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Discours qui a remporté le prix à la Société royale d'agriculture de Soissons, en l'année 1779... Quels sont les moyens de détruire la mendicité, de rendre les pauvres valides utiles... ([Reprod.]) / par Mr. l'Abbé Montlinot

De
124 pages
chez C. F. J. Lehoucq (Lille). 1779. Mendicité -- France -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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20x
MICROCOPY «ISOlUTtON tISt CHARI
N8S ̃ lOtOo
IANSI ond ISO TEST CHARI No 7)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTÉ
LESARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBYV, IK
DISCOURS
QUI A REMPORTÉ
LE PRIX
A LA SOCIÉTÉ ROYALE
D'AGRICULTURE
D E S OIS S ON S,
EN L'ANNÉE
DISCOURS
QUI A REMPORTÉ
LE PRIX
A LA SOCIÉTÉ ROYALE
D'AGRICULTURE
DE SOISSONS,
EN l'année i/79;
Sur cette qutflion propofîe par la mimt
Quds font les moyens de dénhe la Mendicité, de rendre
les Pauvres valides utiles, & de les fecourir dans la
ville de Soiflôos
Par Mr. l'Abbé de.MoNTiiNOT.
A LILLE,
M. DCC. LXX1X.
mtntur quiJjià, fwd'tddt (tut bitai tuent
Ulnd ivcJ dat p<rfit t& produit* 'M fitam <t4
ja
fyfl TR E ̃>
que
clajje
diûïs nuire. Vii
dans les Gou*
la
ij E P I T R E
premiers devoirs
te
par la
n voit
opérations les
;il
ïttfavoit cherché ces reffources, que
dans U réforme des abus & tétablif H
fiment de tordre yfans appefintir un
moment le fardeau qui
peuple fi C objet le plus cher à fin
<Wr animldes mêmes vertus &
guidé par les mêmes principes oc-
cupé comme lui de tout ce qui peut
adoucir les misères du peuple avoit
cnfin réjolu le problème fi important
&fi difficile de procurer aux moin-
dres frais pojfibles les fecours les plus
efficaces aux maux de î humanité
foufrante ce feroit à cet homme
1 Etat que j'aimerois à confacrer le
ruit de mes penféesfur un ob jet digne
de fixer toute fon attention. Mais il
f ne permettroit peut-être pas que fon
nomparût à la tête d'un fi foible
A
DISCOURS
QUI A REMPORTE
LE PRIX
A LA SOCIÉTÉ ROYALE
D'AGRICULTURE
DE SOISSO^S
EU L'ANNÉE
L n'eft pas de
plus importante pour
l'humanité que celle
propose par la
̃̃(àèii Royale d'Agriculture de Soif.
fons: cetteSociété demande que jq
a î DISCOURS
m'occupe du Soulagement des
pauvres. Homme indigent & mal-
heureux, je vais donc parler de
tes droits je les chercherai dans
mon coeur Us y (ont écrits en
cara&ères ineffaçables. J'écarterai
autant qu'il,eG poflible de tes yeux
affligés ce code cruel qui ne cher-
chant qu'à mettre une triple en-
ceinte autour des propriétés du ri-
che, te laifle, r.u&défarmé fur
la terre, heurter en'vain contre tant
de barrières impénétrables je ne
te repouflerai point, ô mon frère!
dans ces lieux infe&s où l'on en*
tafle les indigens je ne te couvri-
rai point de la livrée de l'oppro-
bre je voudrois voir brifer ces
trophées du luxe, fufpendus à la
porte des afyles de la pauvreté
& fur lefquels planent toujours la
honte la douleur & la mort. Si
j'avais plaider la caufe du pau*
'SUR LA MeNDÎCITL f
A •
tfe devant une troupe de Sybari-
tes, je me contenterois peut-être
de folliciter quelques fecours ert
promettantd'cloignerdeleursyeux
le fpeâacle de la misére mais je
parle devant un Tribunal
Ile, compofé d'hommes vertueux
& fenfibles puiflais-jê me rendre
digne d'eux & de mon fujet en
accordant tout à la fois, avec la
doucheur de l'Evangile la févérité
des Loix & l'honneur de l'huma-
La queftion que je vais traiter
ici renferme deux objets par
quel moyen peut-on venir à bout de
détruire la Mendicité? Ma réporife
cil fimple ne faifons plus daumô*
Mes & détruifons les Hôpitaux.
Comment rendre les mendians utile*
fins les rendre malheureux ? N'exi-
geons plus du pauvre un travail
commun au profit des adminiftra-
4 Discours
tions dé «'charité; foutenons les
mains laborieufes de l'indigent ÔC
lailfons le jouir de fon exiftence
d'un air pur & de la, liberté.
plication de ces principes à la ville
deSoiflbns, remplira, }e penfe,
l'efprit du Programme de la Société
d'Agriculture. Je vais. tâcher de
développer ces idées mais, obligé
de détruire d'anciens préjugés;
j'aurois befoin d'éloquence, de ta-
lens, & je n'ai pour me. foutenir
que du courage & la dignité de
111011 (ujet.
Louis XIV dont la flatterie
encenfa prcfque toutes les a&ions,
enivré de glbire préférant pref-/
que toujours la fplendeurdu trône
au bien réel des peuples, eft en
quelque forte le fondateur de tous
les hôpitaux. Il commença par do-
ter celui de Paris, & yentaffa trois,
sur la MENDICITÉ.
mille mendians valides *& invali-
des on ne cenoit de vanter un éta-
bliflement auf utile, & l'on bénif1
foit Dieu pour me fervir de l'ex-
preflion du. Prince, à mesure que
la foule- des indigens augmentoit.
Les grandes Villes du Royaume
voulurent imiter leur Maître on
réunit toutes les fondations pieu-
fçs; on éleva des édifices fuperbes;
ôn nomma des adminiftrateurs
des régiflèurs & le nombre des
mendians s'accrut toutes ces mai-
sons furchargées de pauvres de
tout âge de tout fexe, ne purent
foutenir les frais immenfes qu'oc-
cafionnoient des régies commen-
cées avec fafte & que l'on vou-
loit foutenir avec éclat toutes fol-
licitèrent de nouveaux fecours
des emprunts des impontions,
mais malgré ces faveurs, la plu-
part firent une faillite déshono-
Discours
rarite en manquant à payer leurs
obligations presque toutes enfin
réduifir^nt au moindre nombre
poflîble les indigents qu'on devoit
Secourir; il fallut alors du crédit
pour obtenir le manteau de la pau*
vreté. Les legs pieux les aumô-
nes abondantes ne cessèrent cepen»
dant pas d'aller s'engouffrer dans
ces maifons de charité. Qu'on ne
s'imagine pas que j'ex gère ici
je connois trois hôpitaux placés
dans trois Villes de .France, au
nioins du fecond ordre deux ont
fait banqueroute le troifième a
obtenu un impôt confidérable &
avec deux cens mille livres de ren.
te on y entretient fort mal envi.
ron deux mille pauvres, dont dix.
huit. cens au moins font valides &
gagnent au delà de ce çtu'ils dépen*
Au milieu des embarras qu'oc»
SUR la Mendicité 7
cafionnoit la foule de mendiant
qui fe préfentoient à la porte des
maifons de charité, on n'imagina
rien de mieux que de repoufler
les pauvres: on mit en vigueur les
anciens Réglemens coercitifs con-
tre la mendicité: on en promulga
de nouveaux & nous avons vu de
nos jours le mal parvenu à un point
qu'on a été obligé dans tout le
Royaume de placer des Satellites
fur les-grands chemins dans les
places publiques: avec une verge
de fer on a vu chaffer les men-
dians femblables à des troupeaux
.de bêtes fauves, on les a fait entrer
dans des parcs ou dans des re-
paires infe&s j'ai frémi pour l'hu-
manité en comparant ces repaires
aux chenils des grands Seigneurs;
l'homme y étoit bien moins foigné
que l'animal qu'on y nourrit pour
le plaifir. Le Gouvernement f^i-
Discours
gué fans doute des dépendues qu'en-
traînoit ce ramas dégoûtant d'hom-
mes vils les livra à des Ilégifleurs
qui, dans ce genre d'adminiftra*
tion fourde comptèrent fur des
profits on a vu difparoître à
Ja vérité des grands chemins les
mendians qui les infeftoient & que
les hôpitaux ne vouloiént,ni na
pouvoient recevoir, mais le nom*
hre des malheureux n'a point di-
minué le froid la faim le dé-»
fefpoir ont tué les vrais pauvres
les émigrations ont été confidcra-
bles, & malgré toute la févérité
des Loix la porte des riches,
des gens prépofés à la diftribution
de l'aumône a été afîîégée & la
Mendicité dans quelques provinces
a repris fon ancien cours la mi-
sère enchaînée pour un inftanta
brifc de nouveau fes fers les veu-
ves, les orphelins, n'ont pas cellé
SUR la Mendicité. 9
de lever les mains au Ciel pour
demander les recours d'une nou-
velle manne je fuis cependant
obligé de convenir que les ordres
rigoureux donnés à la Maréchaut
fée du Royaume ont purgé les
grandes routes d'une infinité de
vagabonds qui étoient peut-être
à'la veille de devenir des afFaflîns,
mais cet a£le de (éventé n'a pro-
duit qu'un bien il fal-
loit y ajouter d'autres moyens
pour réprimer la fainéantise parce
que condamner le pauvre à périr
dans le Silence & l'obtcurité n'eft
qu'un arrêt cruel quand on ne re-
médie point à Ces maux Ci je force
1'infortuné à n'avoir plus qu'une
douleur muette & à m'attendre
dans fa chaumière je n'en fmsvque
plus obligé de voler à fon fecours.
La Sévérité des Ordonnances n'a
donc pas détruit la Mendicité
ïo DrscotA&s
on n'a point attaquç le mal dans fa
fouree quand une Loi eft infuffi-
fante pour réprimer un détordre
il faut multiplier les Réglemens
pour la faire exécuter mais il ar-
rive à la fitn que la Loi & les Ré-
glemens tombent en défuétude.
lès hôpitaux d'un autre côté ne
pouvoient donner afyle à tous les
pauvres valides qui fe préfentôient
ceux qui ont pu échapper à la
faim.fe font expatriés, ou font
tombés à la charge des Villes. Il
ne faut pas croire qu'eri augmen-
tant le revenu des hôpitaux on
̃ puiiTe efpèrer d'alimenter tous les
malheureux & que ces maifons
puiffent rendre à la Ville à la
Province pour lefquelles elles font
deftinées le fervice de retenir les
hommes dans leur patrie les hô-
pitaux n'ont pas. le feul inconvé-
nient d'abforber des revenus im*
sur LA Mendicité, 1-l'
menfes pourproduire peu de bien
ils augmentent encore le nombre
des indigens & font un tort réel à
l'État.
Ceft un axiome de politique
que par tout où l'on trouve plus
avantageux de ne rien faire que de
travailler le nombre des pauvres
s'accroîtra dans cette proportion..
L'Italie & TEfpagne, les deux
pays de l'Europe où il exifte le
plus de maifons de charité font
auflî les pays où il y a le plus de
mendians. Les aumônes abondan-'
tes & indiftin&ement répandues
ont forcé ces peuples à réduire
en art la Mendicité. Les fainéans
ont trouvé le moyen d'exciter la
compaflion par des plaies artificiel.
tes, de féduire les ames pieufes
par des pélerinages de toute ef-
pece & même d'amufer l'oîfi-
vete des riches; car un mendiant
'i i Discours
Efpagnol avec fa guitare & fon
chapelet, n'eft qu'un Comédien
infolent, qui fe joue tout à la fois
de la Religion & des hommes,
L'Angleterre, cette 1(le célèbre
dont la conftitûtion a tant d'admi-
râleurs à force de multiplier les
hôpitaux les affociations les
foufcriptions fcmble auflî avoir
multiplié le nombre des indigens:
quelques politiques Angloisfefont
jugement élevés contre le fcèle de
leurs compatriotes, perfuadés que
le but d'une bonne légiflation doit
être non feulement de foulager les
indigens mais de prévenir l'indi-
gence. Si quelque chofe cependant
peut juftifier la noble & généreufe
compaflion des Anglois c'eft
qu'ils font les feuls, en Europe
qui aient accordé une retraite hon-
nête aux familles aifées, que des
malheurs imprévus publics ou
sur la
particuliers ont plongées fubite*
ment dans la disette la plus ameute.
Il cil fans doute des infortunésdona
l'éducation augmente encore- les
malheurs peuvent-ils jamais, fans
défefpoir, partager le pain des pau-
vres & fe trouver confondus avec
les dernières clafTes du peuple ?
Fertiles «contrées de l'Europe où
les hommes font encore comptés
pour quelque chofe, je ne puis
i faire un pas fans rencontrer des
afyles ouverts au filence au jeûne,
à la contemplation Je vois mille
affociations de célibataires & pas
une de gens mariés; la tendreffe
conjugale en: par tout inquiète ôc
fans fecours l'aumône la plus
aviliflante cil tout ce que. l'on of-
fre aux familles vertueufes & ten.
dres'qui mettent le bonheur dans
leur union. En général notre ma-
14 Discours
petite & mefquine fi l'Angleterre
pèche par des affociations difpert-
dieufes & peut-être trop multi-
pliées il faut convenir qu'en
France nous n'avons encore porté
nos vues que fur le peuple. Le
plan fur lequel nos maifons de
charité font dirigées fervent à
fomenter la parefle du pauvre
on l'accoutume à s'ifoler 6c àc.on-
templer d'un œil fec l'afyle de la
mifèlre il-calcule d'avance le degré
de privation qu'on infligera à la
débauche, à la crapule & à l'oifi-
veté. On ne fauroit croire com-
bien il cft dangereux d'endormir
l'aaivité des hommes fur l'avenir.
J'ai vu dans toutes les Villes où il
y a des hôpitaux. que les pauvres
font moins laborieux & plus debau-
chés quand on s'avife de leur
faire quelques leçons, en leur
peignant l'avenir le plus affreux
SUR LA Mendicité. 15
ils répondent avec ce fens froid
qui défole rame honnête j'irai il
l'hôpital expreflion du peuple à
la vérité mais qui doit être re-
cueillie par le Philofophe puii-
qu'elle annonce que le pauvre ne
fait aucun effort pour fe mettre à
l'abri de la misère & qu'elle dé-
fruit le feul reffort qui meut les
hommes Yejpoir ditre mieux.
Qu'on jette un coup d'oeil fur les
Villes les plus floriflantes de la
Hollande on n'y rencontre au-
cuns mendians mais auffi n'y
a-t'il aucune maifon de charité
tout homme eil obligé de travail
1er pour vivre; il eft aidé s'il eft
dans le befoin il eft cément
arrêté s'il n'eft que vagabond ce
fainéant. Ce n'eft pas le lieu d'en-
trer dans les détails fur la police
qui régne entre tant d'hommes de
communions différentes & qui
6 Discours
repouffe chaque pauvre dans té
centre de fa Se&e aux yeux de
la politique cette police eft jufte &
Simple; aux yeux delà Religion
elle eft admirable elle démontre
à l'Europe Chrétienne que la cha*
rite eft le lien le plus fort qui
unifie les hommes, & que les diC*
putes théologiques n'ont pu le
rompre. Ceft déjà fans doute %fil
grand mal que les hôpitaux en-
tretiennent augmentent même
dans un pays le nombre des merî-1
dians ils font encore tort la
Ville où ils exigent & font con-
traires au'bien de l'État. Le pre-
mier embarras d'un adminiftra-
teur d'hôpital eft d'occuper d'une
manière utile trois ou quatre mille
mendians valides, qu'une Province
fournira pour peu qu'elle ait d'é-
tèndue s'il veut établir une fa-
brique nouvelle, 1 il faut une grande
SUR IA MENDICITÉ. iy
B
d'outils, d'uftenfiîes: il fe
j>âîïe Un long efpace de temps
avant que les nouveaux ouvriers
aient acquis la célérité néceflaire
les profits ne fécondant pas le zèle
indifcret des Régifleurs la fabri-
que s'écroule en peu de temps
d'ailleurs pour obtenir la préfé-
rence fur d'anciennes fabriques il
l'aut vendre en deflbus du prix
courant ces rabais les frais de
régie & la- mauvaife- qualité des
matières ouvrées, démont rentbien-
tot l'impoilibilité de Soutenir une
pareille fabrique. Dans un hôpital
qui n'eft pas éloigné des' lieux où
l'écris, on a voulu établir une ma-
rkifefture de Serviettes cette en-
treprife a ruiné la maiibn. Je pour-
rois citer d'autres exemples aijflî
frappans mais il eft inutile de
multiplier les faits quand on an-
nonce une vérité de tous les lieux
,i 8 1 Discours
.& de tous les pays. A ces conn-
jjà&ations, il faut encore en ajou-
ter une autre toute fabrique noû-
velle qui n'eft pas le fruit de Tih-
qui n'a pas pour guide
^intérêt perfonnel/ne peut réuftir
jc'eft l'émulation, c'eftje defir d'un
.fort meilleur qui transporter quoi-
que lentement tous les arts, tous
)es métiers d'un pôle à. loutre or,
^nduftne on peut attendre d'un
troupe d hommes, auxquels on ne
donne que le pain de douleur, &
que nul talent ne peut rendre ni
plus riches;, ni plus honorés? Je-
tons les yeux faf C€S va^cs con-
jrées cultivées par.des efclaves k
terre y eflen friche,. ou ne donne
que le petit nombre de fruits que
font germer la lueur ,&: le défef-
poir. Si l'on établit à&s un hôpi-
tal le genre de fabrique le plus en
SUR la Mendicité, 19
Bij
ufage dans le pays, on fait un bien
plus^grand mal; on nuit infaillible-
ment aux petits ménages qui exer-
cent ces métiers. Quoique tout ce
qui fort des maifons de charité
foit moins bon que ce qui fe fa-
brique par des mains libres l*A<îk^,
miniftrateur veut vendre s'il cède
Ces marchândifcs au prix courante
il ruine la maifon, à caufe des frais
de régie, d'achats de vente.
Comme il eft preffé de réalifer le
produit du travail d'un grand nom-
hic de bras, & qu'il veut avoir la
préférence, il vend au deflbus du
prix courant, alors il fe ruine &
ruine avec lui les ouvriers de la
Ville qui finirent par demander
un alyle a l'hôpital. Ce genre d'ad-
mih'mratiôn eft fans contredit le
plus pernicieux de tous puisqu'il
rend les maifons de charité fem-
blable.s à ces gouffres profonds
io Discours
qui finirent par engloutir tout ce
qui tourne autour d'eu*. Quand
on ne veut pas appauvrir le peuple
on ne fauroit croire avec quelle at-
tention fcrupuleufe il faùt pren-
dre foin des fabriques en vogue
dans un pays': les plus légers chan-
gemens, les améliorations même,
ne doivent fc faire que lentement
& avec précaution fi fon ne veut
pas avoir une foule d'ouvriers dé-
couragés, & qui ne tardent pas à
tomber dans l'indigence c'eft cet
éloignement' pour les nouveautés
cale' rend fi difficile le tranf
port aune fabrique dans un autre
lieu. Le mal fe fait bien plutôt (en-
tir fi l'on habitue un pays où la fa-
brique tient feulement au luxe &
à la mode il ne faut qu'une nou-
velle rantaifie pour ruiner des mil-
liers d'ouvriers. Les plumes des
SUR 1.4
B u)
femmes de la Capitale ont peut-
être fait gémir plus de vingt mille
ouvrières en dentelles, dans les
feules Provinces de Flandres & du
Hainaut. Quoique Paris ne puifle
être comparé à aucune autre Ville
de l'Europe, il ne faut pas trop
s'accoutumer à mettre entière-
ment fur le compte de notre in-,
duftrie & de notre aôivité cette
quantité prodigieufe d'hommes de
tout genre qui viennent inonder
les Provinces. Cent mille perfon-
nes au moins font occupées dans
la Capitale à fatisfaire le luxe &
les fantaifies des rïches on n'in-
vente pas une mode nouvelle que
des milliers de bras ne foient en
quelque forte arrêtés. Si une im-
pulfion favorable ne ramène pas
l'ouvrage une partie de ces arti-
fans du luxe font entraînés dans
la débauche; le refte, s'écoule dans
iz Discours
les pays étrangers & devient hif-
trion eferoc fouvent pis en-
corc.
Il rérulte de ce' que je viens de
.dire que û la politique, qui em-
braie tous les êtres d'un grand
royaume, doit favorifer les fabri-
ques existantes, & afl'urer aux ou-
vriers un état indépendant du ca-
price il feroit ahtùrde de laitier
faire aux maifôns de charité, avec
le produit de l'aumône une ma7-
nœyvre ruineufe pour elles
mes Ôc pour le peuple qui les en-
toure. Un Adminiftrateur d'hôp
tal qui veut attirer à lui le bénéj-
fice d'une fabrique vivante, livre
un combat au citoyen laborieufx
dont il ufurpe le patrimoine; il
fait des pauvres pour avoir le droit
de les nourrir.
S'il eft vrai de dire que les hô-
pitaux nuifent à ceux qui vou-
SUR LA MeNDICîA
droient travailler il ew encore
plus vrai de dire qu'ils nuifent à la
population & qu'ils tuent les hom-'
mes: Entrez dans un hôpital, calcu-
lateur politique, vous y verrez un
célibat preferit par l'ordre que
vous avez ccu devoir ctablir! L'an
mal Tain que vous refpirerez, vous
annoncera que vous allez trouver
refpècehumaineabâtardie.Onpeut
demander en effet à ceux qui ont
fuivi les rnaifons de charité com-
me médecins, fi prefque tous les
jeunes gens ne font pas rachitiques,
& toutes les fil I es chlorotiques j e ne
parle pas de cette maladie horri-,
ble connue fous le nom de fièvre
d'hôpital. Je connois une maifon
de charité où la gale eft endémi-
que depuis plus de vingt ans fans
que tout l'art de la médecine ait
pu la vaincre; on ne fuit que l'at-
ténuer. Le mendiant valide enfer-
Discours
me dans un hôpital, n'eu: plus
qu'un efclave attaché à la glèbe
qu'il façonné il eft exempt de
renier on l'oblige d'étouffer tout
fentimçnt de parenté. Cet auto-
mate; dont l'Adminidrateur meut
les reflbrts, n'en: plus époux ni
père & rien ne lui lailfe efpérer
d'être confolé dans fa vieillefle.
Mère tendre fi jamais l'infortune
vous pouffe dans ces maifons où
la charité au lieu de lait fubftanciel
ne donne qu'un poifon lent ,aux
malheureux qu'elles renferment,
vos en ans feront revêtus de la li-
vréc de l'opprobre N'elpérez plus
rien d'eux ou feparera le fils de
la mère, l 'époufe de l'époux vos
cçeurs fe durciront à la fin la na-
ture fera muette & la mort vous
furprendra peut-être en faifantdes
imprécations contre le Gel. Tel eu:
cependant en général le fort de la
SUR la Mendicité. 1 S
plupart des malheureux qui habi-
tentleshôpitaux il faut n'avoir ja-
mais vu de pauvres ménages, pour
ne pas favoir combien plus-facile-
ment on Supporte l'indigence quand
on eft réuni. Les pauvres qui n'ont
pas encore perdu toutfentiment mo-
ral, éprouvent quelques douceurs
en comptant fur le fecours de leurs
cnfans dans un âge plus avancé
un peu d'aide les confole le tra-
vail fait en liberté les diftrait &
ce n'eft pas une petite confidéra-
tion en faveùr de la fociété que.
d'accoutumer les pauvres à bénir
Dieu, & fur-tout à croire que la
morale de l'Evangile n'eft pas
éteinte dans le coeur de tous les
riches.
Les hommes faits qu'on enferme
dans les maifons de charité, pé-
nuent prefque tous avant le temps,
de maladie, de douleurs ôc d'en-
i6 DISCOURS'
nui. Les enfans qu'on y élève,
& auxquels on rend la liberté à
dix-huit ou vingt ans, ne font ni
rqbufles, ni propres a faire le bien
de la fociété où ils rentrent ils
ont presque tous quelques vices de
constitution, que la mauvaife nour-
riture & le défaut d'air leur a fait
contra&er en général, ils font
mauvais ouvriers, parce qu'ils
ont appris leurs métiers fans goût,
fouvent fans choix; l'habitude de
ne point vivre avec leurs parensy
leur donne une forte d'infenfibilité
qui ne les lie à aucune pays la
plupart quittent leurs métiers &
deviennent vagabonds. Une ré-
flexion que je ne crois pas hafar-
dée, mais qui eft bien affligeante
pour les partifans des maifons de
charité c'eft que fi l'on vouloit
fe donner la peine de compulser
les Regiftres de la Tournelle, on
SUR ia Mendicité.
verroit que les deux tiers des grands
crimes qui troublent l'ordre de la
Société, font commis par des célb
bataires élevés' dans les hôpitaux,
pu échappés des maifons de force.
Quant aux filles qui fortent des
hôpitaux, elles y ont centrale
des maladies cruelles qui les ren-
dent infécondes l'air de mal-adreffe
qu'elles apportent dans la fociété
(n'ayant jamais. rien appris de ce
que doit favoir une femme,) les
rend propres à peu de chofes: les
moins gauches finiffçnt par être de
mauvaifes fervantes; celles qui
peuvent avoir confervé quelques
agrémens extérieurs fans appui
fans expérience font facilement
féduites ainfi les générations
qu'élève un hôpital font prefque
toutes deftinées à l'oifiveté, au
crime ôc à la débauche.
Cette peinture aifreufe desmaux.
Discours
que produifent les maifons de cha-
rité, nous conduit naturellement
à parler de ce qui entretient le
plus la fainéantife & la mendicité:
je ne crains pas de le dire, c'eft
l'aumône. A Dieu ne plaife que
je puifle être Soupçonne d'ignorer
que notre fouverain Légiflateur
nous a fait un précepte de foulager
nos frères je fronde la manière
de faire l'aumône, & non la cha-
rité qui fait TefTence de la morale,
évangéliqué beaux jours de la
primitive Eglife où les hommes
i étoient frères & tous les biens
communs, vous éte$4ifparus pour
jamais L'inégalité des conditions
tour à tour fruit de la force, de
l'adreflc & de la politique; fem-
ble avoir divifé tous les individus
de l'Europe en deux claffes celle
qui a trop, & celle qui n'a rien.
Dans tous les temps les âmes ten-
LA
dres & pleurs, touchées du fort
des malheureux qui les environ-,
noient, fatiguées de remords pour
des jouiflances exclu-rives, fur-tout
dans le moment fatal où. tous le*
terre ne font plus rien,
ont cru devoir, par forme 4 ex-
(piatîôn, fonder des maifons de
toute espèce pour foulager les in-!
digens.. Il n'eft pas de mon fujet.
de parler du recouvrement de tous
ces legs, dé toutes ces aumônes^
faites à rhumanité encore moins
d'en faire, une jùfte répartition
mais on peut aflurer qu'en France,;
le, patrimoine des pauvres
qù'irpourroit nourrir le quart qe
la nation malgré ces biens immen-
ses, la charité n'eu: point encore
refroife.' Si j'avois la mirtîon de
Vorateur chrétien je me cont^n-
teroîs de dire: riches, faites l'au:,
mont fans m'emJ?arra(Ter de la-'
ià Discours
manière dont le pain de l'aumône
ieroit diftribué mais cette tache
n'eft pas la mienne c'eft du côté
politique feul que je dois envifager
la queflion qui m'occupe, en prou-
vant que l'aumône, qui n'eft pas
la récompense du travail, entre-
tient la Mendicité nuit aux pau-
vres ménages, & du métier le plus
vil le plus contraire au bien gué-
néral en fait une profèflïori lucra-
tlvç. Le mendiant valide qui Ce
nos yeux
couvert défaillons, fé failant un
jeûnes accens de la douleur ou da
ftéfom, nousitrrache toujours quel-;
qïïer loit le gentiment qui iious
meuve, quelque modique que foi t
|aribmmé donnés, nous devons
penser que la même marîœuvrè fe
répétera avec le premier panant.
Une journée- écoulée dans U 'im-
SUR la Mendicité.
néantife èû toujours douce pour
l'honte vil, qui Te fait un art de
ion âviluTement il y a tout à
croire qu'elle amenem une nuit
de débauche. Je -ne répéterai pas
toutes les anecdotes-qùc Tonirap-
porte des mendians qui font mofis
'riches.; en ne fe reniant en
chette aucuns des agrémens de la
vie,: iliiiM perfonne qui ne {itchô
quelqifcs- faits
que j'avance.
Il eil des hommes plus gène*
reux quiéclairés qui raflemblent
àleur:porte ,.à des heures fees^
avec une oftentation* tout
indifcrette, une. certaine quantité
de pauvres le nombre en. au-
gmente chaque année parce
qu'en fanant l'aumône de cette
manière, on établit, fans le favoir
une école de Mendicité où les
enfans viennent apprendrè l'art Ci
Discours
dangereux de recevoir fans
vailler. Je reviens encore à l'Italie,
ou les moines, les prélats, les
grands feigneurs, font prefque tous
d'accord pour attirer dans les cours
de leurs palais tous les~pauvres
des villes je demande après cela
fi le peuple n'eitpas bien perfuadé,
que le meilleur métier, après celui
dé Cailrati de marchand: de: Ma-
dones n'eft pas le métiers de- men-
diànt ? On a été obligé de défen-
dre à Paris les diftributions publi-
ques de vivres & d'argent qui fe
faifoient à la porte de certains Mo-
naftères parce que ce genre d'au-
mônes, difoient les Juges de po-
lice, attiroit une foule prodigieufe
de mendians étrangers, & enga-
geoit les ouvriers à quitter leur
travail.
Il eft cependant bien dur de
xefufer le pauvre qui nous appelle
en
SUR
c
en tendant la main il s'élève dans
lame une forte de remords, ne
fut-ce que pour avoir rejeté ce
fenti'ment fi naturel qui nous en
commun avec les animaux, & que
le défaut de mots particuliers nous
force- d'appeller également corn*
paffien qui fait fi fon n'enfonce
pas une épine de plus dans le cœur
du malheureux rebuté, & fi l'on
n'aiguife pas le défefpoir d'une
ame profondément ulcérée ainfi,.
nous fommes coupables envers la
fociété en donnant t'aumône au
mendiant qui fe rit de notre pitié;
nous fommes coupables envers
l'humanité en refusant au pauvre
la compaflîon qu'il mérite peut-
être c'eft fans doute pour empê-
cher ce double inconvénient que
dans quelques pays on a impofé
unè amende pour ceux que l'on
furf rendroit faifant la charité; mais
Discours
outre que l'on a mis de l'orgueil
à braver la loi il a prefque tou-
jours été facile de l'éluder il faut
des espions, des archers des fen-
tences, tous moyens longs & dis-
pendieux pour punir deux cou,
pables que des Anges feuls pour-
roient juger; & qu'en réfulte-t'il
encore? un malheureux que l'on
traîne en prifon, un homme de
moins dans la fociété, qui, maigre
les rifques trouve remplacé le
lendemain par un autre on a|>eau
faire la faim quelque ranger
q u 'il y ait fera toujours fortir les
loups de leurs repaires. Allez au
devant 'du pauvre faites-lui trou-
ver dans fa maifon le travail & le
néceflaire, vous n'aurez plus be-
foin ni de loix ni de chaînes
pour la Mendicité.
Un des plus grands inconvé-
Viens de l'aumône donnée en paf-
la Mendicité. 3 5
CiJJ
fant c'eft qu'elle efttoujoursfaite
fans réflexion. J'en appelle à vous,
homme fcnfihle & vrai qui n'éri-
gez pas en vertu une émotion.paf-
fagère avez-vous proportionne la
charité que vous faites, à la famille,
aux befoins dé celui qui vous a
follicité ? Eft-ce titre de récom-
penfe pour un jour palfé dans le
travail, que vous avez ouvert vo-
tre bourfe ? Non fans doute le
plus adroit ou le plus Importun des
mendians, a tiré de vous tout ce
qu'il a pu, en raifon de votre kn-
fibilité vous ne vous êtes pas in.
quiète de favoir qu'elle fcroit la
dellination de votre aumône -.peut-
on être cependant indifférent la*
«kfliis quand on fait que ce n'eft
qu'un présent fait à l'Etat & â l'hu-
manité. L'art de donner eft peut-
être plus difficile que l'art de re-
cevoir. Pour fixer l'incertitude des
3 6 Discours
perfonnes charitables, on a ima*
giné le privilège de mendier .à cer-
tains pauvres en leur alignant un
lieu déterminé c'eft étrangement
abufer des hommes, de l'ordre &
des loix, que de mettre la dou-
leur en fpeâacle fur un fumier.
On doit avoir pourvu à la fubfif-
tance des malheureux, affligés de
quelques maladies particulières.
Quelle ed la Province, la Ville
le Village qui ne peut offrir aucun
afyle au petit nombre d'infortunés
que la vieillefle ou des accidéns
fort rares, rendent incapables de
tout travail? Ce pauvre, d'ailleurs;
ou pour parler plus correâement,
cet homme n'a-t'il pas les droits
les plus facrés aux ménagémens
que l'on doit aux malheureux?
Pourquoi vouloir encore affliger
fa misère, en le montrant au peu-
ple dans un état d'abandon &
sur la Mendicité, )7
C
d'opprobre & lui faire acheter le
pain qu'il mange par des foumif-
fions & des baffeffes ? Si on. ac-
corde le privilège de mendier à
des gens valides &' capables en-
core de quelque travail je de-
mande quels feront la femme les
enfans d'un pareil homme ? Voilà
des générations mortes pour l'hon-
neur on doit être fûr. que les en-
fans chercheront à tirer tout le
parti poflîble de la profeffion qu'ils
auront vu exercer à leurs. pères.
Et vous, Magiftrats qui interver-
tirez l'ordre établi par Dieu mê-
me, qui nous a condamné au tra-
vail, avez-vous bien pefé les in-
convéniens d'un exemple perni-
cieux ? Songez que vous faites tort
aux pauvres ménages, en amonce-
lant peut-être les charités fur une
feule tête; le fort de votre vil
protégé paroîtra digne d'en vie aux
Discours
fainéans, &, fans le favoir vous
ferez naître l'audace ou la l'ou.,
ple/îe ne'ceilàire pour que des
gens auxquels l'oifiveté eft chère
viennent vous demander la per-
mifjîon de mendier publiquement.
A toutes les raifons que l'on
vient de donner pour réformer
les abus de l'aumône paflagère &
le danger des hôpitaux il en faut
joindre une plus puiflante encore
pour les ames lènfibles c'eft que
tous les établiffemens de ce genre
refroi{liirent la charité, & ôtent
eux coeurs compati/Tans cette ac-»
tivité fi néceflaire pour faire le
bien; je dois développer cette
idée. Quand on accule (es con*
i:emporains, il faut pouvoir leur
dire, pefez mes paroles & jugez
mes raifons.
Depuis dix :ails les Sages dit
/îéclç wn en aucîque forte inoa?
SUR LA MENDJCltÉ.
dé la France de projets pour le
bonheur des hommes: on s'eft
donné mille tourmens pour in-
venter des fyftêmes de population,
d'agriculture & de commerce. On
a fait paroitre fur toutes ces ma-
tières de longs traités; tout le
Monde agité; les États, les
Villes refont diputés les hommes,
comme autrefois les rois payeurs
Ce difputoient les moutons pour en
tondre la laine, & en dévorer la
chair. On ne peut cependant refu-
fer des louanges à ceux qui con-
iacrent leurs veilles à discuter
des vérités auflî intéreflantes &
qui ont un- rapport direâ au bien
public* mais nous ignorons encore
malgré tan^de leçons jufqu'à
quel point il efl néceffaire pour
lebonheut individuel, qu'un Etat
foit peuplé & ce qu'il convient
de faire d'environ neuf cens mille
40 Discours
hommes qui, au moment où j'é-
cris languiflent en France dans les
prifons les. maifons de force &
les hôpitaux. Tout le fracas de nos
principes politiques, réduits aux
moindres termes poflibles n'ont
ployer à peu de frais les homme
au fervice des riches auiïï, jjp
jnolleffe & l'oifiveté ont-elles été
regardées comme le terme du borè-
heur. La fagefle, qui diflerte &
pèle l'utilefurides lits de rofes ,a
remplacé cette fageffe. aÔive qui
vivifie tout la vertu qui foulage
11 exiile peut-être que dans nos^li^
vres & (ur/lès lèvres de? oos mora-
lises. Parmi la fouledê^projeis qui
inondent le. public je n'en vois
aucuns, où l'on offre de nouvelles
reflburces à, l'honnête femme acca»
blée fous:le faix de fa fécondité
à l'indigent laborieux,. à lartiûm
SUR la Mendicité.
fans travail. Toute notre induftrie
s eftbornée, jufqu'apréfent, à.en-
talfer les hommes dans des repai-
°res infe#s, que l'on appelle hôpi..
taux. Tous les papiers publics jie
xeffent cependant de.vanter avec
une intempérance de paroles, fou-
vent faftueufes des a&esde bien-
ordinaires, Pauvres
humains on
la vertu puifqu'ilfaut
fi fort aux riches: que h
«ndurcit. Je
pas Je tribut de louanges qôe:l!dn
doit à celui qui fait confoler ̃ 1V&
fliâion aider le
̃%&L la fojblefle
dans le fectet ôci'on doit
jouin ooimme chaque homme
un ami fidèle je n$
.défapprouve donc que la célébrité