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Dénonciation des principaux abus de l'Hôtel-Dieu de Paris, à l'Assemblée générale des citoyens ([Reprod.]) / par M. Regnier, correspondant de plusieurs administrations provinciales

De
48 pages
[s.n.] (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THEFRENCHREVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
15 BRIDGE STREET MOL BRIDGE STREET
WTTNEY OXFORDSHIRE 0X8 6YH
Téléphone: Fax (0993) 779043
D È
3Par M. Re g N I E h^
plufieurs Admîniftrations proviriciatel.
lia péri à PHôtel-Dieu près de cent mille citoyens
pendant ja ans ou igo6 par an qu'on auroit.
confervé dans un hôpital plus aite* & mieux* admi-
niftré. Rapport de l'Académie des Sciences 4 du
A PARIS.
S
A&
DÉNONCIATION
.DES PRINCIPAUX ABUS
DE I/HOTEL-DIEU DE PARISE
A VAJptmbUe centrale de? Citoyens
Dans ce moment de régénération de
l'ordre, raiTemblée des citoyensi ne man-
quera pas fans doute de jeter un coup-
d'oeil fur un objet digne de fa plus com-
patiffante follicitude» ^s
Il fuffira d'expofer a fes regardes ce qui
s'eft paflè relativement a Tadminiliration
derH^têl-Dieude Paris, depuis l'incendie
du 30 décembre 177a, pour exciter fa,
plus vive ienfibilité, & le plus grand defir
de- venir au fecours de la claire la plus*
malheureufe du peuple, fur-tout lorfqa'on
fera convaincu que, pour régénérer cet
lettres-patentes, & les arrêts du confeïl
donnés depuis. cette époque faire ceiTer
l'inamovibilité des places d'admrnî&ra'
teurs du fécond ordre, les rendre trierl-
nales & éleâtives alors tous les citoyens
notables prenant connoiffance de cette
adminiftration feront ceflèr le myftère
impénétrable dont on femble la couvrir
depuis fi long-temps alors on .ne -refufera
plus de rendre publics par la voie de
ï'impreflion les comptes détaillés de- la
recette & de lâ dépenfe de l'Hd tel-Dieu
conformément à ce qui eft ordonné par
l'art, VI des- lettres-patentes du lî avril
1781 j alors l'on ne s'pbftinera plus à
çonferver au centre de la capiiealé, dans
un local entouré des plus hauts bâtïnïens,
trop refferré, un hôpital immenfe, au
grand préjudice des malheureux qu?qn y
entame, & des habitans que l'on infëâe
on verra enfin Cette partie de la rïviere,
dégagée de tous les ©bftacles qui e^
fmpeçlient .l,a paviption; & qui,
̃<i>
citoyens,
ps de la manière la plus éclatante,
pour la. tranflation de THôtel-Dieu. Avec
quelémprefrement le public ne vint-il pas
offrir des fecours, lorfqu'il tut afluré, par
l'arrêt qu'au
lieu de THôtel-Dieu aâuel il feroit établi
quatre hôpitaux aux quatre points car-
dinaux de l'horizon de Paris! Avec quelle
promptitude la loterie de douze millions
ne fut-elle pas remplie au mois d'octobre
de la même année, pour aider à exécuter
ce beau projet
La caufe du peuple eft quelquefois dé-#
fendue par de bons avocats, quelquefois
même elle obtient, de la part du roi ou
de quelque minière vertueux des déci-
dons favorables mais malheureufement'^
faute de protecteurs, les meilleures loix
ne reçoivent jamais une pleine & entière
exécution. Le précis ci-après en contient
plufieurs exemples déplorables.
La ÇQ,nno,iiran,ce de ces abus détermî-
l'académie des fçiences ordonné par
l'arrêt du confeilj
règlement du 9 o&obre
cuté;.2,°. que
niftrateurs des hôpitaux, fdit rendu aux
habitans de Paris & que b régime
ordonnp par les, lettres-patentes du aa
avril 1781, foit également exécuté»
(7)
peu qui s'ejlpajp: relativement à PHôteU
Dieu de Taris depuis le terrible incendie
du 30 décembre ijyx, jufqu'au Ier jan-
vier ij8g.
qui confuma une partie
des malades &des bâtrmens de l'Hôtel-Dieu
de Paris, le 30 décembre 177a, excita
une' grande fermentation dans les efprits,
réveilla l'attention des âmes fetafibles
fur les inconvéniens du local, fur ceux
de la difjfofition des bâtimens &-fur les
énormes abus introduits dans ce refuge
de malheureux.
On ne voyoit qu'avec horreur les vic-
times de l'indigence & du malheur accu-
mulées jusqu'à huit dans un lit, les ma-
lades & les mourans mêlés avec les morts,-
dans des falles fi obfcures, fi mal-propres,
dans un air fi mfecl:, qu'il étoit impoflïbie
à l'homme le plus robufte d'y conferyer
fa fanté.
D'un autre côté les déprédations fubài-
ternes étoient portées à un tel excès, dans
̃<*•)
revends jrhmenieé
de
tement d'environ deux mille quatre cents
malades pendant 'que ces revenues. font
aflèz cohfidérables pour fubvenir aux
%efotns de trois mille fix cents, aux
termes des lettres-patentes du roi, du
avril 1.782 dont il fera fait mention
ci-après.
Ce f^eâacle révoltant donna lieu a des
réclamations fans nombre de toutes parts
on vit paroître des defcriptions touchantes
des m'aux de l'Hôteî-Dieu, & des vues
fages pour y remédier.
Indépendamment des mémoires manù£
crits> préféntés cette époque, il eh
parut un grand nombre, imprimés avec
des planst (a)
L'expérience que j'avois acquife dans
(a) Le doéteur Petit propofoit de rétablit l'Hôtel-Dieu
près de felleville & préfentoit un plan d'une fortae cireu..
laire* M, Caqwé^ architecte t propofoit de transférer cet
hôpital à llfle-des-Cygnes, & donnoit un plan d'une forme
carrée. M. Penferon, profetfeur d'architeôure, propofoit
également lifle-des-Cygne* & préfentoit un plan de forma
en partie carrée & en partie circulaireé
U)
B
le jfervice des hôpitaux militaires, mé
inettant à portée d'ilidiqger quelques vue$
je crus devoir aufii m'occuper d'uri
plan de réforme fur tout concernant
radminiftration intérieure de l'Hôtel-Dieu;
En conféquence-je préfentai, en février'
*773 j un mémoire, commençant par ces
mots Un Citoyen %élt pour fa patrie &
Tindiduois dans cet ouvrage les prin-
tipaux abus, que j'avois remarqués dans
le Service de cette maifoh les vices du
local qu'elle occupe j & la déf^cluofité de
la forme de fes bâtimens, Je donnois un
plan de cônftruftiort pour rendre le fervice
facile & économique je propofai enfin
ùn ordre d'admihiftratioh & des règles
de fervice & de difcipüne infaillibles, pour
écarter tout arbitraire dans la difpenfatipn;
des alimens, des drogues & des autres
objets de confommation. En un mot, je
démontrois que les malades couchés feuls^
tténr fotgnés, bien traités & en bon air^
ne coûteroient pas plus de vingt fous par
lour chacun*
Afin de rendre mon plan de
intérieur aiïèz intelligible pour écarter
toute objection contre fbn exécution, je
préfentai aubureau de l'Hôtel-Dieu toutes
les parties de ce plan fuppofées remplies
de noms de malades, & exécutées pen-
dant un mois pour eh faire connoître le
réfultat.
Enfin, MM. les adminiftrateûïr propo-
sèrent eux-mêmes à fa majefté, de tranf-
férer l'Hôtel-Dieu au-ddibus de l'Ecole..
militaire, en face de rîfle-des-Cygnes.
Voici l'extrait du requifitoire que M. le
procureur-général du parlement donna au
bureau, & celui de la délibération prife.
en conséquence.
« Convient-il de lainer l'Hôtel-Dieu dans
» le même emplacement? Depuis long-
temps la voix publique s'y oppofe. Le.
»y peu d'étendue du terrein, la corruption
"de l'air, celle de l'eau, le tort que cette
» maifon«£aufe par fon infeâion à tout
ce qui l'environne, le danger du feu
» & mille autres ùiconvéniens, femblenc
CI ilV
B:
avoir réuni fur ce point tous les îuA
frages, fi l'on veut en excepter quelques
» intérêts perfonnels, toujours à écarter
» dans un établiffement de cette nature;
» motifs du't d'ailleurs, font détruits part
l'exiftence de rHôpital-général de celui
de Bicêtre de celui des Invalides, qui
li font tous hors de la ville:
a Il eft encore plus indifpenfable d'y
« placer un édifice deviné à. ne recevoir
» que des malades. Inutile de chercher
« l'endroit le plus convenable on pour-
» roit, fans héfiter; s'en tenir à l'opinion
1) publique, qui parôit déjà avoir fixé ce
lieu fur le terrein au-defîbus de l'Ecole-
» militaire,1 en face de rifle:des-Cygnes.
Ce feroit purger les eaux de la Seine
» de toutes les immondices dont elle eft
j6 infeaée par l'Hôtel-Dieu ce feroit pro-»
» curer aux malades un air pur, un grand
» emplacement de vaftes cours & jardins,
» effèntiels dans leur convalescence, faci-
-tirer le moyen de mieux placer leury
•> lits & même de les multiplier, pour
» que chaque malade eût le Tien. Les
a concevoir
qu'à calculer. Les avis fur ce point ne
font pas partagés il faut donc ^occuper
» des moyens d'élever ce monument,
» Sur <juoi la matière miré en délibé»
v ration le bureau
» chefs de deux dé-.
putes du bureau fe retireraient vers le
miniftre du déparrement de Paris, à
» l'effet' de fupplier fa majefté de vouloir
» bien leur accorder une audience, Sç
» leur permettre de lui repréfenter très*
» humblement les pertes que PHÔtel-Dieu
a éprouvées par l'accident du dé«
çembre, la néceffité de rétablir ceç
» hôpital dans un endroit falubre & com*
v mode, tant pour la ville de Paris, que
i» pour les* malades mêmes, &ç, »
'̃> ̃̃'̃
fa majefté ui^
cahier imprima chez Simon., intitulé 1
Récit de ce VHôuIrpim*.
$YÇÇ m tableau abrçg£ dç h rççe«ç §p
O3)
de
Tannée
Des forme d'édit,
portant rétabliffement de de
Paris, données au mois de niai ?773» &
enregiftréesau mois de mars 1774, furent
l'effet de la réclamation générale & de
cette députation.
Le roi s'exprime amfi dans le préam*
bule de cette loi « Ce lieu de foulage*
ment *ft devenu trop pour con"
» tenir tous les malades 4qm il doit être
v Tafyle, trop reflerré pour être
v trop inquiétant par le mauvais air qu'il
renferma, & trop aux accident
» du feu, dont le dernier afflige ençocç
notre
Par l'article Ier it eft dit que
v Dieu fer*
v l'un à Tautrei
On vptt, dans ce tableau, que les revenus n'ont ét4
«erte année que de i,3&5,$95 liv:; & que
rôles: « II fera procédé à la def-
tru&ion ou vente des lieux incendiés
» dans l'ancien Hôtel-Dieu, & a.utres
bâtimens tenàns à la rive droite de la
» Seine. »
Ce fut cette même année que Tadmi-
niftration s'occupa de quelques abus into-
lérables qui fubfiftoient depuis longtemps.
Elle demanda & obtint un détachement
d'Invalides, qui fut chargé) de veiller a
ce qu'il ne fortit plus clandeftinemerit ni
Jinge, ni effets ni denrées de î'Hôtel-
Dieu & elle fit aromatifer le vin '•& carri-
phrer l'eau-de-vie deftinés aux panfe4
mens.
Le vœu général des GÎtéyens & du
gouvernement n*jemçêcha pas de publier
çîandeftinemënt un mémoire
&. confultation :y avec une
ayant pour objet de la tranf1
lation de l'Hôtel-Dieu. Ce mémoire fut
Supprimé par arrêt du 14 août, comme
contenant des
ïœur.dé la Nativité, prieure, & la fœuf
mandées au bureau & y dévouèrent la
publication de ce mémoire.
Le de juftice,
difperfées par M. de Maupéou amena une
révolution parmi les administrateurs de
l'Hôtel -Dieu. Ceux qui avoient exercé
pendant l'exil, furent remplacés par les
anciens & le cours ordinaire des choies
fe rétablit,, c'eft-à-dire que tout projets
de. réforme fut abandonnée & que les
chofes réitèrent au premier état.
Au mois de mai je fis imprimer
mon plan, fous le titre de Projet d'un
malades, ou Hôtel-Dieu dans
lequel les malades couchés féuls dans un
lit, recevroient les meilleurs flcours avec
le moins de frais pofjible.
Ce projet eft divifé en trois par.ties.
Dans la première j'expofois les inconvé-
niens de l'emplacement de THôtei-Dieu,
& je propofois de le rebâtir dans les en-
virons du Gros-Caillou. Dans la feconde,
je propofois une .forme qui fembloit rem-
plir tous les objet? de falubrité, d'éco-
tiomie, de sûreté dans Iâ
hiftration avec des modèles de regiftres
& de tableaux, par lefquels il étoit facile
de fè convaincre, que toutes les parties
du fervicd feroiënt en évidettce; où par
conféquent il feroit impoffibie d'abufer au
moins à un certain point.
J'eus Davantage de préfenter au roi cet
décrit & le juin fuivant, je préfentai
encore à fa majefté un placet conçu en
ces termes 1
(I?)
c
rA'U: R.OL
SIR E,
« L'arbitraire le gafpillage & la
confufion, qui règnent dans le fervice
» de l'HôtekPieu; le myftère fcandaleux
» fur le montant de la recette & de la
» dépenfe de cet établiffement public le
danger auquel font expofés les habi-
tans de Paris, fur-tout dans le cas où
» une maladie peftilentielle viendroit a
» infeâer cet hôpital; & enfin le fpec-
» tacle révoltant qu'offrent aux yeux des
citoyens les malades couchés depuis
» deux jufqu'à huit dans un lit; font les
» principaux inconvéniens qui excitent
» depuis long-temps l'indignation pu-
» blique.
L'auteur du projet préfenté à votre
» n|ajefté, le 13 mai dernier, eft con-
» vaincu, par fon expérience dans Tadmi-
» Tîïftratiôn des hôpitaux militaires, qu'en
Pu exécutant fon pian, on fauveroit la vie