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Discours sur la restauration de la liberté françoise, prononcé le... 24 septembre 1789, dans l'église des Mathurins, en présence de ce district, pendant la bénédiction solennelle de ses drapeaux ... par M. Baudart,...

De
21 pages
impr. de Vve Valade ((Paris,)). 1789. In-8° , 16 p..
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DISCOURS
',,- .-'"
SUR.
L^IKÈ STAURATION
-ill ) ~ST-AURATION
^>RLA LIBERTÉ FRANÇOISE,
PRONONCÉ le Jeudi 24 Septembre 1789,
dans l'Eglise des Mathurins, en présence
de ce Diftrift, pendant la Bénédiction
solemnelle de ses Drapeaux,
P Á R. M. BAUDART? Chanoine - Régulier
de la Sainte - Trinité pour la Rédemption des
Captifs j dit Mathurin, Bachelier de SorbonnE?
Au profit des Pauvres du Diftrift;
A
DISCOURS
SUR
LA RESTAURATION
DE LA LIBERTÉ FRANÇOISE;
Nox pracessot, dies autem appropinquavic ; abjiciamus ergo
opera tenebrarum, & induamur arma lucis. La nuit est pres-
que paiïee , le jour est proche; rejettons donc loin de nous
toute œuvre de ténebres , & revéirssons - nous d'armes de
lumière. Epître de S. Paul aux Romains, c, 13. v. ix.
LORSQUE la tempête effc passée , ôc que par-
delà ce nuage de more, qui semble s'éloigner avec
peine , un horizon serein se découvre enfin à nos
yeux, alors , ô mes freres! ô mes concitoyens !
alors on aime à regarder en arriéré ; & fortanc
de cet état de trouble où toutes les impulsions
font confuses) toutes les pallions indéterminées ,
l'esprit, rendu à son énergie native, compare
les jours avec délices j Se l'ame se repose avec
complaisance sur un sentiment de bonheur. Ce
moment est donc arrivé ! & le François, mort
( 1 )
depuis si long-tems à tous les droits de l'homme
& du citoyen, le François reflufcite libre ; 3e ce
même sceptre, qui servit dans des tems malheu-
reux pour creuser sourdement sa tombe, ce sceptre,
aux mains d'un roi juste, en souleve aujourd'hui
la pierre. Changement mémorable à jamais, vous
n'êtes point l'effet de ces viciflitudes communes,
qui renversent ou relevent tour-à-tour la fortune
d'un individu ! Pour rendre un peuple entier à
sa félicité premiere, il faut plus que des jeux du
hasard ; & quand l'édifice de la société s'est vu
saper jusques dans ses fondemens, quand il a
croulé de toutes parts & que les matériaux en ont
été dispersés, ce n'efl: pas assez, pour le relever ,
du secours d'une main fortuite. Mais l'éternel ar-
chitecte de tout ce qui est bien 3 Dieu en pré-
paroit de loin la restauration ; & semblables à
l'enfant au fein de sa mere, nous allions voir
nos liens se détruire , à cet instant même où la
force de nos liens sembloit nous les montrer in-
deftruétibles. Des liens ! qu'ai-je dit, mes freres?
des entraves d'airain assujertissoient nos têtes, &
plus infortunés encore que ces viélimes de fang,
offertes autrefois aux faux Dieux, des fleurs &
des rubans ne nous déguifoient point nos chaînes.
Oui, ce généreux peuple , que son nom seul
déclare libre, ce peuple dégénéré par degrés, bais-
soit servilement la tête fous un joug de quinze
( J )
A i
siecles. Les piques imposantes des Francs, ces
boucliers retentilfans sur lesquels ils avoient vo-
lontairement proclamé roi leur égal, ces piques,
ces boucliers n'étoient plus ; des ministres tor-
tionnaires les leur avoient ravis, en avoient forgé
leurs fers ; & quels fers , citoyens ! ils embraflbient
tout, ils pefoient sur tout. Biens, talens, in-
dustrie , vingt millions d'hommes tout entiers ;
étoient devenus le domaine, la propriété de quel-
ques centaines d'hommes. Le fisc insatiable avoic
étendu ses mille bras , & la pensée , ce souffle
divin, la pensée même s'étoit vue sa proie. Ici,
c'est la corvée dévorant la subsistance de cet homme
de peine , qui, pour vivre toute l'année, a besoin
du salaire de chaque jour ; là, l'orgueil ou l'ava-
rice , condamnant à l'esclavage, à l'infamie celui
qui a tué sur son champ l'animal ennemi de son
champ ; ici, le pauvre forcé de fuir le dernier
asyle même de l'indigence, où l'infâme cupidité
cache la mort fous l'image du premier aliment
de la vie ; là, le pauvre repouflTé par l'homme
rustique 3 qui tremble que le don d'un peu de
vin ne foit le signal de sa ruine ; l'homme fers
enfin & vendu avec la terre qu'il a femée, comme
le hoyau qui la brife , comme le bœuf qui la
sillonne.
J'en conviendrai, messieurs ; ainsi qu'on voit
fous notre horizon la glace la plus épaiflfe se fondre

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