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Découverte importante sur le vrai système de la constitution du clergé, décrétée par l'Assemblée nationale ([Reprod.]) / [J. J. Bonnaud]

De
34 pages
[chez Crapart] (Paris). 1790. Constitution civile du clergé (1790 ; France) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PE RGAMON PRESS
Headinglon Hill Hall, Oxford OX30BW, UK
A
DÉCOUVERTE
IMPORTANTE
I S; Y S TÈMB
èt^flTUTION DU CLERGÉ
Décrétée par l'assemblée nationale.
On ne peut se le dissimuler, tous les eo
clésiastiques instruits et distingues dans les.
sciences-dé leur état, ceux même qui ont
vu sans regret leurs bénéfices passer à la
disposition de l'assemblée nationale ceux
même qui fuient toujours prêts à faire sans
regret de grands sacrifices à la chose publi-
que, ont montré la plus grande répugnance
pour cette constitution. du clergé appuyée
aujourd'hui de toute l'autorité de 1 assem-
blée nationale. Je l'avoue le suis decet^'
qui, avec Fauteur du Journal ecclésiastique,
ont cru y reconnoître les maximes, la mar-
che des principales hérésies condamnées
dans ces derniers siècles. J'ai fait mon pas-;
̃̃(>.)̃
sible pour chasser cette idée; au lieu d'y
réussir.) à force d'étudier ces questions im-
portantes, j'ai -vu nfes premières idées se
Fortifier par la démonstration, J'ai rappro-
elle sur-tout les erreurs de Riclier condam-
nées et solemnellemént proscrites par deux
conçues n France condamnées par le saint
siège, sans aucune réclamation de la part
des autres églises j'ai rapproché, dis-je,
ces erreurs de Richer et celles de la secte
qui les a reproduites plus d'une fois de la
constitution p:i'on propose au clergé j'ai
vu la ressemblance, l'identité si claire, si
précise et cette découverte m'a paru une
justification si complette du sentiment des
vrais ecclésiastiques, sur cette prétendue
constitution je croirois man-
quer à ma conscience en la couvrant du
voile du secret. Il faut que les ecclésiasti-
ques sachent décidément à quoi s'en tenir;
si Terreur s'est cachée pour quelques-uns
il,- faut la dévoiler. Les laïques eu^j-mêmes
nous saurôient mauvais gré.' d'avoir dissi-
mulé. La France neyeut pas être hérétique;
elle n'a.pas voulu nous forcer le devenir
par complaisance pour des législateurs que
je sais respecter, mais qui, traitant d'objets
ecclésiastiques ont pu s égarer, et se laisser
surprendre. Ce sont ces législateurs même
que je prie de me lire.
^Je'soutiens que toute cette constitution
J'ou'rage des Martjneau des Treilliard
des Camus, n'est qu'un vrai plagiat, du ri-
çiiérisnie, condamne en 1612, par deux con-
(3)
i
ciles de France. On me demandera ce que
c'est que le richérisme. Je le dois expliquer, j
je vW le faire y j'en vais suiv«les tracez
que l'on inë dise ensuite stàinçreîre catho-
lique petit sans blessei lès ̃ :uruits ,de sa
conscience souscrire à la nouvelle consti-
tution du clergé décrété pour la France.
Vers le commencement du dix-septième
siècle un syndic de la faculté de théologie
de Paris, nommé Edmond 'Ric/icr composa
et publia, en un ouvrage sur la puis-
sance ecclésiastique et politique. Les prin-
cipes de l'auteur sont que « toute commu-
nauté parfaite et toute société civile a le
dr.oit de se gouverner elle-même, que le
droit de gouverner toute la communauté
appartient, dans4a première origine,1 la
communauté même qu'il- lui appartent
plus immédiatement plue essentiellement
qu'à aucun particulier; que tout cela est
£ondé sur le droit naturel, contre lequel ni
la. multitude des armées ni les -privilèges
dés lieux, ni les dignités -des personnes ne
pourront jamais prescrire. (De pot. cap. 2.
p. 5.)
De ces maximes, Richer tirait les conclu-
sions suivantes « Donc toute la jurisdic-
tion sur la communauté appartient à la
communauté même, préférabîement à ceux
qui en sont les chefs. Donc le pape n'a point
sur toute l'église'; ni les évêques sur leurs
diocèses une primauté de jnrisdiction j
mais la'-jurisdiction appartient à la commu-
nauté, et le pape n'est que le premier des
<n
«.ministres, de caput ministeriale et
les évêques les premiers ministres de fleurs
diocèses. Donc,'concluoit encore Richer,»
les évêques ne peuvent faire en leurs diô^
cèses aucun règlement considérable sans
leur synode ni le pape dans l'église sans un
concile général, parce que le pape ni les
évêques n'ont le pouvoir de faire des lois,
ni des canons mais seulement le pouvoir
de faire exécuter les -lois portées dans les
synodes et dans les conciles 5,.
R,icher i_fit de son livre une apologie dans
laquelle il soutient que les élections aux
bénéfices sont de droit divin proposition
d'où il suivroit que tous les évêques qui jus-
qu'ici ont été promus sans élection, ne sont
pas dés pasteurs légitimes.
C'est une chose remarquable que Richer
n'ait tiré de son système que des conclusions
relatives au gouvernement ecclésiastique
sans parler du gouvernement politique. -En
effet, l'on a. vu, 10. que son livre a pour
titre de la puissance ecclésiastique et po-
litique; ofi. que dans ses principes, toute'
communauté et toute société cMle a le droit
de se gouverner elle-même que c'est à elle,
et non à aucun particulier, que la puis-
sance et la urisdictian à été donnée; qu'ainsi
les chefs de toute communauté, de toute
société civile n'ont que le pouvoir ministériel
ou exécutif. Il est donc très-singulier que
le principe de l'auteur étant général et com-
mun à toute communauté par conséquent
la société ecclésiastique comme à la so-
ciété civile, il n'ait' pas tiré explicitement
( s:±
A3
lès conséquences par rapport à celle ci
comme il le fait relativement à celle-là. Mais
Richer, comme tous les sectaires vouloit
s'envelopper. Il avoit tout à craindre du
s gouvernement s'il l'attaquoit de front: en.ap-
pliquant seulement ses conséquences à Fe-
glise, il faisdit ua tour d'adresse il resser-
roit la jurisdiction du pape et des évêques,
et il avoit l'air de flatter la puissance sécu-
lière.
On ne prit pas le change sur les vrais sen-
timens du syndic tous les gens qui savoient
qu'en bonne logique, on peut imputer à
un écrivain toutes les conséquences immé-
diates de son système, sentirent que Richer,
parlant de toute communauté parfaite dé
toute société civile, étoit forcé d'avouer les
assertions suivantes, « que dans un royau-
me, la jurisdictiou appartient au corps de
l'état et non pas au roi quelle roi par con-
séquent n'a-pas le pouvoir législatif, mais
feulement le pouvoir ministériel, le pouvoir
exécutif; qu'il n'est que le dépositaire des
volontés de la nation et le simple manda-,
taire que ne pouvant faire lui-même des
lois les états du royaume ont seuls le droit
dé les porter qu'ainsi les états assemblés
de la nation sont absolument indispensables
pour gouverner le royaume.
Richer avoit donc beau s'envelopper da.ns
des généralités le voile étoit trop transpa-
rent il le déchira même aussi-tôt qu'il crut
avoir trouvé l'occasion favorable. Richer
étoit ligueur, et ligueur fanatique. Il égala
en frénésie le fameux Boucher, curé de S.,
Benoît. Sa doctrine" éïoit trop favorable,
son parti; voulez-vous savoir comment il
ciations au cardinal du Perron p. 694.
«,L'an au mois d'octobre, dit ce
prélat, Ricîier soutint.publia ment en.
r Sorbonne que les états du royàWne étoient
indubitablement par-dessus le roi, et que
Henri III, qui avoit violé la foi donnée à
la face* des états; avoit été çomme tyr.an
justement tué et que ceux qui lui ressem-
bloiçnt devoient être non-seulement pour-
suivis par les armes publiques mais aussi
par les embûches des particuliers et que
Jacques Clément qui l'avoit tué n'avoit
r été allumé d'autre passion que du zèle de
la discipline ecclésiastique et de l'amour
des lois de sa patrie, et de la liberté publi-
que, de laquelle il avoit été le vengeur et le
protecteur et avoit mis des couronnes de
gloire au chef, et des carcans d'or au col
de tous les vrais Français. Ce sont, ajoute
le cardinal du Perron les propres mots
de ces anciennes thèses dont ai l'origi-
nal ». A cette exécrable doctrine on recon-
noit le fanatisme de la ligue.
1 Richer étôit depuis long-tems dans le mê-
me sentiment que Jacques klmaih et Jean
Major tous deux docteurs de Sorbonne,,
qui soutiennent ouvertement ce qu'il n'a fait
qu'insinuer dans^-sen traité de %puissance
ecclésiastique et politique. « Le droit de
glaive à été donné à la république pour sa
conservation dit le premier. La domittu-'
nauté ne peut renoncer- au pouvoir qu'elle
(7)
A4'
a sur son prince pour le déposer. Le royau-
me dit le second, est en certain cas au*
dessus du roi, qui peut .être dégradé quand
on ne le, juge pas propre au gouvernement.
Le fameux cîu'Pin qui a imprimé les ou-
vrais de ce's deux docteurs djt qu'ils ont
étajjii sur cette ma^re de soâdes principes^
et que leurs conséquences sont très-justes.
Il trouve sur-tout qù'Al/nain a débité une
doctrine adinirable sur l' autorité de l'empe-
reur et des rois et comme Richer, plusieurs
années avant son syndicat, soutenait les
mêmes principes, du Pin fait les plus grands
éloges de Richer..
Il est évident que 4 doctrine des docteurs
Aï/nain et Major est la môme que le système
de Richer. En le' pouvoir législatif,
si toute la jurisdTçtlpn repose entre les, mains
de la communauté ,de là société civile; si
le monarque, comme le pape et les éyêqués,
n'a que le pouvoir ministérielle pouvoir
dataire de la communauté, de la nation.
comptable yis-a-vis de
ses commettans, Inescomptable, s'il tlélinque,
est punissable..Dçn'c le roi, mandataire
sejon la maxime de. Richer peut être dé-
posé et on ci. vu que ce ligueur, enragé a
poussa sa conséquence plus loin yis-a-vi8
de Henri IJIj, dont il a eu la scélératesse
de canoniser le meurtre. Le cr'omwelliste
Mt/ton le calviniste Jurieu, le schismatique-
de Dominis;, étoïént datts les principes de
Richer.
Ce qu'il y a d'excellent à connoître, c'est
Sueîès jansénistes sont devenùfc panégyristes
du système de Bicher auquel ifs ont donné
des lettres d'affiliation. Le fameux patriar-
che de la secte, Y abbé de S. Cyran pensoit
qu'il y â de la témérité à traiter les riché-
nstes d'hérétiques ou de schismatiques. On
deviné ce que dans le langage de S. Cyran
tûgniiîoit cette orthodoxie des richéristes.
M. de St*. Beuve qui avoit des relations
avec le parti, écrivant au fameux docteur
S. Amour, qui, comme on sait, avoit été
envoyé à Rome pour soutenir la cause des
cinq propositions, s'exprimoit en ces ter-
nies si le jansénisme est condamné ce sera
une des choses les pluî, désavantageuses au
saint siège, et qui dimmuerà dans la plu-
part des esprits le respect et la soumission
qu'ils ont toujours gardé pour Rome, et
qui fera incliner beaucoup d'autres dans les
sentimens des richéristes. Faites, s'il vous
plaît réflexion sur cela^ et souvenez-vous
que je vous ai mandé il v a long -tems
que de cette décision dépehdra le renouvel-
lement flu rîchérisme en France Les )'ansé-
nistes i cfax^mêmes nous ont cnnservé- cette
lettre qu'ils ont fait impritaer en 1662.
Pour saisir le confidence de
Ste Beuve vis à-vis de'S: Amour, il faut se
rappeler qtt'à cette époque les jansénistes
pressenijoiënt la condamnation dès cinq pro-
positions à Rome* Pour amortir le coup,,
us âedîspiysoientàfaire vàloiï le richérisme;
qui ne donne au pape que le pouvoir
nistériel et qui en cette qua-
lité ne peut, selon Richer prononcer d'd
décret sçns un çpncile général. C'étoit d'à/
vance une contre-batterie dont ils menaçoieat
Innocent X et sa Bulle
Rien de plus curieux que l'anecdote sui-
vante, que nous apprenons de dom Thierry
de Viaixnes. Dans une lettre du 2 avril
1699, écrite au sieur Brigode, janséniste,
prisonnier à Bruxelles ce bénédictin, qui
étoit aussi du parti, lui mandoit: « J'ai dé-
terré un manuscrit d'un gros ouvrage de
Richer qui n'a pas été imprimé. Il y a plus
de deux mille pages plus grandes que celle-
ci. Ce seroit pour faire un gros in-folio, ou
trois in- f°. Je suis persuadé qu'un semblable
manuscrit enrichirolt un libraire, et qu'on
y courroii comme au feu, sur-tout en France.
Un de mes amis a tiré une copie d'après
l'original qui appartient à M. Errard
avocat de Paris qui a épousé une nièce de
M. Richer. C'est proprement la justification
et les preuves d'un autre petit ouvrage de ec-
désespère pas d'être dans peu maître de ce
manuscrit.
Dans une autre lettre du 17 avril, qu'il
adressoit au même M. Brigode, dom Thierry
déclare « qu'il a pris des peines infinies pour
faire une impression belle, bien correcte et
commode ae Richer.
D'après l'empressement et le zèle du parti
pour fraire imprimer lé livre de Richer, d'a-
près son enthousiasme et sa jubilation sur
cet°ouvrage annoncé par le parti comme
très-fort et très-mordant auquel on couiroit
'iéomme au' Jeu,
inent pouvoir douter que les janjsénïstes
datent accueilli favorablement la doctrine
.du richérismej. Mais non -seulement ils Font
favorisée, ils l'ont adoptée pour la leur de
la manière lambins équivoque. Ouvrons le
livre du P. Quesnel, lisons sa 90e proposi-
tion. « C'est fégliseqûï a l*aiitorité de l'ex-
communication pbUr 'l'exercer par les pas-
miers pasteurs, du consentement au moins
présumé de tout le corps M. Il est évident
îjue cette assertion est une conséquence du
système de Richer: car, d'après sa' propo-
sition générale lai jurisdiction appartient à
toute là société civile ou ecclésiastique et
les chefs n'ont que le pouvoir exécutif. Or;
nne sentence d'excomunication est un acte
cle jurisdiction. Donc l'église, qiii est une
société, .a seule le droit d'excommunier en
commun. Donc il faut au moins
tement présumé de tout, le cofpè. Donc les
évêques qui sont les premiers, né peuvent
pas porter eux-mêmes la sentence d'excom-
munication, mais ils n'ont que la faculté
de mettre cette censure à exécution. Nous
le rcpétons ,̃ il, est sensible que ̃' la- propo-
sition de1 Qiîcënél émane directement --du
système de llichèr. Est-il étonnant qu'il l'ait
prôné et propagé avec tant d'àrdéiar?
C'est une chose curieuse de voir, avant:
le jansénisnié, le calvinisme ënseigtier" le
dogme clë Riclier. Sa doctrine est précisé^-
ment là confession de foi d'Anne du Bourg
qui ,rcômmô calviniste fut condamné a
mort sous Hehri III. « Je crois disoit Anne