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DE
ARCO TP-MB
Ordinaire dû
Roi,Médecin des Enfans de
France , Professeur en Médecine
en l'Univerfité de Montpellier
Membre de Id Société Royale
des Sciences de la même Ville.
tu-dans une Séance particulière de la Société
Royale des Sciences, le 6 Juillet 1769.
Par Mr.- -POITEpïN, Membre de la mèitiè
Académie,
'A MONTPELLIER
De Imprimerie de JEAN MARTEL AÎNÉ 5
Imprimeur .Ordinaire du Roi & des Etats.
M.DCG LXXI.
ELOGE
DE
DEMR. MARGOT-,
Premier Médecin Ordinaire du Roì$
Médecin des Enfans de France ?
Professeur en Médecine de VU ni-!
vers té de Montpellier , & Membre
de la Société Royale des Sciences.
de la même Ville.
Us TACHE MARCO T, Pfê-
mier Médecin ordinaire
du Roi, & des Enfans de
France , Professeur en
Médecine de l'Univeríìté de Mont*
4 ELOGE
pellier, naquit dans cette viíîe te
15 Février 1363, de PierreMarcots
Docteur en Médecine de la même
Université, & de Demoiselle Gá~
fbrielle Eùstaçhe.
La nature , qui semble s'écarter
de ses loîx ordinaires en faveur
des hommes célèbres > les distin-*
gue par ce développement précoce
des facultés de l'ame , qui annonce
le talent, & qui réclame les foins
de l'éducation. L'homme enfant n'a
que des besoins physiques : Favidi-
té de la 'mémoire , la vivacité de
Firnagiuation , dans un âge ou les
organes font fi. foiblés , ne furent
pour M 1. Marcot, que des excep-
tions de la nature , & des garants
de la réputation qu'il de voit acquérir§
son enfance fut celle de la plûparë
des hommes de génie ; il ne con-*
ftufe les difficultés que pour les
D E M. M A R C O T. S
Vaincre, & la forme même des
études classiques » fi propre à ra.U
lentir Fessor de l'esprit des jeunes-
gens , & à leur inspirer du dégoût
pour lès livres , fut pour lui une
chose presque indifférente ; il fçut
en abréger le temps par la rapidité-
de ses progrès,
Mr. Marcot eut encore le bon*
heur de trouver dans fa famille
même, des Iççtfhs & des modèles»
Quel éguillon, que des exemples
utiles pour une ame généreuse 9
flexible & dominée par une ardeur
inquiéte qui léentraînoit vers l'é-
tude ! Ainsi, de quelque côté qu'il
portât ses regards, son émulation
ne pouvoit point Fégarer. Deux
professions , quelquefois rivales 9
jamais désunies aux yeux du Phi-
losophe , puisque le même objet
les consacre à Futilité publique ?
6 .ELOGE
la magistrature & le barreau 3
illufiroient le nom de' sa mère ;
& son père étoit l'un des meilleurs
Médecins de son temps : homme
intelligent ôí vertueux, il sema de
bonne heure dans Famé de son fils
les principes des vertus , & ceux
des sciences relatives- à Fétat auquel
íl îe deítrnoít. M1'. Marcot pouvoit
appliquer à son père Féloge qu'Ho-
race a fait du lien ,. & que îa re-*
connoiíTance avoît dicté à ce Poëte»
Cet homme respectable donnoitaux
pauvres la dixième partie de ses
honoraires , usage qu'il a constam-
ment suivi jusqu'à sa mort. On
peut dire de lui ? qu'il fut digne
en tout de son fils , qui Fégala poui
les qualités du coeur s mais qui de*
voit le surpasser dans une carrière
qui leur fut commune»
Notre Académicien ne. regut pas
D E M. M ARCOT.
des foins fixes & permanents'pour
son éducation. Nous ignorons pair
cuelles circonstances il étoit tantôt
livré à dès maîtres particuliers, «3s
tantôt à des hommes chargés de
l'éducation publique. Semblable I
ces plantes vigoureuses, pour les-
quelles le genre de culture est indif-
férent , & n'apporte aucun obstacle
â leur accroissement ? le choix des
maîtres n'influa point fur ses pro-
grès, qui furent fi rapides 3 qu'à
l'âge de treize ans il avoit achevé
ses humanités , & qu'il soutint un
an après des Thèses publiques de
Philosophie dans le collège des
Jésuites de cette ville.
A peine Mr. Marcot eut-il fran-
chi Fintervalle que ses premières
études avoient mis entre la méde-
cine & lui ? qu'il se livra de lui-
même à l'étude de cette science %
3 ÉLOGE
de toutes les connonTanees qui set*
tent d'étay à un art fi conjectu-
ral , & dont l'amas , fì l'on peut:
s'exprimer ainsi , forme le Code du
médecin , l'anatomíe fut celle qui
frappa le plus ses regards , & à
laquelle il fut le plus constamment
attaché* II regardoit gvëe raisoii
cette analogie précieuse qui, de la
connaissance exacte du siège de là
maladie , ou de Forgane dont la
vie particulière est attaquée , re-
monte à Faction des causes, en fixe
les caractères, & conduit enfin à
Fapplication du remède propre : il
la regardoit, dis-je , comme le
guide le plus fur qui pût éclairer les
praticiens. La dissection des cada-
vres étoit à ses yeux la base de
cette théorie, & le plus sûr instru-
ment qui pât la perfectionner, com-
me fi le secret d® la nature n eût
été
DE M. MA RCOT. 9
été dévoilé qu'aux seuls Anato-
mistes.
Docteur depuis 1702 , il ne né-
gligea aucun des moyens qui s'of-
frent d'ordinaire aux jeunes Méde-
cins pour faire Fessai de leurs ta-
lens. Le prestige d'une réputation
naissante , le désir de devancer des
Emules dignes de lui embellis-
soient à ses yeux la carrière qu'il
avoit embrassée , & ses succès èn-
flammoient son courage. Unique-
ment occupé du traitement des Ma-
lades , à peine avoit-il le temps de
puiser dans les livres , & fur-tout
dans les anciens , dont il faisoit un
cas par.ticulier,des règles sûres pour
la pratique ;, le coup d'oeil du génie
étoit pour lui le supplément des
connoissances purement théoriques,,
Tels étoient ses titres auprès du
public, lorsqu'il se présenta en,
B
10 ELOGE
1732 pour disputer une Chaire de
l'Université de cette Ville , vacante
par la démission de Mr. Aftruc,
Membre de cette Académie , qui
après avoir professé avec éclat à
Toulouse & à Montpellier, se fixoit
enfin dans la Capitale. Le choix du
Successeur de M1'. Astruc intéressoit
d'autant plus le public , qu'il étoit
peut-être difficile de le remplacer,,
Homme unique pour l'enseigne-
ment , une érudition vaste , une
diction aisée & brillante , embel-
lìssoient ses leçons & formoient la-
base de la réputation qu'il avoit ac-
quise. Aucun de ceux qui aspiroient
à cette place , n'avoit comme lui
le talent singulier de plaire en ins-
truisant , & de conduire sans dé-
goût la mémoire de ses Auditeurs í
mais ils avoient des titres qui leur
écoient propres ; & parmi ces An-
D E M. MA R COT, II
taronistes de Mr. Marcot, on re-
marquoit fur-tout deux Hommes 9
depuis devenus célèbres, Mr. Fizes
& Mr. Ferrein ; le premier , faisant
parade des connoiffances mathéma..
tiques , qui d'abord avoient été le
seul objet de ses études, mais qu'il
abandonna pour se livrer tout entier
à la Médecine-pratique ; le second,
qui obtint depuis une place de Doc-
teur-Régent de la faculté de Paris,
& l'un des Membres les plus illus-
tres de FAcadémie Royale des
Sciences, auquel il étoit réservé
de sonder les mystères les plus pro-
fonds de Fanatomie. Plus Médecin
que le premier , moins Anatomis-
te que le second , mais réunissant
bien des connoissances qui man-
quoient à ses Antagonistes,Mr. Mar-
cot entra dans la lice avec cette
aoble confiance cjui accompagne
12 ELOGE.
ordinairement le génie. II paroissoít
Vouloir saisir la palme qu'on lui
disputoit , plutôt que développer
ses forces.pour la mériter , & il ne
s'apperçut du danger qu'il avoit
couru , que lorsqu'on lui décerna la
victoire.
Nous remarquerons en passant a
que dans l'une des thèses que Mr.
Marcot soutint dans ce concours,
on lui avoit demandé si la pratique
de Finoculation étoit avantageuse ;
& il conclut pour F affirmative. Cet-
te opinion défendue depuis avec
tant de chaleur & d'éloquence par
Mr. de la Condamine , commençoit
alors à agiter les esprits; il paroît
par la manière dont Mr. Marcot a
traité cette question , qu'il étoit.
très-perfuadé des avantages de Fin-
sertio.n , & qu'il ne présumoit pas
que l'on pût mettre en problême