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Discours prononcé le 25 août 1824, jour de la Saint-Louis, fête du roi, par un pasteur du culte protestant, du département du Haut-Rhin. Traduit de l'allemand

15 pages
J.-H. Decker (Colmar). 1824. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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DISCOURS
PRONONCÉ LE 25 AOÛT 1824,
JOUR DE LA SAINT-LOUIS,
FÊTE DU ROI,
PAR
UN PASTEUR DU CULTE PROTESTANT,
DU DÉPARTEMENT DU HAUT-RHIN.
TRADUIT DE L'ALLEMAND.
A COLMAR, chez J.-H. DECKER, Imprimeur du Roi.
1824.
DISCOURS
PRONONCÉ
LE 25 AOUT 1824,
FÊTE DE LA SAINT-LOUIS.
Honneur et gloire au Dieu tout-puissant et bien-
heureux, au Roi des rois, au Seigneur des
seigneurs, qui seul possède l'immortalité!
Sa demeure est dans une clarté dont nul mortel
ne saurait approcher. Nulle créature ne l'a a>u;
nulle n'a pu le voir.
Que tout ce qui respire loue le Seigneur en toute
éternité!
Tim. 6, v. 15, 16.
INTRODUCTION.
Mon âme glorifie le Seigneur; car il m'a fait de
grandes choses, lui qui est Tout-Puissant et dont
le nom est saint.
S t.-Luc 11, p. 49.
C'EST ainsi, chers Auditeurs, que s'écria, dans une
pieuse inspiration et dans l'épanchement de son âme
( 4 )
reconnaissante, cette bienheureuse Vierge, destinée,
par les décrets impénétrables de la Providence, à don-
ner le jour au Sauveur du monde. Les preuves multi-
pliées de la grâce divine avaient fait sur le coeur de
Marie une impression si vive et si profonde, qu'elle
ne laissa échapper aucune occasion de s'exciter, avec les
autres, à la louauge du Très-Haut. Et comment aurait-
elle pu se taire sur un sujet qui remplissait toute son
âme? Comment aurait-elle pu ne pas glorifier le nom
de celui qui l'avait comblée de tant de miséricorde, elle
et 1oute sa maison ? Comment le bonheur et la gloire
qui devenaient son partage, préférablement à tant de
millions de mères, ne lui auraient-ils pas dicté les
chants les plus sublimes en l'honneur de celui qui, du
haut de son trône majestueux, daigne jeter un regard
de bienveillance sur ses humbles créatures qui toutes
sont égales devant lui ?
Nous aussi, chers Chrétiens, nous tous qui sommes
assemblés en ce lieu, nous n'avons pas moins, que
cette pieuse Vierge, sujet de témoigner à Dieu notre
reconnaissance des grandes choses qu'il a faites pour
nous. Il a fait de grandes choses pour nous dans notre
enfance ; son oeil veillait sur nos pas. Il a fait de grandes
choses pour nous, lorsque nous entrâmes dans la société
et que nous contractâmes d'heureuses liaisons. Il a fait
de grandes choses pour nous, à l'époque dés troubles
civils, dans les momens de bouleversemens amenés par
des guerres désastreuses, dans des momens de manque
et de disette. Il a fait de grandes choses pour nous, en
nous donnant sa parole qui prêche la réconciliation ;
sa religion qui nous rapproche du Ciel ; la Sainte-Cène
qui unit tous les Chrétiens par les liens de la fra-
ternité.
C'est en ce jour surtout que nous devons élever nos
coeurs vei-s l'Eternel, pour lui rendre grâces des bien-
faits dont il nous comble. Car de vivre sous un mo-
( 5 )
narque sage, juste et pieux, qui dit : Que ton nom ;
Seigneur, ton nom seul soit glorifié, et non le nôtre
(Ps. 115, v. i.), est. un des plus précieux dons que
la Providence puisse faire à un peuple; de même que
de vivre sous un monarque ennemi du genre humain,
est un des plus grands châtimens dont le Ciel puisse
affliger la terre.
C'est aujourd'hui un jour de réjouissances pour tout
Français : il brille du nom. d'un Prince auguste qui ne
cherche point sa satisfaction dans l'éclat du poste qu'il
occupe , mais dans le bonheur de ses sujets.
Cette circonstance m'engage à choisir pour texte de
notre méditation les paroles d'un ancien sage, que nous
trouvons au chap. 10, v. 24, de SIRACH :
« Ceux qui craignent Dieu, respectent leur Roi;
« C'est par cette raison qu'il veille sur eux. »
Il appartient essentiellement à la religion d'enseigner
aux peuples, et de graver dans tous les coeurs le res-
pect et l'amour qu'on doit aux souverains que Dieu
nous a donnés. Partout la Sainte-Ecriture nous en fait
un devoir, et le peu de paroles que je viens de citer
établissent les rapports les plus intimes entre la crainte
de Dieu et le respect dû aux souverains.
.. Saisissons cette occasion pour vous entretenir de
L'attachement d'un peuple chrétien pour son Roi.
Nous verrons quelles sont les qualités que doit pos-
séder le prince qui veut gagner cet attachement; et
quels effets il produira sur ses sujets,
Il est superflu, sans doute, que je m'explique ample-
ment sur la. manière dont un peuple manifeste son atta-
chement à son souverain. 'Vous savez tous que c'est
lorsqu'il prend une part sincère à son bonheur, aux
événemens heureux ou affligeans pour lui et 'pour les
siens. On peut renfermer cet attachement dans le fond
de son coeur ; on peut aussi le manifester hautement,
ainsi que vous l'avez tous fait sur la fin de l'année der-
( 6 )
nière; et alors il devient l'expression des sentiméns
d'un peuple. Mais partout où cet attachement se mani-
feste , il suppose nécessairement l'existence de causés
qui le produisent. Quelles sont-elles ?
Quand un peuple témoigne de l'amour, de l'attache-
ment, du dévouement à son souverain, ces sentimens
sont fondés sur le mérite du prince qui s'en est rendu
digne d'une manière quelconque.
Là où nous en apercevons la manifestation franche
et sincère, il faut admettre avec raison qu'il est per-
sonnellement estimable, et que son règne est bienfaisant.
Il faut que le prince soit personnellement estimable.
L'amour du peuple ne saurait être le partage d'un
prince vicieux, dur ambitieux. Il peut commander là
crainte et faire trembler à son aspect ; mais il ne sau-
rait jamais inspirer' l'attachement et la confiance, ni
faire partager sa joie, ni arracher des voeux pour sa
prospérité. Il est bientôt jugé par la voix publique, le
monarque qui, sourd au cri de la conscience, méprise
et devoir et vertu ; qui abuse de son pouvoir avec Une
dureté tyrannique; qui, dévoré par la soif de régner,
ne compte pour rien le bonheur dé son peuple, et
sacrifie ses sujets par milliers pour satisfaire ses pas-
sions. Nul coeur ne bat pour lui à son approche; nulle
main ne le bénit, nulle voix né se fait entendre pour
chanter sa louange. Est-il dans l'affliction, personne ne
partage son chagrin; est-il dans la joie, personne ne
se réjouit avec lui. Etrangers l'un à l'autre, Te prince
et le peuple parcourent leur carrière isolément, et il ne
se. trouve nul point de contact qui puisse les rapprocher.
Il y a eu des peuples qui se sont trouvés dans cette
triste situation. Rendez grâees à Dieu de ce que telle
ne soit pas la vôtre.
Vous possédez un Monarque qui justifie l'attachement
que vous lui portez» Il le mérite parce qu'il est person-
nellement estimable. Je pourrais le prouver facilement.