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DES AVANTAGES
PARIS DOIT RETIREE
DE LA
LIBERTÉ ILLIMITÉE
PAR UN PROVINCIAL,
PARIS.
LE NORMANT IMPRIMEUR-LIBRAIRE.
I8I4.
DES AVANTAGES
QUE PARIS DOIT RETIRER
DE LA
LIBERTÉ ILLIMITÉE
PARIS est on émoi pour la liberté illi-
mitée de la presse ; ce Paris , naguère si
patient, si bénévole, si satisfait du soin
qu'on prenoit de le tromper, indigné
seulement contre les mauvais esprits qui
essayaient de l'alarmer sur la paisible
jouissance de sa servitude : à le voir main-
(4)
tenant si exigeant, si méfiant, si sus-
ceptible , il semble qu'on ne puisse lui
accorder assez de liberté pour le consoler
de la perte du despotisme.
La liberté de tout imprimer est celle
que Paris exige le plus impérieusement ;
la représentation nationale est assiégée
de ses clameurs contre la censure ; vieilli
dans l'heureux privilège de croire tout
ce qu'on lui dit , et de se moquer de
tout ce qu'on fait , Paris s'imagine que
tout est perdu , si on le prive du plaisir
de se laisser tromper par un mensonge
de plus, ou si on lui retranche le diver-
tissement d'un seul scandale-
Pendant ce temps , de quoi s'occupent
les provinces ? On peut le voir par les
pétitions qu'elles adressent à la chambre :
des lois relatives à l'impôt, à la pro-
priété , à l'industrie, au commerce ; de
la liberté illimitée de la presse , jusqu'à
présent pas un mot. Le pouvoir législatif
pourra donc, sur tous ces autres objets,
consulter le voeu de la France ; sur ce-
(5)
lui-ci, il ne connoîtra que le voeu de
Paris.
Rien de plus simple, la France s'oc-
cupe de ses affaires, Paris des siennes ;
c'est à Paris que se débile principalement
la parole écrite , et, comme Marseille
demande la franchise de son port, Paris
veut la franchise de son marché. Paris
sait très-bien l'importance que lui donne
l'envoi de ses opinions en province ; les
provinces n'espèrent pas de long-temps
faire fortune par l'envoi de leurs opi-
nions à Paris. La liberté illimitée de tout
publier est donc une sorte de privilège
accordé de fait à Paris seul, parce qu'il
est le seul qui, par sa position , puisse en
user avec avantage.
M. Benjamin de Constant, dans une
brochure remplie d'esprit, observe très-
bien cette influence de Paris sur les pro-
vinces ; il oublie seulement d'ajouter
qu'elle est entièrement due à la presse.
« Au 31 mars, dit-il, Paris s'est déclaré
contre Buonaparte, et Buonaparte est