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Discours prononcé dans l'église paroissiale de Belley, le 22 juin 1814, pour la fête funèbre en l'honneur de Louis XVI,...

25 pages
Barret (Lyon). 1814. France (1792-1795). In-8 °. Pièce.
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DL'ÉGWSK^WOISSIALE DE BELLEY,
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v^(^tLe>*2Juin 1814,
Pour la FÊTE FUNÈBRE en l'honneur
DE
LOUIS XVI
Et des personnes de sa famille , mortes vic-
times de la Révolution française.
A LYON,
Chez J. M. B A R R E T , Libraire , place des
Terreaux, palais St-Pierre, N.o 19.
DISCOURS.
Nolite Here super me , sed super vos fieie:
Ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur
vous-mêmes. J. a3.
T
ÈLLÏ est, M. Fr., la grandeur des senti-
mens qu'inspire la Religion chrétienne 5
les souffrances deS ames vertueuses ne sont
pas le sujet de la plus vive douleur ; ce
qui est encore plus affligeant , c'est l'oubli
4es lois divines ; c'est le désordre qu'entral-
bent les vices et les passions ; c'est cette
lutte funeste qui existe en ce monde entre
la bonté de Dieu et la méchanceté des
hommes.
En effet, nous avons été tirés du néant
par dette bonté infinie ; c'est elle qui veut
que tout ce qui nous environne soit des-
tiné à nous aider , à nous servir , et à
r êmbelHr notre existence ; et nous , comblés
de tant de biens , nous les employons à
offenser celui qui nous les donne ; notre
eœur conçoit des passions- criminelles ,
tt JMtre esprit des pensées- J'ergueil;
( 4 )
nous nous laissons entraîner au vice et
à l'erreur ; la Religion veut nous ins-
truire , et nous refusons de l'écouter; nous
violons ses lois et ses préceptes , et lors-<
que nous nous sommes attiré des maux
qu'elle avait prévus, et dont elle vient en-
core nous offrir le remède , nous nous
livrons à d'injustes murmures, nous accu-
sons la Providence , et nous arrivons à
l'impiété , par l'ingratitude et l'indifférence.
Dieu voit ces désordres, et touché de nos
misères , il songe moins à nous punir qu à
nous éclairer ; il ne cesse de donner à
des enfans coupables les moyens de sub-
venir à tous les besoins de lame et du
corps , et s'il permet que la possession-
des biens de la terre soit accompagnée de
quelques peines , c'est pour nous rappeler
que le Ciel nous est promis ; c'est pour nous
apprendre à dégager notre cœur des vanités
et des folies qui nous empêchent de goûter,
même en ce monde , un bonheur véritable.
C'est, aussi pour ce dessein que Dieu
permet lès révolutions qui ébranlent les
Empires : sa Providènce, qui veille sur cha-
( 5 )
cun de nous en particulier, règle en même
temps le sort des nations et des Rois de la
terre ; elle répand ses bienfaits sur toutes
les créatures, elle tire le bien du mal même,
et fait servir les orages et les tempêtes à nous
rendre un air plus pur et un Ciel plus serein.
Le souvenir de nos agitations récentes
nous convaincra, M. F., de cette impor-
tante vérité ; puisse-t-il nous déterminer à
rendre à Dieu l'hommage de notre recon-
naissance et de notre amour ! Puisse -1 - il
nous pénétrer d'admiration pour la bonté
divine et de douleur pour nos fautes ; puisse-
t-il , sur-tout, faire rejeter pour toujours les
systèmes irréligieux qui fu rent la principale
et, pour ainsi dire, l'unique source des maux
.qui nous ont accablés.
Vous qui seriez encore retenus dans une
lâche indifférence ou dans une coupable
incrédulité , venez au milieu de cet appa-
reil lugubre , venez" chercher dans. le récit
de nos malheurs , une preuve terrible de la
nécessité de soumettre à la 10i de Dieu
vos esprits et vos coeurs. Venez voir un
Monarque français, animé des sentiment
( 6 )
de la foi chrétienne, luttant contre la per-
versité de son siècle , et succombant dans
cette lutte affreuse avec une gloire qui sur-
passe celle des héros les plus vantés.
Venez contempler les tourmens d'un peuple
insensé qui avait rejeté son Roi et son Dieu ,-
et la grandeur d'un Prince qui ne voulait
régner que comme le serviteur^ ett le mi-
lëstre de cç ipènie Dieg.
- La France , l'Europe entière avaient été
désolées par les entreprises de Luther et
de Calvin,, qui, sous le prétexte de réfor-
mer la Religion catholique , avaient occa-
sionné des -excès- et des cruautés qui sem-
blaient devoir se propager de généf-âtions
en générations.
Le retour de Henri IV à la foi de ses
pères arrêta le cours de ces sanglans dé-
sordres ; ce prince; dont la mémoire nous-
est si chère , ramena. la paix etr rendit à
la France les vertus qui l'ont fait appeler
le- royaume très-chrétien.
L'oçdre^ renaît après un. siède de haineij
çt de fureurs. Les successeurs de Henri-Ie-
grand achèvent ce qu'il avait si heureuse-
( 7 )
ment commencé. Le règne de Louis XIV
devient une des époques les plus glorieuses
de l'lùstoire ; et la prospérité de la France
sous ce Monarque est un sujet d'admiration
et d'envie pour toute la terre.
Cest de ce point qu'il faut partir pour
juger les événement dont nous avons été
les témoins.
Il faut se rappeler cet état dé gloire et
de prospérité pour comprendre ce que nous
devons de reconnaissance pour les bienfaits
du Ciel , et combien il a fallu d'aveuglement
et de folie pour passer de cet. état à celui
dans lequel nous étions, il y a peu de jours.
L'esprit de mensonge, comprimé par la
sagessç de nos rois, se ranima dans les 1
dernières années du règne de Louis. XV ;
des hommes nés dans le sein de l'Eglise
catholique-, empruntèrent des protëstaps
des maximes erronées sur la religion et la
politique : rejetant le dogme du péché
ongkiel etf l'expérience qui en démontre
la réalité , ils attribuèrent à' la raison
humaine une infaillibilité qu'ils refusaient
à l'Eglise de Jésus-Christ, et, sans égard
( 8 )
pour l'incapacité de la plupart des hommes
à juger des grands intérêts de la société ,
ils appelèrent la multitude à discuter à la
fois les dogmes de la Religion et les lois
de l'état.
Louis XVI naquit dans ces temps diffi-
ciles où chaque jour voyait paraître de
nouveaux écrits dirigés contre la foi, le
trône et les moeurs : le père de ce Prince,
le Dauphin , fils de Louis XV, un des
hommes les plus vertueux que la France
ait produits, le Dauphin en qui paraissaient
déjà toutes les qualités d'un grand Roi,
fut enlevé à l'amour des Français par une
mort prématurée, qui semblait annoncer
que les desseins de la Providence étaient
de permettre une révolution qui devait
effrayer le monde.
Sa digne épouse le suit bientôt dans la
tombe , et leur fils , orphelin à l'âge de
douze ans, commence une carrière de dou-
leur , qui doit se terminer par la mort la
plus cruelle.
La cour de Louis XV avait offert peu'
( 9 )
dant bien des années le spectacle des plus
rares vertus ; cependant, il faut l'avouer,
à la fin du règne de ce Prince, cette cour
fut souillée par la présence d'une femme
sans pudeur, qui acheva de se déshonorer
en protégeant les fauteurs des nouvelles
doctrines) ces hommes que l'on appelait,
mais ironiquement, des esprits forts et
des philosophes.
Ce fut dans cette atmosphère empoi-
sonnée que le jeune Louis se trouva plongé
avant d'être roi. Une piété sincère et un
jugement solide le mirent à l'abri de la
corruption, mais en même temps excitè-
rent contre lui la haine des ames viles
qui n'avaient pu parvenir à le séduire
et à l'égarer. Dès-lors on s'attacha à lui
ravir l'estime des Français, dès-lors on le
peignit' comme un être faible, et l'on sem-
blait dire, avec mépris, qu'il n'avait que
des vertus.
Ah ! sans doute, il en avait des vertus;
il en avait de bien étonnantes pour le temps
où il vivait ! mais manquait-il de talens et
de courage ? je le demande à ceux qui ont
*
( 10 )
connu et sa vie et sa mort ; je le demande
à ceux qui ont lu et médité ce testament
immortel où sont exprimées en traits divins
les vérités les plus admirables sur l'ordre
politique et sur la nature du cœur humain.
Louis monte à vingt ans sur un trône
dont chaque jour on sappait les fondemens ;
il trouve le désordre dans toutes les parties
de l'administration : un mouvement popu-
laire éclate dans plusieurs provinces, sous
le prétexte de la rareté des subsistances ;
la fermeté du Monarque arrête la révolte,
et ce fait, connu dans l'Europe, obtient
entr'autres éloges, celui du grand Frédéric,
qui applaudit à l'énergie de ce jeune roi.
Trompé par l'opinion publique , Louis
croit mettre fin aux maux de son peuple
en rappelant les parlemens exilés par les
derniers ministres de Louis XV, mais ces
assemblées , peu dignes des augustes fonc-
tions qui leur étaient confiées , ne voient
dans un acte de clémence qu'un aveu de
leur mérite et du besoin qu'a de leur appui
un Monarque qu'on avait déclaré faible
même avant qu'il régnât.