Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Des assassinats et des vols politiques, ou Des proscriptions et des confiscations ([Reprod.]) / par Guillaume-Thomas Raynal

De
63 pages
Debarle (Paris). 1795. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

ASSASSINATS
v E T
DES VOLS POLITIQUES,
DES PROSCRIPTIONS ET DE3 CONFISCATIONS^
Non 1e «me des guerres etriles. ne Mm N
a«» N». 17 au Wtteau général du
V7 9 5.
A^
i
l'est jgbint caché dans une retraite
il s'est contenté de garnir sur les maux de si t
patrie c'est ces
écrit Notïs ignorons s'ïï4v9i(i
rintëntiori ^.e le publier mais ce
savons, écrit utile appartient
'au '̃'̃' w )'
nos preuveâ f
nom de4*auteùr| comme elleà
dénués
ques il douteux .qu'on ^^us fît k ]
^grâces de les
d'un' écrit, la première et là seule
question est de savonfj s'il et çtbidk
6'il est de tel hdmiiie il faut d'abord examiner
ce qu'il peut faire ]_ avant de chercher qiti
fait: cette dernière questiôri ne tient ^li'à' uiîè
curiosité bien vaine; et je ne Mis même s'il.
n'est pas dangereux de la satisfaire d'avancer
car, sMe petit nonilire judicieux
juge du mérité dé. fauteur par celui de^dii-
vrage, la fdjule des ^èétéiirs légers et préci-
pites ne juge guère au mérite de l'ouvrage
que sur le nom de l'auteur ? et sous ce point
.C-4.)
3$ vue Yàitonyme serait encore plus utile au
grand nombre déflecteurs qu'à celui des
auteurs, \s
Au reste, cet écrit n'est point d'une utilité
purement éphémère il n'est que trop ap-
plicable à tous les temps. Ce sont, il est vrai,
des réflexions sur une épidémie du moment
présent; mais cette aj&*euse maladie née de
la constitution même de l'homme et de ses so-
ciétés,, .est toujours prête à se renouvelle?
dans toupies siècles et chez tous les peuples.
Il est utile il est nécessaire d'en constater
1'origine, les sy^mptômes les effets et les
remèdes; si pourtant des maux si grands
peuvent avoir de vrais remèdes.
Au reste, sans approuver ni blâmer le ïon
'd'ironie qu'on trouve- quelquefois dans cet
écrit et sur un sujet si triste, je dh'ai seule-
ment qu'il m'a de
J'amertume et du dépit mêlés dé ce mépris
profond qu'inspire aux gens de bien le spec-
laele des vices du coeur humain égaré.
A3
E T >>
DES VOLS POLITIQUES,
ou
DÉS PROSCRIPTIONS ET DES CONFISCATIONS^
Idées et doutes sur- P étendue des assassinats
̃ et des vols.
X uer et dépouiller un animal d'une autre
espèce que la sienne, ne
et vol; mais nécessité, droit de la nature, ins-
tinct, raison, industrie, et quelquefois même un
art. Tel est du moins l'usage adopté par nos» gram*
maires humaines. Les meurtres et les vols du lion
du tigre du loup, et de l'homme enfin, plus
^meurtrier et plus voleur qu'eux tous, pourvu
qu'ils ne soient une
autre, sont regardés comme de purs besoins sa*
tisfaits par l'instinct des animaux ou par l'industrie
de l'homme. Quand nous avons réduit un essaim,
crateilles à mourir de faim en paillant leur miel
et leur cire; quatid nous dévorons nos moutons,
après les avoir dépouillés de leurs toisons quand
nous étouffons à la chaleur d'un four ou de l'eau
bouillante les vers soie prêts à renaître dans cette
admirable coque qu'ils avoient travaillés pour eux
^10 y-
fi non nous vàntons
industrie ?et- considérant -les -beaux
façonnons avec la cire d'est
abeilles, le* étofles moelleuses que nous tirons
<!cs toibon* de nos tissus brjllans que
nos ouvriers travaillent avec nos che-
ailles; nous sommes bien notre
admirable industrie d'assassinat et de vol j et
rarmi, les troupeaux de moutons, ou dans les con--
mot, l'économie de cet univers et ce
semble rouler
sur ce grand principe, que tous les êtres doivent
^tre assassins et assassines, voleurs et volés chacun
il leur tour; monde n'est, à le bien
prendre, qu'une sticcession une généalogie' de
meurtres et de rapines et ne
et posséder à-la-f bis il faut bien
que chacun, trouve sa vie- dans la mort d'un
autre, e£_sa possession dans sa ruine.
Alla vérité quelques âmes douces sensibles,
et qui tans doute ne savoienjt point encore assez
de métaphysique ont souvent trouve dans ce
système de choies, de grands sujets d'étonnçr
ineiit, et même de scandale et de doutes; elles
ne savoièrit comment ïe concilier avec la bonté
et la puissance infinies d'nn être créateur infini
$e toutes^ choses. Ces doutes ont mené quelque-,
fois bien loin ces hommes humains et compa-
^issans. On a vu des sectes et des peuples ent»ers
qui paroissant accuser la Providence et se piquer.
<?e' l'orgueil de réparer ses fautes ) ont domp\4;
fo*
besoins et leur instinct même
poser ta loi comme un
destruction, 'de tout être qui partageoit avec
eux fe sentiment et la vie. t'est ainsi e^ç
d'assassine et de vol sur touje la nature vivante
et tandis qu'ailleurs les: hofpimes vivaient avec
leurs frères comme des, In«
diens vivoient avec les animaux même éoniKaffi
des frères.
Il faut néanmoins convenir qu'ils pntété co«i*.
plette.ment réfutés et moqués, ( du moins parmi
nous ) par deux espèces les em-i l
brassent tous; les hommes à et les,
hommes réiltixion. Les hommes à sensation ses
sont moqués, de ces consciences timorées qui
jettent des plaisirs
les hommes- à. réflexion pn%
démontré qu'en, général tout éjtant bien, e6
pour Je il regarda ces»,
animaux particuliers, attachés espèce,
comme une qui sert ^ia beauté dç~
générale j on comme ces ingrédient
un, peu piquans qui blessent le palais quand o^;
seuls, et contribuent à.. te flatter > quanj|:
^'sensibles, au^
des jmçurtre%
et dbs i(Qls coiRmijî par tpwte%
|fes espaces d'êtres et bornons-nous aux assassi-
nats et aux y
<8)
'Histoire ci raisonnée des crimes.
La seule histoire que nous devions croire
nous instruit bien du premier assassine ce ^fut
s Caïrij ruais elle ne nous dit pas le nom. du pre-
mier voleur il est à croire que ce fut le premier
homme robuste qui .dans un quart d'heure
d'appétit, rencontra un vieillard ou un,, enfant,
tenant dans ses mains quelque. fruits. Ou peut,
en** effet conjecturer que selon lëjdfijk de la
Il plus fort rhamme roli^te ï>c saisit
,de J'ajinienfi que possédi>iî le plus foi bie et qu'il
l&ii l'énk va coninié nous voyons tous les. jours
un jeune garçon -2 de quatorze ov qniuze ails.
enlever à un enfant huit, un objet
qui exdite son envie.^La force et la colère firent
le. prêter assassin la farce et 4e besoin firent
Mais depuis l'institution de la société civile
ces deux beaux arts se perfection lièrent éti
ïïjent pour mettre un peu de rn^thude dans ce
terrible sujet, on pourrait ranger îeè assassinats
et les vols sous quatre classes. Les héroïques \{
les politiques 3 les et les juri-
'̃ digues, '̃*̃
Ces assassinats et ces vols ont une sorte de
"^généalogie ou de chronologie assez régulée on
le permettra d'y jetter un coup^d'oeil il n'est
Les premiers crimes qui désolèrent les sociétés
humaines, furent, incontestablement /|e& crimes
héroïques, ceux
C 9 }
appelle cpjnbfits et victoires et ces vcos qui
.d'un grand "usage et d'un. très-grand honneur
nous pouyots en :juger par les. guerres qui se,
font parmi les nations non civiliîrées^e FAmérique, Vv
et pars les honneurs qu'elles accordent aux guer-
wers qui assassinent -et- yblent mieux que les
autres. Ce% crimes contribuèrent
pas peu à la civilisation; des société et ce sont
î>robablem$Bt eux qui donnèrent des çnefs^ et
bientôt des rois et dès maîtres aux nations.
Lcprenset qui fut roi ̃ f^it ̃ un soldat heureux.
Après la civilisation on peut placer l'époque
dçs crimes -politiques. î)'ah[Oid on se batit pour.
l'emporteroit sur une autre
nation ensuite 6a se bâtit pour savoir quels
citoyens serôieit les maîtres de leurs concitoyens;
et ce furent ceux qui inspirèrent lé plus de frayeur
aux autres, en un mot, les plus Forts tous les
cembats, que se livrèrent eutr'eux dans chaque
société ceux qui étaient les\plus,forts, et ceux
qui-. Voulaient le devenir formèrent bientôt la
gtàtide branche des crimes politiques laquelle
sort des, crimes héroïques comme de son yéri-
Au tnJJieu des combats et des crimes des plus^
farts') s'éleva insensiblement parmi les hommes
une fraction encore plus redoutable et faite pour
les mieux asservir ce fut celle des.
quant aux hommes qui ne sont m forts tujfids^ ̃
ces labourent sèment, moissonnent!
c-v)
paix^à
seconde faction
les preniiênç sans contredit furent les -prêtres
ils établirent leur pouvoir sur lés idées de relir
(11!le la nature inspire à l*homm@; ces pou-
voir^, syit en combattant Jes autres soit eu se
tous^s crimes v
x Le propre de l'fionîttie'est de s'instruire byeau-*
coup plus par dès maux que par !st
et 4es sciences tandis qtiV ceux que la terre
rburrif, pour ainsi dif&7 d'elle- mçme, restent
comme des boeufs attachés a un râtelier
toujours rempli.; Les maux infinis que causèrent
civiles, et le^g crimes commis par
la nécessité (les lois; aussi tâchèrent-ils
tin àwit des gens pour îpod^rcr les meurtres et
les vols héroïques politique pouç
contenir les crimes loiv religieuses.
.pour renfermer;, les. prêtres dans leurs temples
et ils augmentèrent, tant qu'ils purent les loisq VI
civiles pour réprimer les passions des citoyens.
Quand les choses en 'sont at ce; point,. et que les
)ou voir de ses médecins et ces soi
es magistrats chargés ̃ d'administrer, Jés loix.
Mais voici ce qui arrive; ces Messieurs, au
du dévouée guérir
pu de soulager leur malade te songent qu'à 1$
Retend xlans la société civile, la branche des.
et Jes niai heureux ,humains:
sont livrés à tous les combats il tous les ;^cès>
de ces quatre espèces de délits qui s'exercent sur
eux towr-à-tour et souvent à la fois. a
occupe Wt lès
les crimes politiques j ce fût la
dç. Rome, qfui fit rayager la
Les prêtas sont-ils attaquées et tourmentes par
Jes raagi^trfts ? Ils excitent; contre eux. le gouve*.
rain les mettent aux prises et nar, cette ruse, le*.
Nous avonç yu, ie clergé cfô France user, consn
tamment de cette ràëdiodç d'autres fois les
niagistra,ts se liguent avec le souverain pour
contenir les prêtres ou bien, avec les prêtres pour
arrêter le souverain et dans ces cas, les excès,
juridiques tempèrent excès politiques et théq*.
logiques. Mais le cas te plus ordinaire est celui oîi
soit ïe-'plus fort, soit le. plus fin héros*,
̃̃̃(»«>
arrondissement;* alors la devise de tous tes puis*
sans est pille qui veut, et celle de tous tes
foibles est sauve qui' peut. Cette situation est
cette des trois quarts des peuples de la terre.
Apres cette esquisse sur l'histoire des crimes,
voyons en particulier quels sont ceux qu'on a
qualifié du nom de proscription et' çle confis-
cation.
C6 que c'est que les proscriptions et les confis-
cations/*
Les proscriptions et les, confiscations sont les
assassinats et les vols de la politique*; ou si l'on
veut en donner une idée plus étendue les pros-
criptions sont les meurtres et tes exils ordonnés
par la fyrahnie victorieuse et«dominante les co»r
sont )
L'usagé qui sans contredit, est de tous les
tyrans le moins dépossédé en consacrant ces
expressions aux crimes politiques n'a pas voulu
qu'on les étendît malgré, -la ressemblance des
choses aux crimes héroïques des guerres ex-
térieures: on ne parle poinj: de la? proscription
des Américains et de la confiscation dp l'Amérique
par les Espagnols maison a écrit L'çistoire de la
conquête du Mexique et du Pérou /par
Pzzarre et l'on parle des riches/établissemeii*
des Espagnols sur cette "»
Quand les barbares du Nord vinrent assassiner
dans leurs loyers les deux tiers des habitans
de l'Europe et s'emparer des tr/^is quarts de
leurs domaines, ce fut assurément une terrible
proscription et une immense confiscation \$
n
,Ci3^
inaiS ces vainqueurs appellèrenf saris
victoire et droit du plus Jo& ces événemens ?^
que les inf<5rtui»és vaincus qualifièrent de, violeucef
et de malheur du plus foible.
Que les crises des guerres extérieures
quoique très-semblables à ceux des guerres
civiles ne soient point exprimas par les mêmes a
termes, ce n'est pas ce qui doit surprendre
mais on a quelque droit de s'étonner de ^oir les
mêmes crimes exciter dans le coeur humain dis v
senti mens si dîffërehs les assassinats et les vols
qu'entraînent les guerres civiles inspirent l'jior-
reur et lapidé; et peu s'en faut qu on :-ne, parle
avec respect de ceux qui se commettent dans les
guerres étrangères. Sflla vainqueur de -Mi-
thridate et de la Grèce est uu héros qui
subjugue l'admiration ân ne Pense point ^tu^
flots de sang qui inondèrent l'Asie ni aiiîi
rapines dont il enrichit son armée et le généraL
Mais voit-on Sylla .dans le sein de Rome
assassinant et pillant proscrivant et confiscant
ses concitoyens ? Sylla paroît un monstre abomi-T
nable; on en détourne la tête avec horreur.
J C'est ainsi que nous sommes Jes dupes des*
mots* et des choses et que les termes ne sont
pas plus conformes à nos idées que celles-ci
sont à la jéalité des choses.
Remarquons encore que nous n'avons point
altéré, dans notre langue, l'usage du mot pros-
cription autant que celui de la
dernier terme a été dénaturé par nous, au point
que n'exprimant dans son origine que le vol de
la violence la plus tyrannique il est devenu
l'expression d'une spoliation ordonnée par un'
t>4?
la justice tôtit blért
examiké se îydnit ceci i^neche* les Romaine
la. confiscation dési^nqii; un vaI
nous elle exprime' aujourd'hui un yol
en paissant de là
langue latine lîlln nôtre, n'a fait que pàssei\d*uii
triîue^Uii an|re et des grands ..y ois à de plus
de voir que nous faisons, \m nom des loix deî
^-cuï^il ne faisait que maigre les loix.
De des proscriptions et des corg/tiçà*
On [voulu Jait^ honneur ']la de TinveiP
ncs-tiis' def ceux afin;
tui;\ il n'in\enia }>as le jcdme; on ^retrouvé
dans tous sur lavtel'rë
"a vaut lui., dé
l'adultère, de l'aj;sa&si#t et dt| Jjarrîcide;
t)n aUribue à.ee de la
J encore la lui contester
"peut-êU-e e^il qui ait montré ati
port- lire confiscation çri
mais un jfeut assurer que long-temps avant lui»
v5kt> ^ce qui n'est pas te*è84
•£•̃.«*
confisqués les biens de cëul
'qu'ils avoient proscrits. ̃
Toutes les généalogies sont bien* obscures-;
belles des crimes et dea vertus ne sont pas riiieuk
connues que celles des familles. Caïn à part oh
ne, connoitpas plus le premier scélérat qui plonge^
î'e. fer dans le sein de son semblable, que le premier
homme compatissant qui vola à son secours. T9ùt
içe qu'on peut assurer c'est que le crime et la
vertu sont fort anciens sur la^erre; et qu'à la
naissance de toutes les sociétés jî y eut des germes
de l'un et de hui*ref'înais que la moisson des
cpmeset^es yiceifut toujours bien plus abondante;
bien .plus hâtive que celle des vertus; si même
jamais, dans aucune société humaine, on peut
dire qu'ily eut moisson de vertus. La vertu commjE!
Ja yërité est pour l'orclïhaire une chose
mais le vice et le crime, ne sont que trop souvent
une chose publique. ,1
En parcourant f histoire de cette Grèce si renom'*
xnée parsà 'HJhfertë çar'sesj&ix par ses arts çt
les Thésées titre de
minant des brigands ( ce qui pour le remarquer
prouva |bujotifs qu'il y eut des bri-
gands ant des Mrosy) Si yous^dcsGendeï à tés v
temps
cette belle contréfe qu'un amas assez confus
tites républiques > qui de leur uaMsance à leur terme,
ne cessent de s'agiter avec violence pour passer de
l'aristocratie, de
l'oligarchie, elt de l'oligarchie à la^rannie, (fe
C>)
luttons est constamment signalée par loi proscrip-
tions et les que le parti vainqueur
rçe manque pas d'exercer contre le pçrtj vaincu
les plus torts après avoir, plus qu'ils
y peuvent les clic :i« de leurs ennemisjet tous ceux)
n'ont rien il craindre, ou chez
quwls n'ont rien à prendre. Après avoir proscrit
par le meurtre ceux dont ils n'ont pu se saisir Ils
proscrivent par l'exit, ceux qui ont eu le bonheur
et la prudence de s'enfuir et les, biens de ces pros-
crits, morts ou vivans sont très-régulièrement con-
au profit des chefs du parti dominant. en
^attendant qu'il en arrive autant à eux-mêmes ,cjuand
la fortune, selon son usage, aura achevé de faire
tourner sa. roue c'est alors que les ou
leurs enians, leurs proches et leurs amis soitau-
révolution nou vellë e e proserks devenus pros-
crivants assassinent et volent proscrivent et con-
iisquenta leur tour' selon les règles invariables de
3a même justice.
Les adorateurs de la vénérable antiquité, sont
"un peu confus de surprendre dans ces odieuses ce-
» oipations, la spirituelle Athènes et la vertueuse
pouvoir, l'exgècicé de ces assassinats et d/cespil*
•^ lages dans lesf4tats vOisins et dans le ^arti qyj se,
tout temp^ un art admirable taï^t la vérité, la
vertu et IaJiËërt4furént toujours contraintes de\
cacher devant éjle\ dans tou% les gouvernemens5Je
Mais âpres avoir crimes, en
(
,B
dans la Grèce^'està Rome ancienne, à Rome maî*^
tresse du monde à Rome égorgeant et pillant ses
propre^citoyens avec les mêmes soldates qui ve-
noient dfégorger et de piller tout ce qu'il leu r avoit
été possible d'atteindre sur la" surface de la terre
alors connue; c'est daus ce repaire magnifique,
tonte leur plus horrible étendue. Les révolutions
et les crimes de. la Grèce, ue paroissent que des
jeux d'encans, auprès des révôlutitms et des crimes
de lîpnte. En Usant l'histoire de cette métropole, i%
seiuWe voir l'univers entier se combattant et se dé-\
chiiantl-ni-même. Arma armis
et Jluctibiw itndas. :̃
Depuis Mariiis et Sylla en passant parles tri uni- -w
les Ntrons x les
ment clé ciimes atroces-, de vices lâches et odieux
eatrç-mêlés de.dibtance en distance, de quelques
verjus héroicj'Tes, et de quelques traitsd'un courage^
^sublime considérez-vous la succession continuelle,
de ses proscriptions ? Tout cet empire n'est qu'une
arène sanglante où le sangNcouJe sans intervalle
considérez-vous ces confiscations immenses et ton-
de toutes les fortunes du monde, pillées et reven-
dues on croii^oit que depuis Sylla la Providence
a choisi cette époque pour dumier à l'Asie, à l'Afri-
ravagées, le spectacle
ae leur vengeance, paries mains de Rohie
qui se déchiroit les entrailles.
On fkifî-que les Suisses ont élevé dans leur
plaine de Morat un monument
la vicloire=-qu'ils reinpoi tèicut sur les
des osscinens" même de leurs enuenfis. Je ne
en disant que si les Ro-
mainb avoieut voulu dans l'une de leurs cam*
pa^hcs entasser les ossemens] de leurs conci-
dans leurs diesentions civiles
depuis Marins» jusqu'à leurs derniers empereurs ?
ce monument horrible auçoit égalé les pyramideè
(de l'Egypte. ̃
Voilà donc leJRhiit de tant de victoires et de
tant de dévastations; la proscription des dévas-
tateurs et la conKtcation de leur fortune gai*
les ordres otvqûàranle scélérats, absas-
sinés et confisqués eux-mêmes par leurs succes-
toi oui tais succéder avec tant de régularité,
les saisons les fleuVg pt lei iîuits sur la terre;
toi qui iais% rouler avec un ordre si constant,
tant de globes immenses dans les cieux! quel
est le mystère de AÀ conduite envers ces créa
tures liantes de quelques coudées, et que tu.
n'as semblé douer du sentinient X't de la pensée
que pour mettre, dans le nuWe moral tintant
de contusion et d'instabilité, mie tu mets d'ordre
et de constance (tans le monde physique ? Faut-
il appliquer ici cette pensée d'une philosophie
très-prolqnde mais très-pejiyonsolanté « qu'il
Ordinatissimum est interdum milita, rnimisorclin;iïr fieri (1 ).
i (i)Vbyczle Diction. cteBayle, article Agalhon, remarque F.
Bs^
de ces abîmés ils éblouis-
et font tourner qVii
osent regarder jusqu'au tond pour
pour nous, Suivons notre route et
? modestie. "̃ J "fX" £ ̃
'"̃̃̃'̃ ̃ ̃ ̃ •
anciennes avec les Modernes.
En passant de l'histoire ancienne à J'histoirè
-^moderne si l'on confronte exactement ces deux
sœurs, qui ne sont ni l'iinerni l'autre filles de
la vérité >
aVjooint de comparaison entre les proscriptions
arts,] nous ne pouvons ,pas plus
soutenir le parallèle que sur l'éloquence la
poésif 'l'architecture et la sculpture.
Si J'orç considéroit séparément les proscriptions
on les trou verdit peut-être étvec
la mëme Abondance dans l'une et .dans l'autre
histoire. Mai» quand on veut les envisager, comme
liées Tune à l'autre, et taisant partie d'un sys-
tème complet d'ambition et d'avarice, il faut
avouer que, les- anciens l'emportent infiniment
sur les modernes l'histoire de ceux-ci
oHie4<41e quelques exemples de ce système de.
^politique. Ou pé,ut 1 appercevoir dans l'affaire des
templiers, danl l'expulsion des Maures en Es-
pagne et dans ces petites proscriptions incen-
diaires ordonnées par t'inquisition pour con-,
de quelques misérable^ hérétiques^
mais tètit cela est bien loin pour lé nombre et
-,gour détendue de ce génie Romain qui tra
(̃*>>.
crimes comice ses rnonu-
mens. Eniin chose singulière depuis vingt
la fin du notre,
pour trouver. un système complet de proscrip-
tion et de confiscation un peu capable* de sou-
f-. 4enir la comparaison avec celui de Sylla et c'est,
le .système seul de Robespierre et cle sa iaction
qui peut offrir ce parallèle.
Parcourez, en erjèt tantt que voué voudrez
l'histoire moderne, vous y\ trouverez: une mul-
titude >çle proscriptions sans confiscations jet de
confiscations sans proscriptions. Si vous vous altta-
chez d^àbord à l'histoire de France elle vous
conduira 'depuis son origine de rapines en ra-
.pin^'s de méurtreS/^en meurtres de crimes en
crimes, comme de pa\^ç en page en observant
seulement les crimes qui .ont eu le caractère de
prosçrif/lions pi]bl]ques.jvous remarquerez dans
la guerre, de proscription tje la
noblesse par les et bientôt celle des
paysans par la noblesse; toutes les proscriptions
oui ̃ remplirent de sang et d'horreur le règne
états généraux jusqu'au
Charles-lé-Sage pendanf^equel la nation F rah-
«çaise ne parut se reposer yn moment, que pour
recommencer, avec plus Au iuietw;, sous le
règne de Charles le Fou fils de (chartes le Sage.
C'est-là que vous détournerez vingt H)iS les
avec un saisissement d'horreur de ces prosenp^.
tions abominables des les
Armagnacs, et des Armagnacs par^s Bourgui-
gnons,
C'est-là que vous rencontrerez ce fameux mas-
C»v)'
B3
sacre- exécuté dans les prisons de Paris, le ?
juin 14*Ce massacre où tut déployé tout ce i
que le cœur humain peut renfermer de barbarie;
ce massacre qui coûta la vie à< plus
mille personnes/; ce massacre
rêtons pas à ces horribles objets, e^ traversons
l'histoire, en nous hâtant, comme orï traverse une
forêt signale par des meurtres.
A quelque distance de cette fatale époque^
où la France parut SI' long temps agonisante
sur les cadavre^ de ses enfaiis^ vous la verrez à
peine rétablie, se replonger depuis François II,
jusqu'au règne d'Henri IV dans les dissentions
civiles qui durèrent plus années chacune
de ces années est ensanglantée par ïeîfprgscriptîons
même patrie, prosélytes.de la même religion, armés
du même évangile, et tous assassinans 0i son
sacre de Vassi, celiiâ de la Saint -Barthelemi
suivi. de enchaînement de proscriptions
qui se lièrent^comme les anneaux d'une chaîne
de ter, Vous remarquerez sur-tout celle qu'or-
donna la fureur de ce fameux comité des seize,
si comparable en à cet autre f
comité des <;U)uze plus fameux encore de notre
temps vous verrez ces seize proscrivans
sinans le prés1derit Btisson et ses cepij)âgnons J-
comme le comité des douze là, de nos jours as-
saisine et proscrit le président
./collègues de magistrature. ;•
J" Enfin, histoire de France comme
i** y
dans toutes les histoires^ vous, n'éprouverez fque
tirer de la toute des crimes,
de trouve^ un jïjf% serein .parmi tant d'orages
et quelques de sécurité au milieu d^s plus
affreuses prescriptions: mais en même 'temps il
faut eh convenir! < par/ni ces tigres qui égoigent
ces monstreé-prorbiids > froids ejt ^systématiques
tels que leç tant d'autres
Ia barbarie Aaux calc'u^T de
oq plutôt Cornme deux coursiers
arêtes au char du même tyran.
» <lont on a dit, qu'elle,
devrait e|ré écrite par un bourreau avec du sanj^
humain" cette histoire offre une multitude de
proscriptions,
à ces grandes confiscations séloH*ig génie de Sylla
"et on y yoit plus dé cruauté et
d'ambition que d'avarice. Dans 1a fameuse guerre
civile ou Charles premier périt sous les ruines de
son trône, les confiscations qui en furent les suites
ne point aux assassinats comme les»
térierib nf les indépençlao^iiè cherchèrent leur
force et leurs riclfeases dans -k^.con'fiscatKins sou-
tenues parles proscriptions. JLe massacre d'Irlande
fut un abominable crime mais du**moini> il ne
} produisit pas celui du vol par la confiscation: en
un mot, vous voVt% les Anglais dans toute leur
en furieux; mais vous ite les
( *3 y
B+:
voyez pas piller les fortunes et confisquer en finan-
ciers avares, et froidement féroces, peser dans des
balancés le Seing humain contre de l'or. Ils n'ont
jamais déployé 1e talent d'organiser ( pour me
servir du terme consacré ) le crime de la confis-
cation avec celui de la proscription, pour en former
un seul corps de politique.
Peut-être les plus grands exemples de cette orga-
nisation se troiîyeroietit dans l'his-
toirc/de l'Italie moderne après ceux de l'Italie
ancienne. L.'histoire de Florence, et sur-tout celle
de -quelques papes tels qu'Alexandre VI Jules
II etc., offriroient des modèles df^ confiscations
habillement appuyées de proscriptions; niais
'tout 'bien pesé cette petite portion de crimes
n'est pas capable de rétablir la balance entre le
monde ancien et le monde moderne et si quelque
graiid système de proscriptions et de confiscation
peut être comparé à ceux de l'ancienne Rome,,
redisons-le encore cVst le système uni||pe des
Jacobins, du comité des douze et de Robelpîerre j f
ce système est vraiment une espèce d'an tique.
Gjest assez et même trop comparer les crimes
des temps éloignés et ceux des temps plus voisins
nous sommes tous de la même famille; Qu'importe
almès tout que dans la branchue aînée il v ait eu
une douzaine de scélérats plus systématiques et
plus profonds que dans la brandie cadette ? l'essen-
ticl est de chercher les causes de ces vices de famille,
d'en observer les eiïèts pour tâcher de découvrir
des motifs et des! moyens de les prévenir ou de les
adoucir. ̃ V
1<m-a
Des prétextes des proscriptions
̃' ̃̃̃̃• lions. '̃ ̃ ,'̃'•.
1=
Je me fais d'abord une question Sous qvcël pré-
texte les hommes dans les dissentiohs \civiles
infâmes des pros-
crifftjons et des confiscations ? La "réponse est facile
Le prétexte commun de tous les crimes publics est
toujours le bien public lui-même. j
C'est en à cette foule
de dupes, qui s'appellent 3 qu'on parvient
à leur taire tous les maux. Un commence par les
assurer bien positivement qu'on n'eut jamais,
qu'on ne peut même avoir d'autre objet que de tes
Sauver et de les enrichir et l'on, finit par les perdre
et les dépouiller, Nul homme ne parle autant de
'respect pour la liberté jjri'sonnelle que celui qui
proscrit nul ne promet autant le maintten des pro-
priétés que celui qui confisqué.'
Syllà ne soutint-il pas effrontément aux Romains
stupéfaits que tout ce qw'il en taisoit n'étpit que
pour les rendre lij^es ? Quand il fit égorger ces six
mille soldats renfèrnfés dans le cirque voisin d
sénat, que les cris de ces misérables épouvantèrent
tout-à-coup l'audacieux et froid Sylla ne leur dit-
il pas rassure Z'Vous } pères conscrits ce sont les
cris de ^nèkjues mutins qu'on
la liberté de Borne F
Assurément les pères Conscrits* n'en crurent
rien mais je suis persuadé que le peuple de Rome,
^-tpmoin de ce beau sang-froid crut Sj'l/a, et ,que
chacun revfnu dans ses foyers dit
̃ <̃

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin