, curieux étoît devenu
d'une crédulité puérile pour toutes les fables &
teis rapfodies qu'il plaifoit à des Pbilofophes ion-.
( Ii )
glcnrs de lui débiteur. C'étoit là mon
Dicu une lune punition pour fou opiniâtreté
à ne pas croire à votre divine parole à ne pas
croire en Vous qui feul êtes la vérité infailli-
ble éternelle & immuable. Mais telles étoient
la fafcinarion de fon efprit & la corruption de
fou cœqr que tout de feu pour le mensonge il
étoit devenu de glace pour la vérité. Excepté
le vrai il cioyoit tout indiffércmment & iàus exa-
mcn. Dégradé par les tran (greffions de vos or-
donnances par l'infra&ion de vos loix par l'ou-
bli de vos promefles par le mépris de vos me-
naces il vivoit en bête & affichoit impudem-
ment le defir & l'efpérance d'avoir une fin com-
mune avec elle.
Il jouifl'oit du plus bel empire du monde dans
un climat tempéré il habitoit une terre fpa-
cieufe, fertile & unique par la variété 8c les ri-
cheffes de fes productions. Au de-là de fou conti-
Dent & dans le Nouveau Monde, il avoit de vaf-
tes poffeflioni qui lui fourniflbient des denrées
d'agrément & de luxe. Dans l'Afie des étoffes
précieufes des toiles recherchées étoient fabri-
quées dans Tes atteliers. Il recueilloit toutes ces
différentes productions dans la paix. C'étoit de
vous Seigneur c'étoit de votre unique libéralité
qu'il tepoit tous ces avantages 1 ingrat vous a
oublié & méconnu une fois entré dans la voie
de l'impiété, rien n'a pu !e ramender à la raifon,
à l'auteur de fou Être & de tous Tes biens e
rien n'a pu arrêter Ces débordement & remédiée
à fa corruption & à fes excès.
Ainfi ô mou Dieu pour tacher de le faire
revernir de cette efpece d'ivreffe & d'ébêtement,
vous avez jugé nécelraire d'appéfantir votre maitt
fur lui. Par une terrible, mais adorable fé vérité,
vous avez fait fentir le poids due t otre juile indi-
( il )
gnation depuis celui qui tenoit le fceptre jufqu'ait
dernier de Ces fujets; depuis celui qui habitoit des
palais & qui étoit vêtu de pourpre, jufqu'au ci-
toyen couche Tous le chaume, & couvert d'habits
greffiers & de haillons. Dans ce jour, le Roi &
les Princeps fe font trouvés fans courage le Sa-
cerdoce a été dans Jétouuement & ceux qui fe
mêloient de conjecturer dans la consternation. la
die Ma peribit cor, regis fi* cor principum & obf-
tupefeent J'acerdotes & prophttee cunfitrntbantur,
( Jerem. ch. 4, il. Tou*ont éprouvé que
vous étiez le Dieu fort, le Dieu jufte le Dieu
vivant, le Dieu d'Abel vous avez montré que
vous aviez l'œil fur la terre & que le Scélérat,
l'impie & la lâche affama, u'échappoieut pas à
votre vue.
Vous avez livré cet Empire fi floriflant & par
fit profpérité & par fa fplendeur, devenu l'objet
de l'envie des peuples votfias vous l'avez livré à
la domination d'une foule de factieux plu (leurs
de la lie du peuple, quelques uns étrangers à
la France. Vons les avez fait Sortir du néant,
& les avez pris entre vos mains comme un fouet,
avec lequel vous avez châtié cette Nation info-
lente & rebelle; dès qu'ils -vous ont été inutiles
vous les avez brifés & jettes au feu.
Dans le délire de leur extravagant orgueil ces
fiers démagogues ont dit Plutôt que de nous def-
fain'r des rênes du Gouvernement & avant que
laa République redevienne monarchie, que la Na-
tion Françaife périffe en maire que les Puiflancei
étrangcres qui viendroient à bout de conquérir la
France & de la Soumettre, ne régnent que fur des
morts & que fur des tombeau* Dans les accès
«doublés de leur brutale fureur ils ont ajouté
Que l'énorme poids de notre montagne écrase les
Trônes ,-brife ht Autels j qu'il D'y ait plus ni Roi
( H)
ni Dieu fur la terre Alors la 0 terre fera libre j
alors regneront l'égalité & la liberté. (9)
« Montagne peftilentielle qui répand tacot*
» ruption fur toute la terre, me voici, dit 16
» Seigneur j'étendrai ma main fur toi, je te
fapperai & je te volcaniferai. Tes pierres ré-
» duites en cendres ne pourront plus (èrvir de
» pierre angulaire ni de fondement. Tu feras
détruite pour toujours. e Ecce ego ad te nions
pejiifir ait Dominus qui corrumpis uaiverfam
terrain &̃ extendam manum mtam fupif te 1 &
evolvam tt dt pétris & dabo te Inmontem.combufiio-
nis & non tollent de te lapiderrt in angulum via-
pidem in fundamenta fed perditus in œttrnum eris*
( Jérem. ch. 51 ft. z5 &
A quel excès de rage & de folie ne fe porte pas
l'homme qui abufe de fa raifon, & qui fe précr-
pite dans l'abyme de l'incrédulité (lo)Malheu-
reufetnent un grand nombre de Français de tout
/exe & de tout état avoit cherché & avoit trouvé,
dans les fophifcnes des Philofophes du fiecle mille
fois répétés & mille fois victorieusement réfolus
des ténèbres capables d'obscurcir en eux lés lumiè-
res de la raifon & les lumières de la foi. Pour mieux
étouffer les remords du crime & la crainte de vos
jugemens ô mon Dieu Ils nioient votre exiftence,
livroient le monde au hazard foutenoient que la
matière & le mouvement étant éternels dans le
nombre infini de leurs chanfes avoient sfait éclore
cet univers; ou fi l'évidence du contraire l'ordre
admirable du monde fon fpe&acle régulier &
permanent la vue du ciel & de la terre, & leur,
propre exiflence fe refufoient à reconnoître le
hazard pour créateur de cet univers &fi le cri de
Ne!, tout-puitTaat & infiniment
( 14)
miere caufe, ils ne vouloient voir en lui que le
Dieu d'Épicure. Et dixtrunt qùomodo fcit Deus P
£tfi eftfcientia in excelfo ( Pfai. 7i f. Il.)
Selon ces beaux esprits il étoit au deflbus
d'une majelté infinie de s'occuper d'un Être nuit,
chétif que l'homme comme fi vous, ô mon
Dieu l qui il a plu de le tirer durant, de lui
former un corps avec du limon, & de lui donner
un principe de vie (pirituel & immortel; uneame
faite à votre image vous ne pouviez pas & ne
deviez pas furveiller votre ouvrage, fans que la
dignité de votre Être fût pour cela compromife
ou dégradée comme fi vous qui avez donné
l'oreille à l'homme .n'étiez pas capable d'enten-
dre les defirs de fon cœur fes vœux ou fes blaf-
phêmes comme- fi vous, qui l'avez gratifié de la
vue, étiez hors de portée de le voir & d'éclairer
fes actions & fa conduite pour les punir ou les
récompenser comme fi vous grand Dieu dans
l'irrmenfité de qui nous exilions & nous refpïrons,
qui nous conservez dans tous les momens 8c
nous empêchez de tomber dans de néant; qui
avez donné 'Un cœur à l'homme capable de vous
aimer & qui à la fois voyez le paué le préfent
& l'avenir, ne pénétriez pas nos plus tecrettes
penfées & ne faviez pas apprécier nos fenti-
mens Telles auraient dû être les idées qu'une
raifon faine à laquelle fe feroit jointe la réflexion
fur ce qui fe paffe au dedans & au dehors de nous,
•auf oit dû faire naître dans l'erprit de ces prétendus
Sages; mais tropintéreffés a s'aveugler Iis ont
fui la lumiere ils fe font fait gloire de méprifer
l'Evangile & de Je regarder comme une vieille
fable & un conte fait à plaifir dont on n'étoit
plus la dupe ils n'ont pas voulu faire attention à
l'établiffement miraculeux de la Religion Chré-
rieone, combattant toutes les paillons, & s'éle-
( i5 )
vant fur les débris & lès ruines du paganifirie, qui
les favorifoit toutes établiiïèment fi étonnant & (t
impofiible .1'homme qu'il démontre évidem-
ment fa divinité. Jefus-Chrift votre Fils (inique
defcendu du ciel fait homme pour
molé fur une croix pour notrerédempiion & notre
falut malgré tes miracles inconteftablts malgré
l'accomplinement des Prophéties qi.i, plûfieurs
Sectes avant l'événement ànnonÇoient fa venue &
fa million divine n'a été au dire de ces beaux
génies qu'un homme doué d'un peu plus dladreffe
& de favoir faire que les hommes ordinaires. Ainfî,
des ténebres épaiifes fe font répandues fur leurs
yeux pour les empêcher de voir. Obfcutentur oculi
lorum ne videant. (Pial. 68, Il,.
Mais parce que ces efprits fulperbes & aveugles
ont rougi de vous 8 mon Dieu & de votre Fila
humilié jufqu'à la mort de la Croix; qu'ils ont
infulté votre fage1fe & méprifé l'excès de votre
amour pour l'homme à votre tour vous avez eu
honte de cette efpece d'êtres dégradée déchue de
fa raifon primitive, plus ingrate que la bête qui
reconnoît fon maître & qui flatte la main qui la
nourrit &*qui la foigne; vous vous êtes repenti
d'avoir placé fur la terre une créature qui en abu-
fant fi étrangement de fa raifbn déshonore fon
créatear une créature dénaturée, ingrate & io-
folente envers fon bienfaiteur & qui u'a plus
comme la bête d'autre defir que d'âflbuvir fes appé-
tits fenfuels & gromers. Dans votre jufte indigna-
tion vous avez répandu fur elle les effets de votre
colcre qui l'ont invertie de toute part. Effundt fu-
per eos iram tuam &furor irce tuœ compreàendat
eos. ( Pfal. -p. 15. ) Parce qu'ils n'ont pas cru
en vous. 6 mon Dieu !'votre indignation S'en: éten-
due fur tout Ifraël. Et ira ofçtndit inlfraU'quia
non cndidtrunt in Deo. ( Pfal. 77 z 1 & tz.)
( t6
Vous avez commence par frapper la NoblefTe
Françoife. Tout-à-coup elle eft devenue comme
un homme ivre qui chancelé à chaque pas il va-
cille, il erre de droit & de gauche il ne fait où
poterie pied, il fe foutient à peine &
hle d'aucun jugement fait & d'aucune détermina*
non de même la plupart des Nobles vacillant
dans un état de ilupeur & df, vertige incertains
fur le parti qu'ils prendraient divifés entr'eux
n'ont tu que chercher un afyle chez les Nations
étrangères. Turbatifunt & moti funt peut tbrius
& omnis fapientia corum devorata eft. ( Pfal.
17. ) Trifte & fuuefte effet de votre abandon
ô mon Dieu Que l'homme eft foible lorfque vous
l'abandonnez à lui-même & que vous ne Ïoutenez
plus fon courtage Vous avez voulu punir ainfi les
mauvais exemples & les fcandales que le grand
nombre des Nobles donnoit à la Nation. Cette
Noblefie dégénérée de fes ancêtres n'avoit presque
plus de Religion ni de moeurs; elle s'étoit avilie Se
rendue méprifable. Efi'ufa tft contemptiofuper Prin-
cipes & etrarefecit cos in invio & non in via. ( Pfal.
Vous n'avez pas épargné les Minières conià-
crés à votre culte. Vous aviez à leur reprocher
en général un luxe fcandaleux & un uiage abu6f
de leurs richeiTes. -Il vous a plu* de les dépouiller
de ces biens trompeurs dans lefquels ils mettaient
trop de confiance vous les avez humiliés, vous
leur avez arrraché ces ornemens extérieurs qui
fixoient fur eux les regards du respect & leur atti-
roient les hommages du Peuple; & vous les, avez
livrés pendant quelque temps aux outrages d'une
Populace impie &-facrîlege. Ils ont baiflié leurs
fronts fans murmurer & fans fe plaindre, & Ce font
humiliés fous le main toute- puiilante mais pater-
celle qui ne les traitoit en apparence avec tant de
rigueur
B
rigueur que pour les fauver. Propttr tt fuflinut op-
t. S.) Ils font demeurés fidèles à la Foi de leuts
Pcres & toujours unis/au Chef de 1 Egliïè Catho-
liqiie (n). L'adverfité, la persécution l'extrême
pauvreté, l'exil qu'ont fubi les uns, la reclufioa
& la prifon où ont été condamnés les autres, la
mort dont pluiieurs ont été frappés n'ont fervi
qu'à les fiire paroître plus dignes des hommages le
de la vénération aux yeux du Chrétien qui n'a pas
perdu la Foi, Eltgtrunt magis mari, & nolutrunt
infringere Legcm Dei fanflam & trucidati funt,
( Lib. r. MachabiCap. i il. 65 & 66. )
Vous avez enfuite abandoné la Nation Françaifê
à empire du Démon. Il étoit dans l'ordre que 1©
Prince des ténèbres of de la çonfufïon régnât {ou,
verainement fur un Peuple aveuglé par fes pailionfl
& depuis long-temps s'efforçant de fe fouftraire à
votre domination. Vdus avez fait paroître Satan
aux pieds dp votre Trône redoutable; tgrtdittur
Diabolus ante pedts tjus j ( Habacuc Ch. } il.
Satan que l'Écriture nous repréfente comme ua
lion rugifTant fans celte tournant au tour de la
terre pour teuter les hommes, les faire tdmfcer
dans fes pieges îc les dévorer. Diabolus tanguant
Ito rugiens circuit queertns quem devoret. ( Epift. B.
Petri Cap. 5 il. 8. ) Je te livre pour quelques
années, lui avez vous dit, cette Nation incré-
dule, corrompue & rébelle tu accumuleras fur
elle les fléaux & les calamités tu troubleras fa
raifon tu la fendras ivre d'une (autre liberté. tu
feras Succéder une révolution à une autre, tu la
boulevetferas de fond en comble, & tu lui feras
éprouver toutes les horreurs de l'anarchie; mets
eu ufage les reflburces de ton génie malfaifent
jufqu'à ce qu'il plai|p à
cours de ta fureur & de ta rage. Mifit intos ir«m.
Cï8)
indignationh fune ïndignàtiontm & iram & tri*
éulationern f- immijjionts ptr Angeles malox. ( Pfal.
Satan profite avec emprcflement 8e avec oie do
l'abandon que le Seigneur lui fait de la France.
.Confurrexit autem Satan contra If rail. ( Liv. des
Paralip. Ch. Il ordonne aux efprits infer-
naux de s'emparer de la plume de quelques Jour-
naliftes & d'une tourbe d'lâcrivailleurs. Âufli-tÔt la
Frnnce eft inondée de Libelles de Satyres de
Pamphelets de Chanfoni & d'Ecrits incendiaires
diftillans le poifon de la calomnie, & dont les plus
horribles blafphêmes font le fèl &TaiTaifonnement.
Ces feuilles peftilentielles auffi légères & auffi
rapides que le vent; répandent rinfectiott 8e toutes
parts reçues avec avidité par UQ Peuple curieux
inquiet, jaloux, avide de la nouveauté & du chan-
gcment, l'épidémie fe communique d'un lieu à un
autre avec une rapidité incroyable. Tous les ef
prits font éle&rifés à la fois, la malfe du Peuple
eft inférée & le Royaume eft en feu.
Alors pour faire une première révolution le
Démon ïufcite un homme fans moeurs & fans prin-
cipes, qu'il anime de fou génie & ta'il doue de cette
efpece d'éloquence qui féduit & entraîne le Peuple.
Beaucoup de confiance en foi-même & une gran-
de effronterie une dialectique remplie de f6phif-
mes, l'ironie, le perfifflage, de grands mots, des
tournures de phrase iaufitées des expreflîons neu-
ves & éblouiUantes un ton fermé, un gefte arro-
gant une voix perçante qui''Ce,fait entendre au
Foin, tels font les moyens qu'il donne & qu'il fait
mettre en tifage à rosi Orateur. Par là il remue &
il calme il échauffe & refroidit à fois gré les flots
d'auditeurs qui fe preffent au tour de lui. Sembla-
ble aux Magiciens de PharaorF, il étonne par fes
preltiges la multitude aveugle & ignorante 8c
('9)
B i
l'entraîne dans l'exécution de tes projets. Le
Clergé & la Noblcfle attaqués prefque à la fols
tombent tous les deux fous les coups.
Le Succès de cette première révolution exige
qu'il perfuade au peuple que du papier vaut de
l'or. L'Orateur diabolique fait plus iliuipçr-
fuade que du papier vaut plus que de l'or» Dans ce
moment l'or et l'argent ditparoitfent des chi&-
fons de papier de différentes couleurs & de diffé-
rentes grandeurs fous le nom d'Afllgnats volent
dans tous les coins de l'Empire & les remplacent.
Tel fera déformais pendant fept aimées ô
France! le figne repréfentatif de
monnaie atrortie à la frivolité & à la crédulité de
ton Peuple les plus brillantes fortunes font chan-
gées en papier & s'évanouiflent. Auflî multiplié
que les grains de poufficre qui s'élevent eu tour-
billon ,dans un jour d'orage, il obfcurcit l'air &
couvre la fuperficie du territoire Français. Effet
étonnant plus on en brute, plus il en paroit,
fernblable au phénix qu'on dit renaître de fes
cendres ( t%).
Peu fatisfait du déluge de maux dont il a inonde
Ja France le démon va de nouveau verfëjr fur elle
de plus affreufes calamités. Connoiffant le foible du
cœur humain, il n'ignore pas que tous les hommes
font dotninésparrintérêt&par la vanité:illes prend
àce piege.f 13) En exagérant les abus de l'ancienne
Administration lé défordre des finances la ty-
rannie des Miuftres & des Grands, le deipoti^ne
des Lettres de cachet l'intolérancç
les obftacles mis par le Gouvernement à*la .liberté
de la Preflê il lui ett facile de rendre odieux te
Roi fes Minières & leurs entours. Avec le n$t
vague 8r inlîgnifiant 4'Ârifiocrm*
Nobles, au Clergé & aux. il les^t
eu butte aux infoleaces & à h &reur de I»|>0pu.
( 2O )
lace & de la Canaille en faifant appeller le
blanc noir, le menfônge vérité, Pûtrioùfmi la
haine de la Patrie, de l'Autorisé & des Lois, -il
fait regarder comme bons Citoyens & honorer du
nom d'excellens Patriotes tous les bandits tous
les fcélérats, tous les coupe-jarrets auxquels il fait
ouvrir les portes des cachots. Il les lâche fut ce
foi Républicain & dans 'les accès d'une liberté
frénétique, il leur fait porter par-tout la flamme
& le fer, la terreur & la morte Cette troupe de
Cannibales dans fa fureur aveugle égorge fans dif-
tin&ion d'âge, de fexe, d'état, de rang & de
elle pille incendie, déchire le fein de
la Patrie, retrace les horreurs de la guerre-civile
en pleine paix & fait éprouver l'affreufe disette au
fein de l'abondance. Et btfiias piffimas induxero
faper tenant ut vtfiem eam. ( Exech. t4,
Et effuderunt fanguinem innocenter» & infeda efl
terra in fanguinibus Gr contaminât a efl in bperibiis
eorum. ( Pfal. fp. 38 & 30. )
Pour fervir plus efficacement votre jufte colère,
ô mon Dieu ou plutôt pour afîbuvir fa rage con-
tre la France Satan ne s'arrête pas à ces horribles
fléaux il détache fur fon territoire tout ce que
fes voûtes embrafées recèlent de Démons les plus
altérés de fang les plus fans pitié, tous les An-
tropophages & tous les Cannibales defeendu»
dans fon brûlant Empire il leur donne pour
chefs les premiers bourreaux des Enfers les
moaftres les plus atroces & les plus exécrables qui
depuis Néron & Caligula aient paru 'fur la -terre.
Il léur fait ,emplir les Clubs leur fait faire
les motions des crimes fle des forfaits le$ plus
inouis, & leur fuggere la levée des Armées la
création des. Tribunaux révolutionnaires afin
qu'aucun homme de bien ne lui échappe la force
publique Ce trouve aux ordre» de la Canaille
(̃̃« )
qui ne connoît d'autre loi que Ces préventions, (es
jaloufies & fes caprices.
Le bouleverfêment & les ruines font du goût
de Tefprit des ténèbres & du défordre. Il. donc
foin de fuggérer à la Populace par fes émiffaires
la néceflité de tout détruire pour tout régénérer}
prévoyant que tout étant une fois détruit le rita-
fcli/Tement en fera impoflïble. Ses ordres font
fidélement exécutés. Les efprits înfertoaux fous
les noms & les mafques des Patriotes de des
Marfeilloii des Jacobins, des Terrorisa, des
Septembrifeurs s'emparent de la Capitale le
répandent dans les Déparcemens avec la rapidité
de l'éclair. Rien n'eft épargné les plus beaux
monumens, les chefs-d'œuvres de l'art, édifices
ftatues tableaux font brifés & réduits en cen-
dres, les Temples .prophanés & dépouillés avec
des juremens horribles, avec des blafphêmes, &
des imprécations exécrables. Le Pontife, le Prê-
tre, le Lévite, la Vierge confacrée au Seigneur,
l'Homme religieux, la Femme honnête & ver-
tueafe, cruellement infultés, frappés incarcérés
& égorgés de fang-froid. Saccrâotis eorum in gla-
dio ctcidtrunt, ( Pfkl. 77 f. Des torrens de
£ing coulent de toutes pans, & cet tigres à face
humaine en étenchent leur foif avec la même vo-
lupté que dans un jour brûlant de la canicule le
Moiffonneur mourant de foif boit avidement l'eau
fraîche & pure d'une Source qui s'offre fous Tes
pas. Défolation fur défolation a étéappellée&a
ravagé cette terre maudite parce que mon Peu-
ple devenu infenfé ne m'a plus connu. Ils font
fous & fans pudeur, fort habiles à faire le mal,
mais incapables de £aire le
contritiontm 'oeil/il' tft b vaflata ijt omnis urra^
Quia flultus Populus meus me non cognovit ".filii
infipieattx funt fi> vteordes
( il )
mala Gona "autem factrt ntfcitrunt, ( Jérém. Ch.
4» i/i/- zo&îi. ) •
Ce fut roi E/prit inferoal qui infpiras aux
auteurs de la révolution & leurs fis pratiquer nette
maxime déteftabfe ,• que tout efl permis Sr que les
plus grands crimes (ont légitimes dès qu'on Its fugt
utilti à la choft publique. ( l$) Dès-lors plus de
probitc l'efpionuage & les délation? encoura-
gées & payées; la (impie fuipicion imputée cfînte,
& punie de mort, la défiance répandue partrji les
Citoyens l'amitié, la bonne foi forcées de Ce
taire & de ne plus épancher des fecrets capables due
traîner à l'échaffaud le Gouvernement exerçant
la ryrannie ta plus odlieufe fur la penfée exigeant
le Serment fur des objets nullement de fa compé-
tence, Serment qu'un honnête Homme ne pou voit
prêter fms fe rendre infâme adonnant le premier
l'exemple de la violation des fermcus & de la foi
publique; s'emparant du fecret des famillts & fe
faifant un feu de les divulguer exerçant l'inqui-
Jition la plus déteftable au milieu même des ténè-
bres de la nuit, &, fous-le nom fpécieux de fûreté
publique déguifant les plus noirs attentat».
Ce fut ce même efprit diabolique qui s'étant
emparé des tribunes les agita en tout fens leur fit
maîtrifer l'Alfunbiée Lég iflative leur fit applauî
dir aux motions les plus abfurdçs les plus tyran-
niques, les plus contraires. à la bonne foi à l'hon-
néteté, à la Religion & aux mœurs & par des
vociférations & des hyrlemens
rejetter tout ce qui étoit conforme à |a rai/on au
bon ordre > à la juftice & à la probité.
Alors au fein de cet Empire ci devant très-
Chrétien) on vit dans le lieu faint l'abomination
& la déflation let Fidèle» obligés de fuir les
Eglifes & de fe cacher pour les exercices de leur
Religion) des Hiftrioas, des Bateleurs des De