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Discours prononcé par M. Ch. Boduin,... à l'occasion des solennités agricoles départementales qui ont eu lieu à Valenciennes le 16 septembre 1872

De
11 pages
impr. de L. Henry (Valenciennes). 1872. 12 p. ; in-8.
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DISCOURS
PRONONCÉ PAR
M. CH. BODUIN
Député du Nord,
A L'OCCASION DES
SOLENNITÉS AGRICOLES DÉPARTEMENTALES
qui ont eu lieu Valenciennes, le 16 Septemhre 1872.
VALENCIENNES
IMPRIMERIE DE LOUIS HENRY, MARCHÉ-AUX-POISSONS, 2
1879
« MESSIEURS ET CHERS CONCITOYENS,
« Je veux d'abord remercier la Société d'agri-
culture de son affectueuse invitation, et son ex-
cellent Président du toast qu'il a bien voulu nous
porter.
» Je me retrouve avec bonheur au milieu de
vous, après de bien longs et tristes jours de sépa-
ration.
» Depuis le Concours de Préseau, que de dou-
loureux événements accomplis dans notre mal-
heureux pays !
» J'aurais désiré, dans cette grande solennité,
ne vous parler que de vous, de vos travaux si
féconds, poursuivis avec persévérance et dévoue-
ment à travers même ces événements, de l'éclat
de votre Concours, de votre Exposition, des pro-
grès remarquables qu'ils révèlent dans l'agri-
culture, l'industrie, les arts, les sciences de notre
beau département dont je salue ici avec fierté
les représentants les plus éminents ; je voudrais
n'applaudir qu'aux récompenses méritées par vos
lauréats, auxquelles j'ai été heureux de m'asso-
cier avec mon cher collègue et ami Wallon,
mais, Messieurs, ne trouveriez-vous pas étrange
— 4 —
que dans les rudes temps que nous traversons,
celui que vous avez appelé deux fois à l'immense
honneur de vous représenter, se tût sur la situa-
tion du pays qui préoccupe tous les bons ci-
toyens.
» On dit que le silence est d'or, c'est vrai sou-
vent; mais il y a dans la vie des peuples des
jours de crise et de péril où ce silence ne serait
plus qu'une faiblesse et la désertion d'un devoir.
Permettez-moi donc, Messieurs, d'entrer dans
le domaine politique, et de vous parler de l'As-
semblée nationale, de sa dissolution, de son re-
nouvellement, de la France.
» La dissolution de l'Assemblée nationale ne
peut être résolue que par elle seule en vertu de
son droit souverain.
» Lorsque dans sa sagesse et son patriotisme
elle jugera l'heure venue, elle saura, soyez-en
certains, se retirer dignement et sans regrets,
avec le sentiment de grands devoirs accomplis,
de grands services rendus par elle.
» Mais j'ai la conviction qu'elle ne croira cette
heure arrivée, que quand il n'y aura plus un seul
soldat ennemi sur notre sol, qu'elle aura dégagé
la parole et l'honneur du pays par le paiement
de la dette qu'elle a contractée en son nom, et
que sa réorganisation sera achevée. C'est là sa
mission sacrée, son oeuvre nationale ; elle les
— 5 —
accomplira résolument malgré les clameurs et
les calomnies intéressées qui la poursuivent.
» Messieurs, ce sentiment de l'Assemblée est-il
partagé par le pays ? Je l'espérais lorsque j'étais
loin de vous ; je l'affirme depuis mon retour au
foyer. Il y a peu d'ingrats.
" Est-ce justice ?
» Pour répondre à cette question, il suffit
d'examiner en hommes de bon sens et de loyauté
dans quel état l'Assemblée nationale a pris la
France le 8 février 1871, et comment elle l'a tirée
de l'abîme où elle allait sombrer et pansé les
plaies causées par son épouvantable chute.
» Je veux esquisser ce lugubre tableau en
quelques traits principaux et rapides.
» Une guerre néfaste, sans motifs avouables,
insensée, criminelle même, parce que la France
n'était pas prête.
» L'Empire effondré en quelques heures sous
le poids de ses fautes dans le désastre inoui de
Sedan.
" Le Corps législatif révolutionnairement dis-
sous et dispersé par des hommes de parti, qui
dans l'espoir de fonder la République sur l'éclat
et le prestige d'une victoire, ont osé ne pas
même appeler le pays, dont ils se défiaient, à
nommer une Constituante pour décider de ses

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