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Deux observations rares de blessures de l'oeil / par M. le Dr André

De
9 pages
[s.n.] (Nancy). 1872. 9 p. ; in-8.
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ifrFjX OBSERVATIONS RARES
DE
^i^KURES DE L'OEIL
l'Ail
M. LE DOCTEUR ANDRÉ
1° LUXATION SOUS-CONJONCTIVALE DU CRISTALLIN.
Les luxations complètes du cristallin sous la
conjonctive, à travers une déchirure de la scléro-
tique, sans être fréquentes, ont cependant été
observées par plusieurs ophthalmologistes , parmi
lesquels je citerai Ànsiaux, Barrier, Fano, White
Cooper, de Graefe, Gralezowsld. Businelli de Mo-
dène en a rassemblé à lui seul quatre observations.
Cet accident, du reste , n'a été étudié que depuis
quelques années ; il avait été auparavant complè-
tement méconnu. On comprend, en effet, que le
cristallin ayant totalement disparu sous la conjonc-
tive, il était difficile de se douter de sa présence en
cet" endroit, surtout si l'on n'interrogeait pas la
/réfraction de l'oeil. Aussi les premiers cas observés
ont-ils donné lieu à des erreurs de diagnostic.
Giorgini, de Rome, a rapporté, en 18G8, un cas
— 2 —
de ce genre, dans lequel il avait cru avoir à faire
à un phlegmon oculaire. En présence de l'inten-
sité toujours croissante des symptômes inflamma-
toires qui faisaient craindre la destruction de la
cornée, on convint d'exciser une portion de la con-
jonctive à l'aide de ciseaux, dans le double but de
dégorger la partie par une saignée locale et d'ob-
vier à l'étranglement de la cornée. A cet effet, on
choisit tout naturellement, pour pratiquer l'opéra-
tion, le point de la conjonctive qui offrirait le plus
de saillie. Mais quelle ne fut pas la surprise de
tous les assistants en voyant sortir de l'ouverture'
le cristallin encore revêtu de sa capsule.
L'erreur n'eût pas été possible dans le fait que .
j'ai eu l'occasion d'observer, car une petite portion
du cristallin était encore visible dans la chambre
antérieure. ' ■-
La dame B...., âgée de 48 ans, vient me trou-
ver, le 20 janvier 1869. Elle raconte qu'un mois
auparavant, elle reçut un coup de corne de boeuf
dans l'oeil gauche. La vue de ce côté devint immé-
diatement très-confuse ; tout l'organe s'était in-
jecté, y compris les paupières, et quelques douleurs
avaient été ressenties.,
A l'examen, je trouve l'état suivant :
Songeur générale de la conjonctive oculo-palpé- .
brale, qui présente, au-dessus de l'insertion anté- _
rieure du. muscle droit interne, une tumeur du vo-
lume d'une grosse lentille, ayant la forme 'et la
— 3 — ■
transparence d'un petit kyste sôus-muqueux.
L'oeil est déformé à cet endroit, à tel point que la
cornée elle-même a perdu sa forme sphérique, pour
prendre l'apparence d'une portion dé cylindre, ce
qui occasionne un astygmatisme considérable. Im-
médiatement derrière la cornée et au niveau de la
déformation, on aperçoit le cristallin cataracte et
encore revêtu de sa capsule intacte; un quart en-
viron est visible ; les trois autres quarts sont logés
sous la conjonctive, à travers xxne déchirure de la
sclérotique parallèle au bord de la cornée. Le cris-
tallin, dans sa migration à travers l'ouverture pu-
pillaire, avait, comme c'est l'habitude dans ces
sortes de lésions, entraîné avec lui, jusque dans la
plaie scléroticale, la portion correspondante de l'iris
qui s'y était enclavée. L'iris, n'étant plus soutenu
postérieurement par le cristallin, était devenu
tremblotant et s'était projeté en arrière, ce qui
avait augmenté la^ profondeur de la chambre anté-
rieure. L'humeur aqueuse est parfaitement transpa-
rente. La pupille est elliptique et déviée vers la
tumeur ; elle est du reste passablement contractile
et très-noire ; elle ne contient aucun débris de cap-
sule ni de cristallin. A l'examen ophthalmoscopi-
que, je trouve les milieux entièrement transparents,
sans aucune trace d'épanchement sanguin. La pa-
pille optique: et les membranes profondes sont à
l'état normal. La flamme d'une bougie ne donne
plus qu'une seule image.