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Éloge funèbre de L. et T. C. F. Leveux,... ancien maire... de Calais... prononcé dans la R. L. des Amis réunis, le 10 avril 1816, par le F. B......

52 pages
Impr. de Le Roy fils (Calais). 1816. Leveux. In-12.
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ÉLOGE FUNÈBRE
DE
L. ET T.C.F. LEVEUX.
ÉLOGE
FUNÈBRE
DE
L. ET T. C. F. LE VEUX,
NÉGOCIANT,
ANCIEN MAIRE DE LA VILLE DE CALAIS,
Président du Tribunal de Commerce ,
PRONONCÉ
DANS LA R. L. DES AMIS RÉUNIS,
Le 10 Avril 1816,
CALAIS.
IMPRIMERIE DE LEROY FILS.
MAI 1816.
J E me féliciterai toujours d'avoir,
durant près de vingt ans, exercé
parmi vous des fonctions publi-
ques; et toujours je m'enorgueil-
lirai d'être un de vos en fans d'a-
doption. Veuillez donc agréer,
comme la preuve la moins équivo-
que de mes sentimens pour vous,
l'hommage de l'Éloge funèbre
d'un concitoyen qui, dans des
temps malheureux,fut votre ami,
votre guide et votre soutien. En
traçant le tableau de ses qualités et
de ses vertus, j'ai trouvé dans
cette heureuse cité plus d'un mo-
dèle. Le magistrat estimable ,
M. A. Bénard , qui le remplace à
la Mairie, vous a aussi prouvé,
dans des circonstances difficiles et
périlleuses, qu'il étoit- digne de
lui succéder ; et comme son prédé-
cesseur , il a trouvé dans votre
union, dans l'excellent esprit qui
n'a jamais cessé d'être le vôtre,,
les secours et l'appui dont il pou-
voit avoir besoin.
Tout imparfait qu'est cet ou-
vrage où je n'ai consulté que
mon zèle, vous l'accueillerez:
l'homme du choix de votre coeur,
dont, à tant de titres, vous ché-
rissez l'intéressante , famille, en
est le sujet ; et le produit en
est consacré au soulagement des
indigens de cette ville.
ÉLOGE FUNÈBRE
DE
L. ET T. C. F. LE VEUX,
NÉGOCIANT,
Ancien Maire de la ville de Calais",
Président du Tribunal de Commerce, et
Membre de la Légion d'Honneur.
Ergò perpetuus sopor
-Urget ?, Cui Pudor et Justitiae soror
lncorrupta Fides nudaque Veritas ,
Quando ullum invenient parem !
IIO RACE.
LA mort plane sur nos têtes. Elle
n'attend pas pour nous frapper que les
plaies qu'elle nous a faites soient cica-
trisées ; ses coups se précipitent : elle
semble même choisir de préférence ses
victimes parmi les hommes dont l'exis-
tence est le plus nécessaire à celle-de
( 2 ).
leur nombreuse famille. A peine avions
nous rendu les derniers devoirs aux FF.
Gobert et Podevin, qu'il nous fallut pré-
parer une nouvelle pompe funèbre pour
les FF. Ledez et Briois ; et c'est encore
pour une mort inattendue que nous
reprenons nos habits de deuil.
Cette tenture funèbre, ce jour pâle;
ce cénotaphe couvert de larmes , ces
sons lugubres , ce recueillement sombre
de vos esprits , tout me dit qu'un frère
encore nous a quittés pour jamais , et
quel frère !... nous allons donc offrir un
triste et dernier hommage à la mémoire
de L. et T. C.F. LEVEUX!...
Dans ce deuil profond où notre ame
s'abandonne, toutes les pensées s'arrêtent
sur le néant des choses humaines ; et
près de l'urne funéraire qui frappe nos
regards, on laisse échapper, malgré soi,
ces paroles : nous mourons tous ; et tous,
nous allons sans cesse au tombeau, ainsi
que les eaux d'un fleuve , qui coulent,
qui se confondent et se perdent dans les
abîmes de l'océan.
(3)
Comme la main pesante du temps
frappe durement les hommes ! Quoi S
notre existence seroit à peine un songe?...
Oui, MM. FF. , la vie de l'homme n'est
qu'un songe : elle passe comme l'ombre,
elle fuit avec la rapidité de l'éclair. Tout
ce qui nous approche , tout ce qui nous .
environne , présente l'effrayant tableau
d'une continuelle destruction. Il n'est
pas , dans le règne minéral même , jus-
qu'aux métaux les plus durs que ne
ronge , que ne corrode la lime mordante
du temps. Avec quelle activité dévorante
la faux du trépas moissonne les foibles,
les malheureux humains !... Puissants de
la terre , fastueux potentats , monarques
du monde , la mort paroît, et vous n'êtes
plus ! Elle remplit également de deuil et
le palais des rois et la cabane du
pauvre : tous sont également ses sujets,
tous sont soumis à ses lois immuables.
Pardon , mes FF. ; trop plein des
pensées que fait naître le sujet que j'ai
à traiter , je sens que je m'en écarte. Je ,
n'ai pu résister aux premières impressions
(4)
qu'a produites dans mon ame oppressée
l'appareil lugubre qui nous environne.
Malheur au coeur froid que le sentiment
n'entraîne pas, n'égare jamais! Je. dois
vous entretenir de celui qui cause nos
regrets , de ce Frère qui fut un des prin-
cipaux fondateurs de la Loge de Calais ,
généralement reconnue parmi les Maçons
pour un modèle de perfection dans l'art
royal. Je dois vous parler d'un F. qui,.
pendant près de cinquante ' ans , fut
l'exemple , la gloire et l'idole des enfans
de la veuve ; d'un homme enfin que
chérirent ses concitoyens, que ses admi-
nistrés révérèrent , et que sa famille
idolâtra. En payant le dernier tribut à
la nature , le F. LEVEUX vient d'être
enlevé à ceux dont il animoit les affec-
tions ; et lorsque tous laissent couler des
larmes sur sa cendre , il nous étoit
réservé , à nous qu'il aima tendrement,
d'y jeter les fleurs consolantes de l'amitié.
Vous n'attendez de moi que la vérité,
sans doute. Un orateur qui parle à des
Maçons ne peut jamais , aux dépens
(5)
même de ce qu'il a de plus cher , cesser
d'être son organe. Si le moindre men-
songe se mêle à mes paroles , repoussez-
moi loin du temple de la sagesse , et ne
permettez pas à celui qui l'outrage t
d'oser en donner des leçons. Ce fut au
sentiment que nous dûmes les premiers
éloges funèbres : la justice les institua,
la politique les conserva quelque temps
et exclusivement pour le mérite : in-
sensiblement le vice sut les usurper par
intrigue, la puissance les commanda, et
ce qui devoit être toujours rare et glorieux
fut prodigué et avili. Mais si, lorsque je
loue, je ne dis que la vérité, si l'éloge que
je vous présente n'est que la récompense
des vertus, n'est que le prix des services,
loin de le regarder comme un sacrifice
fait à l'usage, comme une vile flatterie ,
comme une basse adulation , vous direz
avec moi : cet éloge est le tribut sacré
des hommages que nous devons à l'a-
mitié , que nous devons au vrai mérite ;
hommages bien dus, sans doute , à la
mémoire de L. et C. F. LEVEUX,
( 6 )
Je ne l'entreprendrois pas cependant'
si je consultois mes forces et l'aversion
qu'il avoit lui-même pour les louanges.
Mais n'ai-je pas du zèle, un auditoire
. indulgent , et n'a-t-il pas goûté assez
long-temps le plaisir de la modestie ?
Je dois donc rompre le silence que sa
répugnance nous imposoit. Sa réputation
n'est plus à lui : elle nous appartient,
ou plutôt elle est à la Renommée qui doit
maintenant exercer un libre empire sur
son nom, pour le conserver à nos neveux.
Ce nom chéri fera long-temps la gloire
des habitans de cette cité et ajoutera à
leur illustration. Oui, Calaisiens , la
postérité vous bénira lorsqu'elle appren-
dra que ce siècle de démence et de féro-
cité a produit parmi vous tout ce qu'on
peut admirer dans une ame honnête et
courageuse , dans un homme vérita-
blement grand.
C'est moins dans les familles distin-
guées par des titres anciens, par une
antique origine, que dans celles où les
vertus' sont héréditaires que se trouve la
(8)
reçus de la nature. Un goût délicat, un
tact sûr, une pénétration vive, une intel-
ligence étendue, un jugement droit, des
notions exactes, furent de bonne heure
chez lui les fruits acquis d'une étude
facile. Semblable à une terre neuve et
bien préparée qui rapporte de riches
moissons et produit avec abondance des
fruits succulens, le jeune LEVEUX qui
reçut le germe salutaire des sciences et
les semences de la sagesse, les rendit
au centuple pour le bonheur de sa
famille, de ses amis et de ses conci-
toyens. Ne savons-nous pas ce que pro-
duisent dans un jeune homme heureu-
sement né les premiers sucs du coeur
humain que les passions n'ont pas
encore corrompus , n'ont pas encore
altérés ? La semence du bien y germe
et s'y développe bien plus rapidement,
parce que le souffle impur du vice ne l'a
point encore desséchée, ne l'a pas flétrie.
Lorsqu'à mes yeux paroît un jeune
homme instruit, modeste et vertueux,
il me présente à la fois toutes les idées.
(9)
de beauté, de force et de perfection.'
Je vois en lui la joie, l'espérance et la
consolation de l'espèce humaine.
C'est avec ces richesses naturelles et
acquises que notre digne frère commença
la tâche qu'il avoit à remplir dans l'ordre
social. Pour ne pas s'égarer dans les
routes incertaines de la vie, il s'étoit
fait une règle de conduite qu'il suivit
scrupuleusement, et tels en étoient les
principes : « obéir en tout temps aux
lois et aux coutumes de son pays ; se
décider toujours pour les opinions mo-
dérées, parce que, dans le moral, tout
ce qui est extrême est presque toujours
vicieux ; travailler à se vaincre soi-même,
parce qu'il est plus facile de commander
à ses désirs que de diriger les évènemens,
que de changer l'ordre du monde. »
De toutes les sciences la plus utile
est celle de savoir supporter également
et les succès et les revers ; et c'est
sur-tout dans la profession qu'exerça
notre digne F. que cette force, cette
égalité d'ame sont nécessaires. Il embrassa
(I0)
le Commerce, qui paroissoit devoir lui
offrir le plus de ressources. La place que
son père occupoit à l'Amirauté lui en
facilitoit l'entrée et lui présentoit les
moyens de l'exercer avec avantage.
Il avoit pour y prospérer une intel-
ligence rare, une ardente activité, une
prudence consommée, un tact sûr en
spéculations, des connoissances locales
et étrangères, des relations nombreuses
et lointaines , une loyauté inaltérable,
une franchiseséduisante, une délicatesse
à toute épreuve : son naturel touchant
et vrai mspiroit toujours une confiance
sans borne ; et ses opérations commer-
ciales furent aussi étendues que multi-
pliées. Mais, contrarié par le malheur
des temps, par les vicissitudes des évè-
nemens, par l'inconstance de la fortune,
par le commerce lui-même qui aban-
donna son antique loyauté, il fut loin
d'obtenir ce qu'il, devoit espérer , ce
qu'il avoit le droit d'attendre. L'aveugle
Plutus , d'ailleurs, n'a-t-il pas presque
toujours favorisé l'intrigue, l'ignorance
( II )
ou la mauvaise foi, plutôt que l'activité,
l'intelligence et la probité ?
Tu n'as cependant pas à te plaindre
de ses injustes caprices, toi, le digne
successeur de notre F., toi qui fus
constamment l'objet de sa tendre solli-
citude : on est bien riche quand on est
1e fils d'un tel père ! Comme lui, d'ail-
leurs , noblement désintéressé , tu dé-
daigneras également cette inconstante
fortune , soit qu'elle vienne à toi, soit
qu'elle s'en éloigne. Comme lui tu sauras
retrancher de ton aisance, quelquefois
même soustraire à tes besoins pour
donner aux bienfaits. Dans quelque
situation qu'il se soit trouvé, ne vis-tu
pas ton respectable père toujours assez
riche pour être généreux, et pour l'être
sans ostentation ?
Amour des hommes, vertu des grandes
ames, ô bienfaisance , sans toi cette
portion précieuse de l'humanité , ces
êtres que le malheur rend sacrés, péri-
roient dénués de tout, en maudissant le
genre humain ! C'est dans ton sein que le
(I2)
pauvre trouve des secours , l'affligé des
consolations , le foible de l'appui. Ingé-
nieuse et douce bienfaisance , le miel
que l'abeille exprime des fleurs parfumées
est moins doux que toi! Et nous savons,
MM. FF., combien celui que nous pleu-
rons étoit pénétré de ce sentiment vif
d'amour et de bienveillance pour ses sem--
blables. La nature ne lui avoit départi les
dons précieux de la délicatesse et du sen-
timent que pour être plus accessible aux
douces émotions de la pitié, et le génie du
bien sembloit lui avoir révélé tous ses
secrets. Son active charité savoit sur-tout
découvrir l'indigent qui se cache , et l'in-
digent étoit soulagé: Suivez-le dans ces ré-
duits obscurs habités par la misère et le
malheur, et vous verrez sa main généreuse
y répandre l'aisance et la consolation : il y
change en larmes de joie et de reconnois-
nance les pleurs amers de la douleur de
la honte et du désespoir : les malheu-
reux qu'il a visités cessent de maudire
leur sort, rétractent leurs murmures et
rèvent encore le bonheur.
( I3 )
Le mystère et le silence recueilloient
Ces utiles démarches , ces actions libé-
rales , ces actes répétés de bienfaisance.
Comment notre philantrope a-t-il pu
être impunément si grand , si généreux,
dans le siècle des petitesses et de l'é-
goïsme ? C'est qu'il eut toujours cette
bonne foi de caractère et cette modestie
vraie qui font supporter la supériorité, qui
excusent les plus brillantes qualités, même
aux yeux de l'envie. Son ascendant sur
l'opinion publique étoit tel qu'on n'au-
roit point hésité , j'ose le dire , à pallier
même Ses défauts. La perfection n'appar-
tient pas à l'espèce humaine. Le tableau
le plus achevé , le mieux fini, a ses
ombres, ses défectuosités.
Peut-être me dira-t-on que, propre à
faire les délices et l'ornement de la
société, notre digne F. auroit dû la
fréquenter davantage. Il avoit bien,
sans doute , les qualités du coeur et les
agréments de l'esprit qui en augmentent
et en varient les plaisirs ; mais ces
réunions, qu'improprement on appelle
( I4 )
société , composées pour la plupart
d'atômes, aériens , d'êtres frivoles et
superficiels, ne pouvoient convenir à
cet homme dont l'aplomb égaloit la
pénétration. II étoit étranger dailleurs
à la science importante de l'étiquette ; il
ne connaissoit pas le code minutieux et
puéril des cercles : il n'avoit pas cet
amour propre sans borne , cet amas fati-
guant de paroles , cette volubilité de
propos insupportables, cette ridicule
affectation de singularité, ce tranchant pi-
toyable , cette légèreté, cette étourderie,
ces distractions feintes, cette indifférence
calculée, cette importance orgueilleuse,
qui nous y environnent de considération ;
il n'avoit pas cette fausseté polie, cette
souplesse rampante, ce jargon mielleux,
ces airs , ces manières que je n'ose qua-
lifier , cette marche tortueuse , cette
doctrine hypocrite ; enfin tous ces riens
qu'on appelle usage du monde ; ou
plutôt il n'avoit pas le courage de
paroître ce qu'il n'étoit pas. En revanche,
on voyoit briller éminemment en lui
( I5 )
une politesse affectueuse et libre , un
abord honnête , mais réservé ; des dehors
aisés, un air ouvert, un ton.poli mais
sans gêne, qui est celui de la vérité. Il
savoit néanmoins manier avec beaucoup
de finesse et de dextérité l'arme légère
de la plaisanterie , parce qu'il étoit natu-
rellement gai, sans être caustique.
Si nous ne voyons , dans ces espèces
de sociétés , que des moeurs inconsé-
quentes et légères , que des habitudes
vicieuses ; si, au lieu de cette sensibilité
qui pénètre l'ame sans l'égarer, on n'a
qu'une espèce d'inquiétude active et
curieuse qui se répand sur tout sans
s'attacher à rien ; si, pour devenir plus
sociable, il faut être moins sensible ; s'il
faut faire disparoître son caractère par-
ticulier, cesser d'être soi pour se revêtir
d'un uniforme commun , pour prendre
les airs et l'extérieur de convention ;
si, par le désir de plaire , par la crainte
d'offenser, on n'ose ostensiblement ni
aimer, ni haïr, ni admirer, ni censurer ;
si chacun, par devoir, est maniéré, faux
(I6)
et glacé ; si les évènemens heureux ou,
malheureux n'éveillent que la curiosité
sans produire un sentiment, devons-nous
être-surpris d'avoir vu le F. LEVEUX , cet
homme énergique , sensible et vrai , fuir
ces cercles où l'on ne rencontre que la
frivolité , le mensonge , la petitesse et la
méchanceté ? L'ame qui a de l'énergie
fatigue celle qui n'en a,pas. Comment
auroit-il pu supporter ces réunions où
l'audacieuse opulence insulte à la probité,
où la nullité vaine méprise le mérite , où
l'ignorance orgueilleuse humilie le ta-
lent ; comment, dis-je , les auroit-il pu
supporter, celui qui préféroit l'honnête
homme au riche, qui n'accordoit son
estime qu'au talent modeste , son respect
qu'à la vertu ; qui n'avoit de mépris que
pour l'homme faux et vain , de sévérité
que pour le méchant ? Encore, sa bonté
inépuisable permettoit-elle rarement à la
sévérité d'entrer dans son coeur : sans
politique comme sans effort, il ne savoit
que pardonner. Qu'il eût été malheureux,
s'il se fut vu forcé de haïr !
( I7 )
Ce seroit donc se tromper étrangement
que de juger que notre F. étoit peu
propre à former des liaisons intimes ,
,parce qu'il ne fréquentoit pas la société,
dont il connoissoit les chaînes , le vide ,
les ridicules et les vices. Il savoit, mieux
qu'un autre, combien de trésors on pos-
sède dans le coeur d'un ami. Il en avoit
dans le sein desquels il pouvoit avee
sécurité déposer ses pensées les plus
secrètes , ses sentimehs les plus cachés,
et qu'il trouvoit toujours disposés à
s'intéresser à lui , à partager ses peines ,
à calmer ses inquiétudes -, à soulager ses
douleurs , à essuyer ses larmes. Le vrai
sage ne peut se passer d'un ami ; c'est
le voeu de la nature. Nous en avons
besoin pour nous goûter nous-mêmes.
Quand le sentiment du plaisir s'arrête
dans nos coeurs, il s'éteint bientôt ;
mais s'il y revient réfléchi du sein d'un
ami, ah ! c'est alors qu'il est brûlant et
qu'il nous embrase !
C'est dans nos intéressantes réunions,"
sur-tout, que l'expansive amitié exerçoit

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