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Dieu et l'infini, ode, précédée d'un discours sur l'objet, le caractère et le plan de l'ode sacrée et philosophique, lue à la Société académique des sciences de Paris dans sa séance du 11 floréal an IX. [Signé : J.-B.-M. Gence.]

De
18 pages
A. Le Clère (Paris). 1801. In-8° , 20 p..
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ODES
SACRÉES ET PHILOSOPHIQUES,
I.ete O D E<
DIEU ET L'INFINI,
O D E;
Précédée d'un Discours sur l'objet, le
caractère et le plan de Y Ode sacrée et
philosophique.
Lue à la Société académique des Sciences de
Paris, dans sa séance du n floréal an ix.
Puras sublimi Deus afflans numine meutes,
Te dignis promat Musa severa modis !
-_^*«-=—»>_ P R xr i>.
A PARIS,
jDe l'imprimerie d'A D R i E N LE CLE RE, libraire,
quai des Augustins, n.° 3a.
AN ix. ( 1801. )
DISCOURS
PRÉLIMINAIRE,
Concernant l'objet, le caractère et le plan
de Y Ode sacrée et philosophique.
OBJET.
OODS un Gouvernement raisonnable et mo-
déré , si la raison éclaire la morale, celle-ci à
son tour soutient la raison •, mais elle s'appuie
sur l'existence de la Divinité, sa véritable base,
et le principe de tout ce qui est bon, généreux
et élevé.
Cet état de choses est celui auquel tend la
nation française et son Gouvernement , sous
un chef qui veut et opère l'ordre, parce qu'il
unit à un génie actif un esprit juste, à un ca-
ractère ferme des intentions droites. Revenus à
des principes de justice qui règlent l'hiérarchie
sociale sans la détruire, on pense, on juge plus
sainement -, et la morale se rattache à l'idée
d!un Dieu. C'est cette disposition que je saisis,
pour rappeler, pour fixer, s'il est possible, par"
le langage mesuré, l'attention de l'homme sur
( 6 )
■ce grand objet. Mon dessein, en contribuant à
rendre la poésie à sa dignité , est de fortifier
ces idées et ces sentimens religieux qui, dégagés
de toute faiblesse et de tout préjugé, sont si
propres à élever l'ame , à lui donner un point
d'appui , et en l'attachant aux principes des
vertus sociales, lui font mieux aimer et les lois
et les hommes qui s'y conforment. *
Dans ces temps d'une fausse et avilissante
philosophie , l'homme individuel a été dégradé
par l'athéisme, et l'homme social, presque dis-
sous par l'anarchie, suite de la dégradation mo-
rale.. Il faut montrer à l'un, sa grandeur dans
celle de l'Etre auquel l'ame s'élève et tend à
se réunir ; à l'autre, sa puissance dans celle que
représente l'autorité d'un chef qui agit pour le
maintien et la défense des droits de tous.
La raison et le sentiment dans l'homme ont
été presque éteints par la barbarie et l'égoïsme,
suites de l'anarchie. Il faut éveiller son intel-
ligence par la contemplation de cette sagesse
qui préside aux beautés de l'ordre ; il faut ex-
citer sa piété et son humanité par la vue d'un
Être bienfaisant et paternel.
* La loi commande, et la religion, conseille, dit Mon-
tesquieu.
(7)
C'est pour atteindre à ces divers buts, qui
sont le même, que j'ai formé le plan d'une suite
d'odes, dont voici les titres :
DIEU ET L'INFINI.
Dieu et la puissance.
Dieu et la sagesse.
Dieu et la bonté.
Le sujet de ces odes et l'importance de leur
objet, en indiquent le mode. Elles appartien-
nent à un genre non moins sévère que sublime,
Leur caractère, à cet égard, différant de celui
des autres genres connus, il est nécessaire de
l'établir, et d'en développer les motifs.
CARACTÈRE.
C'est le concours de la philosophie et de la
religion qui distingue ce nouveau mode de poésie r
car le genre lyrique sacré ne nous offre que
des odes morales, dont quelques-unes sont
des chefs - d'oeuvre, et point d'odes philoso-
phiques.
Mais la philosophie convient-elle à la poésie ,
et en particulier à l'ode ? Je dois dire ce que
j'entends par philosophie. Comme la morale
proprement dite est une science de règles qui
(8)
a pour objet non-seulement l'utile, mais l'hon-
nête; la philosophie, dans le sens exact, est
une science de principes qui a pour objet le
bon et le vrai, et qui résulte de l'accord de la
raison et du sentiment. Ainsi toute philosophie,
soit technique, soit abstraite, qui ne ferait que
raisonner , quelque appropriée qu'elle fût par
une main habile à toutes les formes mécaniques
du langage, ne serait pas pour cela propre à
la poésie. Il n'en est pas de même de celle qui
s'appuie sur le sentiment : l'énoncé d'une vé-
rité intéressante et généralement sentie, s'allie
très-bien avec l'expression du grand et du gra-
cieux, les deux caractères qui déterminent les
deux modes du beau poétique, le sublime et
le tempéré. D'un autre côté, la saine poésie,
soit noble , soit gracieuse, est plus ou moins
sévère, suivant le degré de pureté de son objet:
voilà encore un point, de contact, où une sage
poésie s'unit à la philosophie. S'il en existe de
telle du genre tempéré , pourquoi n'en pour-
rait-il exister de semblable du genre sublime ?
La qualité commune à toutes les poésies d'un
ordre supérieur, c'est la grandeur des pensées et
des images, en action dans l'épopée et la tra-
gédie , et en sentiment dans la poésie lyrique.
La philosophie qui joint à la pureté, à la