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Épître sur les mathématiques, par un licencié ès sciences (J.-N. Antoine)

De
14 pages
Delaunay (Paris). 1825. In-8° , 15 p..
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E PITRE
SUR
LES MATHÉMATIQUES.
IMPRIMERIE DE LACHEVARDIERE FILS,
RCB DU COLOMBIE!!, M° 3b, A PADIS.
ÉPITRE
SUR
LES MATHEMATIQUES,
PAR
UN LICENCIE ES SCIENCES.
. A PARIS,
CHEZ DELAUNAY, LIBRAIRE,
AU PALAIS-ROTA1.
l825.
EPITRE
SUR
LÈS MATHÉMATIQUES.
Impossibilité de mener de front la poésie et les mathématiques.— Reproches
que l'on fait aux sciences exactes. — La nature même des éludes mathé-
matiques, et leurs paisibles triomphes, prouvent combien peu ces repro-
ches sont fondés ; ils devraient plutôt s'adresser aux études qui flattent le
coeur, et qui vivent pour ainsi dire autant de ses écarts que de ses vertus.
Jadis en vain ma muse, éplorée et mourante ,
Voulait fuir les sentiers où l'âpre Diophante
Torture froidement ses jeunes nourrissons :
Il fallait e'couter ses austères leçons ;
Et le dieu du calcul, au printemps de mon âge ,
M'animait tout entier de son ardeur sauvage.
J'immole avec plaisir ma muse à son autel ;
Mais, avant d'expirer sous le compas morte),
Je veux que , re've'lant son obscure existence,
Ma muse à haute voix proclame l'innocence
Du dieu qui la condamne et qui la fait périr.
Que son premier accent soit son dernier soupir:
D'un invisible esprit l'impe'rissable haine
Ecraserait sa lyre et glacerait sa veine.
6
Quand j'aurais en naissant appris l'art des beaux vers
Chez le dieu des beaux-arts ; quand mille accords divers
Sortiraient sans efforts de ma lyre suave ;
Si le dieu de l'algèbre, au teint blême, à l'oeil cave ,-
Recevait mon encens ; aux murs froids et poudreux
De son temple glacé, si mon luth malheureux
Eût été suspendu : soudain, par ma folie ,
Ma muse sans vigueur, pâle , froide et sans vie,
Sous les coups de Phoebus, justement irrité,
Eût payé mon audace et ma témérité.
Un Pégase nourri des ronces de l'algèbre,
Maigre, efflanqué, montrant sa tranchante vertèbre,
Ecrase sous le poids du téméraire auteur
Qui veut, et mesurer l'immense profondeur
Du puits de la science, et voler au Parnasse.
Verra-t-on, pour dompter l'inertie et la masse,
Les Grâces s'emparer du cric, du lourd levier,
Raidir leurs bras charmants, faire un effort grossier
Sur.le câble embrassant la criante poulie ?
Il serait beau vraiment qu'aux bosquets d'Idalie,
Euçlide, hérissé, murmurât sourdement
Sa pénible intégrale, et, brisant lourdement

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