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Épître à Monsieur Prunelle, maire provisoire de Lyon

14 pages
tous les libraires (Lyon). 1830. In-8°. Pièce.
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E PITRE
A MONSIEUR
DOCTEUR EN MÉDECINE
DE LA FACULTÉ DE MONTPELLIER,
ET
MAIRE PROVISOIRE DE LYON.
Il n'y a en ce moment à Lyon qu'un maire
possible , c'est M. Prunelle.
( Précurseur. )
PRIX : UN FRANC.
LYON.
CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
MONTPELLIER.
CHEZ LE COHCIERGE DE LA BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE.
1850.
IPlBllS>ll(SI2io
Tous les grands hommes ont reçu des épîtres ;
Voltaire et Napoléon ont subi cette conséquence
de leur position. Charles X lui-même a trouvé
des gens assez complaisans pour lui adresser des
vers. Il n'est donc pas étonnant que M. Prunelle
soit aujourd'hui condamné à cet honneur.
Je commence par déclarer que je ne connais
M. le maire provisoire de Lyon que depuis qu'il
s'est mis en place. Ce n'est donc point comme
citoyen , comme homme privé, que je lui écris
aujourd'hui; tout ce que je peux dire de lui,
c'est que je l'ai rencontré une fois dans la rue,
et que j'ai agi avec lui comme j'agis avec le bon
Dieu quand je le rencontre; je le salue, mais je
ne lui parle pas.
Un homme qui parvient aux honneurs, n'im-
porte par quels moyens, est comme un acteur
qui monte sur les planches, on a le droit de le
siffler s'il est mauvais.
On me dira peut-être que la vie d'un citoyen
doit être murée; je répondrai que celle d'un
homme public doit être de verre. Voilà pourquoi
je me permets d'écrire à M. le maire provisoire.
Ce n'est point à l'homme que je m'adresse, je le
répète, c'est au fonctionnaire; il s'appellerait
Ignace ou Tartufe que cela me serait parfaite-
ment égal ; j'écrirais seulement à M. Tartufe ou
à M. Ignace, au lieu d'écrire à M. Prunelle.
Omhve
PRUNELLE, heureux docteur, magistrat impromptu,
De ta grandeur , dis-moi, comment te trouves-tu ?
Laissant, depuis un mois , reposer tes malades ,
Tu ne fais plus chez nous d'utiles promenades,
Et vers un lit de mort, peu pressé de courir,
Tu laisses à Dieu seul le soin de tout gue'rir.
De maire et de docteur cumulant les sciences ,
C'est au coin de nos murs qu'on lit tes ordonnances ;
De celles-là , du moins , personne ne mourra ,
Et, qui plus est, gratis chacun ies recevra. ,»
Ayant deux intérêts , tu peux, docteur cl main!,
Servir ceux de la ville et ceux du cimetière ;
6
Tes malades jamais n'élèveront la voix ,
Mais tes administrés jaseront quelquefois;
Et quoiqu'auprès de moi tu sois un personnage,
Comme deux rois égaux, causons sans nul ombrage.
Te souvient-il des jours de victoire et de deuil
Où les fils de Paris descendaient au cercueil,
Et, martyrs généreux d'une cause chérie ,
Léguaient la liberté sur le seuil de la vie ?
Alors , que faisais-tu ? dans ton hôtel bien clos ,
Tu lisais d'un oeil sec l'histoire de leurs maux;
Et dans Charles, bourreau de ses sujets fidèles,
Ne voyais qu'un bon roi châtiant des rebelles.
Mais du bronze tonnant dans des murs dévastés ,
Le bruit vint retentir jusques dans nos cités ;
Des glorieux combats l'étincelle électrique
Ranima de Lyon l'ardeur patriotique;
Tout s'arma , mais au rang de nos bouillans soldats,
Quand chacun paraissait, toi seul ne parus pas !
Ton épouse , dit-on, connaissant ta vaillance,
Tomba malade exprès dans cette circonstance ; .
Et tu sus préférer, grâce à ton saint lien ,
Les devoirs du docteur à ceux du citoyen.
T^n amour conjugal, et partant légitime ,
A mes yeux indulgens ne saurait être un crime ;
On peut, dans le danger, songer à ses parens ,