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DU MAL
ET
DU REMEDE.
Descends du haut des cieux auguste vérité,
Répands sur cet écrit ta force et ta clarté.
Pénètre jusqu'au Roi , qui désire t'en tendre,
Sans crainte indique lui ce qu'il doit entreprendre
PAR CHES LAMBERTIE DUMONTÉ,
Chevalier de l'Ordre royal et militaire de St. Louis.
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1815.
DU MAL
ET DU REMÈDE.
LE moment est donc arrivé où les dignes et
légitimes (I) représentans du peuple français
réunis, vont sortir la France de l'abîme où une
poignée de factieux la lient plongée depuis
vingt-cinq ans. Oui, augustes représentans ,
c'était à vous qu'était réservée cette belle oeu-
vre ? c'est vous qui allez faire succéder à ce
siècle d'horreurs la paix et le bonheur : vous
allez cicatriser les plaies de la patrie; vous allez
lui donner son antique vigueur, et consolider
à jamais le trône et la dynastie de l'auguste
famille des Bourbons ! Jamais une plus brillante
époque ne s'offrit pour acquérir une gloire im-
mortelle : la plupart de vous , Messieurs, en
êtes déjà couverts.
Messieurs, il ne faut pas le dissimuler, nos
maux sont grands., notre situation est cruelle,
I *
( 4 )
mais aussi nos ressources sont grandes ! vos
talens sauront en tirer le plus grand parti ; vous
connaissez la source de nos malheurs , vous
en connaissez les auteurs : il suffit que les lois
soient mises en vigueur, et que la loi frappe
les coupables, pour que la France soit sauvée.
Depuis vingt-cinq ans la France est livrée à
l'anarchie; elle est devenue la proie d'une poi-
gnée de factieux qui a tout détruit; les plus
saintes institutions ont été violées; la religion,
Ses temples ont été souillés et détruits ; la mo-
narchie méconnue; ses augustes chefs assas-
sinés ou proscrits; les arts, le commerce , l'in-
dustrie anéantis ; les ateliers abandonnés ;
l'honneur, la confiance, la probité ont fui; les
campagnes sont dévastées et désertes; enfin la
corruption a remplacé la vertu. Quels sont les
auteurs de tant de forfaits ? C'est une poignée
de factieux couverts de crimes et d'opprobre ;
ce sont ces régicides qui ont tout pillé, tout
ravagé, tout dévasté, qui ont exercé toutes es-
pèces de brigandages en France et en Europe;
qui y ont porté le fer et la flamme, le désespoir
et l'effroi, et qui y ont semé ce germe révolu-
tionnaire , source de tous les crimes ! c'est cette
poignée de factieux qui a préparé et figuré à l'af-
faire du 5 et 6 octobre à Versailles , (2) à l'af-
(5)
faire de la Bastille; qui a massacré les plus ver-
tueux et courageux magistrats (Foulon, Berthier,
Delaunoy, etc.); qui a fait le 9 février (3), le
20 juin (4), le 10 août (5), les 2 et 3 septem-
bre (6), le 21 janvier (7), le 13 vendémiaire (8),
les 3 et 4 prairial (9), etc. etc.,etc., etc. Ce sont
ces régicides qui, du baut de l'amphithéâtre de
leurs arènes, se disputaient à qui afficherait
le premier sa barbarie et se glorifierait de ses
forfaits. Ces antropophages inventaient la nuit
des crimes, et les exécutaient le jour! vous les
avez vu se distribuer la France pour y exercer
leurs cruautés! à Avignon, ils engloutissaient
leurs victimes dans les glacières ; à Lyon, à
Toulon, ils les mitraillaient; à Nantes ils les
noyaient à la faveur de bateaux à soupape, ils
faisaient des mariages républicains (9); il n'est
pas un coin de terre en France que ces scélérats
n'aient teint du sang innocent : à Paris, les 2
et 3 septembre, et aux Carmes; à Versailles
même répétion ! c'est cette même poignée de
factieux que vous avez vu toujours à la tête de
toutes les révoltes et les séditions; vous les avez?
vu tour-à-tour, délateurs, inquisiteurs , bour-
reaux ou valets; associés ou asservis à tous les
féroces qui ont paru sur ce théâtre sanglant ; et
ces monstres sont encore parmi nous gorgés de
(6)
notre sang et de nos dépouilles, insultant jour-
nellement par leur luxe et leur vie sensuelle à
notre misère ! vous avez vu ces lâches , ces régi-
cides se vendre au premier venu ; vils agens des
Robespierre, des Lafayette , des Cambacerès,
des Marat, des Pétion, des Merlin, des Fou-
chet, des Lameths si célèbres par leur ingra-
titude et leur perfidie envers leur Souverain, à
qui ils devaient leur existence ! enfin vous les
avez vu vendus à tout ce qui a paru d'impur
sur, cette scène ; et las et fatigués , ayant épuisé
la source du crime , pas un d'eux n'a eu le cou-
rage de se mettre chef de la horde; ils ont été
fouiller dans la boue, en ont sorti Buonaparte
pis-aller d'un Baras. Ils lui ont fait jouer tous
les rôles ; ils l'ont renvoyé en Egypte pour con-
forter son caractère cruel ; ils l'ont fait revenir
en France pour exercer sa cruauté ! vous avez
vu ces êtres vils avec quelles bassesses ils ram-
paient auprès de lui après qu'ils l'eurent in-
vesti du pouvoir suprême ! vous avez vu aussi
l'audace et l'orgueil du petit homme, et de
quelle manière il reconnaissait et gratifiait leurs
servitudes ! tantôt il leur administrait des at-
touchemens un peu violens et indécens, et la
plupart de ces plats valets étaient très-avides et
friands de ces caresses , parce qu'il n'y en avait
pas une qui ne leur valût au moins 100,000 fr.
et puis les charges , les emplois et puis etc. 1; et
cependant ce sont ces lâches, ce sont! ces fac-
tieux , ce sont ces bourreaux qui, teints du
sang du meilleur des Rois et de celui d'une par-
tie de son auguste famille, avaient obtenu l'ou-
bli de leurs crimes et forfaits ; ces bourreaux
ont méconnu le dispensateur de ces grands
bienfaits : ce Roi généreux, sensible et bon,
pour prix de tant de bontés, ils n'ont cessé de
conspirer et d'attenter à ses jours et à ceux de
son auguste famille, ils ne cessent d'abreuver
son coeur d'amertume ! ce sont ces factieux qui
viennent de mettre le comble à leurs forfaits en
ramenant en France ce Corse, ce Saturne mo-
derne qui a attiré une armée d'un million d'hom-
mes étrangers sur le sol de notre malheureuse
patrie! ce sont ces factieux qui ont séduit, su-
borné et excité la rébellion à l'armée; et ces
monstres existent, ils marchent de front avec
la vertu ! Messsieurs , comment voulez-vous
que la victime puisse voir de sang froid , à ses
côtés, ses bourreaux ou ceux de sa famille ! Ce
tableau ne peut exister : il faut de toute néces-
sité que la loi fasse justice de ces régicides,
de ces assassins ; ou condamner vingt-cinq mil-
lions de Français à devenir encore la proie de
(8)
cette poignée de. factieux : frappez donc les
coupables, ils sont bien connus; leurs crimes
et attentats sont bien avérés, ils sont consignés,
dans ce monument d'iniquités (l'histoire de la
révolution) ! il est donc nécessaire que la justice
s'en empare et que son glaive délivre la France
de ces monstres, son repos en dépend, et la
vindicte publique l'exige ! ce n'est pas, une ven-
geance qu'on exercera, c'est urne justice.,
Il restera ensuite, augustes représentans, à
prononcer sur le sort de leurs apôtres dissémi-
nés dans la France, occupant toutes les places ;
quoiqu'ils soient en très-petit nombre ils n'en
sont pas moins très- dangereux , parce que les
places qu'ils occupent leur fournissent tous les
moyens de faire le mal et de paralyser la mar-
che du gouvernement; ils communiquent jour-
nellement avec le peuple qu'ils égarent et dont
ils disposent à volonté; ils entretiennent une
correspondance très-active et très-suivie; ils
sont très-étroitement liés , ils n'ont cessé d'a-
voir des ramifications et de tenir des concilia-
bules; ils sont audacieux par l'impunité de leurs
crimes; ils ont une doctrine immuable, leur
conduite est invariable, et ils ne changeront ja-
mais : le reptile change de peau, mais jamais
d'humeur.
(9)
Il importé donc à la félicité publique, au repos
du Monarque et à celui de son auguste famille,
de les expulser des places qu'ils occupent et
auxquelles la plupart n'est parvenue qu'à force
de forfaits. Toutes les administrations ont be-
soin d'être épurées ; les préfectures, sous-pré-
fectures, les douanes, droits-réunis, receveurs
de contributions, percepteurs, postes aux che-
vaux, postes aux lettres, la plupart de ces fidèles
apôtres étaient à la dévotion de leurs maitres ;
les chevaux et les courriers étaient toujours
prêts pour eux; les caisses leur étaient ouvertes;
les directeurs des postes aux lettres abusaient
de leurs places et violaient les secrets des famil-
les ; ils s'en servaient pour augmenter le nom-
bre des victimes; toutes les lettres adressées par
ces nobles proscrits à leurs parens étaient por-
tées au clubs, décachetées, et les infortunés aux-
quels elles étaient adressées étaient arrêtés et
assassinés. La partie judiciaire est une des plus
essentielle et sur laquelle on doit porter un oeil
attentif et sévère; sa composition est une mons-
truosité , elle est composée en partie de régici-
cides, de fédérés , des suppôts de Robespierre
et du Corse; la plupart ont égalé en cruauté et
en , tyrannie leurs maîtres , et beaucoup dans
la crainte de leurs déplaire auraient plu-tôt
( 10 )
fait périr tous les Français. Il aurait fallu voir
avec quel acharnement et barbarie ils poursui-
vaient un malheureux père, ou parent , ou
ami, qui aurait voulu soustraire son enfant de
la conscription; il aurait fallu voir avec quels
délices ils renvoyaient leurs sbyres garnisaires
chez les parens du conscrit qui cherchait à se
soustraire ; il aurait fallu voir comme ces mal-
heureux enfans étaient arrachés du sein de leurs
mères et traînés à la boucherie, enchaînés et
traités comme des forçats par des gendarmes
féroces ; enfin on en a vu des milliers se suicider
et se mutiler plutôt que de souffrir cette tyrannie:
les percepteurs employés aux droits-réunis,
tous en agissaient ainsi. Le gouvernement a
besoin d'établir des impôts, de les prélever
pour subvenir aux besoins de l'état; mais encore
ne faut-il pas, pour prélever trois francs, qu'il
en coûte trois cents francs au gouvernement,
comme ça a été pratiqué tout le temps de cette
anarchie. La preuve est que le directeur de l'en-
registrement , chargé du recouvrement des
amendes auxquelles avaient été condamnés des
parens de conscrits et autres, démontra qu'il en
coûtait des sommes immenses au gouvernement
pour ne rien retirer. Le Corse, indigné de ce
que cette administration contrariait ses goûts
(11 )
cruels chargea de cette opération un ministre,
je ne sais lequel.
C'est à vous organes de la loi, arbitres du
sort de la France, dignes collaborateurs et dé-
positaires de la volonté du Monarque; vous qui
allez partager si glorieusement ses pénibles tra-
vaux ; vous à qui Sa Majesté vient de donner
une si grande preuve de sa confiance en vous
mettant à la tête des ministères, c'est à vous à
porter un oeil sévère sur toutes les parties de
votre administration, et d'en faire l'épurement :
toutes sont plus ou moins corrompues.
Il ne reste plus qu'à traiter la partie la plus
délicate et la plus dangereuse d'après le funeste
exemple que nous venons d'avoir sous les yeux;
c'est la réorganisation de l'armée ; mais la
France et l'auguste assemblée doivent se repo-
ser avec sécurité sur les vertus , sur les talens
du ministre que Sa Majesté vient d'investir de
nouveau de ce ministère, au contentement de la
France et de l'Europe, ainsi que sur ceux de
M. Tabarié (*), son digne et brave collabora-
(*) M. Tabarié mérite à tous égards la confiance pu-
blique ; il est bien né et avec une grande fortune. II n'a-
vait pas besoin de courir après d'emplois, ce n'est que le
désir de servir son pays et son souverain qui lui a fait
accepter la place de secrétaire général ; il est nommé re-
présentant.
( 12 )
teur qui a partagé ses peines et ses glorieux tra-
vaux; le courage et le dévouement avec lesquels
il a servi la patrie et son Roi, notamment dans
ces temps affreux où l'intrigue la plus odieuse
l'a écarté du ministère , est un sûr garant que
l'armée sera bien composée ; il connaît l'esprit
militaire; il ne confondra pas l'innocent avec
Je coupable, le fidèle, le brave, avec le traître
et le lâche ; il connaît les grands coupables ;
j'aime à croire qu'ils sont en petit nombre. Il
en est dont le zèle criminel a servi audacieuse-
ment les projets perfides du Corse. Ces traîtres
sont bien coupables ; c'est à la loi à prononcer
sur eux. Il en est d'autres dont la conduite n'est
pas moins criminelle; mais ils n'ont joué que
des rôles secondaires , on ne peut leur confier
aucun emploi, et il serait très-dangereux de
les employer dans l'armée ; ce serait y porter
le brandon de la division et de la rébellion.
Quant aux jeunes gens il y en a beaucoup qui
se sont rendus aussi coupables ; les uns par un
faux enthousiasme ; d'autres nourrissant des es-
pérances chimériques ; plusieurs guidés par une
fausse gloire et un fol espoir : la plupart enfin
dévorés par la soif de l'avancement ; mais il y
a de la ressource chez quelques-uns de ces
jeunes gens ; leur coeur n'est pas encore assez
( 13)
imprégné de ce système dévastateur et révolu-
tionnaire, pour ne pas être susceptible de gué-
rison , et très-certainement guidés par ces no-
bles (10) et braves défenseurs du trône des lys ,
ce germe révolutionnaire s'éteindra dans ces
coeurs ; ils ne peuvent avoir sous les yeux un
plus bel exemple que celui de cette réunion de
valeureux chevaliers qui n'ont cessé jusqu'à ce
jour de marcher sur les traces de leurs ancêtres,
qui, par d'innombrables traits de valeur, de
grandeur et de fidélité, ontillustré pendant mille
ans la France, l'on maintenue dans son intégrité,
et ont soutenu le trône dans toute sa splendeur,
et la monarchie dans toute sa puissance. Quel
modèle pour la jeunesse ! quoiqu'en disent ces
parasites, ces factieux folliculaires , qui, ne sa-
chant contre qui exercer leur rage et leurs fu-
reurs, cherchent à ternir la conduite magnanime
des nobles et fidèles sujets du Roi ! Barbares !
l'univers les a admirés, et la postérité les citera
toujours comme modèle de courage et de fidé-
lité. Ce n'est ni l'orgueil, ni la cupidité qui ont
armé leur bras et guidé leurs belles âmes. Le
seul désir de préserver leur malheureuse patrie
du fléau dont elle est frappée depuis vingt-cinq
ans ; l'espoir de l'arracher des mains barbares
des factieux , le désir de conserver la religion