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Des loyers / par M. Saint-Genez,...

De
15 pages
A. Le Chevalier (Paris). 1871. 15 p. ; in-8.
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QUESTION DU JOUR
DES LOYERS
PAR
M„ SAINT-GENEZ
ADMINISTRATEUR DE LA CAISSE D'ÉPARGNE
DU BUREAU DE BIENFAISANCE DU 6e ARRONDISSEMENT
MEMBRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DES HOSPICES
DE PARIS
Il se faut entr'aider,
C'est la loi de la nature.
LA FONTAINE.
20 c.
PARIS
ARMAND LE CHEVALIER, ÉDITEUR
RUE DE RICHELIEU, 61
1871
A
MES COLLÈGUES LES ADMINISTRATEURS DES BUREAUX DE
BIENFAISANCE DE PARIS
Hommage de reconnaissance.
DES LOYERS
La question des loyers préoccupe •vivement les esprits. Les intérêts
des commerçants sont si gravement compromis, par suite de l'état
de siège et de l'interruption des affaires, qui en a été la conséquence
inévitable, que beaucoup d'industries se trouvent, à cette heure,
dans une situation telle que tout effort de leur part est impuissant
à conjurer le péril, à éviter la ruine qui les menace.
Que de désastres si cette question n'a pas une prompte solution,
si les liens qui relient la propriété à l'industrie, au commerce, ne
sont pas raffermis par un parfait accord entre les propriétaires et
les locataires commerçants? Il importe que des hommes compé-
tents soient chargés de faire, sans délai, une étude approfondie
d'une question aussi sérieuse, de laquelle dépend aujourd'hui
l'avenir de tant d'honnêtes familles, et sauvegardent leurs intérêts
si gravement compromis.
Il y a quelques mois encore, le commerce de Paris était florissant,
les relations d'affaires faciles très-étendues, un investissement de
quatre mois de durée, ne l'avait pas frappé de stérilité. Certains pro-
priétaires portaient haut leurs exigences, on les subissait ; le prix
des loyers était, ou l'admettait du moins, en raison, directe des bé-
-4-
néfices réalisés, une fiévreuse agitation dominait les esprits. Dans
le but très louable, du reste, de gagner de l'argent par le travail,
on ne s'arrêtait pas au prix exagéré d'une location, la concurrence
s'en mêlant, on contractait des baux à des chiffres très-élevés. On
ne songeait guère que dans un temps assez rapproché viendraient
le chômage, l'interruption des affaires commerciales, on se préoccu-
pait fort peu d'une invasion à main armée, de l'investissement de
Paris.
Aujourd'hui, nous devons compter avec tous ces malheurs pu-
blics. Quiconque eût prédit de tels désastres, eût été traité d'in-
sensé, les gens les plus clairvoyants n'auraient jamais admis q
les folies de l'empire nous préparaient les jours douloureux que
nous avons eu à traverser, les malheurs qui accablent notre infor-
tuné pays.
Dans ces cruelles épreuves, il est du devoir de tous de se tendre
une main amie, de se protéger dans l'adversité, de se préoccuper
sérieusement de la situation qui nous est faite par des événements
que nous ne devions pas prévoir, et que nous avons été impuis-
sants à dominer.
Si on veut sauver le commerce, il faut l'assister dans sa détresse,
empêcher sa ruine en lui fournissant les moyens de se raffermir
par le travail, ne pas exiger de lui au-delà de ses efforts. Il y a vingt-
deux ans, son crédit fût ébranlé, on lui vînt en aide, il se releva ; si
on le protège encore, il surmontera la crise de 1870, cent fois plus
désastreuse pour lui, que celle de 1848.
Le premier pas à faire, dans la voie de cette assistance, est celui-
ci: — Acceptons franchement les faits accomplis, combattons sans
relâche toutes idées subversives qui ne peuvent qu'engendrer le
désordre, le défaut de confiance, acceptons sans arrière-pensée le
gouvernement que la France vient de proclamer. A ces conditions,
nous arriverons promptement à cicatriser nos plaies, à reconquérir
notre haute influence. L'abaissement, le morcellement de la France
— 5 —
e peuvent pas être de longue durée. Si, un instant, la force a
primé le droit, le droit ne tardera pas à primer la force. Ce succès
dépend de la ligne de conduite que nous allons suivre.
Dans la fâcheuse situation où nous nous trouvons, il n'est pas
possible, sans grand péril pour le commerce, de maintenir ce qui
a été fait dans des jours plus calmes, plus prospères, les intérêts
sociaux sont trop ébranlés. Tout en sachant respecter les droits de
chacun, il nous semble facile de remédier à la situation présente.
Envisageons-la de sang-froid, sans passion, c'est le plus sûr
moyen d'arriver à une solution prompte, efficace.
Plusieurs propositions ont été faites dans ce but, nous allons les
énumérer. Dans une réunion des vingt maires de Paris qui a eu
lieu, le 9 courant, à l'Hôtel-de-Ville, une commission a été nommée
pour s'occuper de la mise à l'étude immédiate de la question des
loyers à Paris pendant le siège. On s'est arrêté aux propositions sui-
vantes :
1. Maintien absolu de la dette avec facilité pour le payement des
termes arriérés.
2. Suppression totale des trois termes.
3. Diminution de la moitié des termes.
La 3e et dernière proposition, nous paraît seule équitable, admis-
sible.
Il n'est pas possible de maintenir la dette, la ruine est certaine
pour beaucoup de commerçants, on les met dans l'impossibilité
de continuer les affaires, on paralyse leurs efforts, malgré tous les
délais qui leur seront accordés pour le payement intégral des termes
arriérés. En reculant la dette, on aggrave la situation. L'avenir est
si sombre, les intérêts si compromis qu'il ne faut rien abandonner
à l'incertitude. Il faut tenir compte des difficultés que le commerce

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