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Éloge de M. de Moras, ministre d'État , lu dans l'assemblée publique de la Société des sciences, belles-lettres et arts de la ville de Clermont-Ferrand le 25 août 1771 par M. l'abbé Micolon de Blanval,...

De
42 pages
impr. de P. Viallanes (Clermont-Ferrand). 1771. 42 p. ; in-12.
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B OT E
HMONI 1IU1\MI
0
DE MONSIEUR
DE M O R A S
MINISTRE D'ETAT,
LU DANS L'ASSEMBLÉE
publique de la Société des Sciences,
Belles-Lettres & Arts de la Ville de
Clermont-Ferrand le 15 Août 1771.
PAR M. L'ABBÉ MICOiON
D E BLAN VAL, Abbé de Beaulieu,
Chanoine de tEglife de Clermont
Vicaire Général du &
Secrétaire de F Académie.
À CLERMONT-FERRAltHlin,
De l'Imprimesie de Pierre VIALLAN^S
Imprimeur Libraire près l'ancien Marche
au Bled.
Avec PtrmiJIien,
«• 1 t 4
ELOGE
DE Mo DE MGR AS,
MINISTRE D'ETAT.
FI, tous ie§ ufagçs qui ^p^fej^
les le
plus refpe&able,, celui qui
doit être- plus
plus facré eft de louer les hommes qui
les ont iUuftré, ceux qui tes ont pro-
tégéj ,qui. par I^eiy rang pu £$r leur,
travaux ^.pas; Jeurs. emplois & par Jçur
cxédit leur ont acquis plus
non pas Upommage de la mais
le tribut de l'eftime & celui .de la fecon-
noidance. Je viens aujourd'hui j Met:
ijeurs, acquitter te qu'a dû vous
dp^- cette .province ançîéh Contrôleur
[4]
Général des Finances, Secrétaire d'Etat
an Département de la Marine, & enfin
Miniftre d'Etat, dont la mort a fi juf-
tement excité cette année les regrets de
cette Académie dont le fouvenir fera
toujours précieux à cette Ville dont
les vertus & les talents furent connus
de prefque tous ceux qui m'écoutent,
que la douceur d'un caractère aimable,
les charmes d'une fociété complaifan-
te, que des traits fans nombre d'une
bonté officieufe rendirent cher pendant
fa vie à tous ceux qui eurent l'avantage
& le bonheur de le fréquenter. i
S'il m'étôit permis de parler d'après
mes propres fentiments & ma convic-
tion particulière, je dirois encore que
fa mémoire doit intéreffer tous les
coeurs les coeurs fenfibles le fien
vous le favez Meflieurs qu'il me foit
permis de le dire, je l'ai éprouvé, fon
cœur étoit né pour l'amitié on l'ou-
vroit aifément à ce fentiment délicat,
il fut plus que perfonne l'inspirera Avec
cette qualité qui rend les hommes fi in-
téreffants à l'humanité, j'en louerai mil-
le autres dans M. de Moras dont il
fufl5t prefque dé raconter IjT vie pour
en faire l'éloge homme d'Etat, hom-
jne privé fous quelque point de vue
A3
qu'on le- confidére il -eft également
digne de louanges. Mais je ne m'affu-
jertis dans ce difcours à aucun autre or-
dre qu'à celui que préfentera la fuite
des événements & le cours rapide des
années que vécut l'Homme illuftxe que
je dois célébrer.
Que les voies de la fortune font in-
compréhenfibles il eft des hommes
pour qui elle n'a jamais que des ri-
gueurs il en eft qu'elle conduit dans
Ja route du bonheur avec tant de len«-
teur qu'ils ne vfvent jamais affez pour
être heureux. Pour d'autres au contrai-
re elle précipite leurs pas, & les mentant
par la main, d'une courfe rapide, quel-
quefois d'un vol audacieux elle les
éleve jufqu'à ce trêne d'où elle conv-
mande aux humains,, •& d'où elle reçoit
les adorations de la. terre; Pour ces
hommes qu'elle diftingue ainfi avec unie
forte de complaisance, & qu'elle anno-
blit par fes faveurs, elle femble préma»
turer fes fruits aufri leur gloire paffe
comme l'ombre vaine & inconftante la
fortune, elle-même brife prefqu'auffi-
tôt le eo&fTe de grandeur qu'elle avoit
élévé; dans un clin d'oeil elle dépouille
celui qu'elle avoit ainfi diftingué de;
toute la faufle gloire qu'elle lui avoit
m
prêté, & la feule chofe qu'elle lui laine,
parce qu'elle ne fauroit la lui ravir, ce
font fes vertus; Mais fes vertus & min
pas la gloire que lui prêta la fortune
font le titrée Uhiqué'qiri 1ui donne droit
nos louangés.
Ce n^efl: donc pas cette prédilection
que fembla avoir la fortune pour le
Pere de' M. dé M6'ras, cette opulence
qui pût eicitfer contre lui l'envie, ou
qui fit admirer Éon bonheur, ces riches
pofleiïions qu'if accumula & qqi ne lût
coûterent prefque que la vblonté de les
adopter, ou le foin de les conferver;
ce n'eft pas l'héritage immenfe qu'il
laina en mourant, qui après l'avoir api
proche des premiers Emplois de l'Etat,
fervit à fon Fils due premier^dégrépou^
monter, ce ti^ft pas enfin les biens
les- honneurs dont a joui celui-ci qui le
rendenr digne de nos louanges cq
font fes vertus. S'il-n'eût eu que les de-
hors*lmpofants du mérite ce vairi ap-
pareil par lequel les grands- trompent
fi fo-uVent Teftiftie publique, ce feroit
ta flatterie feule qui pourroitjencénfer
aujourd'hui l'ancienne idole de fa grana
deur mais je l'ai 'déja dit il eut des
vertus 1r & d'abord les vertus d'un
homme d'Etat.
t. n '̃ i 1
A4
J'en attelte ceux qui ont le plus con-
nu & le plus approfondi fon ame.
En eft-ikqui penfent que fa gloire n'aye
pas dû furvivre à celle que lui prête-
rent les dignités auxquelles il fut élé-
vé il n'a fait que parcourir les poiles
les plus importants de l'Etat comme
un homme preffé de jouii^ il monta
avec précipitation d'un rang élévé â
une place plus éminente aucune nd
fixa fa devinée mais rendu à lui-mê-
me, à fes amis, il n'y en a aucune dont
il n'aye paru digne, c'eft qu'il n'y en
eut aucune où il ne fût parvenu avec
tout le mérite néceuaire pour la remplir.
Le mérite il étoit né pour ainfi
dire, avec lui fes vertus furent le fruit
d'une heureule éducation que des Maî-
tres habileslui donnerent fous les yeux
d'une Meré célèbre par fon efprit, par
l'eflime publique dont elle jouit, celé-
bre par fes amis & par des talents qui
firent .honneur à fon fexè. Un feul trait
fufïit pour la faire eflimer & popr fai-
re connoître ce qu'elle fui: elle forma
le plan de l'éducation de fon Fils il
s'exécuta fous fes yeux, & ç|eft fa vi-
gilance que les Maîtres qu'elle y em-
ploya durent les fuccès de leurs foins,
c'eft à fon attention que M. de Moras
8 1
dut fes premiers progrès. Il en fit de
rapides dans l'étude des Lettres & des
Sciences, & il acquit de vafles con-
noifTances dans le Droit, dès l'âge dans
lequel on s'applique avec moins de
goût aux fciences abstraites. Je dois ob-
ferver ici qu'il étoit né avec cette péné-
tration, cette facilité, cette force, &
èn même temps cette délicateffe d'ef-
prit dont la nature eft avare pour tant
d'autres mais qui la rend admirable
dans ceux qu'elle a ainfi privilégié.
Des bras d'une Mere que la mort
enleva trop tôt à fa tendreffe, de l'em-
pire des Maîtres qui dirigerent fes étu-
des, au fortir de l'enfance & lorfque
fa jeuneffe étoit à peine commencée
fous les aufpices de la fortune & fans
d'autre guide que fa raifon, M. de Mo-
ras fut reçu à une Charge de Confeil-
ler au Parlement; il favoit déja les Loix,
il aimoit l'équité, il avoit l'efprit jufle,
le cœur droit, fon ame étoit ferme &
fenfible il ne lui eut pas fallu d'autres
qualités pour devenir dans ce premier
Tribunal un Magistrat célèbre il com-
mençoit à s'y diflinguer lorfque par
une fuite de fa deflinée, dû Parlement
il paffa fubitement au Confeil.
La présence du Souverain, dans un
n
Aj
Sanctuaire plus augufte de plus grands
intérêts des caufes toujours célèbres
ou intéreffantes par la qualité des per-
fonnes à qui elles appartiennent, ren-
dent délicates & difficiles à remplir les
fonctions d'un Maître des Requêtes. M.
de Moras en exerça la Charge avec cet-
te fupériorité de génie cette étendue
de talents, cet,te iufteffe dans les idées^
cette facilité dans îexpreflion cette
énergie & cette préc;ifion qu'il faut pour
instruire le Prince ou fon Confeil, fans
fatiguer l'attention de l'un & fans dé-
tourner celle de l'autre des autres affai-
res qui l'occupent & qui demandent la
même difcuflion que celle qui fe rap-
porte.
Quelles efpérances ne doit-on pas
concevoir d'un jeune Magiftrat qui à
l'âge de z^ ans explique & difcute les
Lotx en applique les principes, en tir
re les confequences^ avec clarté & avec
juftefle fans que: la majeilé du Trône,
fouvent1a préfence du Roi, l'aflemblée
des Minières & des Confeillers de l'E-
tat, de ces Sages de la Nation qui ba-
lancent a'Iflî fouvent les devinées de
l'Empire que la fortune &. l'état des Ci-
toyens, intimident fon éloquence, dé-
éoncertefat jà fermeté & fon favoir.
f l°)
Que M. dé Moras annonçoit alors de
grandes devinées qu'il parOifïbit né
pour de fublimes fondrions, pour de$
places è^mîiientes •'Non je ne crois pas
tti'écarter de l'ordre de la vraifemblan-
ce, en fuppofânt ici qu'on fe demàn-
doit alors en le voyant, en l'écoutant
ce qu'il devoit donc être un jour, puis
qu'il montioit déja tant de talents &
'tant? de difpofitions. Ce qu'il .devoir
être ? la bonté du Rofa le difcernement
qui cara&érife fon gouvernement, ne
tardèrent pas à le faire connoître M. de
Roflignol venoit de paffer à l'Intendan-
ce de Lyon M. de Moras fut nommé
celle d'Auvergne. La Province eût dû
elle-même le choifir, fi elle avoit eU
doit de faire un choix, pour lui il n'eût
pas fait choix d'une autre Province, s'il
eût eu à fe décider entre plufieurs. Il
n'en était pas quiput mieux lui convenir.
L'Auvergne, Clermont'fur-tout, raf-
fembtoit tout ce qui étoit plus afforti
a les goûts, à fon caractère des focié-
tes agréables, de l'aménité dans les
moeurs publiques, des hommes préve-
nants & vertueux, dignes d'ureles amis,
incapables de devenir les vils efclaves
de celui qui exerce ï"aut;orité un peu-
ple docile que fes befoins peuvent bien
[il).
rendre importun mais que la justice
qu'on lui rend trouve toujours recon-
noiflant. M. de Moraslui montra le de-
fir qu'il avoit, non pas de le fatiguer
ou de l'accabler, mais le defir de le fou-
lager, defir qui devroit régner dans
tous les cœurs des hommes en place;
& en manifeflant ce defir, avant même
d'avoir pu le remplir, M. de Moras fut
aimé dans cette Ville & dans cette Pro-
vince. Il mérita certainement de l'être:
qu'on parcourre les temps de fon ad-
miniflration, il n'en fut pas de plus
heureux, il n'y eut pas d'adminiftratipn
plus utile que la fienne. Un abord fa-
cile, qui infpirpit la confiance, fem-
bloit donner droit à toutes les graces
qu'il pouvoit distribuer, on ne crai-
gnoit pas de lui en demandeur, parce
qu'on ne jugeoit pas qu'il pût en refu-
fer ce qu'il accordoit., fes refus mê-
yies exprimoient la bonté dç-fon ame:
il foulagea tous les beioins qu'il put
coxinoître tous ceux du moins qu'il
put versifier.
Hempli de l'amour du bien public
il portoit tes vues & fon attention à
tout ce qui pouvoir arn^ne^ ^abondance
dans cette Province grandes routes,
qui devoient faciliter le Commerce)
s'puvrirent par fes foins dans le temps
de fon il s'occupa du
grand projet de forcer le cours des
eaux qui arrogent la Limagne dans un
Canal qui conduiroit jufques aux por-
tes de Clermorit les richeffes qui man-
quent à cette Ville, & feroit refluer
celles dont elle abonde dans les Pro-
vinces éloignées. Si ce projet tarde en-
core à s'exécuter c'eft peut-être parce
qu'il eft trop grand, parce que fon exé-
cution ferait trop utile ce qui peut
profiter davantage au bien des Peuples
eft toujours ce qui éprouve plus d'obf-
tacles, ce qui trouve plus d'ennemis
fecn&à,
3VÏ. tre Mords aimoit trop le bien,
je ne dis pas feulement pour ne jamais
le traverfer mais il l'aimoit trop fin-
cerement pour ne pas le favorifer. Il
avoit compris & médité lanéceflîté de ce
Canal, qui auroit rendu Clermont une
des Villes les plus floriffantes du Rçf-
yaume. Il donna des Mémoires au Con-
feîï'ptî'ur en accélérer le travail il le
follicita peut-être eût-il en cela feul
-plus de gloire que n'eri pourra âcqué-
Ti? celui gni fera ùh jour' chargé de con-
fbmmer cet 'impartant projet.
J'aurois encore de longs détaifs à
t.^l
faire, 1i je voulois rendre compte de
tout le bien que fit M. de Moras dans
cette Province, de tout le bien qu'il
lui defiroit. L'Homme du Roi n'eft pas
toujours celui du Peuple;fous des Prin-
ces remplis d'équité on a trop fouvent
vu des Minières n anurer leur faveur
ou leur fortune que par les maux dont
ils accabloient les Peuples. Qu'une Pro-
vince eftdonclieureufejorfque celui qui
y exerce l'autorité fait la faire aimer &
la faire respecter en même temps, lorf-
qu'il ne paroit occupé que du foin de
concilier les droits de la Couronne avec
les Intérêts de ceux qui y font foumis,
les droits de la Justice avec les égards
qui font crus aux Grands, & la protec^
tion que méritent les malheureux, les
droits qui âfTurent la tranquillité des
Citoyens avec les ménagements qu'exi-
gent des hommes inquiets & indociles
qu'il faut contenir mais qu'il ne faut
pas irriter. Une Intendance de Provin-
ce eft un poile émment, mais qu'on à
trop fouvent fouillé par des injuflices
& avili par des crimes c'eft une digni-
té qui c^manderoit toujours de n'être
toniié qu'à des hommes vertueux, &
trop fouvent ce font des ambitieux fans
merires qui l'obtiennent. On s'y élevé
par l'intrigue, & une place qu'on de-
vroit redouter n'eft fouvent rempli que
par ceux qui ont mieux réuni àfurpren,-
dre la confiance du Prinec ou qui fa-
vent mieux en abufer.
Cependant le bonheur des Peuples &
leur félicité dépendent de ces Hommes
à qui le Roi femble dire, en leur remet-
tant dans une Province les droits de fa
Couronne Je vous envoyé à ma place,
vous me ferez regner par lajuftice, vous
rendrez mes Sujets heureux. 0 que
l'Homme vertueux que je loue avoit
fouvent médité ces paroles, qu'il en
avoit bien faifi le fens, qu'il en rem-
plit bien tous les devoirs.
A Valenciennes comme à Clermont
il fut jufte il fut équitable, il fut affa-
ble, il fut humain. Il ne fe croyoit pas
un Préfet abfolu qui exerce les droits
d'un Vainqueur, mais il fe regardoit
comme le Miniftre à,*un Prince bien-
faifant qui ne règne que par l'amour fur
des Sujets dont il eft plutôt le Pere qu'il
n'en eft le Maître.
Il étoit de la deflînée de Myde Mo-
ras de ne faire que parcourir uesPofte?
qui comblent l'ambition & qui farisfont
les defirs de tant d'autres. Des fron-
tieres du Royaume il eft fubitement ra-
CM
mené à Paris non pas par un de ces
caprices de la fortune qui ne préparent
que des revers mais par une de ces
combinaifons d'une fage politique qui
appelle aux Emplois les plus impor-
tants ceux qui font plus capables de les
exercer. La Flandre commençoit à le
connoitre déja elfe l'admiroit il en
emporta l'eflime & les regrets Valen-
ciennes s'affligea de fon élévation & y
applaudit en même temps. Il eft rare
que les peuples honorent de ce double
fentiment la retraite de ceux qui ont
exercé parmi eux les Emplois que quit-
toit M. de Moras, c'eft qu'il, eft encore
plus rare que ceux-ci fe concilient l'ef-
time & l'amour que M. de Moras s'étoit
acquis.
Dans quelle carriere immense il en-
tre en arrivant à Paris Sullï & Colbert
qui l'ont illuftré ne la parcoururenç
qu'avec effroi. La faveur du Roi, la
confiance des Miniflres, l'eftime publi-
que, tout Sembla encourager la timidi-
té de M. de Moras, & le raffurer con-
tre la crainte qu'il avoit de ne pas réuf-
fir. Il ne fut Intendant des Finances
qu'autant de temps qu'il en falloit pour
apprendreau Public qu'il méritoit d'oc-
cuper une Place plus importante cette
ii6]
Place, les infirmités & enfuite la retrai-
te de M. de Sechelles la lui ménage-
rent, le Public la lui donna, le Roi lui
fit un ordre de l'accepter. Rien ne
prouve davantage combien il en étoit
digne que fes refus fa réfiliance les
craintes qui accompagnèrent fa foumif-
fion. La témérité fuit toujours l'ambi-
tion dans les hommes du commun ils
défirent tout & ne redoutent rien l'a-
mour propre les aveugle, un vil intérêt
les gouverne ce n'eft pas le Prince, ce
n'eft pas la Patrie qu'ils veulent fervir,
c'eft eux-mêmes. Un noble défintéref-
fement anime au fontraire. les grandes
ames & leur modeftie leur laiffè ap-
percevoir tous les rifques 6^ tous les
périls qui environnent les grands Mi-
nifires.
M. de Moras fut effrayé mais il ne
fe laiffajjas abattre; il fut Contrôleur
Général parce qu'il f ail oit l'être le
Roi le voulut,. Mais pendant qu'il exer-
ça cette Charge la gloire du Roi le
bien de l'Etat l'occupèrent unique-
ment il parpt même dès le premier
moment fi paflionné pour l'tfn & pour
l'autre que le Roi pour l'en récom-
penfer fenil-la prendre plaifir à l'acca-
bler'coup fur coup des preuves de ta.

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