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"Elsass und Lothringen", Alsace et Lorraine, ou Un bienfait n'est jamais perdu, saynète en deux parties présentée à la jeunesse, par I. Neu,...

De
25 pages
Leroy frères (Paris). 1873. In-12, 51 p..
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on
UN BI^ÂI^TEST JAMAIS PERDU
■2,1 SAYNÈTE; ï&, DEUX PARTIES
PRÉSENTÉE
A nia JEUNESSE
Par I. NED
riofosscui' d'allemand au Lycée Henri IV.
PARIS
LIBRAIRIE FRANÇAISE ET ANGLAISE DE J. H. TRUC11Y
LEHOY FIV ÈRE S successeurs
2Gj BOULEVAItD DES ITALIENS
1873
ALSACE ET LORRAINE.
SAYNÈTE EN' DF.UX PARTIES.
PERSONNAGES :
MADAME DE GRETZ;
MADAME MILLER;
LOUIS, FIl.S DE MADAME DE GRETZ ;
CHAULES, FiLS DE MADAME MILLER;
GEORGES, DOMESTIQUE DE MADAME DE GUETZ ;
UN SOUS-OFFICIER DE UHLANS.
UN SERGENT DE VILLE.
MADAME. SCHUMANN ET SON FILS. '
La scène est, pour la première partie, dans un village des environs de
Nancy, et, pour la deuxième partie, à Paris.
PREMIÈRE PARTIE.
Le théâtre représente un salon dans la maison de.Mme de Gretz.
'SCÈNE PREMIÈRE.
MADAME DE GRETZ, LOUIS.
LOUIS, regardant à la fenêtre.
Que de charrettes, que de carrioles, où sont entassés de pauvres
gens avec leurs effets et leurs ustensiles ! Bon! voilà un chariot
qui s'arrête'...'lin soldat prussien cric après le conducteur et prend
la bride du cheval pour le faire avancer... Le conducteur s'ex-
plique et gesticule... le Prussien recommence a crier....
MADAME DE GRETZ.
Hélas!... les soldats ennemis ont pour consigne de défendre
aux émigrants alsaciens et lorrains de s'arrêter ici... c'est là un
ordre bien dur...
* LOUIS.
Oh! oui, bien dur... et bien injuste... nous aurions tant de
plaisir à recevoir, à héberger des amis, des compatriotes... n'est-
ce pas, mère?
MADAME DE GRETZ.
Cher enfant! (Elle l'embrasse.) S'il venait chez nous un petit
émigré, tu serais donc heureux de lui offrir l'hospitalité ?
LOUIS.
Je lui donnerais ma place à table et la moitié de mon lit.
MADAME DE GRETZ.
Bien, mon Louis chéri... je suis contente de voir que tu as un
bon coeur... le coeur de ton père... tu seras, comme lui, un hon-
nête homme ; tu défendras ton pays...
LOUIS.
Et toi aussi, ma petite mère, je te défendrai... avec mon sabre
et mon mousqueton... je m'engagerai dans les artilleurs...
MADAME DE GRETZ, Souriant.
Oh! d'ici là, tu as encore le temps Écoute, Louis, je
vais aller à Nancy pour rendre visite à la présidente de la Société
de charité; je veux lui remettre mille francs pour les émigrés...
Puisque Dieu nous a donné un peu de fortune, c'est bien le moins
que nous en usions pour soulager nos frères... pendant mon ab-
sence tu seras sage?...
. LOUIS.
Je tè le promets, petite mère.
MADAME DE GRETZ.
Bien, mon enfant... au revoir.
LOUIS.
Au revoir, mère...
(Louis embrasse sa mère. — Mme de Gretz sort.)
SCÈNE II.
LOUIS, puis CHARLES.
LOUIS, seul.
Le pâtissier-confiseur de la rue Stanislas, à Nancy, devrait bien
avoir l'idée de pâtisse)' des officiers prussiens en pain d'épice...
mère m'earapporterait un, et je le croquerais d'une seule bou-
chée, avec ses bottes, son ceinturon et son casque...
CHARLES .""entrant précipitamment.
Oh ! mon cher pelit monsieur, je vous en supplie, sauvez-moi I
i.
— 11 —
LOUIS.
Qui es-tu? Que veux-tu?
CHARLES.
Je m'appelle Charles Miller; je suis parti, il y a trois jours, de
Niederbronn, en Alsace, pour aller retrouver ma mère qui m'at-
tend à Paris.
LOUIS. »
Tu es venu de Niederbronn jusqu'ici tout seul?
CHARLES.
Tout seul, et à pied... Dame, que voulez-vous, quand on est
pauvre?... En arrivant au village, un brigadier de ulilans m'a de-
mandé mes papiers; je les avais perdus en route ; alors il m'a me-
nacé de me conduire à l'état-major pour me faire ramener en
Alsace... j'ai pris mes jambes à mon cou, je suis passé devant votre
maison, la porte était ouverte, et je suis entré...
LOUIS.
Sois tranquille, tu es en sûreté chez nous; quel âge as-tu?
CHARLES.
Onze ans et demi.
LOUIS.
Et moi, douze. Je suis ton aîné, je le protégerai...
CHARLES.
On monte l'escalier; si c'était le uhlan?
13 —
LOUIS.
N'aie pas peur, et entre là. (Il le fait entrer dans une chambre voi-
sine, ferme la porte et met la clef dans sa poche. Presque au-même moment
le sous-officier de uhlans entre dans le salon.)
SCENE III.
LOUIS, LE SOUS-OFFICIER.
LE SOUS-OFFICIER.
Monsieur Louis ?
LOUIS.
Tiens, c'est M. Franz, le brigadier qui est logé dans le pavillon
de notre jardin... Vous avez quelque chose à me dire?
LE SOUS-OFFICIER.
Oui... il vient d'entrer ici un petit vagabond...
LOUIS.
Un vagabond ? Connais pas... qu'est-ce que c'est que ça?
LE SOUS-OFFICIER.
Un rôdeur, si vous voulez...
LOUIS.
*
Un rôdeur? Connais pas non plus... Ce sont des mots étran-
gers, cela ; excusez-moi, M. Franz, je ne comprends pas le prus-
sien... '
— 15 —
LE SOUS-OFFICIER.
Ne faites pas l'ignorant, ni le railleur ; vous savez très-bien ce
que je veux dire... un enfant alsacien qui voyage sans papiers vient
d'entrer dans la maison ; je veux le conduire à la Commandature..,
LOUIS.
La Commandature ! Encore un mot prussien...
LE SOUS-OFFICIER.
Et si vous résistez plus longtemps, je vous emmènerai avec lui...
ça vous apprendra...
LOUIS.
Ça m'apprendra quoi?
LE SOUS-OFFICIER.
Ça vous apprendra à vous moquer des sous-officiers...
LOUIS.
Moi, me moquer des sous-officiers, et surtout des sous-officiers
de uhlans! Ah! Monsieur Franz, vous méjugez bien mal... enfin,
que demandez-vous?
LE SOUS-OFFICIER.
Je demande mon Alsacien. Je suis certain qu'il est ici.
LOUIS.
Alors trouvez-le, vous avez le flair assez fin, vous autres!
— 17 —
LE SOUS-OFFICIER, furieux..
I?etit drôle ! me comparer à un chien ! vous me payerez cela
LOUIS.
Allons, Monsieur Franz, ne vous*fàchez pas !..,
LE SOUS-OFFICIER.
Je me fâcherai si je veux !... L'Alsacien est dans cette chambre ;
je viens de l'entendre remuer; donnez-moi la clef, ou je vais en-
foncer la porte...
LOUIS.
Vous abîmeriez vos bottes, et ce serait dommage; de si belles
bottes avec des caboches.
LE SOUS-OFFICIER. .
Dépêchons-nous, je suis pressé ; avant d'aller chez le comman-
dant il faut que je passe au quartier ; c'est l'heure de mon inspec-
tion...
LOUIS.
Mais alors, si je vous donnais la clef où mèneriez-vous donc le
petit Alsacien ?
LE SOUS-OFFICIER.
Provisoirement au premier étage du pavillon où je loge.
LOUIS jy^ir^elfrapneXune idée.
Dans le pavillon.. ./AjH . r>.\
— 19 —
LE SOUS-OFFICIER.
II restera dans la chambre où je mets mon casque et mon
fourniment.
LOUIS.
Ce sera bien de l'honneur pour lui... Et si je persistais à vous
refuser la clef?
LE SOUS-OFFICIER.
Alors je vous arrêterais vous-même, et je dénoncerais voire
mère....
LOUIS.
En ce cas, me voilà forcé d'obéir..
LE SOUS-OFFICIER.
C'est bien heureux... Vile, cette clef !
LOUIS.
Mais du moins vous me promettez de ne pas faire de mal au
prisonnier?
LE SOUS-OFFICIER.
1
C'est bon, c'est bon, donnez. (Il prend la clef et ouvre la porte.)
Viens ici, toi, garnement. (Charles paraît.)