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Description de la vision, par M. Degravers,...

De
56 pages
Shorn (Londres). 1776. In-8° , 56 p. et pl..
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8
TB58
30
DESCRIPTION
DE
LA VISION.
DESCRIPTION,
D E
LA VISION. !
Par M. DEGRAVERS, Oculiste.
Ir ■ =>
Fronte capillata cft, poji ejl oecafia Calvam
1 Prix 24 fols.
A LONDRES,
Chez SHORN, dans le Strand, r
M. DCC. LXXVI
à ij
DESCRIPTION
D E
LA VISION.
INTRODUCTION.
LA Vision est aussi facile à
concevoir, qu'elle a semblé jus-
qu'ici difficile. Si l'on fait atten-
tion que la fausse application des
expériences qui ont été faites à
ce sujet, a beaucoup contribué
à nous en éloigner la connôif-
sance, on ne doit plus être étonné.
(6)
Comment a-t-on pu dire que
nous voyons les objets renversés !
Etoit-ce après avoir observé que
quand le globe de l'œil a ses tu-
niques postérieures disséquées', &
que cet organe est placé vis-à-
vis d'un objet, l'image s'en trouve
sur la Retine, mais tracé dans un
sens renversé ? Qui pouvoit
donner idée que les images se
peignent sur. la Retine. & qu'il
existe une image aërienne entre le
globe de I'oeil & l'objet! Etoit-ce
parce que le mélange de deux
couleurs ne peut se faire que hors
de nos yeux, l'un couvert d'un
verre bleu, l'autre d'un rouge ?..
Quelle imagination d'avancer »,
(7)
que nos sensations ne font causées
que par le concours des esprits
animaux dans les filieres ner-
veuses, & par les divers contaas
des objets qui frappent nos sens !
Etoit-ce à l'appui de la probabi-
lité, que les esprits animaux ne
font autre chose que le fluide
élearique qui est la, cause effi-
ciente de nos sensations? Je
crois pouvoir avancer que tous ces
systêmes, quoique enfantés par
des ppyficiens & des physiologistes
du plus haut mérite , font erronnés.
& qu'ils font même fort éloignés
des loix de la Physique.
Co Mon intention n'ea pas, dans
une si courte description de la vision,
(8)
de contredire les systêmes dont
je viens de faire rénumération ;
j'en laisserai au lcaeur une com-
paraison à faire avec celui que
j'établis : suum cuique pulchrum.
Je donne un précis de la struc-
ture du globe de l'œil, & des
parties qui le composent , afin
que les mots téchniques ne fas-
sent point d'obstacle à l'intelli-
gence de ceux qui n'ont pas de
connoissànces Anatomiques. Après
quoi je pasle à une explication
de l'opération de l'esprit, qui fert <
à nous faire comprendre la ma-
nière dont nous concevons, & à
la description du passage des rayons
de lumière dans le globe de l'œil.
(9)
J'ai confuté tous les Auteurs qui
m'ont paru se rapprocher le plus
des loix de la Physique; si lufage
& l'application que j'en ai fait font
du goût des connoisseurs, c'est ce
que je ne puis encore dire.
Des parties du Globe de 1'OEil.
F 1 G. I.
Le nerf optique A, est situé à la
partie postérieure & latérale interne
du globe de l'œil. La Retine, qui
est un épanouissement de la fub-
fiance médullaire du nerf optique,
est désignée par ce cercle de points
qui s'étend intérieurement autour
du globe, depuis le nerf optique,
jusqu'aux points de réunion, B &
( ÎO )
C : elle est transparente & d'un tiflu
si lâche & si délicat qu'elle se dé-
chire au moindre attouchement.
La Sclérotique, RB, RC, com-
pose les parties latérales & pofié-
rieures du globe de l'œil ; elle est
blanchâtre & opaque dans toute
sa fubûance. Cette membrane est
percée en avant & en arriéré ;
postérieurement pour donner pas-
sage au nerf optique, A, & anté-
rieurcineni pour tenir la cornée
B, E, C, comme est un verre de
montre dans le chassis de la boëte
qui le contient.
La Choroïde est désignée par
cette petite ligne qui est placée
entre la Sclérotique & la Retine.
(II)
Elle est composée de deux lames
appuyées l'une sur l'autre, qui font
formées par un lacis de fibres , de
filets nerveux & de vaisseaux lym-
phatiques, d'où il filtre une humeur
noire qu'on appelle meconium, qui
se répand dans toute l'étendue des
deux lames, pour empêcher le pas-
sage des rayons visuels.
Le corps vitré, G, ressemble à
une gelée transparente , qui occupe
la partie postérieure du globe de
l' œil, jusqu'au plexus ciliaire, B, C,
Ce corps est élastique, composé de
deux tuniques ou membranes, &
d'une eau très - lympide. A sa
partie antérieure est une cavité,
dans laquelle est logé le cryftal-
(12 )
lin, D, comme un diamant l'est
dans le chaton d'une bague. Cette
cavité prend une figure conique
après l'extraction du cryftallin. La
membrane du corps vitré, est ad-
hérente à la Retine, par des vais-
seaux lymphatiques. Le diametre
du corps vitré est de sept ou huit
lignes, pour l'ordinaire. Son usage
est de conserver les membranes de
l'œil dans un état de tension na-
turelle, de contenir le cryftallin ,
de servir à la refraalon des rayons
de la lumière, de suppléer par sa
figure conique, au cryftallin lors-
qu'il est au déhors, & de servir à la
régénération de l'humeur aqueuse.
Le cryftallin, D, est. un corps len-
( 1 3 )
ticulaire, envelopé d'une membrane
qu'on appelle cryftalloïde. Il est
plus convexe à sa partie posté-
rieure qu'à sa partie antérieure ; &
a beaucoup de rapport au crystal le
plus diaphane > mais feulement lors-
qu'on est jeune. A l'âge de trente
ans il commence à acquérir une
couleur légèrement ambrée, qui
augmente jusqu'à l'opacité, d'où ré-
faite la cécité de l'organe. L'altéra-
tion du cryftallin, qu'on dénomme
fous le mot cataraBe, peut arriver
par un coup reçu à l'œil, par l'ap-
plication de médicamens dont on ne
connoît pas la nature, &c.
La chambre postérieure, m, mi
est une espace qui comprend depuis
(14)
le cryftallin jusqu'à l'iris,B,o, C, 0; ,
elle est remplie d'un fluide dia-
phane qu'on appelle humeur
aqueuse. Du cryftallin au trou
de l'iris, appelle pupille, il y a
un intervalle d'une demi-ligne.
La chambre antérieure, ny n, efl:
une espace qui comprend depuis
l'iris jusqu'au centre de la cor-
née, E : elle est remplie de la même
humeur que la chambre posté-
rieure ; son espace est d'une ligne
& demie pour l'ordinaire.
La pupille, I, est un trou, placé
presque dans le centre de l'iris,
qu'on appelle aussi prunelle ; elle
est susceptible de contraaion & de
dilatation, lorsque l'œil est exposé
( M )
fuccefîivement à une foible lumière
& à une plus forte. Cette contrac-
tion & dilatation a lieu, quand on ,-
examine successivement des objets
éloignés & voisins.
L'iris B, 0, C, o, est une mem-
brane diversement colorée, qui fait
qu'on nomme l'iris noir, chatain,
gris, bleu, &c. L'iris a des fibres
droites & circulaires, situées à la
circonférence de la pupille ; lorsque
les fibres circulaires se contraaent,
elles dilatent la pupille : au con-
traire les fibres droites étant en
aaion, cette ouverture a moins
de diamètre : l'iris fait la division
des chambres de l'œil.
La cornée, B, E, C, occupe la
( 16)
, partie antérieure du globe de l'œil ;
elle est beaucoup plus épaisse que
les parties latérales de la Scléroti-
que. Cette membrane est trans-
parente & composée de pellicules
adaptées les unes sur les autres
par un lacis de vaisseaux lym-
phatiques & filets nerveux: chaque
pellicule a son étendue du centre
à la circonférence.
Le plpvuc nlimve f B&C, est
une élévation plissée en manière
de poignet de chemise. Il est joint
dans toute sa circonférence au
lymbe de la cornée ; c'est dans
cette feule partie que l'iris est
adhérente, car le reste de son
étendue jusqu'en O, o7 nage dans
l'humeur aqueuse. La
(17 )
La couronne ciliaire Br, Cr, efl:
un amas de filamens très-délicats
qui entourent le cryfiallin.
Toutes les membranes qui
composent le globe de l'œil > font
engrenées les unes dans les autres
par leurs bords voisins, & jointes
dans leur étendue par des filets
nerveux, des vaisseaux sanguins
& lymphatiques qui leur distri-
buent le suc propre à leur nutrition.
Du Métaphyjique, par rapport à
la vision.
Il me semble que l'Auteur d'un
mémoire sur l'œil. -fe celui qui
ait le plu^ rapproché son systême
B
18
de la vision des loix de la Physique
& de la Méthaphyfique, sans ce-
pendant nous en avoir laissé une
connoissance certaine ; dans son dis-
cours lur la nécessité de l'observa-
tion y même mémoire, il nous en
a promis un Traité plus ample &
plus certifié par de nouvelles expé-
riences ; mais. Le pivot qu'il
nous a annoncé, lui a sans doute
paru trop défeaueux, après y avoir
réfléchi, pour y avanturer les gonds
de (à méchanique, sans courir les
risques de nous agacer. Il avance ,
<e que les Physiciens & les Phifio-
» logistes ont dit que nos sensations
» ne font causées que par le con-
» cours des esprits animaux dans
19
B ij
» les filieres nerveuses, & par les di-
» vers contaas des objets qui frap-
» pent nos sens. Je ne fais, dit-il ,
» s'ils ont bien compris ce que c'est
» qu'esprit animal ,. du moins les
» idées qu'ils nous en ont tranfmi-
» ses, font fort obscures. Il est pro-
» bable, ajoute-t-il, que les esprits
» animaux ne font autre chose que
» le fluide élearique, qui est la
N ,, cause efficiente de nos sensations,,.
J'ose assurer l'Auteur , qu'il est
dans l'erreur, non-seulement quant
au systême qu'il parôît adopter,
mais encore sur ce qu'il dit des
Physiciens & des Physiologistes ,
qu'il a mal interprétés.
Je ne m'arrêterai pas ici à faire
lo
l'analyse des systêmes qui ont été
publiées sur la maniere dont nous
voyons & concevons les objets dans
des traités d'optique, dioptique ,
catoptrique & autres ; pour établir
celui que je donne sur les ruines
de ceux - là , parce que je ferois
obligé de sortir des bornes que je
me fuis prescrites; & qu'en outre,
mon dessein n'efi pas de discuter
avec les Auteurs de ces ouvrages.
Je me permets feulement de leur
observer que la chambre noire, sur
laquelle ils fondent toutes leurs
- propositions ? leur a fourni des idées
différentes de celles qu'ils devoient
adopter; parce que les rayons qui
partent des objets extérieurs, pour
11
B iij
se rendre sur les parois internes de
la chambre, & y peindre les objets
renversés, ne font point du tout la
cause de leur croifon au passage du
trou , mais bien la réflexion des
ra yons sur les parois de celui-ci. En
outre, ils ont conclu que notre œil
faisoit le même effet que le trou de
leur chambre noire : ce qui est ab-
surde.
La faculté de voir les objets dans
leur situation naturelle, a fait le Ci-
jet de plusieurs lavantes diflertarions.
Leur but étoit d'établir la raifbn
pour laquelle, avec nos deux yeux,
nous ne voyons qu'un seul objet,
tandis que son image paroît être
tracée au fond de chaque œil, fui-
12
vant plusieurs expériences qui ont
été faites pour venir à cette connois-
sance. On ne s'apperçoit qu'on est
dans l'erreur, même a l'appui de
l'obfe,rvation & de l'expérience ré-
pétée, que lorsqu'on voit de la
contradiâion entre le physique &
le métaphysique , par le défaut
d'une juste application. En effet,
le vrai systême de notre maniere
de voir & de concevoir , n'a été
ignoré jusqu'ici , que parce qu'on
s'est buté sur la vision des objets
renversés & la croifbn des rayons
de lumieres, avant leur passage du
cryftaIlin; ce qui n'existe pas,com.
me je le prouverai dans la fuite.
Le genre nerveux est reconnu
23
Biv
pour le principe de nos sensations.
Nous concevons par deux opéra-
tions ; la sensation & la rélfexion :
nous pouvons sentir sans réfléchir;
mais cette derniere opération ne
peut avoir lieu sans la premiere ;
ainsi, lorsque nous avons réfléchi
sur un objet quelconque , il doit
s'être précédé une sensation. Dans
les premiers jours de notre exis-
tence, nous avons la faculté de sen-
tir, sans avoir celle de réfléchir ;
autrement il faudroit accorder que
nous avons des idées innées ? &
nier que les objets extérieurs ne
produisent pas nos idées ; ce qui fe-
roit absurde.
Les rayons qui partent des ob-