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Éloges du Père Guerrier... et de Monsieur Garmages... , lu dans l'assemblée publique de la Société des sciences, belles-lettres et arts de la ville de Clermont-Ferrand le 25 août 1773 / par M. l'abbé Micolon de Blanval,...

De
24 pages
impr. de P. Viallanes (Clermont-Ferrand). 1773. 24 p. ; in-12.
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BIBLIOTHEQUE
( I I UNION 1-1 IIMI %\Il
DU PERE
GUE R RIE R,
PRETRE DE L'ORATOIRE,
ET DE MONSIEUR
G .A 2t MCJL G JBL S
CURÉ DE 5. PIERRE,
LUS DANS L'ASSEMBLÉE
publique de la Société des Sciences
Belles-Lettres fi Arts de la Ville de
Clermont-Ferrand, le Août ZJ73*
PAR M. L'ABBÉ MICOLON DE BLANVAL,
Abbé de B«aulieu Chanoine de l'Eglife de
Clermont, Vicaire Général du Diocefe de
l'Académie des Sciences & Belles-Lettres de
de Dijon, & Secretaire perpétuelde la Society
Littéraire de Clermont.
A
Chez P. VI ALL ANES Imprimeur des Domaines
du Roi, près l'ancien Marché au Bled.
Permis d'imprimera Clermont-Ferrand ce 6
Juillet 1773.
ÇHAMERLAT, Lieut. de Police.
ï 3 1
Az
EL O G E
DU PERE GUERRIER,
PRETRE DE L'ORATOIRE.
Lus cette Société, en s'cl oi-
gnant de fon origine ac-
quiert de la confidératïoa
& du refpeâ: plus elle en
doit à ceux qui furent en
quelque forte fes peres, & qui forme-
rent fon enfance.
De ce nombre fut le Père Guerrier de
l'Oratoire que je.puis célébrei- jci avec
aflurance parce que je veux que fon
Eloge n'intercale que par les mêmes mo-
tifs qui lui ont allure pendant fa -vie la
reconnoiflance de cette Académie. Non
la fatyre ne doit point ici déchirer fa
inémoire; la fatyre eft un vice que nos
ftatursontprofcrit nousjouôns l'hom-
me de lettres qui jrefte feul à nos yeux,
[-4
lors même que la cenfure aiguife ailleurs
tjcpntre fui tous fes traits.
i Cette Société vantera toujours ceux
qui l'ont illuftrée par leurs talents, qui
ont-obéi a fes loix qui ont refpecîé &
pratiqué fes ufages.
Voilà Meffieurs, l'idée que je vous
prie de vous former de l'Académicien
que je vais louer, la feule fous laquelle
je^ veux le rqpréfenter & que vous lç
considériez.
Il a honoré cette Académie par fes
talents il en avoit reçu de la nature,
il en avoit acquis.
D'abord quelle terre féconde en
grands hommed que celle qui le vit
naître! qu'on parcoure les fiecles, qu'on
life l'hiftoire queue fuite nombreufe
de Savants de tout état & de toute pro.
fefüon s'élève de cette même Ville que
nous habitons. Cendres augures des
|léros que Clermonta donné aux Scient
ces, que ne. puis-je ici vous ranimer
Si vous recommenciez vivre, la géné-
ration préfente, à qui il ne manque que
de l'émulation forriroit peut-être de
fon inertie & renonceroit à fa parère.
Non, cet Eloge n'eft point outré il
ne peut être fufpeâ: dans ma bauche,
je A4s n6 dans 'un 'climat -moins ib nu*
il]
né. Clermont eit une terre heureule }
dont l'efprit femble étre la production
la plus naturelle. Si d'autres contrées
renferment dans leur fein de riches mé-
taux, celle-ci a reçu en dédommage-
ment la fertilité néceflaire pour pro-
duire fans s'épuifer ces richeffes de l'a-
me qui lorfqu'elles font cultivées, fon,t
l'opulence du Royaume des Lettres.Les
exemples de cette vérité font connus,
& fi je ne les rappelle pas c'eft que tant
de Savants nés dans ces murs ont
marché d'un pas hardi dans la carrière
des fciences que je ne veux pas paroî-
tre décider lefquels l'ont plus illuftré".
C'efi déjà fans doute un heureux pré-
jugé pour l'Académicien que je loue
d'avoir eu une auffi noble- patrie. II na-
quit dans une Famille à qui il auroitpu
tout feul acquérir de la célébrité, fi par
elle-même elle n'eut pas été en état de
s'en procurer. Ses premieres années fu-
rent femblables à celles de tant d'autres
jeunes gens qui entrent fans projet dans
la carrière des Lettres, qui les cultivent
par devoir & fans attrait, jufqu'à ce
que d'heureufes circonilances échauf-
fent dans leur ame l'ardeur dont nous
portons tous.pour elles earçaifTant l'heu-
reux g erme. M • ̃ >»
161
Peut-être plus de goût pour Ta retrai-
te plus d'amour pour la vertu, plus de
fentiments d'une tendre p.iété distin-
guoient alors le Pere Guerrier entre fes
eondifciples. Tous ces motifs réunis le
déciderent à entrer dans la Congréga-
tion de l'Oratoire.
A quelle école plus célébre de mœurs
& de vertu de fcience & d'érudition
eût-il pu s'attacher? nôtre, fiecle pou-
voit alors envier au fiecle dernier une
fi belle inititutian là s'étoient formés
aux fciences abflcaites les Reyneau & les
Mallebranche;àl'éloquencedela chaire,
à I'inftru6fcian.des mœurs, les SenauUs
Scies Maflillon; àl'éruditian de l'Hif-
tojre & de la Théologie, les.le Cointe
& les Jueania, L'éclat de cette Congré-
gation, étoit à peine alors caché fous titi
nuage les mêmes lumières qui av oient-
éclairé fan berceau, pouvoient diffipec
les ténébres qui menaçoient d'affoibli&
fa premieres gloire.
La,' fous des loix diftées par la fagef-
ûj on jouit & des droits de la liberté
& du mérite de lo-béiffance, des délices.
de la folitude & des charmes de la fo-
ciété, de la gloire d'être utile ou du plai-
fîr d'être ignoré de tous les avantages
.quï aideac à la piété & de toutes, le$
Ali
A4
épreuves qui fortifient la vertu lorf-
qu'on veut renoncer au monde & ce-
pendant jouir de foi-même peut-on
choifir une plus heureufe retraite?
Le Pere Guerrier y porta destalents,
déjà exercés avec le plus grand fuccès
auprès de deux célébres Magistrats, &
qui le rendirent plus capable des pre-
miers travaux dont on s'occupe dans là--
Congrégation de l'Oratoire. Il en fou-
tint les peines & le dégoût avec le plus
grand courage & le plus grand zele. Le
Mans & Montpellier le virent fucceffi-
venient remplir avec diftinfti on la car-
riere des fciences mais fa fanté en fut
altérée, & on lui aflîgna alors fa patrie
pour le lieu de fon repos. Perfonne
n'ignore qu'il n'y a pas vécu oifîf; que
de projets il a formé! que de correfpon-
dances il a entretenu que de relations
il a eu que de lettres il a fait il feroit
difficile de compter tous les livres qu'il
a parcouru de lire tout ce qu'il a écrit
fur des matieres à la vérité étrangeres
à cette Académie mais la fécondité
.de fa plume prouve celle de fon ef-
prit, & annonce combien il étoit infa-
tigable au travail.
Nous devons regretter que fon goût
ne l'ait pas porté à s'appliquer par pré-
r»i
férence aux fciences qui font 1 objet de-
l'inftitution de cette Société. Le même
temps qu'il a occupé à difcuter des ma-
tieres fur lefquelles il n'y avoit rien à
examiner, parce qu'un Tribunal fupé-
rieuràcelui de la raifon a feul droit d'en
connoître,ce temps eut profité à la phy-
fique ,àrhiftoire,aux belles lettres: il
eut p.u fediftinguer dans chacun de ces
genres dans les lettres, parce qu'il écri-
voit avec élégance & qu'il penfoit avec
force dans l'hiftoire parce qu'attentif
à recueillir toutes les anecdotes, habile
à les retenir, il avoit la patience qu'il faut
pour fouiller dans l'antiquité, & arra-
cher à l'oubli des temps les événements
des Siècles paffés dans la phyfique en-
fin ;je ne veux donner pour preuve des.
fervices qu'il pouvoit lui rendre que le-
fyftême qu'il propofa en 1748 dans une
des Affemblées particulieres de cette
Société ce que Torricelli n'avoit point
imaginé ce que Pafcal n'eut peut-
être pas ofé tenter, émule de ces deux
grands Hommes, le Pere Guerrier l'ima--
gina & l'entreprit, de- former des Ther-
momètres & des Barometres par le feul
reffort de l'air, fans qu'il fut be.foin d'in-
terpofer aucune liqueur ni aucun autre-
fluide, Son. idée fut applaudie ^mais on*

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