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Éloge de Malesherbes, par M. Honoré Dumont,...

De
45 pages
impr. de Boulanger-Vion (Abbeville). 1823. In-8° , 47 p..
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^||Sf,r. ELOGE ■ ■;.: £■:,
' D.E-
M. DE MALESHEfiBES^v
PAa"H,DUMÔNt*
DEUXIÈME '-.EDITION,
182 3.'
ÉLOGE
DE
M. DE MALESHERBES.
ELOGE
D E
M. DE MALESHERBES,
PAR HONORA DUMONT,
EMPLOYE DES DOUANES,
DEUXIEME EDITION.
C'est un extrême bonheur pour les peuples ^
quand le Prince admet clans sa confiance et choisit
pour le ministère ceux mêmes qu'ils auraient voulu
lui donner, s'ils en avaient été les maîtres.
(LA BnuyÈRE , Chap. X. 'L*******^
: ' y*— » ^>
A AÊBEVILLÈ\
©^l'Imprimerie de B 0 U L A N GER - VI 0 N.
l823
MONSEIGNEUR LE MARQUIS DE ROSANBO.
PAIE. DE FRANCE,
Membre du Conseil - général d'Administration des
Hospices civils , Membre du Bureau de Charité du
premier Arrondissement de Paris.
Vous avez daigné agréer l'hommage que j'ai consacre,
à la mémoire de votre illustre Grand-Père. Votre noble
famille a bien voulu donner aussi son assentiment
à cette production. Ces siiffrages iitfiniment honorables
ne peuvent qu'élever mon ame ; et je me Jais un
devoir bien doux , Monseigneur, de vous dédier la deu-
xième édition de cet Ecrit, et de profiter d'une occa-
sion si favorable pour manifester tous mes senti/tiens
de gratitude. J'ose donc espérer, Monseigneur, que votre
uididgence voudra bien excuser la publicité que jo
donna à des sentunens que je n'ai pu laisser concentrés
plus long-lems dans mon coeur.
Qu'Unie soit permis , Monseigneur, de vous supplier
d'engager M. le Comte DESEZE à me pardonner d'avoir
publié, comme un tribut de ma reconnaissance , les
éloges que m'ont inspirés ses grands mérites.
Je suis avec un profond respect,
MONSEIGNEUR,
De Votra Seigneurie ,
Le très-humble et tràs-
obéissant serviteur.
St.-Valéry-sur-Somme ,
le 20 Mai 1823.
A MONSEIGNEUR
LE COMTE DESEZE,
PAIRDEFRANCE,
Premier Président de la Cour de Cassation ,
Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit ,
Membre de V Académie Française.
X
JE n'ai point-remporté le Pris ,
Noble et magnanime DESÈZE :
Ainsi j'avais trop entrepris ,
En osant venir exalter
Ce grand ami de LOOIS-SEIZE ,
Qui pour son Roi fil éclater
Les efforts les plus admirables
Que l'on ai vu manifester
Dans les tenis les plus effroj'ables :
Il fallait un autre talent ,
Il fallait des aceens superbes ,
Afin de chanter dignement
Cet héroïque MALESHERBES.
J'entrai pourtant dans la carrière,
Où la Vertu vint m'appeler ;
Je voulais que la France entière
(8)
Vit mon ame se signaler.
J'ai parlé sans fard et sans crainte
D'un déplorable événement,
Et j'ai peint sans nulle contrainte
Le plus courageux dévoûmenl.
Ah ! combien il m'eût été doux,
Après mes peines si cruelles ,
De voir le sort cesser ses coups
Et ses rigueurs continuelles !
Si mon Ouvrage a su vous plaire,
Auguste et sage Magistrat,
Combien doit donc me satisfaire
Une voix d'un si noble éclat !
Quelle couronne académique
Donnée avec solennité ,
Dans une enceinte magnifique ,
Pourrait m'être plus honorable
Que la louange respectable ,
Pleine de grandeur , de bonté,
D'une bouche si véridique?
De son lit de mort, Loms-sEisE ,
Déjà martyr vénéré •,
Embrassa l'illustre DESÈZE,
Et le rendit vraiment sacré
Pour la France et tout l'univers , a
Qui déplorent les grands revers
D'un Monarque éminemment juste.
( 9 )'
El, dans les fers, vraiment auguste.
Ah ! la plus belle dignité
Que l'on puisse voir en la France ,
Est celle que vous a donnée
La plus juste reconnaissance !
Oui, vo.lre zèle a mérité
Cette éclatante récompense ,
Dont nulle ame n'est étonnée.
Oh ! combien vous est dit d'amour,
Pour votre ame grande et si pure ,
Chef si renommé d'une Cour
Que forme la plus noble élite
Choisie en la magistrature ,
Parmi des gens de grand mérite !
Et combien l'on sent de respect
Pour votre constante équité !
La vertu naît à votre aspect ,
Et produit la sérénité.
Le Corps politique de France
Le plus illustre et le plus grand ,
Aime à voir la toute^puissanee
Vous placer dans le plus haut rang ;
Il aime à voir votre mérite
Faire applaudir cet heureux choix :
Chacun des Pairs se félicite <
D'entendre votre noble voix.
L'Europe rend un juste hommage
A voire ardeur, à vos lalens ■
Vous eûtes toujours en partage
Les plus vertueux sentimens.
La Justice , en son sanctuaire,
Et la Politique , en son temple ,
Admirent votre caractère.
La France entière vous contemple ,
Et voit en vous un noble zèle ,
Un coeur ouvert et généreux,
La loyauté la plus fidèle ,
Avec un esprit lumineux.
Un grand amour de la patrie
S'unit à votre intégrité :
Oui, de vous la France est chérie,
Vous voulez sa félicité.
L'antique race de nos Rois ,
Qui mérite d'être adorée,
Bénit en vous la noble voix
Qui défend sa cause sacrée.
Un Monarque grand , généreux,
Qui rehausse encor sa couronne ,
Est touché de ce grand amour
Que vous avez pour sa personne :
Il vous donne alors en retour
Tout son royal attachement ;
Il voit votre sollicitude
Pour le bien du Gouvernement ;
Il voit la haute rectitude
Qui vous dislingue éminemment.
Une brillante Académie ,
Qui de la France est l'ornement j
Qui toujours se montre l'amie
Et des vertus et du talent ,
Rend hommage à votre éloquence,
En vous appelant dans son sein :
C'est une juste déférence
Qu'a fait naître un noble dessein.
Ordre auguste du Saint-Esprit,
Institution si sublime ,
Tu fais goûter ton divin fruit
A cette ame si magnanime :
Tu décores son noble coeur ,
Tu verses tes feux dans son ame •
Et, de ton souffle inspirateur,
Sa vertu conserve la flamme.
Un nouvel an vient commencer ■
Qu'à tous vos voeux il soit prospère !
Puisse le Très-Haut m'exaucer !
J'adresse ma prière aux Çieux
Pour votre famille si chère ;
Pour que Dieu conserve long-terns
Vos jours aux Français précieux :
Ce sont là mes souhaits ardcns.
i.?r Janvier 1822.
A LEURS SEIGNEURIES,
MONSEIGNEUR LE COMTE D E S E Z E ,
PAIR DE FRANCE ,
Premier Président de la Cour de Cassation.
Grand-Trésorier de l'Ordre du 'Saint-Esprit, Commandeur
des Ordres du Moi, Commandeur de l'Ordre royal de
la Légion d'Honneur, Chevalier de Malte, Membre
de l'Académie Française ;
ET MONSEIGNEUR LE MARQUIS DE R. 0 S A N B 0 ,
PAIR DE FRANCE,
Membre du Conseil-général d'Administration des Hospices'
civils , Membre du Bureau de Charité du premier
Arrondissement de Paris.
JL»ES dignités vous rendent accessibles;
Dans les grandeurs on vous trouve sensibles.
Vous faites plus que n'ose désirer
Celui qui vient voire voix implorer.
en
Vous protégez avec sollicitude ,
Et d'obliger vous failes votre élude".
La bienfaisance habite dans vos coeurs :
Des malheureux vous calmez les douleurs ;
Et la vertu timide et désolée,
Bientôt , par vous, se trouve consolée.
Il est si doux de faire des heureux ,
Que d'un coeur pur c'est le comble des voenx^
L'humanité, la bonté , la justice,
Ont dans votre ame un constant exercice.
Ah ! recevez les bénédictions
Qu'auront toujours vos nobles actions !
La piété dans votre ame réside,
A vos verlus toujours elle présidé.
Noble DESÈZE ! ô noble ROSANBO !
Vous dont le zèle est si pur et si beau ,
Vous ranimez ma force presque éteinte,
Et du malheur je braverai l'alleinle.
Vous demandiez qu'on me fit un grand bien.. .
Chacun de vous restera mon soutien.
Êtres si chers à mon âme attendrie ,■
O mes six fils ! ô' ma fille chérie !
O mon épouse ! au pied du saint Autel ,
Allons porter à la Reine du Ciel
Nos voeux ardens , notre reconnaissance :■
D'elle implorons la divine assistance y
Offrons-lui tous nos adorations,
( i5 ) .
Adressons-lui nos supplications ,
Pour obtenir des jours longs et prospères
Aux deux mortels dont les soins tutélaires
Voulaient verser le bien-être sur nous :
Qu'elle intercède , ainsi que son époux,
Auprès de Dieu , dont la toute-puissance
Règle à son gré, de chacun, l'existence.
Long-tems mon coeur eut le pressentiment'
Qu'il recevrait un doux soulagement ;
Il espérait qu'enfin la bienfaisance
Ferait cesser ma trop longue souffrance.
J'étais un jour plongé dans le sommeil:
Un songe vient exciter mon réveil;
Des pleurs de joie inondent mon visage,
Et je crois voir le succès d'un ouvrage
Où j'avais su par mes faibles talens ,
Rendre un hommage à de beaux sentimens.
Là, je crois voir une main paternelle,
Qui m'annonçait une heureuse nouvelle,
Et qui daignait me faire parvenir
Des mots dont j'eus un sensible plaisir :
Elle mandait que la reconnaissance
'A mes travaux donnait la récompense
Que méritait mon vertueux penchant,
Qu'elle nommait un zèle bien touchant.
Mais quel penser, dis-je, à moi se réclame,'
Quand nul Ecrit, émané de mon ame,
N'a vu le jour , eu nulle occasion,
( ,6)
Comment former une production ?
Si la verlu demande mon hommage ,
Mon coeur aura du zèle et du courage.
Bientôt après on propose au concours
De célébrer un nom qui doit toujours
Être bien cher à la France, à la Terre,
Un nom sacré, que mon ame révère,
Et que l'on vit briller d'un noble éclat,
Dans plus d'un genre, au sein de notre Etat.
Mon ame donc, en ce jour si propice,
Voulut aussi se montrer dans la lice.
La confiance encor vint m'exciler,
Et je cherchai moi-même à remporter
Ce noble Prix qu'un morlel magnanime
Fit proposer, sous un voile anonime.
Rempli d'espoir et d'admiration,
Je satisfais ma noble ambition.
La gloire aussi, par ses douces amorces ,
De mon esprit vient redoubler les forces.
Je prends la plume, et je suis tout surpris
Que ce talent, que je n'ai pas appris;
Qu'un art divin, dont la force puissante-
Emeut nos coeurs , les ravit, les enchante ,
Semble sourire à mes premiers efforts ,
Et faire aimer mes novices accords.
La mélodie accroît encor mon zèle ,
Et la cadence à mes voeux est fidèle.
Alors je peins , avec facilité,.
l'7)
Un Magistrat cher à l'humanité.
Si je n'ai point obtenu la Couronne ,
Je dois louer l'éloquente personne
Dont le talent éclatant, vraiment beau,
Chante l'aïeul du noble ROSANBO.
O LAMOIGNON ! dans ton panégyriste ,
Brille un goût sûr, où le sublime existe.
L'Académie applaudit ,ses succès ,
Qui doivent plaire à tous les bons Français.
Je rends justice à son noble génie ,
Et sais goûter sa touchante harmonie.
Rival heureux, que j'ai vu couronner ,
Ton coeur saura sans doute pardonner
A mes regrets , à mes aveux sincères ,
Si j'ai versé quelques larmes amères
D'avoir été vaincu dans ce combat.
Ton but m'anime, et ta force m'abat.
Mortel chéri des filles de mémoire,
Elles ont dû te donner la victoire :
Muses , combien les palmes de vos mains
Ont protégé ses fortunés destins !
Le jour où fut ta gloire proclamée
Eût été doux à mon ame alarmée ,
Si j'avais su qu'au sein de mes malheurs
J'aurais acquis d'illustres protecteurs :
Deux êtres chers au coeur de ce grand homme
Que ton talenj^wîj^Hteeès renomme.
(.8)
Si j'avais su que la faveur df s cieux
M'accorderait un Lien si précieux,
Je n'aurais plus envié la victoire.
On m'aurait vu même applaudir ta gloire :
Cerles, j'aurais alors tout le premier
Félicité ton durable laurier.
Oui, j'eusse été contenl de mon partage.
Comment avoir un plus grand avantage ?,
Hommes si grands , ô mortels adorés ,
Ah ! des Français vous êtes révérés !
Vous méritez l'estime universelle.
Pour vous j'aurai gratitude éternelle.
îG Mai 1823.
ÉLOGE
DE
M. DE MALESHERBES.