Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Discours en vers, sur la mort , lu dans la séance publique de l'Institut national, du 15 messidor an 8, par le citoyen François

De
12 pages
impr. de H. Agasse (Paris). 1800. 12 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

Y
DISCOURS
EN VERS,
SUR LA MORT.
DISCOURS
EN VERS,
SUR LA MORT,
L u dans la seance publique de l'Institut national 3
du 15 messidor an 8 , par le Citoyen FRANÇOIS,
( DE NEVEFCHATEAU ).
ct ~CE n'est donc pas assez que ma douleur amère
« A la Mort vainement redemande une mère,
« Surprise loin de moi par son glaive assassin !
» Ce n'est donc pas assez que, presque dans mon sein,
33 De mes prospérités l'Euménide jalouse
33 Ait frappé sans pitié ma jeune et tendre épouse,
33 Qui de l'Hymen à peine entrevit les flambeaux,
33 Des marches de l'autel descendue aux tombeaux !
33 Et voilà que la Mort contre mes jours armée)
33 Vient priver de mes soins ma famille alarmée.
« Eh ! pourquoi donc veux-tu, fille de la douleur,
33 0 Mort ! de mes beaux ans trancher ainsi la fleur ?
» Le malheur, en naissant, fut mon seul apanage.
33 A mes parens, hélas ! ravi dès mon jeune âge, <
33 Non moins que par le sort trahi par les mortels,
33 Je venais, ô Nature ! embrasser tes autels,
» Et, cache sous l'abri de mes foyers rustiques,
33 Redemander encor à mes dieux domestiques
33 Le repos, dont jadis les premières douceurs
33 Avaient, dans mon désert, attiré les neuf Sœurs.
» Les beaux-arts, à l'envi, peuplaient ma solitude ;
33 Uniquement épris des charmes de l'étude,
(4)
» Pauvre et content de l'être , heureux de vivre aux champs,
» Je me disais : Ici je suis loin des mcchans :
» Ici je ne crains plus ce troupeau d'ames viles
M Qu'assemble l'intérêt dans la fange, des villes:
« Ici, d'un luxe vain l'œil n'est pas ébloui;
33 Mais de l'émail des prés rœil est plus réjoui.
33 Mes palais sont des bois majestueux et sombres ,
» Confondant leur feuillage, entrelaçant leurs ombres.
33 Tel est, n'en doutons pas, sur le sacré vallon,
» Le charme inspirateur des enfans d'Apollon.
33 Dans Athènes, jadis, loin des regards profanes,
33 Les Sages disputaient à l'abri des platanes ;
33 Et l'Ami de Mécène, aux jardins de Tibur,
M Sous des pins élevés respirant un air pur,
33 Loin de Rome adorait leur ombre hospitalière.
33 Parmi nous, Despréaux , La Fontaine, Molière,
33 Souvent, pour animer leur génie et leur voix,
33 Cherchèrent le silence et la fraîcheur des bois.
33 Trop faible imitateur des dieux de l'harmonie,
j3 J'ai leurs penchans du moins, si je n'ai leur génie.
3D Dans les prés couronnés de jeunes arbrisseaux, ::
» Suivant tous les détours des paisibles ruisseaux ,
» Le vers que je médite aux bords d'une onde pure,
» Semble couler comme elle, au gré de la nature,
» Et je crois en rêvant, sous un ombrage épais,
1) Unir la liberté, les muses et la paix. : w
» Ainsi je m'abusais, espérance insensée !
» Du flatteur avenir qu'embrassait ma pensée ,
» La douce illusion disparaît à mes yeux.
33 La mort va les fermer à la clarté des cieux.
33 Je n ai plus qu'un moment. Un moment!. ô mon père!
» Quels seront tes destins ! ma mort te désespère ;

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin