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Défense de M. de Maleville, adressée à la Chambre des Représentans [1er juillet 1815]

De
11 pages
impr. de Mame ((S. l.,)). 1815. In-8° , 11 p..
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DÉFENSE
DE M. DE MALEVILLE,
ADRESSÉE
A LA CHAMBRE
DES REPRÉSENTANT
Frappe, mais écoute! (Parole de Thémistocle,)
D
Erurs quatre mois, les révolutions se succèdent avec
une effrayante rapidité. Arrachée subitement au repos
dont elle jouissait sous le sceptre, d'un vieillard, la France
a d'abord été placée sous un régime purement militaire
puis sous une puissance illimitée qu'on a décorée du nom
de dictature. Dans les premiers jours de juin, cette puis-
sance extraordinaire est déposée ; les représentans de la
nation sont réunis; les pouvoirs sont séparés; un nouveau
régime constitutionnel commence. Mais quelques jours
s'écoulent à peine , la foudre gronde, et le chef de l'état
qui s'était mis à la tète de ses armées, étant vaincu, est
forcé, pour laisser à la nation une porte de salut, de
descendre une seconde fois de son trône.
Alors justement pénétrés de la gravité des circons-
tances et de la nécessité de prévenir l'anarchie, les repré-
(2)
sentans de la nation se saisissent de l'autorité suprême.
Ils organisent un gouvernement provisoire; mais ils tra-
cent les limites de ses attributions; ils se mettent eux-
mêmes au-dessus de la prérogative impériale, annoncent
qu'ils vont refondre les lois constitutionnelles , et un
projet de constitution est eu effet publié.
Qui aurait pensé que, dans de telles circonstances, il
n'eût pas été permis à tout Français, à tout représentant
sur-tout, d'émettre, de publier toutes ses opinions; de
rechercher, d'indiquer toutes les voies de salut public ; de
proposer tous les moyens qui lui auraient paru praticables
pour arrêter l'effusion du sang, pour conserver l'inté-
grité du territoire français et l'indépendance nationale?
On proclamait la liberté de la presse ; qui aurait cru
qu'elle ne serait pas entière?
Au milieu des plus imminens périls, chacun de nous
interrogeait ses collègues , ses amis, les hommes éclairés ,
et toutes les opinions dont se compose le voeu national.
Je les interrogeais aussi. Bientôt une opinion me parut
prévaloir , au moins dans cette vaste cité ; c'était celle qui
provoquait un grand retour vers le passé. Ce retour me
parut vivement sollicité, comme étant la seule mesure
qui pût réconcilier nos intérêts avec ceux de l'Europe ,
mettre un terme aux révolutions, et nous rendre an
bonheur : j'osai proposer cette mesure
Mais à peine quelques exemplaires de l'écrit dans le-
quel j'avais consigné mon opinion (1), ont-ils circulé
dans le public, qu'on me dénonce à la tribune de la repré-
( 1 ) Il a pour titre : Au Gouvernement provisoire et aux deux
Chambres.
(3 )
sentation nationale. Ce n'est pas mon opinion qu'on dis-
cute ; c'est mon caractère et ma conduite qu'on attaque.
On me dénouce comme un insensé , comme un infâme 1
on ne s'en tient pas là ; on attaque aussi le caractère et
les actions de mon père , ceux de mon frère et de toute
ma famille. Un représentant que je ne connais point, ni
ne cherche à connaître , quoiqu'il soit, dit-on, ex-conven-
tionnel , général et presque mon compatriote, un repré-
sentant se rend l'organe de cette scandaleuse diatribe ! Il
propose de noter d'infamie mon opinion ; et la chambre
des représentans l'écoute ! Elle n'impose point silence à
cet homme audacieux ! Elle ne le rappelle point à l'ordre !
Elle se borne à écarter sa proposotion, par le motif que
les membres de l'assemblée sont inviolables... (1).
Représentans , ce n'est pas seulement ma cause per-
sonnelle que je plaide ; c'est celle de chacun de vous ;
c'est celle de tous les citoyens. L'opinion que j'ai publiée
est erronnée peut-être ; mais elle n'a rien de criminel. Ce
que j'ai écrit et imprimé, chaque citoyen a le droit de
l'écrire et de l'imprimer de même. Il faut vous préparer
à entendre beaucoup d'opinions semblables ; et quoique
vous fassiez , vous ne les comprimerez point, parce que
leur émission est fondée sur un droit imprescriptible ,
sur celui que vous garantissez vous-mêmes à tous les fran-
çais , par le cinquième paragraphe du chapitre premier
de votre projet de constitution.
Eh quoi! lorsqu'un citoyen, lorsqu'un représentant
voudra proposer une mesure qu'il croira commandée par
(1) J'ai eu le malheur de me trouver absent , lorsque ces débats,
ont eu lieu , c'est à dire lors de la séance du 30 juin dernier.
( 4 )
l'intérêt de l'état, il faudra qu'il s'informe d'avance si
elle plaît à l'assemblée , si elle plaît à tel ou tel parti,
à tel on tel de ses membres ! Autrement, il sera exposé
à une diffamation publique ! ... Représentans , serait-il
vrai que les assemblées populaires, comme les rois , aiment
à ètre flattées, et que la vérité ne leur parvient pas
toujours , sans faire courir quelque danger à celui qui la
leur adresse ?
Ah ! sans doute , si le temps des révolutions était passé ,
si nous avions un gouvernement établi, un gouvernement
reconnu par la nation , reconnu par des traités avec les
puissances étrangères, un souverain enfin auquel se rat-
tachassent les destinées de la nation , et le repos des
citoyens, caserait pour tous une loi de respecter son
titre et son autorité. Dans ce cas, proposer à. la nation le
choix ou le rétablissement d'un autre souverain , pour-
rait être une entreprise criminelle ; ellel e serait du moins,
aux termes des lois existantes , si la provocation au ren-
versement du monarque, était directe.
Mais, que nous sommes loin de celte heureuse posi-
tion ! Vous avez, il est vrai, déclaré qu'après la mort ou
l'abdication de Napoléon I , son fils était appelé par les
constitutions de l'Empire , à régner sur les Français. Cela
était incontestable ; mais le fils de Napoléon n'était pas.
pour cela proclamé ni reconnu souverain des Français. Il
ne l' était point à l'époque où j'ai publié mon opinion ; il
ne l'est point encore. La nation ni l'Europe ne l'ont point
reconnu. L'armée seule, à qui l'on permet maintenant
de délibérer, a émis un voeu pour que cela fût. Cet
enfant quelle demande , n'est pas même sur le ter-
ritoire français ; il est au pouvoir d'une puissance

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