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Délibération du bourg de Cucuron, contenant sa profession de foi civile, son voeu en faveur de la constitution delphinale, son adhésion à la délibération de la ville d'Aix du 29 décembre dernier, à l'effet de demander à Sa Majesté la convocation d'une assemblée générale des trois ordres, pour la confection d'une nouvelle constitution... ([Reprod.])

De
24 pages
[chez B. Gibelin David & T. Emeric David, avocats, impr. ordinaires du Roi & du pays] (Aix). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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1
A
DÉLIBÉRATION
Du Bourg de CUCURON contenant
fa p. ifejjïon de foi civile) (on vau en
faveur de la Confiitution Delphinale fon
adhéfion à la Délibération de la ville
d'Aix du 2Q Décembre dernier, à l'effet
de demander à Sa Majefté la convocation
d'une AffemblÙ générale des trois Ordres
pour la confection d'une nouvelle Conjti-
tution &c, &c. &c.
CONSEIL GÊNÉ R AL
Tenu le c) Janvier ijSg*
CEjourd'hui neuf Janvier mil fept cent
quatre-vingt-neuf, le Confeil général
de .ce Bourg de Cucuron s'eft aiFcmblé
à la maniere accoutumée, à la requifition
des lieurs Maire & Confuls en exercice,
& fous l'autorifation de Me. François-
Jean Augustin' Ginoyer des v
cèdes, Avocat en la Cour, Juge de ce
«ourg.
z
Auquel Confeil ont affifîé les Cnn-
feillers & les Citoyens çi?après dénom-
més, &c. &c- &c> nom.
Monfieur Clementïs Maire & pre-
mier Conful, a dit: (i)
Messieurs,
Que de motifs de confolation au milieu
de tant d'amertumes.' Des écrits folides
& lumineux établirent nos drorts le Bu.
reau du'; Prince l'ami '& l'idole de la
Nation, tes défend les Etats même de
1614 les démontrent
(t; Notre profclTîon de .{foi civile, la propo/itjon
de la.conftiturioh delphinalc & fon éloge, notre
adhé/,oa au vœu de la ville d'Aix fut une A(ïem-
blée générale ne demandoient que trois ou qua-
tre pages tout cela pourtant Ce trouve enlacé dans
utl dilcoafs long & très-long. Ce difcours efl-il
un hors-d'œuvtc, ics ci.conftanccs.l'exigeoient-elb?
Le leifleur prononcera.
(x) La compoluion de ces Etats, offre la fupé-
nontédu nombre T iers, fur celui de chacun des deux
piermcrs Ordres. Miron Prévôt des Marchands y
portoit la parole pour le nôtre, & s'y diftingua. On
peut voir dans le Continuateur de Mczerai le zele
& le courage que nous montrâmes dans cette oc-
cifiou pour faire profcrité une Dodrîne qui avek
ébianlé le Ttone, & coulé la vie à Henry Ul & à
s
Aij
̃ Leurs a&es, fi aiHigeans d'ailleurs, offrent
encore au Tiers -Etat un monument
précieux de fa fidélité de ion zele, &
de ion courage.
Il y voit MïRON fon organe tonnant
feul contre cette Do&rine infernale, qui
livroit le Trône de nos Rois au premier
fanatique armé au nom de Rome; &
leur tête facrée, au Damier fcélérat armé
au nom de Dieu.
Il preiTentoit déja, cet Ordre infortuné
que bientôt il ne Cerott plus; & Ces yeux
expirans Ce tournèrent vers la monarchie
& fon dernier foupir fut un cri pour le
falut de fon Maître, & de fon augutie
Poflérité.
Ce cri filial*' fut recueilli par le premier
Senat du Royaume; & après un fiecle
& demi, il apaiïe* dans le coeur de Louis
xvi. Ce Monarque généreux a fenti .tju'un
Peuple idolâtre de fon Maître plein
de feu, de génie, & de bravoure étoit
né pour être le premier & le plus heu-
Henry IV; mais nos efforts furent impui(Tatï$. Le
Parlement indigné contre lcs réfiftances qu'on nous
oppofa, condamna cette Doctrine, & tendit par
fon Arrêr, le plus glorieux témoignage à la fidélité
du Tieis-Etat.
4
feux des que pour relèvera
les hautes deftinées il fuffifoft dt le rendre
à fes AiTemblées nationales & dé lui dire-
JE NE VEUX RÉGNER QUE PAR LES LQIX.
La promet tant défiréè, des Etats-
Généraux, ces mots de vie & de régé-
nération ont enfin été prononcés. Le gé-
nie, protecteur de la France, les. a portés
aux Alpes Dauphrnoifes, & dépofés' fuf
Ja tombe de, BAVARD (i). A cet
les émules de ce héros
ont abjuré des principes indignes de leurs
ame vertueufe, & de leur fiecle. De con-
cert avec les vénérables Minières d'une
religion de charité, leurs yeux attendris
ont parcouru cette chaîne de leur Pro-
vince femée de glaces & de malheureux.
Et ces généraux Citoyens Ce font préci-
pités dans leurs bras, ont pleuré fur leur
fort leur ont promis de, l'adoucir en
partageant avec eux les charges de l'Etat.
De cet élan patriotique & fraternel;
de cette réunion touchante eft né "ce
Code précieux cette Constitution fi juf-
(1) Ce Héros n9:if du Dauphiné joignir à l'a.
rpc coeur
fant. Tous les Hiftcicns ont célébré fa Wnérofii*
au Je la ville de BicÙ'e.
,5
temertt admirée, image Çaînte & vénérable
1 du premier pa&e de famille Conftitution
la meilleure que puiflfe adopter un Peu-
ple qui vit faus un Monarque; & la plus
légitime, puisqu'elle eft faite par, le con-
cour$ de tous/ 6c qu'elle exprime le vœu
de tous.
Cette fublime ïégiflatiori n'avoit pas
encore eu de modele mais elle en fer-
vira. Déjà une foulé de Provinces ne
respirent que la Conftitution delphinaîe.
Bordeaux fur-toût la réclame avec tout
l'énthouliafme -du patxiotifme & de la
vertu.
En rappelant la mémorable -Afiémblée
de .cette Ville célèbre, ne prononçons)
MESSIEURS qu'avec un refpe£l religieux
le nom d'un de Cas plus dignes Citoyens
de Mr. le Chevalier de GAUrRETf AUj
& fi Dieu ne veut être défini que par le
mot de Charité, plaçons immédiatement
après le Code évangijique ces paroles
• céleftes, COMME Citoyens et comme
I RANÇOISNOUS SOMMES TOUS F.RERES(l).
(i) Plirafe immortelle d;i >yt id. 'c C!
du iS Njvcmbie 178S/
6
Quelque gîorieufe que lit pour nous
cette adoption, ayons pourtant, Mes-
sieurs, le courage d'atteler qu'elfe eft
encore plus jufte. La fa inte dignité de
i homme, I honneur que nous avons d'être
François, nous commandent impérieuse-
ment cette protection. Mais après l'avoir
faite à la face de l'univers nous laif-
ferons nos titres dans les tombeaux de
Pharamond & de Ciovis, fous les fables
du champ de Mars, dans les Archives de
IHifton-e (i). La composition actuelle de
l'Etat, nous l'adoptons. I! y exifte sous
L AUTORITÉ SACRÉE D'UN MONARQUE,
ET DES Loix, trois Ordres, nous les
adoptons. Les deux premiers ont des difi
nnctions & des propriétés, nous les ga-
rançons. Nous leur vouons encore vé-
nération & Td .peft. & périne quiconque
ofera toucher a cette Conflitution antique
& révérée. Mah nous demandons pour «
nous, pour vingt-trois millions de Fran-
çois, considération & justice.
Sur la fWufc queftion tant acitee entre M
le ce.: o.e Prudent de Ai ,ue%ieu. Nous ne c;t-
M. kr ^elldent iicnaulr Ne, clvnnol.
VoîiàvMESSIEURS, notre proteiiion de
foi civile nous accufera-t-on déformais
d'afpirer à rinfubordination & peut-être
à la démocratie? Eh! quel temsxhoifit-on
pour cette fatale accufation? Nous mfu-
bordonnés & démocrates nous que le
defpotifme de les vexations
deMazarin, le brigandage â^ Laws ont
toujours laides malheureux & fuiclcs
nouS qui à travers tant de fléaux n ayons
vu que le fang adoré de St. Louis
d'Henry IV, & l'avons abfnus au nom
de ces peres du Peuple, des maux dont
on nous accahioit au Tien î Au- mo-
ment où la plus pure & la plus c^ne
portion de cet augùrte rang; au- moment
où le fils de ce Dauphin immortel que
nous pleurons encore, trop p«u connu
helas pendant fa vie parce qu il r^ctcvit
que vertueux au moment ou Louis
héritier de fa grande ame Se de les vues
& nous invite à la plus
réfurreaion, ingrats nous
oferions Exifteroit-il qudqu^ iatn-
tité entre (le reprclentation ,^<
infubordmafion .raifonnee entre
d'impôts, & mépris des loix?
Nous ferons toujours,
8
que nous avons toujours été, fournis &
fidèles. Le terme de notre ambition, vous
le favtz eft de voir notre nom remis
fur la .lifte 'des hommes & des François*
Ce b-'enfjit inefrimabîe, nous l'attendons
c'e l'équité du Roi, du coeur paternel
de Louis XVI, et NOUS NE L'ATTEN-
QUE DE LUI SEUL.
Fxclus, par le 'fait, des dignités ecelé-
& par le droit, des militaires,
avons nous éclaté en plaintes, bu en
mineures? Nous impùteroit-on
dhui ti crime, d'attendre avec .-la'pîus
qu'un jour vien-
dra où la main, du meilleur des peres
ouvrira, à tous les membres de fa famille
îa porte de tous ks grades y de toutes
les n'eft donné qu'à
lui de compter les fer vices, fruits du nié-
rite, avant les titres ouvrage du hafard ?
Nous difon; fer vices. Eh quel nom
donner à ces incroyables travaux dont
la chaîne précitufe 5c pénible, foutenue
par no:re Ordre, à travers tant de fiecles
& de périls, a invariable-
ment enlacé l'Egiife & l'Etit? N'efi-ce
pas ce Tiers fouvent dédaigne toujours
néceffaire chargé toujours de la fon&ion
ïaboneufe & délicate des intitulions pu-
9
Bîïques i & des éducations privées, qui
peut dire à la jeune NOBLESSE avec
juliîce Se confiance
» Le premier pas que tu fais dans la
» carrière de là vie c'eft moi qui l'afTure.
» Ta mere te refufey ou ne peut te don-
ner fvn lait je parle, & cette liqueur
vivifiante ranime tes lèvres flétries,
n & tes organes aiFaifés. Pour te fouf-
» traire aux fléaux qui afïîegent ton en-
tance, tu ne peux l'entourer que de
» moi. Faut-il de ton être phyfique
peu différent de la brute ou du faa-
« vage faire un homme mvral 5 faut- il
t l'annoncer les relations qui exiftent en*
r, tre Dieu & toi, entre toi & tes fem-
bkbles, entre le Prince & toi fujet?
» Ce que la religion a de fublime & de
» faint, la moraîe d'important, le droit
» des Nations de plus reconnu, la Mo*
narchie de mieux conftaté, je vais te
l'apprendre.
» Tu vivrois peut-être fous le joug
» des préjugés je vais te donner des
» principes. Ces tableaux muets, ces mar-
bres froids images de tes ancêtres,
& rue tracés je vais
» les animer ;&. les noms d'amour, de la
» patrie de zcle pour le Prince de

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