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(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANC AISE
DISCOURS
ET
DE DÉCRET
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
A la féance du ay Mars 1792
Strii les caisses d'efcompte patriotiques, de
confiance & de fecours établies dans tout le
royaume l'agiotage & les accaparemens qui
en font la fuite;
Par M. CRESTIN, député du département
de la Haute-Saone
Imprimés pah ordre dk l Assemble NATioKAr.E.
La difcuffion eft ajournée au mardi 3 avril
A P AH I S>
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE.
A 2
PROJET DE DÉCRET
.PRONONCÉS
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
A la féarice du ap Mars :1;792
les caisses d'efeompte j, patriotiques j de confiance &
defecours 3 établies dans tout le royaume,; l'agiotage &
les accaparemeris qui en-font la fuite.
Messieurs,
Les plans d'admîniftration les plus falutaiees font
auvent trayerfés par la cupidité. Ceux fur-tout de
finance qui préfenterit quelque face à la foif des
oui, à fa naifiar.ce a ét-c commandé par lancceflité,
Il en compagnies
̃ à .qui une lo'.Jrar.oîfpeù réfléchie donne', dans
la liberté démettre indéfini-
bénédictions du peuple. Elle? font aujourd'hui Ion.
malheur; j'illes font le pivot de -l'agiotage & des
acfcaparerhtiris elles pbmpent la fubflance du peuple.
Il en: reconrui qu'un des plus dangereux ennemis
de la France &' de fa constitution, cil l'agiotage
c'eft par l'agiotage que le papier -mjonnoie national
a été balance dans l'opinion par les effets de corn
merce émanés de banquiers de fociétés & de com-
F~ agnies'; c'eft par l'agiotage que notre change avec
étranger a éprouvé une baiffe exorbitante que
notre numéraire. métallique a difparu; que tes acca-
paremens.dês denrées de- première & de féconde
néceflitc s'op.èrent; & que leurs prix portés l'excès
• multipliant les anxiétés du peuple, alimentent les
troubles qui font l'effet de ces inquiétudes, en nour-
riflant l'efpoir des ennemis de la liberté.
C'eft une vérité démontrée & reconnue par le
rapporteur même du comité des finances, que la
bafe de l'agiotage eftja éédule que nous appelons
billet au porteur »
C'eft une autre vérité également démontre e que
fi cette eipèce d'effets a acquis un caradère tel qu'rl il
"puifTe circuler en concurrence avec la monnoie oü
le papier qui la îeprérente, l'agiotage doit le porter
à un degré incalculable. .-•'̃
Ce n'eft ni 'dans les marchands d'argent de la
place des yiàoîres, ni dans les opérations qui le font
A j.
première
agens qui fpêculent
guillons lecorîdaires de fang lues plus mordantes.
Ce font-elles dont il eft temps enfin de débarrafler
les canaux du crédit public. ̃
Pouf favoir fi les compagnies qui^fous le'voiîe du
zete, ont émis à volonté" 'des billeti'aû porteur fous
le nom de billets de -confiance fe font approprié
l'agiotage & les accaparemens, il faut d'abord fe rap-
peler ce que c'eft que l'agiotage dont le vulgaire
parle toujours, & que peu -favent" définir.
I! eft l'art de provoquer de touie manière îa hauflè
ou la baiffe dés changes dans les feules vires d'intérêt
perlonnel, aux dépens de Pintirêt public.
Cet art criminel n'en1 pas à la portée de tous les
hommes; mais tous ceux qui peuvent l'atteindre y
manquent rarement, parce que la cupidiic, |a foïf.
des nehefles partage de toutes les fpéculations fur
l'argent, ne connohieht aucun frein & r-eu Je moyens
illicites. Tout ce que la loi ne condamne pas expref-
fement; tout ce qu'un agioteur peut. Tans encourir
prc.crfcment & diredement l'animadvcriîon de la loi,
•fospàrôU bon, lui paroît honnête.
-D'après cela, il parait incontestable que l'agiotage
doit appartenir plus particulièrement à la banque &
atout ce qui lui relïèmble qu'à toutes. autres pro-
feffions mercantiles..
Et fil arrive que 'des banqu:ers fe réunilTent en
des compagnies, offrent, fous le
manteau du dévouement & du patrioiifme, les plans
̃ de quelques dtabliflèmens publics, la dcfiarïce eft le
premier accueil parce
ç»4 eaunpoffible que de teUes otfres ne cachem pas
TÎCs
moins folides pour leur intérêt, & d'une étreinte tou-
jours ©néretife au peuple.
Cela -prémis jetons un regard rétrograde far la
pofition on étoient nos charges & notre numéraire,
a l'époque où des banquiers fe réunirent pour pr.o-
«voquer rétablifièment des cailles dites patriotiques &
de Jecours.
Les émigrations & tous leà accidens inféparables
» 'de la .révolution, avoient fait fenfiblemçnt refferrer
notre numéraire nxétallique. Déja la caiflè d'efeompte
y avoit contribue, en foiitenant, fous les couleurs
.de l'utilité fous la proleftion fpéciale d'un niiniftre
financier, Les dilapidations de l'ancien régime.
Les afbgnats ne ie trou,.oient qu'en étoffes valeurs,
Les banquiers de Palis urent une (pcculatioa fut
le maltieur de cette pofition. On fit entendré au
peuple que rëmiflton .de petites valeurs tolérée, à
échanger contre tes valeurs nationales hypotéquées,
remplaceroit fans inconvénient la monnoie; te peu-
ple fcifit ce moyen aflucicux comme un moyen unique
dé falut. On n'eut pas de peine à exciter fon defir,
à l'enflammer fur un point auffi fédliifant;'
constituante cédant a ce defir fans grand examen y
ne vit pas. le piège ou feignit de ne le pas apper;
cèvoir.
Cependant depuis cet établilTement à Fans k
fur-tout depuis que nombre de villes l'ont imite,
la cîifparition abfolue du numéraire, la baiflè pes
éhan^es à notre défavaiitage les aceaparemens, la
hauflé intolérable du prix des denrées de tout© efpêce^
te jeu perfide des reflbrts de l'agiotage une tnte/nlité
plus ou moins grande, dans les fuggeftions pr pres
ainfpirerrinconfiance dans le papier-nionnoienauona )i
tout- cela a été la fuite du dffir in%iré au peuple
(l1)
A 4
combinée de
^Quoi qu'il en foit, l'on" vit tout a-L-fois.
une caille patriotique, une cauTe de fe-
cburs livrer à la circulation, des valeurs de toutes
.ricjyj.es, de toutes propoitîoris.
de érniftions de particu-
même ajîé jufqu'à voir battre monnoie,
.«n guife d'effets au porteur.
On vit enfin ces fortes d'émiflious epidimiques,
fous- ies apparences du bienfait, s'étendre dans tout
en forte il exifte pourplus de
millions de billets au porteur, ayant une forte
fans que la nation ait .lamoind^
afllifabçe'de la des tireurs.
Âifllî, dans unetpace de dix moyens
oe'fepfefentàtioë & ,d^changesv tant du numéraire
'wélallique que du papiër-monnoie national fe font
trouvés concentrés
i:?.J)ans de !a
'î^'l^^e. patriotique, de celle 4ite.de fecours;
eifëts au por-
éparfes dans les
iinité Paris.
• arrive de cette concentra?
|;on'f D'une part, entre les
oanouien & dont ]q viens, de parler;
numé4
J'obferve que le fonds
f par la caiffe patriotique de Paris loin devoir ,été fart
en numéraire,
natiûnaujc en effets de compagnie des Tndes Vautres
Vérité importante que
avec autant d'interêt qu'on a mis d'indifférence
•révéler jufqu'ici vérité fur laquelle 1 invoque le'
moignage de la' municipalité de Paris, dépolîtairè de
Là a
billets de' jo & de
taux de proin, ceux de fô & de iqp livres qu'elle
̃fecevoit contre ceux de 5o0 Se 2000 livres; & ceux^
ci, elle les employa à efeompter des lettres-de-change
ou de
& d'ar^erft. 'Elle aaiva par ce moyen au niyeau de la
caifîe d'efçompte' Les voilà donc lancées toutes deux
&
coinfnimès'avcc'tôus les banquiers. levais donc, dans
mon ultérretir cfcveîcppemcnt le^ faire marçlier de
d'abord qité Us 'affignats de livres
étant abondance
prelque; 'plus de?
billets de So fols en circulation; aufîî s'eft elle ôccù-
Î)ée, dans ces derniers temps, d'émettre de^ros bil-
lets à l'inftar de la caiffe d'efcompte féconde raifoh
pour lès ënvifager toutes deuxfoûs le rnême rapport,
J'bbfetve enebire- que ces deux çajfleà émettant du.
p«)ier'-monh.0Ïe concurremment âVec la 'nation U
elle?1
teùr ce que |uî doit là nation,

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