Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Discours prononcé dans le temple de Mars, par Lucien Bonaparte, ministre de l'Intérieur, le 25 messidor an 8, pour la fête du 14 juillet et de la Concorde

De
13 pages
Impr. de la République (Paris). 1800. 14 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

DISCOURS
PRONONCÉ
DANS LE TEMPLE DE MARS,
PAR L. BONAPARTE,
MINISTRE DE L'INTÉRIEUR,
Le 25 Mcssjjdûr an 8, pour la Fête du 14 Juillet
~,~ y-
/y "tJkMe la Concor d e.
* 2
DISCOURS
PRONONCÉ dans le tetnple de Mars, par
Lucien BONAPARTE, Ministre de
l'intérieur, le 2j Messidor an 8, pour
la Fête du 14 Juillet et de la Concorde.
c
ITOYENS,
L'expérience des siècles nous apprend com-
bien les révolutions sont redoutables : leur
action se compose de toutes les passions
humaines ; la violence en est toujours l'élé-
ment principal; et jusqu'à la fin de ces crises
terribles , nul ne peut affirmer si leur com-
mencement fut un bien.
Ce caractère est commun à toutes les révo-
lutions : soit qu'une cause méprisable inter-
rompe l'ordre accoutumé des empires, ou
que cette interruption soit due à l'excès de
la tyrannie et à l'élan de la liberté , la
( 4 )
tempête n'en est; pas moins effrayante ; elle
n'en menace pas moins toutes les classes de
la société. * 3
Ce qu'apprend l'histoire des siècles, l'expé-
rience de quelques années vient de nous le
confirmer : la vieillesse Juti corps politique
ne peut pas se mouvoir sans un grand péril.
Cette profonde vérité est écrite aujourd'hui ,
par le malheur, sur le chaume de nos cabanes,
comme sur les voûtes de nos palais.
En parlant au premier peuple de la terre,
ma voix provoque cette réflexion conserva-
tri ce , parce qu'elle offre des idées dignes
d'être émises l'anniversaire du 14 juillet 1789.
La première de ces idées est que les annales
du monde ne retracent point de révolution
plus louable dans son but, plus nécessaire
aux hommes , plus auguste par la réunion
rapide de tant de volontés, de tant de bras :
aussi les philosophes qui ont illustré la fin
de ce siècle , ont - ils tous appelé par leurs
vœiix un changement de système. L'injustice
et l'oppression , l'ignorance et le fanatisme,
le désordre et l'immoralité, régnaient encore
dans le pays le plus éclairé de l'Europe :
( 5 )
3
c'étaient la médiocrité qui planait sur. le
génie , les ténèbres qui dominaient sur une
région de lumières.
Un pareil état ne pouvait subsister : les
traces de la décrépitude se mêlaient sur le
front de la monarchie, aux traces d'une gran-
deur passée; tous les vices et toutes les fautes
la pressaient à Tenvi ; et l'inexorable main des
siècles poussait le trône vers la destruction.
Alors les écrivains prophétisèrent la secousse
politique qui devait ébranler l'univers; et ils
élevèrent la voix pour que cette secousse,
devenue inévitable , fût au moins utile à
l'humanité.
La philosophie trouva toutes les ames pré-
parées par l'excès des maux à recevoir son
inspiration dernière : son souffle agissait avec
lenteur depuis plusieurs années ; et l'on avait
déjà vu, par son influence, des citoyens arri-
ver au ministère, lutter contre les courtisans,
et tour à tour emporter ou céder le triomphe.
Inutiles efforts de cet esprit réparateur qui
brille quelquefois aux yeux des monarques,
et leur désigne en vain le dernier moyen
d'éviter un bouleversement que les monarques

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin