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Discours sur cette question, quels sont les moyens d'encourager le commerce à Angers ? ([Reprod.]) / par M. Viger,...

De
58 pages
de l'impr. de C.-P. Mame (Angers). 1789. Commerce -- France -- Angers (Maine-et-Loire) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVES DELA
REVOLUTION FRANÇAISE
15 BRIDGE STREET MILL • BRIDGE STREET
WITNEY ̃ OXFORDSHffiE ÔX8 6YH
Tetephone:(0993) 776396 Fax: (0993) 779043
DISCOURS
SUR
LE COMMERCE.
DISCOURS
SUR CETTE QUESTION:
QUELS SONT LES MOYENS
D'ENCOURAGER LE COMMERCE
A ANGERS?
Par M. VIGER, Avocat,
Qui a été couronné par l'Académie des Sciences
& Belles Lettres d'Angers, le mercredi
14 Novembre 1787.
A ANGERS,
De l'Imprimerie de C. P. M A ME,
Imprimeur de l'Académie.
9'
D I S COU R S
SUR CETTE QUESTION
Quels sont les Moyens d-encourager le
Commerce à Angers.
Voyant à mes pieds ces belles contrées où fleurissent
» les Sciences & les arts, & que les ténèbres de
n la ;barbarie avoient fi long-temps occupées je
97 me fuis demandé qui eft-ce qui a creufè ces ca.
maux ? qui eft-ce qui a defiéché ces plaines ? qui
w eft-ce qui a fondé ces villes? qui eft-ce qui a raf-
» femblé, vêtu, civilifê ces peuples? Alors toutes
les voix des hommes éclairés qui font parmi
n elles, in'ont répondu c'eft Je commerce «c'eft
» le commerce. RAYNAL, Introd, à l'Hift. pkil. &
SI vous eussiez exigé Messieurs des
phrases oratoires au lieu de demander
des idées utiles fi vous eussiez proposé
quelques-unes de ces questions imposantes
au vulgaire mais dont! la pénible iblution
ne peut avancer les hommes d'un pas vers
(4)
le bonheur & qu'on jcroiroît n'avoir été
faites que pour exercer l'infatigable pa-
tience de quelque chronologisce, ou la dan-
gereuse activité de quelque
tique, indifférent Spectateur de cette lutte
oiseuse je continuerois U rêver en fecret
au bonheur de* mes femfelables & à gé-
mir du peu d'intérêt qu'on prend à les y
conduire.
En demandant les moyeoa d'encoura-
ger le commerce parmi nous vous
tendez doctement au bien public &
l'on doit vous croire disposés à employer
tous vos efforts pour parvenir à ce but
facré.
Nul autre motif n'a pu vous détermi-
ner à faire votre importante question.
Militaires décorés, gentilshommes & ec-
clésiastiques distingués par vos talens &
les grâces de votre esprit magistrats res-
pectés par vos lumieres & votre équité,
aucun de vous Messieurs n'est com-
Vous parlez donc en citoyens ? Eh
bien messieurs je fuis citoyen aussi, moi^
& c'est à ce titre que je vous offre quel-
ques-unes de mes idées Je n'ai pas la
folle prétention de les croire toutes in-
faillibles. Qu'une feule foit jugée par vous
de quelque utilité, & je me croirai trop
payé d'un léger travail. Si vingt concur-
:Cens icéritent>^avant moi la palme que
votre patriotisme vous a fait offrir j'é-
prouverai deux fentimens délicieux pour
une amé honnête celui de me croire
entouré d'un grand nombre d'hommes fé-
rieusement occupés de l'intérêt général, &
celui quewpeut m'inspirer Ii connoissance
de moyens plus propres à l'opérer, que
tous ceux que j'avois imaginés.-
Je passe donc à l'examen de votre ques-
tion fans autre espérance que de fervir
mes concitoyens, & fans autre crainte que
de ne pas préfenter un assez grand nombre
d'utiles vérités & avec toute la force qui
leur convient..
Je crois que pour y procéder avec- ordre
on doit commencer par fe demander, fi, ip.
par fafituation notre ville est susceptible
d'un grand commerce
a0. Quels gendres 4e commerce peuvent
lui convenir ?
Ensuite essayer de dévélôpper les causes
qui ont pu en retarder les progrès jufqu'à
ce jour.
Enfin préfenter les moyens propres à
Angers est-il propre au Commerce par sa
situation.
La réponfe., à la première''de ces ques-
tions, ,n'est pas embarrassante pour qu'une
ville foit fufceptible de devenir commer-
çante il fufïït qu'elle ait 'des communica-
tions faciles avec d'autres grandes villes.
Si elle joint à cet avantage celui d'être
située dans une province fertile & qui
recueille, au-delà de ses besoins des
denrées commerçables deux genres de
commerce peuvent s'y élever avec Succès
celui de fabrication, & celui d'exportation
des denrées en natur^,
Genres des Comrnerces qui conviennent à
Qui pourroit refufer à notre ville, la
réunion de ces deux avantages ? I/Anjou,
dont elle est la capitalisât une des provinces
du royaume les plus abondantes en vraies
richesses. Nous y recueillons, année com-
mune, plus d& bled qu'il n'en, faut pour
notre consommation. Les rivières en
grand -nombre, qui traversant notre prô«
rince sont bordées d'immenses & riches
prairies qui ouvriroient la carrière à des
.Spéculations fur le commerce des bestiaux
& n'ont fervi qu'à nous faire négliger..
culture des prairies artificielles dont quel-
quels provinces voisines' {avent maintenant
tirer le plus grand parti. Le terrein de plu-
sieurs de nos vallées est comparable au
folle plus productif de l'Europe, & l'on
peut restituer à notre agriculture une pro-
digieufe quantité de femblable terrein
en desséchant des marais immenses qui
font submergés par quelques-unes de nos
rivieres. Les chanvres que nous récoltons
sont plus beaux & de meilleure qualité que
ceux dunord, & le produit de no terres
à lin, étonneroit l'agriculteur étrangler
le plus industrieux & le plus éclairé
nos couteaux fournissent abondamment des
vins blancs de différentes qualités; ceux
de la premiere mieux façonnés, pour-
roient foutenir la comparaison avec les
meilleurs vins de France ceux de la le-
conde font une boisson ordinaire très-agréa-
ble ceux de la troisième font très-propres
à être brûlés & donnent à la chaudière
une grande quantité d'excellente eau-de-
vie cette seule branche de commerce
faite avec -industrie & économie feroit-
circuler beaucoup d'or dans la province
& enrichirait à coup sûr ceux qui l'en-
(8)
Il
treprendroiem avec activité sur-tout dans
un moment, la liberté de les exporter
en Angleterre en peut faire l'objet des-
'plus vastes fpéculations. Nous avons en
outre un grand nombre de carrieres qui
produisent la plus belle ardoise du royau-
me, & dans plufieurs endroits de la pro-
vince, on trouve des mines abondantes
en charbon de terre de première qua-
lité.
Voyons maintenanx fi nous manquons
des moyens licocooairea, pour tirer parti de
tant de richesses, en exportant notre fuper«
flu dans les provinces étrangeres.
Angers iîtué à l'embouchure de trois
rivières navigables, communique par elles
avec la Normandie la Bretagne, le Main()
& le Vendomois. La Mayenne, qui partage
cette ville en deux, va mêler à une lieue
de là, l'es eaux avec celles de ce Neuve
majestueux qui, traversant la France de
l'est $ l'ouest établit une libre commu-
nication avec Paris, par le canal de Briare,
Toute la province est coupée de plusieurs
grandes routes qui facilitent le débouché
de ses productions, & ses correspondances
par terre, avec les parties du royaume les
plus éloignées.
(9)
B
Il ne faut donc chercher ni dans sa
situation locale ni dans la' nature du sol
qui l'envir onne les causes qui jufqu'à
ce jour ont retardé les^rogrês du com-
merce dans une ville fi favorisée de la
nature.
On pourroit en trouver une grande par-
tie dana l'énormité des contributions aux-
quelles elle est assujettie en effet, il n'est
pas une seule des inventions fiscales dont
elle ne foit frappée. Placée entre les
douanes les plus terribles & les plus dé-
courageantes, il est impossible que le gé-
nie du commerce enfant de la liberté
n'y foit pas sans cesse étouffé & consé-
quemment qu'elle puisse parvenir au de-
gré de prospérité qui lui fémbloit destiné
par la nature. On peut donc assurer que
quelque robuste que soit sa constitution
elle
lette (fi je puis me servir de .perte ex-
pression) tant qu'elle restera aussi cruel-
lement exposée à toua les fcapels da
fifc.
Mais puisque la bonté du roi nous per-
met d'espérer un heureux & prompt chan.
gement, ne nous arrêtons pas plus long-
temps fur ijes^ tristes idées & tachons de
(IO)
déterminer les autres causes de notre
inaction.
Causes qui ont retardé les progrès de
notre Commerce.
Cette inaction tient beaucoup à des causes
raies qui dérivent elles-mêmes d'éta-
blissemens vicieux elle est maintenant
consolidée par l'exemple & l'habitude-^
qui ont plus de pouvoir sur l'esprit des^
hommes que tous les principes & les rai-
-sonnemens.
Pour ranimer notre commerce & notre
industrie, on doit donc commencer par
porter une main hardie ou du moins,
par élever publiquement des vœux contre
les établissemens capables de leur donner
atteinte.
Il seroit également utile que tous ceux
qui, comme vous, Messieurs sont faits
pour prendre sur l'opinion publique l'as-
se fissent un devoir de, prouver plus évi
qu'ils ont pour une profession qui en
assurant une récompense aux travaux de
l'agriculteur un salaire à l'industrie de
l'artisan & un prix aux talens de l'or-
( Il )
tiste donne à la fois la vie & le mou-
vement à toute la ibciété.
Il est bien difficile j'en conviens
d'opérer des réformes & de rompre d'an-
ciennes habitudes mais' quand on ëst
enflammé de l'amour du bien public de
quels efforts n'est-on pas capable? Oui
Messieurs je suis persuadé que fi l'on
^parvenoit à vous démontrer que ce bien
peut être le fruit de vos travaux rien
ne seroit capable -de rallenlir votre zélé
patriotique.
C'est ce même motif, si pur, qui m'a mis
la plume à la main; c'est lui qui rue fera
vous présenter sans art mais avec fran-
chise, toutes les vérités que je croirai
liées à mon fujet.
Je commence donc par déclarer que Je
regarde la: noblesse attachée à notre, mai-
rerie,
causes qui ont éteint ôç desséché l'esprit
de commerce dans notre ville. Au lietr
offert un motif l'orgueil cc un prix
la vanité on à peuplé la province d'oi-
( 1-il
préjugé qui flétrissoit les mainslaborieuses;
& condamnoit à la guerre ou à l'inaction,
l'être que son mérite ou la faveur vendent
d'élever au rang des nobles. On a suscité
presqu'autant d'ennemis au commerce,
qu'on a promu d'hommes à la mairerie
car il n'y a rien que le négociant ait au-
tant à redouter que l'orgueil du noble
d'un jour, & cela, par la raison, copiée
par Beaumarchais dans Montagne que
moins il y a de distance entre les hommes
& plus ils font pointilleux à la faire remar-
quer..
La prodigieuse, quantité de biens ecdé-
siastiques qu'il y a dans la province, doit
également avoir contribué à détourner les
Angevins du commerce. Les bénéfices ont
été de tout temps un appas très-féduisant
$e plus on a de facilités pour se procurer
sans peine les douceurs de la vie t moins
<>n est tenté d'augmenter fa fortune par
t'exercice d'une profession active & péril-
leuse. Ajoutez à cela que le religieux
le chanoine le gros bénéficier ne sym-
patisent nulle part avec le négociant &;
«p'Hs préféreront toujours la société da
gentilhomme du magistrat ou du paifible
bourgeois, qu'ils sont assurés d'avoir tou-.
jours près
(n)
jour, à la fin de leur office, celle du
commerçant que ses affaires tiennent
fouvent éloigné & pour qui les cafés
& les lpectacles sont des délassemens plus
agréables, & même plus utiles qu'une
société particulier, quelque bien compo-
sée qu'elle soit, parce qu'il a continuel-
lement besoin de communiquer avec un
grand nombre d'hommes.
La réputation dont notre Univerfité a
toujours joui, me paroît encore une des
caufes qui ont arrêté loc progrès de no-
tre commerce. Il y a fi loin de Tefprit de
calcul ,-qui^st l'amené cette profession,
aux connoissances qu'on prenoit autrefois
dans les Univerfités qu'il étoit impossible
que les deux pussent croître à la fois dans
le même lieu.
Chaque pere de famille voyant que les
honneurs 7
étoient réfervés pour ceux qui tenoient à
l'école, ou s'y étoient montré avec quel-
que éclat, ambitionnoit uniquement de
couvrir fon fils d'une rqbe> Si d'en faire*
un Intrant; il-falloit alors ( ce qui a tou-
jours été fort rare ) avoir une opinion bien
différente de celle de fon fiecle pour
préférer un comptoir bien établi à un
( H)
Les choses ne font plus au même état
je l'avoue. Les lumieres que les voyages
ont répandu les communications que le
commerce général a établies parmi les
hommes, la culture des Sciences exactes,
la perfection' des beaux arts, les progrès
naturels de l'esprit lorsqu'il a une cer-
taine direction tout cela nous a dessillé
les yeux & présenté les choses fous un
autre point de vue. On ne mefure plus
aujourd'hui les connoissances d'un homme
& le degré de confidération qui lui est
due par le nombre de fes grades dans une
Université (i); on commence àreconnoîtro
éfc~à estimer les professions utiles dans la
fociété mais il n'en est pas moins vrai
que le commerce qui jadis a trouvé
tant d'obstacles parmi nous a pris une au-
tre route & s'est fixé dans des lieux plus
favorables à fon existence.
Vous fentez Messieurs toute la perte
que nous avons faite, & vous deiirez la ré-
(i) Les grades qu'on a pris dans une Univerfité
fappofent toujours des études & confëquemment ne
peuvent être- qu'un heureux préjugé en faveur de celui
qui les a obtenus mais ils ne doivent pas fuffire pour,
arrêter définitivement notre jugement fur fon compte,
voila la feule chofe que j'aye voulu dire.
(M)
jjarer vous voulez rappèller aujourd'hui
le commerce exilé de nos murs en rani-
mer l'efprit, le recréer pour ainfi dire
parmi nous. Il faut peut-être plus d'art &
de bonne volonté pour opérer cette inté-
ressante régénération qu'il n'a tallu d'er-
reurs & de négligences pour le détourner
& en tarir la fource.
'Moyens propres ranimer notre Com-
merce.
Je crois qu'un des premiers moyens
au Souverain des vœux pour qu'il cessât
d'attacher les privilèges de la noblesse â la
mairerie de notre ville, & pour qu'il ne lais-
sât nos Maires d'autre décoration que!
les acclamations de notre reconnoissance*
& tes témoignages ordinaires de fa bien-
avec honneur les difïerens emplois qu'il
veut bien leur
des ac-
tels honneurs telles prérogatives indis-
Nous gagnerions au changement que
(16)
le premier, d'étendre le cercle très-étroit (i)
dans lequel on choifit les chefs de* notra
municipalité le fecond d'anéantir cetia
fabrique de privilégies & dont le nombre
est maintenant dans une proportion dé-
fastreuse avec la classe* des non privilégiés,
& dont les moeurs & les manieres font fa-
tales au génie du commerce.
En laissant les choses dans l'état où elles
font fi vous élevez à la mairerie lernégo-
ciant distingué, vous enlevez à fa pro-
fession un homme qui commençoit à. la
décorer, & vous privez le commerce d'un
^jpoini d'appui dans une ville où il a fi
gi^nd besoin d'être étayé.
Si vous excluez de la mairerie le négociant
indistinctement vous avilissez le com-
merce parmi nous & vous détournez de
Si le mairat d'Angers tSeflbk de donner la no-
bletfe, il n'y a peut-être pas un gentilhomme dans
cette ville, qui ne regardât comme un honneur d'être
décoré de cette importante place.
(a) Obfervez qu'il ne reforme jamais dé maifon de
commerce, un peu conftdérable fans que Con crédit»
fes liaifons fes commiffions ékc. n'en élevent & n'eu
foutiennent plufieurs autres qui tombent infaillible-
ment avec elle, fi elles'viennent à la perdre avant
qu'elles aient pris une certaine confiftance,
cette
( 17)
c
cette utile occupation, les hommes chez qui
l'amour des richesses quelque grand qu'il
ibit n'étouffera jamais la foif des dis*
tinctions.
Vous entendriez Messieurs fe récrier
contre cette falutaire réforme tous ceux
qui incapables de rien juger par eux-
mêmes, tiennent avec opiniâtreté, à
tout ce qu'ils trouvent établi parce qu'il
est plus âisé de fuivre aveuglément une
vieille routine, & de trancher toutes les
raisons qu'on pourroit alléguer contre
par cette indolente maxime sic VO-
lucre patres que de plier fon efprit &
d'accommoder fes idées aux nouveautés
que le tems & les circonstances ont rendu
nécessaires.
s» N'est-ce pas une folie diroient-ils
ait été accordé par la reconnoissance de
nos Souverains à la fidélité de notre
» Corps municipal. On a toujours 'regardé
cette faveur comme un de nos plus
n beaux priviléges; & lorsque cent villes
le •follicitent peut être avec ardeur,
» comment fommes-nous assez mal avi-
» ses pour en deH«m|«cla oppression
(̃'«)̃
Si j'avois à répondre à une pareille déclat
mation voici ce que je dirois v
Il ne s'agit pas tant de favoir quelle est
l'opinion de la multitude [Il que ce qui
lui convient or, ce qui convient à la
multitude c'est d'être bien gouvernée
c'est que la défense de ies intérêts ne foit
confiée qu'à des mains habiles & désinté-
ressées, c'est que ceux qui feront à fa tête
joignentà la connoissance des hommes
l'habitude des opérations publiques â
la noblesse dans les manières, à la géné-
rosité dans les procédés un caractère
assez respectable & assez imposant dans la
•fôciété, pour intimider ceux qui feroient
tentés de troubler le bon ordre, de dé-
grader' le caractère national par des nou-
veautés ferviles, fiscales & avilissantes
d'anéantir quelques-uns de nos droits uti-
les, ou d'envahir quelques -• unes de nos
l'intérêt général que le lourd fardeau des
Impositions f bit iiipporté par le plus grand
.nombre & que tous les quatre ans. une
autres du poids de les contributions..
̃• (}) fouventufl
des hommes les plus fages de l'antiquité.
<*9)
J'ose croire Messieurs en propofant
ces réflexions que perfonne ne s'avisera
de penser que j'aie voulu faire quelque fa-
tire perfonne!le & quelque application
particulie,re. L'envie d'offenser aucun hom-
me n'entra jamais dans mon cœur. Je fe-
rois d'ailleurs aussi injuste que coupable,
en voulant blesser ceux qui à ma connois-
sance ont été placés à la tête de notre
Corps municipal. Je déclaxe que comme
particulier & citoyen, je n'ai jamais eu
qu'à m'en louer; mais l'estime que .j'ai
pour eux personnellement ne doit pas
m'empêcher d'avancer dans une question
publique une opinion dont je fuis péné-
tré £c que je regarde dans la the(e*géné«
ralç.comme une incontestable vérité. Je
ne craindrai donc pas de dire., que nous
devrions une couronne.civique au vertueux
Citoyen qui après avoir développé de
grands, talens & un vif amour du bien pu-
blic dans l'exercice de notre maireriè"7au«.
roit la générofité de nous dire en quit-
tant ion administration ̃:
« O1 mes concitoyens, j'ai fentî, lorsque
» vous m'avez nommé votre chef que'
» vous m'imposiez le devoir de fairé tout
(
»heur, & de vous dire toutes les véxités
» que je croirois pouvoir y contribuer.
» Votre intérêt, & votre intérêt feul
» a fans cesse été présent à mes yeux pen-
» dant mon administration aujourd'hui
» que je vous remets la place que vous 4
» m'aviez confiée', je crois ne pouvoir
s> mieux vous témoigner combien je fuis
s> fenfible à l'honneur que vous m'avez
» fait, qu'en refusant les privileges qui me
» font offerts parce que je les regarde
» comme contraires à l'intérêt général. Je
»~me trouve trop payé de mes travaux,
» par les témoignages de votre amitié que
je ne croirois pas mériter, fi, pour prix
» du bien que j'ai voulu vous faire je
consentois à augmenter la furcharge pu-
» blique & fi je préférois à voshénédic-
» 'rions un parchemin privilégié. »
En attendant l'homme exemplaire capa-
ble d'un aussi généreux iàcrifice, passons
aux autres moyens propres à vivifier l'es*
prit de commerce dans notre ville.
L'éducation est fans contredit, lui des
plus efficaces qu'on puisse employer.,
Veut-on opérer une révolution dans lest
SWeuirs & les usages d'un
( a* )
l'enfance qu'il faut jetter fes regards ce
font les jeunes têtes qu'il faut mouler à la
nouvelle maniere. Tous les raisonnemens
humains ne pénétreront jamais assez l'esprit
des hommes faits pour leur faire aban-
donner quarante ans d'habitudes. Il feroit
donc bien essentiel qu'on changeât la mé-
thode qu'on femble avoir adoptée depuis
longtemps dans notre ville & qu'au lieu
de laisser trainer plusieurs années dans les
écoles de droit ( c'est-à-dire, en général
dans ToiCvêté ) ceux de nos jeunes gens
qu'on ne destine ni à la magistrature ni
au barreau ,-& qui ne doivent être dans la
fuite que des (i) bourgeois d'Angers on
leur fit passer ce temps dans un cabinet
de commerce de Nantes, Bordeaux ou
[il On appelle un bourgeois à Angers, celui qui n'eft
m ni
taire, ni commerçant ni artifle:, ni artifan, ni philo-
foph,e, ni homme de lettres, ni homme d'affaires c'eft
un être prefque nul, qui n'a de relations intéreflàntes
qu'avec fes fermiers & fes rentiers & qui cependant
s'efthne autant, au moins que le gentilhomme & le
magiftrat,; qui méprife fouverainement l'agriculteur,
l'homme d'affaires, le négociant & rartifle, fkf croît
très-fermement que le philofophe & l'homme de lettres
ne font que des fous. Il y a par malheur beaucoup
de ces bourgeois dans notre bonne ville d'Angers; mais
encore quelque temps, & le nombre en diminuent.'

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