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Edmond, par Armand Bernier de Maligny

De
63 pages
G. A. Dentu (Paris). 1830. In-8° , 60 p..
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PAR
&M&SÎ2> oeoeiaiioiiL BI M&M©©!»
1pari$.
IMPRIMERIE-LIBRAIRIE DE G.-A. DENTU,
RUE DU COLOMBIER, K° 21;
XT PALAIS-ÏIOYAI., GALERIE ÏI'OIU.KA NS , N° 1 3.
M D CCC XXX.
PARIS. IMPRIMERIE DE G. A. DENTU-,
rue du Colombier, n° ai.
PAR
ARMAND BERMFJl DE MALIGNY,
A PARIS,
CHEZ G. A. DENTU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
BUE OU COLOMBIER, H° 21;
et Palais-Royal, galerie d'Orléans, n° 13.
M. D. CCC. XXX.
EDMOND.
i.
Départ pour l'armée. — Passage du Niémen. — La Pologne.
UN homme qui long-temps à son char de victoire
D'un bras triomphateur enchaîna les Destins,
Qui dans le rêve de sa gloire
D'un mot faisait des souverains,
Qui faisait d'un empire un canton de la France,
Que l'orgueilleuse Autriche avait nommé son fils,
i
Et qui devait lin jour e^rôtlvet? la vengeance
Des rois qu'il avait avilis,
Napoléon régnait ; et l'Europe alarmée
Le voyant réunir son invincible armée,
Demandait en tremblant sur quels nouveaux climats
Le conquérant voulait appesantir son bras.
A la voix du héros d'Arcole
La France a répondu ; des bataillons nombreux
Semblent de tous côtés surgir à sa parole,
Et font retentir l'air de leurs cris bejliqueux ;
A peine dans les rangs, par un pouvoir magique
Les enfans sont de vieux soldais ;
Des exploits des anciens le récit fan lastique
Les enivre, et leur fait mépriser le trépas.
Un jour l'inexorable Histoire
Elèvera peut-être un cloute injurieux;
Tous les récils de noire gloire
Seront pour nos enfans des récits fabuleux.
PourronL-ils concevoir l'enthousiaste délire
Que cet homme inspirait aux jours de son empire,
Quand au feu du bivac. à ses vieux grenadiers /
Il venait rappeler leurs travaux, leurs lauriersr
Et leurs noms glorieux, dans des déserts arides,
Gravés d'un fer sanglant au pied des Pyramides?
Dans ses rêves brûlans, dévorant l'avenir,
C'est alors que malgré les larmes de sa mère,
Qui cherchait à le retenir,
Edmond s'est élancé dans la noble carrière
Où marchent devant lui tant d'illustres guerriers.
Le récit des combats exalte son courage;
Il est jeune; c'est à son âge
Qu'on attache du prix à cueillir des lauriers :
C'est en entrant dans l'existence,
Avant que le coeur soit flétri,
Que le prisme de l'espérance
Abuse notre oeil ébloui.
Napoléon enfin a rompu le silence :
C'est dans des champs glacés par d'éternels frimas,
Qu'il veut aller des czars abaisser la puissance.
En vain des conseillers, qu'il ne consulte pas,
Elèvent une voix par la peur animée ;
Son inflexible volonté
Leur impose silence, et dans toute l'armée
Ordonne le départ : le sort en est jeté:
4
Sur les bords du Niémen, un sinistre présage
Vient encor du héros éprouver le courage :
Là le courroux des élémens
Réunit contre lui des efforts impuissans ;
Le fleuve est débordé, sur lui la foudre gronde,
La terre tremble sous ses pas;
On dirait qu'au chaos le Destin rend le monde.
Mais le Ciel parle en vain, il ne l'écoute pas;
Sa volonté de fer n'en est pas étonnée;
Il verra de Moscou les funestes remparts;
Le Kremlin soutiendra ses sanglans étendarts;
Ainsi le veut la destinée.
m
Au-delà du Niémen nos soldats sont surpris
De ne pas rencontrer les soldats d'Alexandre;
Us apprendront plus tard que ce fatal pays
Attend un allié qui saura le défendre;
Qu'il compte sur l'hiver, dont le bras destructeur
Appesanti sur nous, deviendra son vengeur.
On entend seulement les clameurs impuissantes
. Que poussent de hideux Cosaks;
Ils voltigent au loin, et leurs hordes errantes
N'osent pas s'approcher du feu de nos bivacs.
Nous entrons dans Yilna ; toute la Lithuanie '
Voit en nous des libérateurs.
Les Polonais déjà pensent que leur patrie
A brisé pour toujours le joug des oppresseurs;
Ils sont fiers de leurs fils, que plus d'une victoire
Associe à l'honneur de nos anciens succès,
Et qui sont devenus Français,
Naturalisés par la gloire.
Ivres d'espoir, déjà rêvant la liberté,
Honteux de leur long esclavage,
Us accourent avec fierté
Se placer dans nos rangs ; dans leur bouillant courage
Brûlant de partager nos glorieux travaux,
Ils vont avec reconnaissance
Sous les aigles de nos drapeaux
Chercher la gloire et la vengeance.
Dans leur noble simplicité,
Ils acceptent les lois que leur dicte la France;
Napoléon leur a promis la liberté,
Il leur apporte la licence.
Un instant ils ont cru que pour les protéger,
Nous venions déclarer la guerre à la Russie,
Briser les fers de leur patrie,
Et* que notre seul but était de les venger ;
Bientôt s'évanouit cette douce espérance :
Ne savaient-ils donc pas, ces braves Polonais,
Que l'honneur et l'indépendance
Peuvent se conserver; se retrouver, jamais?
II.
Passage de la Biîrézina. — Smolenks. — Bataille de la Moscowa.
QUAND les dieux, animés d'une juste colère,
Veulent châtier leurs enfans.
Us suscitent des conquérans.
Météores brùlans, ils dévorent la terre,
Trop petite pour leurs désirs;
Les combats sont leurs seuls plaisirs;
Ils se nourrissent de fumée,
Et pour eux, l'Etat c'qsjL l'apaiée.
8
Cependant la postérité.,
Tout en admirant leur courage,
Ne leur accordera que la célébrité,
Et gémira de leur passage.
Us ne méritent pas le titre de héros,
Ceux qui, dans leur rage guerrière,
Méprisant d'utiles travaux,
Semblent avoir vécu pour dévaster la terre ;
Leur brutale férocité
Fera long-temps couler les pleurs de leur patrie :
Un héros est celui qui! pour la liberté,
Les armes à là main a su donner sa vie.
Les grands noms des Brutus et des Léonidas,
Aux noms des conquérans ne s'associeront pas ;
Un or pur formera le soc de leurs statues,
Qui ne seront point abattues
Comme les autels des tyrans,
Et qui triompheront des outrages du temps.
Le nom du héros et du sage
S'élève et grandit d'âge en âge;
Rien n'est grand que la vérité;
Le seul juge impartial est la postérité.
9
Le monarque Suédois, fanatique de gloire,
Charles-Douze, malgré ses étonnahs exploits,
Ne sera jamais pour l'histoire
Que le don Quichotte des rois.
Un pays protégé par des déserts de glace,
Vainement autrefois, s'armant de ses frimas,
Refusa de nourrir les vingt mille soldats
Qui de ce roi du Nord partagèrent l'audace;
Napoléon le sait; son intrépidité
N'en poursuivra pas moins un projet téméraire;
Il n'a pas écouté cet avis salutaire,
Il cède à la fatalité y
Il s'avance dans la Russie;
Il franchit la Bérézina
Sans vouloir écouter mie voix qui lui crie :
« C'est le chemin de Pûltawa. »
Mais déjà de la faim la cruelle torture
Vient éclaircir nos bataillons;
Dans nos rangs déjà le murmure
A remplacé les chants, les acclamations.
Quand nous nous approchons des châteaux, des villages,
Un spectacle effrayant nous frappe de stupeur;
io
En les abandonnant, leurs habitans sauvages
Les livrent au feu destructeur.
Nous ne trouvons partout que des ruines en cendre ;
Le pays devant nous recule tout entier;
Les toits de leurs aïeux, qu'ils n'ont pas su défendre,
Les Russes ont du moins* su les incendier.
Napoléon toujours conserve l'espérance
Qu'Alexandre bientôt demandera la paix.
Il dit à haute voix qu'il ne faut qu'un succès;
Que nos privations auront leur récompense ;
Que nous verrons-bientôt se changer nos destins,
Et que nos armes triomphantes,
Sortant avec éclat de ces ruines fumantes,
Trouveront dans Smolenks de riches magasins.
Nous voyons devant nous un immense incendie
Marquer la trace des Cosalts;
Au camp abandonné par l'année ennemie,
Chaque soir nous venons établir nos bivacs.
Souvent nous nous flattons qu'au lever de l'aurore
Les Puisses vont nous attaquer;
Nous offrons le combat, ils reculent encore:.
Où donc veulent-ils s'arrêter?
11.
A l'aspect de Smolenks le soldat se ranime ;
Encor quelques efforts, des vivres abondans
•Feront fuir loin de nous cette affreuse famine*
Qui depuis quelques mois a décimé nos rangs.
Smolenks est -devant nous; là règne l'abondance,
Là nous trouverons ce repos
Qu'a payé chèrement notre longue souffrance,
Là nous oublierons tous nos maux.
'L'ennemi sous ses murs est allé nous attendre;
Ce combat qu'il fuyait l'accepte-t-il enfin ?
Ces riches magasins pense-t-il les défendre
Quand nous combattrons pour du pain?
Il ne tentera pas cette lutte sanglante ;
S'il résiste quelques instans,
Ce n'est que pour avoir le temps .
De répandre partout la flamme dévorante.
Nous refusons en vain de croire à ce malheur,
Un vent impétueux favorise les flammes.
A cet aspect affreux s'élève un cri d'horreur ;
Alors le désespoir s'empare de nos âmes.
Napoléon a vu la grandeur du danger
Dont ce désastre le menace;
12
Il est trop lard pour reculer,
Il ne voit de salut qu'en redoublant d'audace.
Il n'est déjà plus temps d'écouter les avis
De ses vieux compagnons de gloire;
Il sent que son destin dépend d'une victoire,
Et que la paix est à ce prix.
Il parcourt les bivacs, et même en sa présence
Des soldats osent murmurer ;
L'excès de la misère a vaincu leur constance :
Qu'il leur donne du pain! où veut-il les mener?
« Soldats, leur répond-il, le monde nous contemple ;
« Nous allons à Moscou. » Ses discours, son exemple
Ptéveillent dans les coeurs une noble fierté.
Il sait mettre à profit ce moment de délire';
La voix du conquérant a repris son empire :
Qu'a-t-il promis? du pain? Non, l'immortalité..
Les Russes cependant jugent mal la prudence
De Barclay, qui toujours évite le combat;
Le mépris est la récompense
Que la Russie accorde au sauveur de l'Etat.
C'est Rutusof, l'ancien rival de Suwarou,
Qui vient commander à sa place;;
i3
Vieillard fanatique, et jeune encor d'audace,
Il promet de combattre et de sauver Moscou.
C'est à Borodino que Kutusof s'arrête ;
Le vieillard l'a promis, il veut nous résister:
Les Russes ont enfin terminé leur retraite;
Nous n'osions plus nous en flatter.
Nous craignons cependant qu'ils ne veuillent encore
Nous échapper pendant la nuit;
Chacun, tremblant au moindre bruit,
Attend avidement le lever de l'aurore.
Napoléon parcourt les rangs,
Recommandant partout le plus profond silence;
Il flatte les soldats, les nomme ses enfans,
Les enivre de sa présence;
A ses vieux grenadiers il présente un portrait :
C'est, dit-il celui de leur frère,
C'est celui de son fils; chacun le reconnaît,
Chacun l'aime déjà par amour pour son père.
L'aurore, que nos voeux auraient voulu hâter,
De la nuit remplace les ombres ;
Les nuages épais et sombres
Qui planaient sur le camp, semblent se dissiper;
Le soleil tout à coup a déchiré le voile
Où nous étions ensevelis :
« Soldats, dit l'empereur, c'est toujours mon étoile;
. « Voilà le soleil d'Austerlitz! »
Ce j our-là, quand Phébus rentrant aU sein de l'onde,
Alla de ses rayons parer un autre monde,
Il vit avec horreur de longs ruisseaux de sang
Que ne pouvait plus boire une terre abreuvée;
Trente mille blessés demandant vainement
Que la mort achevât sa lâche inachevée ;
Il vit Napoléon, dans sa mornë stupeur,
Pour la première fois compter avec la gloire,
Et voyant à quel prix il est resté vainqueur,
Presque regretter sa victoire.
i5
m.
Moscou. — Incendie. — Retraite. — Champ de bataille de Boro-
diuo. — La Bérczina.
LE hasard décide souvent
Et des succès et de la gloire;
Les caprices du sort dictent le jugement
Que les contemporains transmettent à l'histoire;
Rien souvent la postérité,
D'après l'événement accordant son suffrage,
Du guerrier hasardeux exalte le courage
Ou blâme la témérité.
,' '' • . . i6
Quand on vit de Moscou les bizarres coupoles,
On entoura Napoléon;
Chacun semblait chercher de nouvelles paroles
Pour exprimer l'excès de l'admiration.
Nous étions donc enfin maîtres de la Russie !
Nous allions goûter le repos !
Chacun exaltait le héros
Et les combinaisons de son vaste génie.
Lui-même se flattait que bientôt les boyards,
Députés de la cité sainte,
Viendraient à ses pieds,.avec crainte,
Lui présenter les clefs de la ville des czars.
Cependant dans Moscou règne un profond silence-
Nous approchons de ses remparts;
Nous marchons avec défiance ;
Ce calme inattendu, cette tranquillité
Cachent sans doute quelque ruse ;
Peut-être onl-ils compté sur sa témérité. *
Jusqu'au dernier moment Napoléon s'abuse.
Que veut donc Kutusof? que peut-il espérer?
Murât pousse une découverte;
Il parvient à la porte, il la fait enfoncer,
Et revient bientôt annoncer
Que les Russes ont fui, que la ville est déserte-
L'empereur et sa garde occupent le Kremlin.
Ses ordres vainement défendent lé pillage ;
Le soldat affamé dédaigne le butin,
Mais c'est du pain qu'il veut pour prix de son courage.
Nous fouillons inutilement
Les superbes palais de Cette ville immense,
Qui présente dans son silence
Quelque chose de menaçant.
Bientôt on aperçoit une épaisse fumée
De son reflet lugubre assombrir l'horison ;
D'où vient ce feu? Chacun demande dans l'armée
S'il est né du désordre ou de là trahison.
Nous apprenons bientôt que par cet incendie
R.ostopchin a l'ambition
De nous arracher la Russie
Et d'immortaliser son nom.
De parvenir un jour à l'immortalité
Ce n'est pas en vain qu'il se flatte ;
Sans doute il obtiendra de la postérité
L'immortalité d'Erostrâte.
Napoléon forcé de quitter le Kremlin,
Que déjà menace la flamme,
i8
De l'espoir de la paix berçant encor son âroer
Compte sur son étoile, et brave le destin.
Aussitôt que du feu la fureur est calmée,
Aux ruines de'Moscou ramenant son armée,
Il revient au palais des czars,
Près de la croix d'Ivan placer ses étendarts.
Les postes avancés, d'un accord unanime,
Suspendent les hostilités.
D'un chimérique espoir nous nous sommes flattésw
Alexandre sait bien que la faim nous décime ;
Que dans un mois l'hiver viendra nous achever,
L'hiver, si puissant en Russie;
Que notre campagne est finie,
Que la sienne va commencer.
■>
Napoléon enfin a compris ce silence;
Entre divers projets il flotte irrésolu;
U n'a plus de la paix la trompeuse espérance,
Déjà l'armistice est rompu.
Ah ! s'il avait encor, comme aux jours de sa gloire,
L'ascendant que sur ses soldats
Il empruntait de la victoire,
La fureur du destin ne l'étonnerait pas l
19
Bravant l'hiver qui le menace,
Triomphateur des élémens,
Les Russes verraient son audace
Aller à Pétersbourg attendre le printemps.
Cependant sa fierté ne s'est pas démentie ;
Il sait dissimuler les tourmens de son coeur ;
Et s'il doit quitter la Russie,
Il veut en sortir en vainqueur.
Il veut que dans Paris, à grands frais transportée,
D'Ivan la colossale croix
Soit un gigantesque trophée
De ses gigantesques exploits.
Nous sortons de Moscou; la retraite commence;
Les soldats affaiblis marchent péniblement,
Et se demandent tristement
S'ils pourront se traîner ainsi jusques en France;
Les Puisses nous suivent de près ;
La vengeance les encourage ;
Us nous disputent le passage,
Et nous vendent bien cher une ombre de succès.
Mais bientôt un tableau dont le dieu de la guerre,
Dans ses plus affreuses fureurs,
30
N'avait pas jusqu'alors épouvanté la terre,
Vint porter le dégoût et l'effroi dans nos coeurs.
Près de Borodino nous retrouvons la trace
D'un de nos plus sanglans combats;
Les cadavres de nos soldats
S'y sont conservés dans la glace :
Un spectre mutilé fait entendre sa voix ;
Ce malheureux respire encore ;
En rongeant des chevaux il a vécu trois mois;
Il entre dans leurs flancs, s'y loge et les dévore.
L'hiver, qui jusque là semblait nous épargner,
Et qui n'a retardé le poids de sa vengeance
Que pour mieux nous en accabler,
Nous apparaît alors dans toute sa puissance.
Nous voyons des oiseaux que le froid a roidis,
Tomber inanimés sur la terré glacée.
Affaiblis par la faim, par la neige engourdis,
Nous marchons au hasard; plus de route tracée.
Plusieurs abandonnent les rangs :
L'excès de tant de maux produit l'indépendance»
D'auU'es s'arrêtent en silence,
Portent sur nous des yeux stupides et sanglans;
Us tombent à genoux, leur tête se balance,
Us laissent échapper des sons agonîsans,
M
Luttent encor quelques instans,
Retombent, et pour eux l'éternité commence.
Edmond, que jusqu'alors l'espoir a soutenu,
Que deux blessures affaiblissent,
Sent que ses forces le trahissent,
Et que c'est vainement qu'il -a tant, combattu.
Il s'assied à Fendroit qui doit être sa tombe ;
Il veut se relever, il chancelle, il retombe,
El dans l'épuisement de ce dernier effort,
Se sent déjà saisi du sommeil de la mort;
Déjà la neige l'environne.
Un homme lui saisit le bras :
(t Jeune homme, lève-toi; Napoléon l'ordonne ! »
Et la main du héros soutient ses premiers pas.
C'est alors qu'on vit Ney, fort de son énergie,
Pour le salut commun faisant un noble effort,
Sans espoir de secours, seul avec son génie,
Grandi par le malheur, lutter Contre le sort.
. Heureux si dans sa noble audace
Il eût obtenu du destin
De trouver son tombeau dans ces déserts de glace,
De mourir en héros, les armes à la main !

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