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Entre bourgeois, actionnaires de la même société et citoyens du même pays / par P.-J. Stahl

De
35 pages
J. Hetzel et Cie (Paris). 1872. France -- 1870-1940 (3e République). 34 p. ; in-18.
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ENTRE
BOURGEOIS
ACTIONNAIRES DE LA MÊME SOCIÉTÉ
ET
CITOYENS DU MÊME PAYS
PAR
P.-J. STAHL
PARIS
J. IIKTZEL ET O, EDITEU.RS
18, RUE JACOB, 18
1872
ENTRE
BOURGEOIS
ACTIONNAIRES DE LA MÊME SOCIÉTÉ
!■'. T
CITOYENS DU MÊME PATS.
Que penseriez-vous d'une société d'actionnaires
de laquelle tout le monde serait- actionnaire par le
seul fait qu'il est né dans le pays où elle existe et
dans laquelle chacun des membres qui la compo-
sent, depuis le plus petit jusqu'au plus grand,
depuis le plus pauvre jusqu'au plus riche, serait
obligé de placer non pas une partie seulement de
sa fortune, mais tout ce qu'il possède; une société
de la bonne ou de la mauvaise administration de
laquelle dépendraient en outre la vie et l'honneur
de chacun de ses membres?
Que penseriez-vous si, dans une société ainsi
constituée, les actionnaires, partant de ce prin-
cipe qu'il serait très-commode de n'avoir point à
s'occuper du soin de leurs intérêts et de pouvoir
laisser tout le fardeau de leur gestion à l'un d'entre
eux, s'avisaient un beau jour de dire à celui qu'ils
ENTRE BOURGEOIS.
auraient en vue pour lui confier cette charge
importante : « Vous allez être notre gérant. Nous
allons vous donner des appointemens considé-
rables,- abdiquer entre vos mains tous nos droits,
vous investir de nos pleins pouvoirs, et nous ne vous
demanderons en revanche que de no nous parler
jamais de ce qui nous importe ; en un mot vous
serez le maître absolu de nous ruiner ou de nous
enrichir : tout dépendra de vous, de vous seul.
« Il y a bien parmi nos co-intéressés quelques
esprits pointus et difficiles, des gens ridicules qui
s'effrayent de la' situation exorbitante que nous
entendons vous faire, qui trouvent que nous man-
quons de prudence, qu'un contrôle serait néces-
saire, et qui s'imaginent qu'il pourrait être utile
de savoir ce que vous pourrez faire en notre nom.
Ces gens-là ont parlé d'établir auprès de vous un
conseil de surveillance à qui vous auriez à rendre
compte de vos faits et gestes et un conseil d'admi-
nistration que vous auriez à consulter. Ils parlent
en outre d'instituer des réunions, des assemblées
publiques auxquelles seraient soumises les résolu-
tions importantes, et, car il faut tout dire, ils vont
même jusqu'à prétendre qu'il serait indispensable
de vous donner un vice-gérant, destiné à vous
remplacer au besoin, sous prétexte que dans ce
monde on ne sait ni qui vit ni qui meurt. Mais ne
vous inquiétez de rien de tout cela. Outre qu'on
peut s'arranger pour préposer à ces différents
ENTRE BOURGEOIS.
genres de besogne, plus apparentes que réelles,
des gens à vous, il va sans dire que toutes ces
belles inventions ne cachent que des questions de
pure forme. Par le fait, rien ne pourra se faire par
tout ce monde-là de ce qui pourait vous gêner ou
seulement vous déplaire, car non-seulement nous
vous nommons à vie, mais nous nommons à vie
dès aujourd'hui, pour qu'ils vous succèdent, vos
enfants et les enfants de vos enfants. La gérance
appartiendra à vous et aux vôtres à perpétuité.
C'est votre famille en un mot que nous nommons
« gérant, » et quiconque prétendrait intervertir
cet ordre de succession si naturel serait condamné
comme ennemi du repos public, et, pour dire le
mot, comme révolutionnaire. Il n'est donc qu'une
chose qui importe, c'est que vous ne laissiez pas
s'éteindre votre race, afin que nous ne soyons
jamais à court de gérants, afin que ni nous ni nos
enfants n'ayons plus jamais l'ennui d'avoir à en
renommer un quelconque. »
Vous me direz qu'il n'est pas d'actionnaires de
ce calibre. 11 en est*, et j'ajoute qu'ils ne sont pas
rares, l'as plus loin qu'hier je me suis trouvé dans
une réunion où ils étaient peut-être en majorité,
et voilà ce qui se passa entre eux et le brave
homme auquel ils venaient de proposer d'être leur
gérant, et cela dans les termes mêmes que je vous
ai dits plus haut.
ENTRE BOURGEOIS.
Épouvanté pour eux et pour lui-même de ce
qu'ils prétendaient faire, ce brave homme leur
répondit : « Vous n'y pensez pas, mes bons amis;
me nommer à vie ce serait déjà une grande impru-
dence, car enfin, si des exceptions illustres nous
montrent de loin en loin un vieillard gardant jus-
qu'à sa dernière heure toute la force et toute la
lucidité de son esprit, vous ne pouvez pas vous
dissimuler que la règle est qu'en vieillissant les
facultés d'un homme, si fort que vous le suppo-
siez, soient sujettes' à baisser, à baisser au moral
aussi bien qu'au physique. Prenez-y garde. Il est
des hommes qui, après avoir été, pendant un temps
donné, des hommes capables, ce que vous appelez
des grands hommes, sont devenus sur la fin de
leurs jours des idiots et des gâteux, et, qui pis est,
des méchants. Qui est-ce qui vous dit que tel ne
sera pas mon lot? Le difficile métier que vous vou-
lez me faire faire est de ceux qui portent à la tête
et entretiennent rarement l'esprit, le coeur et le
corps même en santé. Croyez-moi, ne me nom-
mez que pour un temps déterminé, réservez-vous
la liberté de me renommer, de prolonger mes
pouvoirs quand ils seront près d'expirer, si l'expé-
rience vous a démontré que je puis encore en faire
bon usage. Mais, pour l'amour de Dieu et du sens
commun, gardez-vous du moins le droit de me rem-
placer quand il deviendra clair que je ne serai
plus bon à rien qu'à faire des sottises. »
ENTRE BOURGEOIS.
Vous vous imaginez peut-être que ces paroles
de bon sens donnèrent tout au moins à réfléchir
à ces actionnaires fourvoyés? Vous n'y êtes pas.
« Non ! non! s'écrièrent-ils, uniquement préoc-
cupés qu'ils étaient de s'assurer tout d'une fois une
tranquillité indéfinie et de ménager leurs futures
émotions, non ! non! De telles réserves, des prévi-
sions si inquiétantes ne pourraient que troubler à
l'avance le repos perpétuel, le repos sempiternel
que nous prétendons nous assurer. Nous n'enten-
dons pas nous garder de si graves soucis sur la
planche, et c'est précisément pour nous les épar-
gner à toujours que nous vous disons : Gérez nos
affaires tant que vous vivrez et après vous vos fils
les géreront. Cette succession ininterrompue de
vos fils est, ne le voyez-vous pas, ce qu'il y a de
plus admirable dans notre combinaison.
— Mais, dit le gérant, qui commençait à être
sérieusement inquiet de l'état du cerveau_ de gens
capables de lui faire des propositions pareilles,
mais, mes fils, vous ne les connaissez pas! Ils ne
sont pas ce que vous les supposez, — et quant aux
enfants qu'ils pourront avoir un jour, qui peut
vous répondre qu'ils auront les capacités adminis-
tratives nécessaires à la fonction à laquelle d'avance
vous les destinez ? On hérite du nom et des
biens de son père, mais où avez-vous vu qu'on
"érite forcément de ses capacités? Vous prétendez
ENTRE BOURGEOIS.
que je n'aie qu'une postérité d'administrateurs-nés;
mais, mes chers amis, c'est aussi insensé que si
vous prétendiez que vos grands artistes, vos grands
peintres ou vos grands bottiers ne donnent jamais
naissance qu'à des artistes, des peintres ou des
bottiers de première catégorie. Si le talent se trans-
mettait, les descendants de vos artistes en renom
seraient tous des artistes en renom; c'est à eux
que vous iriez demander de père en fils des tra-
gédies, des comédies, des poëmes, des tableaux,
des opéras, etc. Le génie n'est pas héréditaire, le
talent rie l'est pas davantage. — Eh bien, le don
de l'administration et du gouvernement est un
génie dans son genre, et il n'est pas plus transmis-
sible qu'un autre.
« Je ne vous cache pas que si j'ai, à force de
travail, acquis quelque habileté dans la direction
des affaires, mes fils, qui ont su trop tôt qu'ils
auraient du foin dans leurs bottes, ne me parais-
sent pas devoir jamais avoir les qualités que vous
voulez bien distinguer en moi ; entre nous, j'en-
trevois même, non sans de véritables inquiétudes,
que, moi mort, ma fortune privée et nos entre-
prises particulières ne pourront que s'en aller à
vau-l'eau. Si personne que mes pauvres enfants ne
se charge de gérer à leur lieu et place, ce que
j'ai amassé ne tardera guère à se disperser. Ce
sont de braves garçons, mais, hélas! ils n'ont pas
l'ombre d'aptitude conservatrice.
ENTRE BOURGEOIS.
« Que serait-ce donc si à mes affaires person-
nelles venait s'ajouter pour eux le poids des affaires
publiques? Je ne leur donnerais pas six mois pour
en être écrasés, et vous maudiriez bientôt, à la vue
de la ruine générale, le jour où j'aurais eu la fai-
blesse d'accepter et votre gérance à vie pour moi,
et la gérance pour mes enfants après ma mort.
— Que diable ! lui répondit un actionnaire, por-
tant parole pour tous les autres, vous voyez les
choses trop en noir; vous prévoyez les difficultés
de trop loinw Les situations transforment les indi-
vidus. 11 y a des grâces d'état. Vous nous mettriez
martel en tête avec vos prévisions fantastiques, si
nous les écoutions; l'axiome « tel père, tel fils »
est plus vieux que nous tous. Il a du bon, puisqu'il
est très-vieux. En ce qui vous concerne, vous vous
portez bien, vous avez su faire vos affaires, vous
ferez les nôtres à merveille; —en ce qui concerne
vos fils, eh bien ! ce sera à eux de s'arranger pour
devenir tout à la fois dignes de leur père et 'de leur
situation. Ils seront les hommes de nos fils comme
vous aurez été notre homme. Cela ne saurait être
douteux et cela nous suffit. Quand tout ceci sera
écrit sur papier timbré, accepté, paraphé, acclamé
par tous, je voudrais bien voir qui oserait douter
du résultat. Il n'y a pas de révolutionnaire parmi
nous, Dieu merci. Topez là, et l'avenir de notre
société est à jamais assuré.
*
ENTRE BOURGEOIS.
— Tout cela est bel et bon, leur. répondit le
gérant, que l'impatience semblait gagner; que vous
prétendiez nommer un gérant, rien de plus juste.
Que ce soit moi, c'est flatteur pour moi, et je ne
vous dis pas non. Mais il ne me convient pas de
représenter des fous, et- si vous ne voulez pas
prendre contre vous-même et contre moi-même les
précautions que je vous indique et que vous de-
mande d'ailleurs, d'après votre aveu, une certaine
portion de nos co-intéressés que vous trouvez poin-
tus et que je trouve sages, allez vous pourvoir
ailleurs; je ne saurais en conscience vous aider, à
accomplir ce que je considère comme une mon-
strueuse sottise. Vous avez grand tort de ne pas
vouloir prêter l'oreille aux propos de cette mino-
rité d'actionnaires dont vous m'avez parlé. Les mi-
norités disent quelquefois de bonnes choses, dont
les majorités pourraient plus souvent qu'elles ne
pensent faire leur profit. Elles sont utiles, les mino-
rités. Les majorités qui font systématiquement fi
de leur propos s'exposent à faire, et très-souvent,
des bêtises. »
Un homme qui passait pour un profond politique
et qui s'était jusque-là contenté de piétiner avec
colère et de se mordre les ongles, se leva alors,
et, s'adressant en même temps aux actionnaires et
au gérant qu'ils avaient voulu se choisir :
«Messieurs, leur dit-il, n'insistez pas davan-
ENTRE BOURGEOIS.
tage auprès de ce monsieur. Celui que vous pré-
tendiez investir des fonctions de gérant est évi-
demment le dernier auquel vous auriez dû songer,
car il vient de nier la lumière du jour et de révéler
qu'il est imbu des plus détestables doctrines.
« Le genre d'organisation que nous voulons don-
ner à notre société, et qu'il déclare impossible,
fonctionne depuis des siècles dans l'ordre poli-
tique, c'est en somme une sorte d'organisation
monarchique. Votre gérant vous propose une hor-
reur. Ce n'est ni plus ni moins que le régime répu-
blicain qu'il vous conseille d'introduire dans notre
société. Il n'a pas prononcé le mot, mais c'est la
chose, une chose exécrable par conséquent. Cher-
chons un autre gérant. »
Sur ce, le gérant demanda avec beaucoup de
tranquillité la parole : « Mes amis, dit-il, je ne
vous dissimulerai pas que l'orateur que vous venez
d'entendre a parfaitement, sinon poliment, posé
la question. Il s'agit en effet de savoir si vous
voulez appliquer à la gestion des affaires de notre
société le principe monarchique ou le principe répu-
blicain. L'orateur auquel je réponds vous dit que le
principe monarchique est le seul bon, et la preuve
qu'il en donne c'est qu'il fonctionne depuis des
siècles à l'usage de ces grandes sociétés qu'on
appelle des nations.
« Mais en vérité, qu'est-ce que cela prouve? Le
10 . ENTRE BOURGEOIS.
nombre est grand des erreurs qui ont eu la vie
dure. Quels si grands miracles a-t-il accomplis?
Quelles catastrophes a-t-il empêchées, ce fameux
système monarchique, pour qu'on le donne encore
pour le parangon même de l'avenir? Est-ce qu'il
l'a été, par hasard, du passé? Le char des États,
conduit par des rois, n'a-t-il jamais été cahoté?
N'a-t-il jamais accroché, et le plus souvent au
milieu de routes superbes dont ils avaient eu le
talent de se faire dçs impasses? Ne l'a-t-on pas vu
fréquemment embourbé dans ses propres ornières?
N'a-t-il pas maintes fois versé dans des précipices
d'où le cocher, à lui tout seul, aurait été bien
embarrassé, je ne dirai pas de tirer ceux qu'il
avait mis à mal, mais de se tirer lui-même? Si
nous avions le temps de faire ensemble une petite
récapitulation des faits malheureux de l'histoire
de France, par exemple, je vous démontrerais,
sans m'y donner de peine, que les trois quarts des
misères qui, à de nombreuses époques, ont pesé
sur la France, avaient eu pour causes les fautes ou
les crimes, ou tout simplement, si vous le voulez,
les maladresses des rois. L'histoire en main, il
deviendrait indéniable que c'est aux conséquences
forcées des imperfections qui sont inhérentes à la
singulière profession de monarque qu'ont été dues
presque toujours les calamités quasi incessantes
qui ont bouleversé la France monarchique et l'ont
empêchée de marcher d'un pas plus sûr dans la
ENTRE BOURGEOIS.
voie du progrès. 11 n'est pas contestable que la
France a guerroyé bien plus souvent dans l'intérêt
bien ou mal entendu de ses souverains et de leurs
familles royales que dans son propre intérêt. Les
guerres de succession et autres, faites dans un
intérêt non national, nous ont coûté gros, rien
que depuis le xvie siècle, et je ne vous parle pas
des guerres d'ambition, d'orgueil et de sottise du
premier et du dernier Bonaparte, dont les enra-
gés de gloire'se seraient bien passés. Cependant
une guerre de plus ou de moins ce n'est pas
une petite affaire. Il suffit, vous le savez de reste,
d'une guerre injuste, d'une guerre mal à propos
engagée ou mal faite pour mettre une nation à
deux doigts de sa .perte. La France actuelle est là
pour en témoigner avec moi. Si nos pères avaient
dépensé pour se constituer républicainement le
quart du temps, des efforts, de l'argent et surtout
de la bonne volonté qu'ils ont employés à essayer
de constituer ou de raffermir des trônes inébran-
lables, qui remuent toujours et dégringolent très-
souvent, ce que j'ai eu l'honneur de vous dire
vous eût paru simple comme bonjour, car j'aurais
derrière moi l'expérience du passé pour vous con-
vaincre; mais enfin-cette expérience du passé ne
nous manque pas tout à fait. Nous avons eu contre
dix-huit cents ans de monarchie, et en-trois fois,
une dixaine d'années de république. Ces répu-
bliques sont toujours nées au milieu de circon-
ENTRE BOURGEOIS.
stances où il n'était pas commode d'arriver, où les
rois ne venaient pas de faire de très-bonnes figures.
Eh bien, alors même qu'elles avaient eu à passer
à travers des difficultés inouies, ces républiques
éphémères ont prouvé qu'elles pouvaient laisser
après elles des progrès durables; elles ont fait
plus dans leur trop rapide existence pour le bien
général, que la plupart de vos monarchies, et on
pourrait même affirmer que le plus, beau du nez
des bourgeois et des paysans qui ont peur de la
république a été fait précisément par les répu-
bliques; on peut dire sans craindre de se tromper
que, parmi ses adversaires, la forme républicaine
ne compte plus'guère que des ingrats, et, à l'excep-
tion de quelques familles nobles, il serait risible,
si ce n'était triste, de voir de quels gens se com-
posent ceux qui se targuent d'être des ennemis de la
république, et ce qu'ils seraient pour la plupart
sans ses trop courtes apparitions.
<c La société française part de cette idée fausse,
qui ne manquait pas d'une apparence de vérité
alors qu'elle était représentée par 100,000 familles
nobles, qui semblaient être tout à l'époque où,
pour leur plus grand bien à elles seules, les autres
semblaient n'être rien ; —la société française, dis-
je, part de cette idée, qui n'est plus vraie du tout
depuis 89, qu'elle est une société essentiellement
politique; et c'est en s'appuyant sur cette idée,
laquelle, je le répète, ne contient pas aujourd'hui