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DE
M. DE M ARC A*
ARCHEVÊQUE
DE PARIS,
D È
M. DE MARC A 5
ARCHEVÊQUE
D E P A R ÎS
DISCOURS qui a remporté le prix
de l'Académie des Sciences &
Beaux - Arts de Pau , le ± Février
1752.
Par M. VAbbè B o MB ART J Aumônier,
de Monseigneur l'Archevêque de Paris.
A PARIS,
Chez CL. HÉRISSANT , Imprimeur-Libraire,
rue Neuve Norre-Dame, à la Croix d'or.
M. DCC. LXII,
Avec Approbation & Privilège du Roi.
DE M. DE MARCA3
ARCHEVÊQUE DE PARIS.
L est des siécles ou la Nature
déploie tonte fa fécondité , & íe
plaît à rassembler les merveilles
"* qu elle n enfanta qu avec une íorte
d'oeconomie dans les siécles précédens. Ainsi
ces hommes célèbres dont Rome avoit tiré
fa gloire dans les difFérens âges de la Répu-
blique , semblèrent se reproduire fous le régne
fortuné d'Auguste.
Depuis que fEmpire François subsiste , îî
a vu s'élever dans son sein une succession de
Génies siiblimes, que le Ciel avoit fait naître
pour l'ornement de i'Univers. Mais le dernier
siécle fur-tout a produit dans tous lès genres une
foule de grands Hommes, dont le souvenis
A iii
6 Eloge de M. de Marca3
réveillé encore notre admiration & dont le
nombre étonnera la postérité.
C'est dans Taurore de ces beaux jours de
la France que parut le Prélat illustre dont
j'entreprends l'Eloge ; & ce siécle de miracles
dut à M. de Marca un rayon de fa gloire.
Ne croyez pas que la Nature presque tou-
jours avare ait restreint à une sorte de mérite
les faveurs qu'elle lui avoit destinées. Pour
bien le louer., il faudroit montrer en même
îemps le Magistrat éclairé, le profond Poli-
tique, l'Historien fçavant , l'habile Théolo-
gien , le Pontife zélé. Mais les bornes pres-
crites à ce Discours ne me permettront que
de jetter un çoup-d'oeil fur les prodiges dont
fa vie est pleine. Je l'envisagerai à la tête
des affaires publiques, & dans les fonctions
de l'Episcopat. Je confondrai quelquefois les
îemps, & f interromper-ai Tordre des actions
pour garder celui des vertus. Par-tout je
tâcherai de le peindre avec ces traits de droi-
ture, de bonté, de religion, qui caractérisent
Phonnête Homme & le Chrétien.
O siécle de bagatelles & de frivolités »
j'ose te présenter, dans l'Eloge de ce grand
Archevêque de Paris. f
Homme, pour t'instruire ou te confondre,
les talens & les vertus du plus beau siécle
qu'ayent vu nos ayeux.
I. POIN T.
LA Providence qui vouloir donner dans
M. de Marca un ami , un défenseur à la
vérité , dans une Province où sembloient
s'être retranchées les erreurs du Calvinisme,,
le fit naître d'une famille qui joignoit à l'an-
tiquité de son origine un attachement invio-
lable à la Foi orthodoxe. Ses ancêtres, après
avoir long-temps servi l'Eípagne par leurs
exploits militaires, avoient apporté dans le
Bearn ces vertus mâles qui font la vraie No-
blesse.
De Marca recueille ett naissant cette suc—
cession précieuse. On ne l'entretîent pas dans;
ses premiers ans de richesses & de grandeurs.
Ce n'est pas fur l'éclat des vanités humaines,
qu'on permet à ses yeux de s'esíàyer en s'ou-
vrant à la lumière du jour. On lui parle de-
Dieu , & on le lui fait aimer : on lui mon-
tre ses devoirs, & il les pratique.
A i^
8 Eloge de M. de Marca y
Auch est le théâtre où ses talens commen-
cent à se développer. C'est-là que , par les
premiers essors de son esprit , il prélude à
ces sçavans Ouvrages, qui lui mériteront l'im-
mortalité. Comme une abeille industrieuse »
il tire des fleurs que les Lettres lui présen-
tent , cette aménité, ces grâces qui rendront
son commerce délicieux. Bientôt Toulouse
lui ouvrira une carrière plus vaste, mais plus
épineuse. Venez, vous à qui l'ambition d'une
famille opulente destine dès vos premières
années une place honorable dans le Sanc-
tuaire de la Justice , venez apprendre du
jeune de Marca à vous préparer aux péni-
bles fonctions de la Magistrature.
Avec quel courage il entre dans ce laby-
rinthe de Loix & de Coutumes, de la com-
binaison desquelles résulte l'Art de bien juger
les peuples ! Avec quelle noble curiosité il
interroge les siécles anciens , pour en rece-
voir des réponses qui lui apprennent à distin-
guer le bon droit de l'injustice ! Une étude
profonde de la Jurisprudence , soutenue par
un esprit juste , éclairé , pénétrant, fit de
M- de Marca dans fa vingt-unième aimée
Archevêque de Paris. $
un des plus sçavans Magistrats du Royaume.
Les prémices de ses travaux publics sont
consacrées à fa Patrie. L'Eternel n'a point
abandonné à ses égareméns cette Province
malheureuse. C'est de son sein qu'il a fait
naître celui qui dissipera les ténèbres que
Terreur a répandues fur ses Villes. Représen-
tez-vous une assemblée d'Hommes vénérables
par leur science & par leurs années. Dans de
rels Hommes, on respecte tout, on encense
jusqu'à leurs préjugés. Admis parmi eux,
M. de Marca se croit établi pour les éclairer;
il entreprend d'instruire ceux qui jugent les
peuples, & il réussit. Les vérités combattues
empruntent de son éloquence douce & insi-
nuante des attraits qui touchent, qui períûa-
dent ces Hommes que leurs lumières n'avoiem
pu défendre des charmes de la nouveauté.
Tout le Conseil" abjure le Calvinisme , &
rend à la Foi Catholique fa soumission , son
amour.
De nouveaux combats lui sont préparés,
de nouvelles victoires l' attendent. Louis XIII.
pour qui le sceptre a moins de charmes,
parce qu'il compte parmi ses sujets des mil-
10 Eloge de M. de Marca 3
liers d'hommes attachés à Thérésie , entre~
prend d'abbatre la nouvelle doctrine dans le
Bearn. Une timide Politique s'y oppose d'a-
bord. C'est à M. de Marca qu'est réservé
Phonneur de faire triompher la sagesse &
la Religion du Monarque. Gagné par la pu-
reté de ses motifs, entraîné par la force de
ses diseours, le Conseil souscrit à l'Edit du
Prince , les Eglises rentrent dans leurs pos-
sessions , les Sectaires sont éloignés des char-
ges , & Terreur désormais fans appui est
réduite à frémir en secret , semblable à ces
animaux féroces qui, à la faveur des ombres
de la nuit, ravagent les campagnes, effrayent
les mortels, & qui aux approches de Taurore
retournent en mugissant dans leurs antres
obscurs.
O Province long-temps le théâtre des scènes
les plus tragiques , jouis enfin de la paix que
t'a rendue ce sage Magistrat. C'est Tamour
de la Patrie qui lui a fait essuyer tes larmes;
& si son íâng avoit dû couler pour épargner
celui de tes Citoyens, il étoit prêt à te sacri-
fier ses jours.
Les talens de M. de Marca ne seront plus
Archevêque de Paris. 11
renfermés dans une feule Province. De nou-
veaux liens vont Tattacher à toute la France*
Il s'élève dans ce Royaume un Tribunal, où
rous les Citoyens ont droit de porter leurs
plaintes, & où les Jugemens émanés des au-
tres Tribunaux sont jugés à leur tour. M. de
Marca paroît dans cette Compagnie respecta-
ble. Ne croyez pas que ses sollicitations ou
ses intrigues l'y ayent introduit. Il n'appar-
tient qu'aux âmes vulgaires d'arriver en ram-
pant au faîte des honneurs. Les grandes
âmes, parce qu'elles connoiffent mieux leurs
devoirs, ne se croient jamais au-deffus des
emplois qu'elles remplissent, & ne pensent pas
à s'élever. M. de Marca, loin de la Cour ,
n'étoit occupé que des fonctions de fa Charge
qu'il honoroit par ses vertus , quand ce
Ministre immortel * , qui connoifloit à fond
les hommes, & dont Testime tenoit lieu du
plus bel éloge , crut qu'il ne pouvoit mieux
servir son Maître qu'en appellant dans le
Conseil d'Etat le Magistrat que je loue.
Ici sen ame se développe toute entière.
* Le Cardinal de Richelieu.
12 Eloge de M. de Marsa,
Quelle connoissànce des Loix ! On diroîr
qu'il a assisté aux Jugemens de tous les sié-
cles , & que fa mémoire lui présente à chaque
instant le Code de tous les Peuples. Quelle
pénétration pour démêler le vrai à travers les
ombres , dont Tintérêt cherche à le cou-
vrir ! Quelle sagesse pour appliquer à tous
les maux les remèdes propres ! Quelle atten-
tion à suivre dans ses Arrêts les régies de la
plus sévère équité ! L'amitié, le sang ne pré-
sident pas à ses décisions : les balances de la
Justice ne penchent jamais entre ses mains
que du côté de Tinnocence.
C'est cette exacte équité qui lui mérita
des hommages dans ce Sanctuaire auguste,
où Ton pesé sous les yeux du Monarque
les droits de la Royauté avec les intérêts des
Peuples. M. de Marca , à qui le Roi n'au-
roit pas donné ce degré dans fa confiance,
si un autre Tavoit mieux mérité que lui, se
regarde comme une victime dévouée au
bien de la Patrie. Il craint son Dieu, iî
respecte son Prince , il aime ses Concitoyens.
France , que ne dois - tu pas te promettre
d'une administration fondée fur ces vertus-*

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