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Épître à S. M. l'empereur de toutes les Russies. [Signé : Remuzat.]

De
8 pages
impr. de P. Didot (Paris). 1804. In-fol., 10 p..
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È PITRE
À
SA MAJESTÉ L'EMPEREUR
DE TOUTES LES RUSSIES.
HONNEUR de ta maison, honneur des souverains,
Toi qui de ton pays agrandis les destins,
Alexandre, apprends-moi par quel charme invincible
Tu rends tout l'univers à ta gloire sensible,
Et sur les nations étendant ton pouvoir,
Tu leur fais de t'aimer un facile devoir.
Qu'on chérisse ton nom dans la vaste Russie,
Qu'on n'y forme qu'un voeu pour ton auguste vie,
Que sous d'affreux climats les Tartares errants
T'invoquent comme un dieu, te consacrent leurs chants
Je n'en suis point surpris: ton règne les console;
Il a fait des heureux jusqu'aux glaces du pôle.
Aux cités, aux déserts, prodiguant des bienfaits,
Que tu mérites bien l'amour de tes sujets !
Mais pourquoi, dans Paris, au seul nom d'Alexandre
Des mêmes sentiments ne peut-on se défendre ?
( 4 )
Comment, si loin des lieux remplis de ta grandeur.
Soumets-tu les esprits à ton art enchanteur?
Séducteur couronné, dévoile ce prodige !
Seroit-ce de ton rang l'ordinaire prestige?
Mais sur le trône assis je vois bien plus d'un roi,
Et je n'en vois aucun autant aimé que toi.
N'est-ce donc qu'un tribut offert à ta jeunesse?
Chez les princes je sais combien elle intéresse :
Un héros jeune encore enchante tous les yeux;
C'est un astre nouveau que réclament les cieux,
Et qui, de doux rayons colorant l'hémisphère,
Souffre, sans l'éblouir, les regards de la terre:
Mais cet âge lui seul ne séduit pas toujours;
On craint les passions qui ternissent son cours;
Et s'il a sur les coeurs un empire suprême,
Il le doit aux vertus qui l'ont charmé lui-même.
Les peuples t'aiment-ils pour les soins généreux
Que, dans l'adversité, tu daignes prendre d'eux?
Ah! sans doute on bénit ton heureuse puissance
Quand ton bras aux vaincus prête son assistance;
Quand d'une nation si célèbre autrefois T
Tu corriges les moeurs, tu restaures les lois ;
Ou que, portant plus haut ta juste politique,
Ta main soutient le vol de l'aigle germanique,
5
(i) La république des Sept-Isles , belle et intéressante portion de l'ancienne Grèce, heureusement
échappée au despotisme turc, et que la bienveillante protection d'un prince éclairé doit replacer, après
plusieurs siècles d'obscurité , au rahg des nations les plus civilisées.