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Discours prononcé à Strasbourg, le 2 pluviôse an VII, jour de la célébration de la fête anniversaire de la juste punition du dernier roi des Français, par le cen Grimmer,... suivi des imprécations contre les parjures prononcées à la même fête, par le cen Bottin,...

De
26 pages
F.-G. Levrault (Strasbourg). 1798. In-8° , 27 p..
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DISCOURS
PRONONCÉ A STRASBOURG,
LE 2 PLUVIÔSE AN VII,
Jour de la célébration de la fête an-
niversaire de la juste punition du
dernier roi des Français,
PAR LE C." GRIMMER,
Président de l'Administration centrale du
----. département du Bas-Rhin; na - l.
SUIVI
- DES IMPRÉCATIONS -
\-sÇ Q JST T RE LES PARJURES,
Î" 1 A'
-- - -- PRONONCEES A LA MEME FETE Il
PAR LE Cy BOTTIN.
Imprimé par ordre de l'Admiiiistration centra e.
STRASBOURG,
Chez F. G. LEV R A 11 LT, Imprimeur du Dépa
du Bas - Rhin.
An VII de la République française.
1
rt.
A o,
DISCOURS
01 A
PRONONCE LE 2 PLUVIOSE
AN VII,
Jour de la célébration de la fête anni-
versaire de la juste punition du dernier
roi des Français.
c
ITOYENS,
Nous célébrons aujourd'hui la fête anni-
versaire du 21 janvier , époque à jamais
mémorable de la juste punition du dernier
roi des Français.
Toutes les institutions, sous les rois, ne
tendent qu'à affermir leur empire par la force
des préjugés et de l'illusion. Ainsi, sous l'ancien
régime, en France, des réjouissances publiques
étaient ordonnées pour célébrer la fête du
tyran ; des feux, des illuminations devaient
être, ce jour-là, sur tous les points de la
France opprimée, les signes mensongers d'une
allégresse qui était loin de pénétrer des cœurs
( 4 )
qu'exaspérait la vue des excès du trône et de
l'impudence de ses alentours.
Ainsi, encore, pour fortifier la royauté de
l'appui dps prêtres, ses amis naturels , une .•
procession solennelle, chamarrée de toutes
les décorations du culte et des hochets de la
féodalité, devait, le i5 du mois d'août de
chaque année, perpétuer le souvenir du vœu
fanatique de l'imbécille Louis XIII, se traî-
nant aux pieds des prêtres, tandis que, dans
le même moment, le prêtre Richelieu faisait
ruisseler le sang de son peuple.
Alors, je le répète, ces dérisoires institu-
tions étaient dans l'ordre ; nos ancêtres étaient
courbés sous la flétrissante oppression des rois,
et la devise des rois de France fut constam-
ment: abrutis. et tu régneras.
Qu'ils sont hi en diltërens, Citoyens, les
élémens qui concourent à former l'esprit pu-
blic chez les peuples libres ! Là, point de
basses flatteries ; point de démonstrations exté-
rieures de contentement que le cœur ne sente
pas. La liberté et la moralité publique sont
les deux points vers lesquels sont dirigées les
institutionsj l'instruction, les plaisirs, les ré-
* J,
( 5 )
A 3
eréations du peuple, tout tend à ce but. La
sensibilité nationale perpétue le souvenir des
hommes chers à la patrie; la cond uite sans
reproche des citoyens vertueux - et soumis aux
lois, est présentée à leurs concitoyens comme
le modèle de celle qu'ils doivent tenir; toutes
les époques marquantes de la liberté recon-
quise sont consacrées par des fêtes publiques
où l'horreur pour la tyrannie et les tyrans se
perpétue d'âge en âge.
Sous ce point de vue, Ciroyens, quelle
journée mérita plus d'être un jour religieux
dans la. République française, que celle où
le tombeau, s'ouvrant à la voix de la justice
nationale, engloutit pour toujours, avec les res-
tes inanimés du dernier des tyrans d'une nation
magnanime, les espérances féroces que ses sa-
tellites conservaient de relever son trône odieux!
N'attendez pas de moi, Citoyens, que je
vienne vous faire ici l'historique de ce qui se
passa en cette journée décisive, qui offrit à
l'humanité, si long-temps outragée, le spec-
tacle consolant d'un roi montant sur l''échafaud
pour y expier ses nombreuses trahisons envers
un peuple généreux qui venait de lui permettre
( 6 )
de régner encore. Le supplice de cet individu
couronné ne fut que celui d'un grand scélérat,
et une nation sensible, quoiqu'outragée, dé-
tourne ses regards d'un pareil spectaclé. -.
Hommes libres! fiers enfans de la première
République de l'univers ! je viens vous dire
un mot de la royauté hideuse; de cet état
contre nature, dont la présence ne s'est fait
sentir pendant quatorze siècles, en France,
que par la stupide férocité des rois, l'insolente
arrogance de leurs valets, et l'état d'abjection
et de souffrances auquel était irrévocablement
condamné tout Français qui n'était né ni roi,
ni noble, ni prêtre.
Oui, vous frémiriez, Républicains, si je
déroulais à vos yeux l'histoire sanglante des
crimes de la royauté en France.
Vous verriez les tyrans de la première race
se partageant nos ancêtres comme de vils trou-
peaux, se les arrachant, comme des dogues
acharnés après l'innocent animal que chacun
prétend seul dévorer.
Vous verriez des valets insolens, profitant
de l'imbécillité des rois de la seconde race,
pour couvrir la France de brigandages et de
( 7 )
A 4
ruines, inonder ses belles provinces du sang
des guerres civiles et religieuses.
Vous verriez la féodalité pressurante, s'avaiv
çant, appuyée sur les bras des rois de la troi-
sième race, hérissant la France de châteaux
forts; embuscant sur les grandes routes et les
chemins, des brigands, appelés seigneurs, dont
le noble métier était de dévaliser les passans ;
comptant ses victimes, et traçant avec le sang
et les larmes du peuple lek code affreux qui doit
l'écraser. jr )
Et ces croisades funestes, qui ont enseveli
moitié de la nation et tout son or sur les
côtes de l'Asie!.
Et ces journées désastreuses, qui livrèrent
aux féroces Anglais les pLus. belles provinces
de nos pères, et réduisirént ceux-ci aux hor-
reurs du besoin et du désespoir !.
Et ces guerres civiles et religieuses , qui
ont si souvent dépeuplé la. France!.
Et cette Saint-Barthélemi, journée inouïe
dans les annales de la férocité, qui vit le sang
des Français égorgés par d'autres Français,
s'élever à la hauteur de plusieurs centimètres
dans les seules rues de Paris!.
( 8 )
Et les guerres de la fronde !. les dra-
gonnades des Cévennes!. les incendies
du Languedoc î
Et l'épuisement de la nation sous un Louis
XIV! son déshonneur sous un Louis XV !
sa destruction prête à être consommée par la
perfidie d'un Louis XVI, les impudicités et les
scélératesses de cette Marie-Antoinette,-quiiver-
sait les produits des sueurs du peuple.dans les
coffres de son frère, èt immolait secrètement
la France à l'ambition d'une cour étrangère"!
Nous tOuchons, Citoyens, à l'époque de
notre heureuse révolution. Ah ! c'est ici que
l'affreuse royauté semble s'épuiser en efforts,
en crimes, en monstruosités, pour se rendre
un objet d'éternelle exécration aux yeux des
Français devenus libres.
La constitution des Français, sous la mo-
narchie, leur avait ménagé, comme remède
extrême contre les excès de la tyrannie, la
convocation des états-généraux, composés des
notables envoyés par chaque province. Mais
c'est envain que plusieurs fois, depuis des
siècles, la nation, excédée de misère et d'op-
pression, avait essayé de recourir à ce moyen
( 9 )
A 5
tutélaire; toujours l'astuce et la tyrannie des
rois avait réussi à le rendre nul, et la Nation
était restée dans le malheur et l'esclavage.
Enfin ils s'ouvrent en 17 8g, ces états-généraux
depuis si long-temps invoqués par la Nation
aux abois. Aussitôt la royauté, furieuse de
n'avoir pu parer ce coup, médite l'assassinat
des mandataires du peuple à Versailles, les
met sous le fer de troupes étrangères à Paris,
sème des sicaires sur leur passage et jusq ues
dans leurs domiciles, jure en secret de ra-
mener la Nation à la servitude par la mort
des plus chauds défenseurs de la liberté.
Rappelez-vous, Citoyens, ces temps de trou-
bles et d'agitation ; voyez, après la fuite de
Varennes, la royauté, fourbe et perfide envers
une nation généreuse, abusant du pardon
qu'elle venait d'en recevoir, pour chercher à
l'endormir par de belles protestations, tandis
que, dans le même moment, elle soulevait
l'Europe contre elle, lui tendant une main en
apparence amicale, tandis que de l'autre elle
dirigeait les poignards de ses chevaliers contre
son sein.
V oyez-la, à la journée du 1 o août, disséminant
( 10 )
ses sicaires dans tous les départemens, glissant
des traîtres dans les rangs des républicains,
ouvrant nos frontières aux rois coalisés, livrant
nos flottes aux Anglais, fomentant les dissen-
sions intestines, brandissant les torches de la
guerre civile dans les départemens de l'ouest,
ameutant des prêtres féroces pour parcourir
les départemens avec la mission d'y semer
les haines, le désespoir, l'incendie, le car-
nage. Voyez la main invisible de la royauté
élevant les échafauds de l'an II. — Entendez
sa voix affreuse, commandant la réaction san-
guinaire de l'an III ! — Voyez-la, s'efforçant,
au 13 vendémiaire an IV, d'ensanglanter les
pages immortelles de la constitution de l'an III;
s'emparant des élections de l'an V, pour intro-
duire dans les administrations, les tribunaux,
et jusques dans le sein du corps législatif, ces
mandataires monarchiens, qui avaient com-
mencé un procès si actif à la liberté.
C'est encore la royauté qui, dans le cours
de la guerre actuelle , violant les droits des
gens, a fait pourrir dans les cachots épars de
l'Europe, les braves que ses satellites n'avaient
pu vaincre. C'est elle qui avait conspiré de
( '1 )
A 6
ne pas laisser aux républicains un seul asile
dans tout l'univers !
Vieillard malheureux! si sur tes derniers
jours tu es privé de l'appui d'un fils chéri ;
mères , épouses, enfans délaissés ! si votre
voix plaintive appelle inutilement celui par
qui vous existiez; ah! prenez-vous en à la
royauté : la cruelle voulait vous ensevelir
sous les ruines de la patrie, et pour détour-
ner son bras parricide, vos fils, vos époux,
vos pères se sont dévoués généreusement !.
Affreuse royauté ! combien d'anathèmes lancés
contre toi par la nature !
La royauté! — N'est-ce pas elle encore
qui a commissionné les dilapidateurs qui
ont dévoré les finances de la République ?
les fonctionnaires qui rougissent du titre de
citoyen? les émissaires qui fomentent la dé-
sertion des réquisitionnaires et des conscrits ,
sèment l'aigreur, soulèvent contre les institu-
tions républicaines, cherchent à alimenter le
mécontentement des citoyens , à les aliéner
d'un gouvernement qui seul peut être leur
sauve-garde contre les fureurs sanguinaires de
la perfide ?

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