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Essai politique et philosophique sur le commerce et la paix, considérés sous leurs rapports avec l'agriculture ([Reprod.]) / par J. B. Rougier-Labergerie,...

De
500 pages
de l'impr. de A.-C. Forget (Paris). 1797. Commerce -- Réglementation -- France -- Ouvrages avant 1800. Céréales -- Industrie et commerce -- France -- Ouvrages avant 1800. 6 microfiches ; 105*148 mm.
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20x
MlCHOCOfY »I$©WTK>N TEST CHAUT
NBS ̃ IOIOo
(ANSI ond ISO TEST CHART No t)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBVV, UK
TISSAI
ET PHILOSOPHIQUE^
'bhci Forcît, imprimeur libraire rue du
Fout |Wnt Honoré, rif. 487 î
^De$ENNE, libraire» Palais Égalité, n°». et 1;
fibrîîire, Palus Égaliti, galerie» de
boi», n°. «35.
Il;
ET PHILO S QP H I OUF
SUR ̃&£ COMMEIGI

ET LA*PAIX,
Considères sous leurs rapports avec
ParJ. B. ROUGIER-LÀBERGERIEt
Membre du Conseil d'Agriculture et dé flnsjA
'National de- France.
S*ni la Fait, point de Commtrctj'L
'Commerce, point d'Agriculture; 1 sans fi.
le Commerce et l'Agriculture poinj'<rjs©t
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE A. CL.
(AN Vt.)
a 3
T A B L
DES MATIÈRES.
I"
Page».
JL e s causes et les effets des prohibitions
com merciales. i
Les défenses d'exporter sont contraires
aux droits de l'homme en société aux
progrès de toute industrie et au com-
merce. io
La culture le commerce et l'industrie
de chaque chose ont toujours été en
raison directe de la faculté d'en expor-
ter ou importer librement les produits. 91
Le perfectionnement de l'agriculture et
des arts est dû à la liberté ou aux fa-
citités des relations commerciales, ,6
La défense de l'importation de marchan-
dises étrangères, produit toujours une
défense réciproque contre les États pro-
hibiteurs. 34
vj TA BLE
̃̃*̃̃̃, ̃ Pager.
elle idée on doit se formet''de la ba«
lance du commerce. 37
Du dernier traité de commerce avec l'An-
gletcrrc. 41
Les prohibitions particulières d'un État
ne doivent point déterminer à prohiber;
au contraire âS ~£
Considérations sur les causes d'abondance
des laines leur emploi et te commerce
qui s'en fait..
Tableau du nombre des bêtes à laine
dans chaque département de la repu-
blique en 1795 et 58
Quelle idée. on peut se former des acca-
paremens cri général, et en particulier
de celui des laines. 6s
Objection en faveur du prohibitisme,
tirée de l'exemple de l'Angleterre. 74
Un système de commerce libre donne
plus de revenu à l'état, et plus de
richesses aux citoyens. 81
DES M À T l£ R E S.!
Rapports et effets de l'or 'et de l'argent
dans le commerce. fy
Tout Étal qui ne prohibe pas est certain..
de vivre plus long-temps en paix avec
les autres, nations. 99
Diminution effective de l'industrie et des
productions de la nation française.
De la législation et du commerce des
grains, de leur grande influence sur
la prospérité de la france. io5
Da commerce des grains en Angleterre.
De la situation actuelle de la France sous
les rapports de l'économie politique, de
la population et de l'industrie des villes. 145
Le commerce des grains, considéré sous
les rapports topographiques de la France.
les tems de la terreur même, de la guerre,
sont la plus forte preuve que la France'
ne devrait jamais éprouver de disette.
La liberté du commerce des grains, pro-
duisant nécessairement une libre con4
mij TA BLE
Page».
il en résulte une constante
uniformité dans le prix du pain, des
salaires et de toutes choses.
Toute distribution de grains pat le gou-
vernement, et au-dessousduprixcom-
mun est ruineuse et immorale. 18a
Quels effets produirait ce seul commerce
sur re sort de la marine française. 184
Moyens d'exécution et exceptions rela-
tives à ce commerce. iSS
I.
suite de la question générale de la li-
.̃• berté du commerce.
Si la France adoptait un aut e système
qucllcs grandes richesses résulteraient
:de tous les entrepôts, emmagasinages,
commissions et transports. 199
Nécessité d'un grand dégrève ment et d'une
meilleure répartition dans l'impôt fon-
cier. 20
La France dam les conjonctures actuelles
peut devenir l'entrepôt du commerce
du monde.. 204
DES M AT 1ÈRE S. ix
Page!.
Exemples éclatans des heureux effets de
la liberté du commerce.
Quelles immenses richesses la France
possède. ai3
La fraude fait perdre trois fois plus de
revenu à un état que le prohibitisme
ne lui en rapporte. «i5
Réunion ministérielle de commerçans à
Paris; ce qu'ils ont proposé, et ce
qu'ils auraient dû proposer.
Coups-d'ail sur les systèmes de finances
de l'Angleterre et de la Hollande
causes de leur prospérité et dangers
immincns qui les menacent sous les
rapports des finances. 227 y
Indication de quelques moyens pour re.
lever le crédit, et établir enfin un
solide système de finances. îSa
Cause de l'abondance apparente du nu-,
méralre et ce qu'il faut craindre apréi
la guerre.
Le crédit public est plus solidement établi,
qaand le crédit du gouvernement dé-
pend de celui des citoyens, et quand
x T A B LE
Pages.
celui des citoyens dépend du gouvcr-
nement. i 45
Considérations sur le commerçant en
particulier, et 1-homme d'État.
Des différentes branches de commerce
que nous avons perdues depuis la ré-
volution..
Réflexions philosophiques sur la pais. 272
Coup d'oeil rapide sur les formations et
destructions des États de l'Egypte de
la Créce de Caithage et de Rome.
11 y a unité d'intéret et motifs d'affec-
tion entre toutes .les nations. agi
le code politique actuel des nations, n'otfrc
aucunc garantie ni aux nations ni aux
gouvernails nécessite de recourir
d'autres moyens plus puissans.
Idées sur une paix confcdctanve. 3oi
DES MATIÈRES. xj
Pages.
Motifs qui doivent déterminer la répu·
blique française à proposei et à éta-
blir une tdle paix. 3o4
Réflexions sur le décret de l'assemblée
constituante, relatif à la-renonciation
aux conquêtes par la France, 3il
Des dangers de la faveur populaire, dcs
richesses et du commandement dans
les republiques. 3a6
Wes désirs des vceux du peuple fran*
çais pour la paix et la tranquillité. 336
Ce le les magistrats ,de ta république
législateurs et gouvernants devraient
faire pour les émigtés. 338
Réflexions sur les projets des cours de
Rcssie et d'Angleterre. 342
V I
Motifs qui doivent déterminer l'Angle-
terre à faire la paix proposée. 353
*y T.A BLE
§ V 1 1 1.
Pagel.
De l'Allemagne et de l'Autriche.
IX.
Du grand intérêt de la Prusse à faire la
paix proposée. S9
X.
Motifs qui doivent déterminer tous les
États de l'Europe à rétablir la Hol-
lande dans ses droits. 402
§ XI.
Considérations politiques et philosopht-^
qucs sur le sort de l'Italie et de la
religion chrétienne, 4'9
DES
i xi i.
Motifs moraux et politiques qui doivent
déterminer la Suisse à demander la
paix proposée.
§ X 1 I.
De TEspagne et du Portugal. \S%
§ XIV.
De la Russie.
x;v,
De la Turquie.
Réflexions générales sur les déterminations
.des cours pour faire la guerre, sur la
longévité de l'homme, sur sa destruc-
tion et l'opinion publique relative à la
guerre'. 447
Invocation aux philosophes, poètes, ar-
tUtts etc., en faveur delà paix. 469
FIN DE LA TABLE.
ERRATA.
Page ligne 7 au lieu de n'a point; Usez
n'est point. Page 113 ligne niellez un point
après ou qui implore du pain. Ligne .au lieu
de et prononce /i«i ils prononcent. Page
et 7 ligne au lieu de à lccaiter /ij<i •• à
i'ecaricr. Mime page, mime ligne au lieu de
inhérence lisez .-incohérence. Page ligne
i«, au lieu de assesseurs; tisei assceurs. Page
ligne i3 au. lieu de dépenses publiques ©u
privées; lisez dépenses publiques et privées.
Page s«3, ligne y, au lieu de en ra son de sa
liberté 5 liiez en raison de la litafjé. Page
«3i ligne 3, au lieu de les gomejnetnens; Usa
les gouvetnans. fage 399, li it et suiv.,
ou lieu de et ne frlcnt} lise:: et ne piocrcent.
INTRODUCTION.
/après la terrible révolution qui
bouleversé la France après la
longue et affreuse guerre qui. a
désolé ruiné et ensanglanté l'Eur
rope Occidentale- et- dont Je feu
malheureusement dure encore.
j'ai cru devoir payer à l'humanité
et à ma patrie le tribut que tous
le* hommes de bien leur doivent
dans de telles circonstances.
La perte des hommes la ruine
de leurs travaux l'état perpétuel
des guerres est des révolutions
semblent être les tffets' d'une iné-
vitable fatalité j'ai essayé d'arrêter
ce cours désastreux ou plutôt de
me faire entendre de ceux qui le
xvj IN T H O 1) U C T I O N.
dirigent avec une impassibilité in-
concevable..
Depuis un au .de régime cons-
titutionnel, on avoit droit d'espérer
que les membres du Corps Législatif
et du ̃gouverrieïheYjt d'un peuple
franc et généreux `agricole et cotrîmer*
çânï% réuniraient tous leurs e'frôr"ts
respectifs vers une
vers le commerce et X agriculture
depuis un an ,'aù contraire le fer-
rhal éteint
les5 passions' âc's anàr*
chistes des détails d'une ridicule
01* coupable fuïîlué '.Ont sans cesse
détourné les magistrats, législateurs
et gôuvcrnarts de des objets Sacrés
de la législation et du gouverne-
ment.
J'ai rassemblé tous les matériaux
citOUtes lesinsiruciionsçiue l'étude;
l'expérici'cc
I N T R O D U C X 1O N xvij
b
expérience et mes fonctiops 14gUr
larves et administratives rn'ont mis
A portée de recuei|lir; je les al rér
duits dans le cadre te plus resserré
^il m'a été; possible,; je nejToesuis
attaché qu'aux principe et aux fallu
j5our tout ce qui concerne ,r.ag*if
pliure,' le.commerce,
H^reinent celui des grains |i:a/in
d'appeler et de fixer sur
ai^ssi importans, la. sollicitude: de
nos des
pjioyens éclairés ^ije^ tous f.les yor
lûmes écrits sur
peut-être rebutés,. :jni.
-J'ai taché de faire connaître les
principes de^ •; finances qui con-
notre ipôsition actuelle;
Je systèmes
par lesquels on
pourra facilement consolider h
xviij I N T R O D U G T I O N;
dette entière fournir à toutes les
dépenses, maintenir les établisse-
mens en créer de nouveaux est
sur-tout faire la guerre à Volonté
mais j'ai développé notre véritable
situation économique et les di-
verses causes qui produisent et
maintiennent la circulation et lé
crédit dans les États commerçons
ci agricoles. J
Je me suis permis quelques ré-
flexions sur des opinions émisés
par l'assemblée ministérielle des
tômftierçans Vjc6nvôiqués pour rit-
taurer le commerce français je ti'ài
comme eàx sur lelvé-
ritablc. état- deMiôtre commerce
5ur les moyens <çle -le raftimer', sur
le besoin deS'igignek
jrçpiésentatifs sur.la
des .règlemens conservateurs de la
bonne foi etc. etc.
INTRODUCTION. xix
J'ai dit dans le cours de cet
ouvrage des vérités fortes; j'ai
parlé en homme libre de nos ma-
gistrats et des gouvernans d'Europe
je n'ai eu l'intention d'offenser per-
sonne, de provoquer aucune ven-
geance, aucun renversement d'états
qïielqÛ ils soient l'intérêt ,et la tran-
quillité des nations, le bonheur et
la prospérité de ma patrie sont les
seuls objets de mes voeux et l'u-
nique but de cet ouvrage.
ESSAI
A
ESSAI POLITIQUE
ET PHILOïfOPHIQ,UE
SUR LE COMMERCE
ET LA PAIX.
De la -liberté du Commerce,,
AjA liberté do Commerce est la plus im-
portante question de l'économie politique la
plus facile à démontrer, mais la plu's difficile
à persuader. Elle comporte aujourd'hui le
plus haut degré d'intérêt après les longues
et sanglantes calamités qui ont désolé ap-
pauvri et étonné le corps politique.
J'adjure pour cette grande question tout
les amis de la patrie de l'ordre et de la
̃̃*̃•-)* •>
paix de prêter une sérieuse Wenlion à cet
sort de et si leur conviction est
égale* à la mienne, je les prie de réunir leurs
effort'$ pour éclairer; le gouvernement et le
corps législatif qui déji ont manifesté des
principes si contraire* à la:- liberté dii -Com-
merce entre les nations.
Le proliibitïsjye es,t inoculé dans la très-
grande majoiité des gouvernans ci députés,
tj. surtout dam presque tous les -nge-ns et
inirùsties du gouvernement royal; tous mal-
heureusement ont manifesté des principes
pr,ohibiteurs, et il n'est pas facile de les faite
rcvenir d'cncurs .qu'ils regardent couvent,
plutôt par habitude comme
des principcs conservateurs du corps social..
:Je;vais tâcher de démontrer que'justju'5
ce jour et depuis la révolution irvous suij
vtin&iîcrvilcment et exactement, constitués en'
république, les principes des rois, de* empe-
reurs et des despotes.
J'adresse ces- réflexions aux
il Je ^craandc grâce pour sette expression que
j'emp!(>n»j fréquein.uunj dans le cours de cet ouvrage.
(3)
A a
lîônitaçs profonds et éclairés d'ailleurs qui
afyant jusqu'à ce jour suivi une autre carrière,
se sont déterminés pour les lois prohibitives
coiVirac autrefois ils sè' sont détermines pour
les lois fiscales'et féodales, mais cheî qui la
raison exercée et des méditations approfondies,
peuvent faite jaillir des lumières utiles à la
société.
I,e prohibitisme a joué un si grand rôle
dans les révolutions des États, qu'il sciait
peut-être plus facile à^l'histoijcn de démontrer
que l'intolérance des chefs pour des objets
d'économie politique, a fait verser de
sang, renverse de trônes, anéanti de peuples
que les passions pi'ivécs des chefs des na-
tions ( 1 ).•'•̃
Sans parler de Tyr, de Canhagectdc Rome;
Venise, la Hollande, FAngUterre l'Espagne,
le Portugal la Suéde le Danncmatck, la ré-
volution des États-Unis, ralpellcnt des guerres
affreuses dont le feu brûle encore sans inter-
( I ) Cela fst si vrai pour la France que l'histoire
particulière du fisc pourrait fotnier «xac««ment celle
des époques de toutes les guerres depu;s le quio*icni«
siècle.
(4)
ruptidn depuis tant de siècles et toujours pour
des denrées ou objets commerciaux ( 1 ) dont
les uns ou les autres voulaient la jouissance
ou la vente exclusive "ou pour l'empire des
mers, que le Dieu du monde, cependant, a
laisse libre comme l'air pour toutes les nations
fixées sur le globe.
Celte recherche serait digne d'un Tacite, d'un
Montesquieu, d'un Rainai, pour l'instruction
des hommes et des gouvernans l'ouvrage
serait un mo'nument précieux historique
en même tems qu'un bienfait pour les na-
tisons, policées puissent les héritiers de leurs
plumes s'ils existent, offrir à l'histoire et à
leur patrie un si généreux tribut!
Tousjes chefs des nations sous les noms de
rois d'empereurs, dictateurs, consuls, pro-
phètes, sultans protecteurs, papes, princes,
ducs et seigneurs, tous ceux cnfin qui ont
pu exercer la souveraineté sur les peuples,
ont en le plus grand soin de maititenir leur*
( i) La longue et terrible guerre entre l'£«pagn<
et l'Angleterre pour le bois du Brésit pour les
harengs, le) baleines, les morues, les épiceries, lei
bois précieux des Indes, les blés, etc. etc. etc.
A 3
sujets dans Yisoltmtnt avec les peuples étraa
gers de défendre la vente de certaines deV;
leurs denrées ou produits industriels, et l'iin*
portation de leurs objets commerciaux, de
constituer enfin leur état politique' par des
lois, par des espions et par l'opinion pu-
blique de leur pays comme s'ils eussent été,
de droit naturel les ennemis nés des autres
peuples; tous ont perpétuellement cherché les
occasions d'augmenter leur fortune au préju-
dice des autres États, en excitant les gouver-
nemens étrangers au ressentiment ou à la
guerre par des refus, ou par des concussions
pour la vente exclusive de certains objets tous
enfin ont regardé comme un triomphe dans
l'art de gouverner, d'avoir pu faire beaucoup
de tort ou de mal à une nation, voisine, pour
augmenter leur puissance) personnelle et poli-
Si quelquefois des traités de paix oçt fait
souscrire des traités de commerce, les articles
ont été rédigés de part et d'autre avec une telle
ambiguïté, que chacune des puissances con-
tractantes se réservait in petto et à destein
'l'occasion de recommencer la guerre aussi-tôt
gue la misère des peuples au/ait fau> paraître
(6)
quelque atsance, aussitôt. que le$ adolescent
pourraient augmenter ou compléter les armées,
afin de détruire entièrement le commerce de
la puissance îivale, et s'en approptier les dé-
pouilles ou les avantages.
Quand les rois ont ete trop lents à susciter la
guerre la terrible passion de l'intérêt privé a
souffle le feu de la guerre dans l'esprit des rois.
Les ministres, les négotians, les armateurs et
les manufacturiers chacun, sou» les divers
prétextes qui les concernent, excitaient à dé--
claier la guerre.
Les ministres parce qu'en tems de paix les
dépenses ne sont ni variables ni secretes ni
extraordinaires parce que la passion de briller
comme habile homme dc devenir nécessaire,
de dispenser des faveurs et des places et d'ac-
croître son crédit, tourmente nécessairement
un ministre parvenu; parcé qu'enfin pour les
courtisans et les ministres, une paix trop longue
est ur.e insuportable monotonie.
Des nè^ocifitis parcc quc ne considérant que
leur pécule ils fesaient tous leurs efforts pour
ccattcr la concurrence des negotians étrangers,
vendre à roeilleur compte IcuHs marchandises
inférieures, aux nationaux aux colons des
A 4
!ndç& et aux États liés d'intérêtpar des traité»
Du armateurs, parce qu'ils.voyaient salit
ce$sc tfans leurs
multiplies, à moindre frais pour le fret eï
avec-les conditions d'une plus grande sûreté
et célérité.
parce que l'intérêt en ex-
citebcaucoupàuneintoléfance odieuse; chacun
-d'eux en général voudrait avoir un privilége
cxclusif pour sa manufacture (̃)̃» âfrn de
continuer le même train de fabrication -et de
bénéfice; parce qu'its jettent les haitts crfs
.quand ils voyent importer des marchandises
mieux fabriquées et à meillcur marché parce
qu'ils voudraient voir concentrer dans la
France toutes les matières premières, qui leur
servent afin de profiter du vil prix et vendre
au plus haut prix possible leurs marchandiscs
aux nationaux et aux étrangers.
Tantôt des lettres concertées avec les inten-
dans, ou de longues doléances de sociétés com-
merçantes ou manufacturières annonçaient
w (i) Comme lcs V»n-Robe* A 80 licues de rayons
d'Abbeville.
( 8 )
aux 'corps des marchands -et aux ministres»
qu'un navire étranger avait versé une quantité
immense de marchandises prohibies tantôt on
proclamait la perte de la marine marchande
parcc que des navires hollandais fesaient tous
les cfcargemens tandis/que les navires natio-
naux en expectaient inutilement tantôt c'était
One insulte faite au pavillon et it n'en fallait
pas davantage pour allumer tous les foudres de
la guerre, si on se sentait /or/: les traités de
commerce et de paix, étaient rompus; les am-
bassadeurs les consuls renvoyés ou chassés, etc.
On combattait à outrance, avec des frais im-
menses, en faveur du commerce, après avoir ruiné
la marine le commerce décimé la population
et obtenu seulement pour tout avantage l'hon.
neur de quelques champs de bataille pris on
coulé a fond quelques vaisseaux de ligne avec
tous les braves qui les montaient.
L'Angleterre, la France la Nollande et
l'Espagne ont donné ce sinistre spectacle pen-
dant près de deux siècles. Tous les fléaux et
les désastres successifs et continus qyfi accablent
et déchirent les hommes depuis*! long-tcms,
sont les effets immédiats et des maxime
impies par lesquelles tous les gouvernans
'(9)
4è$ jkais premiers pas dans la carrière Isolent
leur cause et leurs intérêts, de ceux des peuples, o
par -lesquelles ils mettent aussi-tôt une barrière
«levée ou formidable entre les peuples et leurs
palais; par lesquelles enfin, ils viennent à bout
de faire consacrer eh maximc politique, judi-
ïiajtrt et sur tout in opinion publique que
le sort de leurs États dépend essentiellement
de l'accomplissement de leurs volontés, de
l'aggrandusement de leur fortune, de l'accu-
mulation de leurs richesses et du maintien
de Itar puissance pat leurs peuples.
̃ I^cs plus heureux et les moins haïs sont ceux
qui savent mieux déguiser ou confondre lenr
cause dans la cause commune mais tel a tou-
jours été l'évangile sacré des gouvernans, si
on en, excepte Cyrus Trajan et Henri IV.
-} L'excitation la haine de nation à nation
est un des plus grands crimes qu'un ministère
puisse commettre le gouvernement d'un peuple
libre/qui s'en rendrait coupable, manifesterait
des passions privées et,la dçgcnératiOn morale
et politique de sa nation qui le souniitait; le
prohibitisnie est en lui-même une soue de
déclaration de guerre contre les nations étran-
gères un ferment de guerre civile et de révoltes
̃(W)
entre us citoyens et les agens du gouvernt-
nnnt prohibiteur.
Dans un État véritablement libre les actes
du gouvernement doivent s'accorder avec les
principes du contrat social jt< qui donne à
Il tout citoyen le droit de jouir de ses biens
»'de son revenu du fruit de son travail et
i» de son industrie »♦.
Le prohibitisme déchire ces lignes sacrées.
Déjà les partisans de ce système invoquent
le contrat-social mêmc, pour justifier les pro-
hibitions par la nécessité et la- justice des im-
pôts. Ils ne peuvent nier en principe qu'un
impôt. pour être juste et avoué par l'acte
constitutionnel, doit être réparti avec égalité
sur l'universalité des citoyens or, en est il
de plus arbitraires de plus capricieux ou de
plus funeste. que ceux produits par les prohi-
bitions qui ne comprenant^ que quelques par-
titi des choses nécessaires, \isuelles et indus-
trielles foulent ou vexent évidemment des
citoyens tandis que d'autres plus riches par
lcur industrie et par leurs productions ne
payent aucuns droits d'importation et d'expor-
tation? Cet état de choses seul que personne
ne pcut nier, transforme le prohibitisme en
.(-.Il-)
Uni violation du pacte social et des lois qui
çjfi-déiivc*ït. • »
Ce premier motif présente déjà par lui-même
une assez grande considération pour faire au
moins hésiter ceux qui de bonne-foi sont ait-
tachés à la constitution de leurs pays mai»
ce moyen qui eût attiré l'attention des sénat*
institués par Solon ou Lycurguc ne ferait
pas fcrtune dans les têtes des gouvernans
de l'Europe au dix huième, siècle. Il faut
donc recourir à une logique qui sera mieux
accueillie peut-être, telle de Cinthtt des Ému
qui n« sont pas prohibileun sous le double
rappoit de la prospérité publique et du main-
tien de la puissance des goûvernans.
Défendre d'exporter uné chose c'est com-
mettre une injustice envers les citoyens qui
en Sont propriétaires c'est réduire sa con-
sommation entre les nationaux et conséquem-
ment en diminuer la masse d'une quantité
égale à celle que le commerce étranger au-
rait pu açhetcr réduire les produits d'une
chose -utile à un État, c'est 'réduire la main-
d'œuvre des ouvriers entraver l'industrie
attenta à la propriété c'est s'exposer à voir
les étrangers venir vcndre par fraudes ou, en
( le
vertu de traités publics cette même chose
produite par leur industrie; c'est enfin payer
les propriétaires et les ouvriers étrangers
en vexant les propriétaires et, ouvriers na-
tionaux.
En défendant d'importer on défend ce
qu'on ne peut ce qu'on n'a jamais pu- em-
pêcher la fraude a encore plus de bayes et
de ports que les gouverne mens prqhibileurs
<jn provoque des inquisitions odieuses chez les
citoyens; on hâte la démoralisation du peuple.
Les lois du législateur et sur-tout les glaives
du sbire restent, sans effet à la vue.. de l'or,
ou d'un butin qui en fournit.
En défendant d'importer, on favorise les mar-
chands étrangers, qui n'en vcndent pas moins,
et les fraudeurs nationaux, tandis que fhon-
nête marchand, fidèle aux réglcmens, acquitte
de grands droits, et ne supporte qu'avec
perte la concurrence du marchand qui. bé-
néficie par la fraude.
En défendant d'importer on rompt les réci-
procités commerciales, on expose- des mar-
chands nationaux à perdre leurs fonds thtx
rétrangtr ou -à attendre deux ou trois ans
tandis qu'avec 1a liberté d'importer., ils dU-
{ iS)
retint pu recevoir en ichangt des marchandises
prohibées et donner, par cette rentrée, une
plus grande activité au commerce inférieur.'
Le prohibitisme fait établir un* code arbi-
traire injuste et dispendieux.' Il faut néces-
sàirèftent salarier de nombreuses légions ar-
mées instituer des places sédentaires des
r/|iés correspondantes' avec le ministère dont
les fonctions' sont nécessairement d'exciter à
une surveillance continue c'est-à-dire à des
pejqQJsitions domiciliaires à: des poursuites
«judiciaires pour rébellion ôu pour fraudé
donjNes principes nécessaires sont d'attribuer
dti récompensa aux commis qui font le plus
de mal, de procès, de.prises et de coupables;
dont l'intérêt sans cesse cupide est de por-
ter le ministère à augmenter les tarifs selon
lei degrés d'abondance de telle ou telle mar-
chandise d'épier les produits terriers ou in-
dustriels nouveaux qu'on exporte avec fié-
quent* pour les comprendre aussi-tôt dans
les registres et tarifs douaniers, -avant même
qut lés artisans et les cultivaoeurs soient avertis
de cette nouvelle fiscalité.
On ne sait que trop par l'expérience des
teins passes et des teins révolutionnaires, qu'il
( M)
ne faot que des prétextes aux commis fis-
caux .pour .tourmenter les commerçans, et
cependant presque toutes les nations ont
des frioduclion} qui s,ont propres à leur sol,
ou des ihvenlipni. uniquement exerces chez
elles par le on itabiit juges des
de leOr de leur industrie des
commis iguorans passionnés ou corrompus,
cl des chefs que la régie tourmente sans cesse
pour faire des poises, Les uns et les autres at-
testent par des, procès-verbaux que tes mar-
chandises sont prohibées; l'amende pécuniaire
et la saisie repoussent à jamais des ports inqui-
ûteurs, le négociant quia fait de bonne foi des
spéculations licites sur ces mêmes marchandises.
L'Angleterre' est rcputcc avoir le plus bel
ctàin de l'Europe, des ouvrages d'acier, des
étoffes', des cartons d'apprêt, des ouvrages
en cuirs, dont on croit bien reconnaître les
caractères distinctifs. Un naviie étranger
cependant peut importer en France de ré-
tain du Japon oud'AUcirtague des étoffes
de Lyon de la garance de Normandie
des csrtons de liege ou de Busgcs des
ouvrages d'acier de l'aiis et éprouver toutes
les ligueurs du prohibitisme.. a
Le- citoyen Pelisle, l'un des plus célèbres
ajustes que la France possède pour l'art de»
.papeteries, est parvenu à faire des cartons
d'apprêt que d'habiles manufacturiers ont
pris pour des canons anglais. Le citoyen d'Ain-
bourney. agriculteur célèbre a cultivé pvès
4ç Rqiien, de la garance qui a été soumise aux
cprcyyes les plus strictes et acte jugée égale
à celle de I lollande,,
i4On fabrique tous les jours à 1,),on et à
Paris, des étoffes quç l'on qualifie c? marque
wghUu parce que malheureusement, tel
«sfc,irncore le ton de l'opinion et de l'esprit
vj-'fepéc magnifique, en acier, qui fut^donnée
au marquis de BoujJ{é à Londres avtart «tê
/|}je au faubourg S., Antoine ? Paris..
donc qu'en défendant, avec tant,
les ouvrages anglais,, on;ttoul/é
riodi}yric et le coranrerec des nationaux »
n'en fouruit pas moins
par la fraude, dont les ressorts et les canaux
que toujours pjaccs dans les bu-
icaHx racmes des douaniers parce- ,que les
"WÇfends qui tientKiu les marchandises
anglaises s'adressent aux lieux secrets des
( i6>
ffXfièixiti à leurs banquiers à Londres ou à
Paris -qui assurent les' marchandises à leur
destination, comme on assure les cargaisons
des navires.
Par ces transactions cachées, par ce coin.
merce" frauduleux, les artistes les manufac-
turiers français végètent ou se consument en
fraiS'tt tu efforts inutiles' pour faire passer
leurs ouvi âges le marchand qui les achète
profite du grand mobile de l'opinion et
achète bien moins cher les superbes ouyrages
de France. •̃
ÇriVain les prohibitcurj voudraient-ils s'ap-
puyer aujourd'hui sur un esprit public diffé-
rent^ II est différent, il est vrai, mais il est
piré.. Ai) tems des rois prohibite'urs, on trouvait
des marchandises prohibées-dans le palais du'
roi, chez tous les courtisans chez les fermier»
géaérâvlx chez tous les douaniers on ert'
trouvera encore au Luxembourg, chez,les'
députés qui figurent dans le.motide, chez les
ïégisseurs les, douaniers etc.
Comme au tems des rois le Français s'irrite
par les défenses en cela au moins il s'annonce
fait pôurlaliberté. Le gouvernement qui heurté
ses goûts ses préjugés ou ses opinions, Tex^
1 cite
(ïf>
B
Il en' est pour lui des étoffes
dus, comme ilen
par la main du
de s'eonchir par èes irabécillès arrêtai
L* prohibitisme, sous ces premiers rapports»
n'est, donc vtxatoire et ruineux que pour* lef
l,esp rohibitcurs vnlgaires s'imaginent, quarid
on le lu fait la proposition de la liberté du ccrt\t
les denrées et productions
les {égioosde
négoce on pour crises qui n'existeot
v -Sijiafmi ceux qui figurent datis lejgouv«cf>
il en
telle, opinion
leur pour
«ans motifs approfondis
près de leurcbamp pouilfrcàfci
tiver, que sur les
qui ne soient pas éloignes
l'habitude de gouverner remporte il faut leur
exposer que la 'crainte des accapare mens étran-
n'est qu'un fantôme, dont 1er ministres
et Us, ,rois en Eçropc se. sont 'toujours servi
pdui asspuvijc Leur passion pour faire la guerre
selon les carcoDstances.et partout pour acca-<
le peuple
«Ju'jJi dominaient^ comme lca prêtre* se soni
servi des mois diabfe et th/tr pour .dominer
vexe/, et vcctigaliser leurs fidèles comme
les 'Révolutionnaire» *tenx>riste» té sont servi
su$pecf$ et
>«.nipri<
La nation. française ne; fait lecomraercç
qae comme toutes les autres^atjoos d'Europe
©*<st-à-dire peut, des "productions de son crût
«tde son industrie et pôut de l'argent, éft com-
échanges. Par ses richesses fon-
elle possède aa moins
.ftutatît qu'aucune autre nation, sa portion rela-
tîV&de ce signe commun qui fait tant agir et
qui "tourmente tant les hommes,'
Elle a des besoins impérieux, annuels et
(
B 2
l'ordre de son
générale intérieure est
tous, les citoyens entr'eux se fournissent Véci-
le'$ choses nécessaires à la 'vie
çt aux usages le soin de là subsistante com-
mune, des besoins réels ou factices, ne doit
jamais être excité par le
même atteste que la chose publique
n'a jamais été dans un meilleur état que
et ne s'est pas mêlé du commerce et 'de subsîs-
tances.
sèiAent et récoltent les ma-
nufacturiers dirigent leurs ate°b'ers les pêcheurs
pèchent sur les mers et les rivières, lei boulan-
gers (i) achètent Ici blés ou faiincs
pain, les bouchers approvisionnent de Viande
les marchands d'étorîcs.'de les vii
gnerons travaillent aux vignes tous les attisant
enfin se livrent leurs ',» sens
attendre que des officiers publics désignent la~
fjtj* Erfct'pté à Paris. où le gouvcrntrotnt rai 4
mitieisile plus scabreux, cthii d*cr« le tevlatgtf Àt
quantité on h qualité de leur» travaox; chacun
«'approvisionne
ou d'argent, supplétif des échanges.
Peut-on raisonnablement présumer et allé-
les étr*rv-
gers enlèveraient lés denrées nécessaires et les
Madères premières? peut-on supposer qu'une
détermine à acheter, ao liv. le. quintal de blé
• quand le prix commun du commerce fre le
porte. qu'à liv. ? peut-on supposer que Yjî1
5 liv nos laines, quand par le?
valent que^So sols? a-t-on unpcii
réfléchi sur tous les millions et milliai'df qu'il
faudrait
taient* les nationaux, sur le retour dans nos
bl,çioû laines ? car datis
•\pûs les pays le négociant se sauve à travers
rninïstéïiclles et aborde; âye4 ift-
tous les potts où il trouve à ajugm'enter
e-
on conçoit que des minisues des Etats de
Genève de Lucques de Gcncs, de S. Marin
ayent de têts principes, parce que leurs .appré»
hensions pourraient mieux se réaliser mais le*
R 3
mettre w ayant pou* la France; c'est araser de
sa raison ou de sort autorité.
je dU plus il ne faudrait qu'une -pareille
cordon pour réparer promptement tous les
désastres de la France, et y répandre l'or im.
mense que le gouvernement a prodigué par
son système héréditaire.de prohibitions, pour
le seul article des grains, et par la guerre. ter-
rible qui a dévoré le commerce et les hommes.
La liberté du commerce produit incontesté
blement l'abondance l'abondance des choses
produites excite aux spécuiations et toujours
elles'sç forment dans les lieux où, l'on jouit
d'une plus grande liberté l'étranger de son
côté, éprouve le désir des spéculations et Je be-
soin des échanges "il met souvent dans le coin-
mette des objets dont on ignorait l'usage., qui
favorisent l'industrie .nationale, ou augmentent
les jouissances de la vie ct les objets d'échange.
Lalibcrté de disposer de sa chose au-dedans;
ou chez l'étranger fait nécessairement aug-
mente! et multiplier les produits de l'agricul-
ture et des arts; la concurrence causée par cette
liberté fait perfectionner les ouvrages indus-
uicls et augmenter les récoltes,
Nous voyons par-tout que le débit plus ou
( ̃̃:«».)"•
rtfoim actif des denrées, f fut toujours la cause
plus ou moins active de la reproduction de
ces mimes denrées, parce qu'en aucun pays le
peuple ouvrier n'a travaillé; au-delà de, ses be-
soins immédiats et d'échange que dajis la
confiance de trouver le débit des choses super-
flues, qu'il sait auvrtr ou faire produire à la
.Ainsi l'agriculture et les arts prospèrent et
diminuent. graduellement en raison mf me des
débita que les agriculteurs et artisans trouvent'
dans les villes plus ou moins populeuses.
Dans quel pays de la France l'agriculture
est-elle plus florissante et à de plus longues dis-
tances, qu'aux environs de Paris ?
Les rayons de cette prospérité diminuent
proportionnellement autour de la ville d'Or
léan$k Ils sont moindres, encore auprès de
Bourges et Poitiers; ils ne son: presque pas
.sensibles auprès de Châteauroux, entouré de
plaines incultes et désertes. c
Le gouvernement qui entend bien les inté-
rets de l'État qui lui est confié; qui est bien
pénétré de la maxime politique, que la richesse
d'un État consiste dans !a richesse des citoyens
et non dans cellc des chefs de l'État, doit donc
(>)
B 4
«'attacher à aggtandir le débit des dentées et
La liberté seule peut, opérer de tels effets car
le prohibitisrae comprime et neuttalise Vindufe
trie le suppetflu qui reste en stagnation ou qui
s'avarie à la longue occasionne le bas prix
des chose j prohibées; ce bas prix découjçage
gouverné, est exposé périodiquement à l'hu?
initiante condition d'acheter ce qu'il aurait pu
vendti en jouissant de l'abondance.
On a cru favoriser grandement le commerce,
en conservant pour ses ateliers, des inatfèfeé
premières. Cette prétendue sollkjtude a valu
souvent aux ministres des-éloges économiques
et même académiques avec un peu de
réflexion il était facile de voir qu'eu favorisant
la .classe des manufacturiers ( qui n'en favori-
saient pas plus pour cela leurs ouvriers ), on
maintenait dans la médiocrité, dans l'indi-
gehce ou la misère, une
de cultivateurs et d'ouvriers employés aux
premiers. travaux de la chose produite.
En défendant l'exportation des laines, on
favorise les fabricans il est vrai mais on
forte les cultivateurs à donner à un prix si bas
( M)
4eu«i>ï^ne, qu'ils ne pTerthenrqrie peu de sôjri
faire produire, (jette indifférence1 n'a-
dirniftueUné triasse précieuse
tffXWUent engrais4 la moindre quantité de
t>l|i,«nsemenc€r et à Moissonner, diminue le
travail des ouvriers pour labourer moissonner
,e£ battre les grains; une intempérie locale pro-
-dyitjplutôt, une disette toujours funeste aux
çjjés et aux campagnes.
iL«5 cultivateurs élevant moins de bêtes "à
laine» il en résulte moins de viande pour la
consommation mtins de cuirs pour toutes les
fabrications usitées, plus d'oisifs et de malheu-
reux; tel est le résultat d'une opération toujours
toujours réclamée souvent blâmée dans
le ministère de Colbert et que le directoire et
le corps législatif adoptent encore, comme pfin-
cipe de la meilleure économie politique.
On doit être.étonné sans doute que l'an«
tien gouvernement qui a possédé des hommes
^.éclairés, qui avait l'exemple dévaste aggran-
dissemént des marchés d'Europe par ses rela-
tions libres avec les Indes orientales et occiden-
taies, qui a pu juger des grands effets que les
marchandises de ces contrées avaient opérés sur
notre commerce notre aisance et notre indus-
tHe? qui avait loi même institué dei pott$
francs, oâ régna, (onsiamment F abondante ,tt
JaJftûmctAti étrangers, ait continué de main-
le poids onéreux et avi-
lissant de la- ^fiscalité. Mais cette conduite nata-
reUe çuytntfinaire sous un monarque qui ne
jugeait a choses que par les yeux de ses mi-
nistres et d'après les hommes immenses que
procuraient les droits prohibitifs étonne au der-
iti degré, dans le nouveau régime quand on
considère que le corps législatif et le directoire,
saie. tles chaînes du fisc, suivent ou proposent
.non: seulement les mêmes erremens mais
encore ajoutent, aux rigueurs anciennes et
semblent avoir adopté le plus funeste des sys~
têmes celui d'une concentration de choses
produites par la France, dans la France même.
FâV!t-il; donc être,illuminé ou avoir vieilli
sur l'histoire du commerce des nations, pour
sentir que si les rois avaient maintenu avec
sévérité toute espèce d'importation, nous se-
rions encore vêtus des bures ou étoffes gros-
sières que portèrent les premiers moines ?
n'est-ce pas aux bienfaits de l'importation des
bcatix ouvrag«ù des Chinois et des Indiens
asiatiqaes que nous devons l'imitation et la
Supériorité de nos vernis de nos porcelaines,,
de nos touts sur les mêmes marchandises des
Iodes et du Japon ? N'est-ce pas aux laine»
fines d'Espagne que nous devons les célèbres
manufactures de Loüviers, Elbeuf Sédatï ? etc.
,.Notre quincaillerie serait elle auési par-
faite 'i si la fraude ou les traités de commerce
ne nous avaient pas fait connaître les plus
beaux ouvrages en ,acier des Anglais ?
Les peuples se stimulent réciproquement
comme les artistes du même genre c'est
donc encourager et exciter au travail, que de
recevoir les produits de l'industrie étrangère*
Nous avons eu assez long-tcms la preuve
que les manufacturiers frànçais se sont ton.
jonr4 reposés sur le systême des corporations
sur lés réglemens et les barrières du fisc
ils criaient sans-cesse en voyant entrer des
marchandises prohibées mais'lls continuaient
^||r ancien train ils fesaient faire avec des
bras ce que les étrangers fesaient avec des
machines.
La politique par ses traités, a heureuse-
ment dérangé leurs habitudes, et réveillé leur
indolence ils ont senti la nécessité, pour sou.
tenir la concurrence d'avoir aussi des rha«
chines, de perfectionner leur ouvrage l'in-
si* nationale a depuis rivaliaé et souvent
surpassé les nations qui avaient inventé.
11 y a peu de villes en Europe où l'on ait
porté plus loin qu'à Paris l'art des vernis, des
ameublemens des broderies de l'horlogerie',
de l'orfèvrerie etc. le perfectionnement 'de
ces arts est dû d'un côté à nos relations com-
merciales avec l'étranger est de l'autre, à
l'émulation entre les artistes et à la côncur.
rence avec ceux des autres nations.
Cependant, si par l'effet d'unes révolution
( car en fait de révolution on' peut tout sup-
poser ) les principaux quartiers de cette ville
se fussent autrefois isolés et eussent gardé
entr'eux une violente antipathie telle, par
exemple que celle que les ministres de France
etd'Anglcterre n'ontcesséd'excitcrcctieles deux
nations s'ils eussent respectivement institué
des.juiandcs des maîtrises, et sur-tout de»
commis et des barrières pour ne rien rece-
voir d'un autre quartier les vernisseurs les
brodeurs, les horlogers, les orfèvres auraient
continué de travailler comme leurs pèits mais
la libre communication des marchandises" et
q
(
des artistes, mais la vue des_ beaux vases an-
tiques et des ouvrages. étrangers a successive-
ment amené le perfectionnement des arts tous
les artistes respectivement par amour pour la
gloire, ou par J'intérêt ont travaillé à per-
fectionner les artistes tràineùrs ont été for-
• ces de se modeler sur les meilleurs ouvrages,
a6n de soutenir leur état et leurs besoin?.
et qui est dit ici de Paris est d'une exacte
conséquence pour les autres vities de la France,
et s'applique également à toutes les nations
commerçantes. (
'Ëkjt effets de l'industrie, par la liberté et la
concurrence «prennent encore un plus haut
degré d'intérêt pour les productions de la
terre ils répandent l'aisance parmi les hommes
des campagnes ils soustraient l'homme la-
borieux à l'indigence ils forcent le fainéant
à se livrer à quelque travail ils enrichissent le
propriétaire qui pour gagner davantage en-
treprend des améliorations essaye des cul-
turcs nouvelles invente ou simplifie ses pro-
tédés ou ses instrumens aratoires.
L'abondance des productions dans un pays
libre fait par tout établir des ateliers ou des
manufactures, parce que les hommes y cal-
cotent avec juste raison que s'ils ne vendent
ils vendront sûrement aux
étrangers et c'est un des. grands avantages
d'un pay*i libre dans ses ports, queftoyt s'y
vend parce que ce qui ne convient pas.au*
marchands d'une nation, conviendra à^çeux
Par le prohibitisme au contraire on voit
par-tout des fonds de magasin perpétuels;
parce qu'en réduisant le nombre des choses
importées, on réduit, par la même raison, le
nombre des acheteurs, c'est-à-dire les heu-
reux effets de la concurrence. Que l'ori cal*
.cule' le mouvement le travail l'industrieuse
activfté d'un peuple riche par les productions
de son sol et par son industrie avide dé
jouissance et de fortune, qui jouit d'une en,
tiére liberté 4U commerce et qu'on le Coni*
parc avec un pays plus vaste où les denrées
sont6scaliséés i°, surie sol; a0, à la moindre
distance de leur premier deuxième ou ttô|
•ièrae déplacement dans l'intérieur; par
des droits excessifs aux limites de l'Etat.
la différence en richesses en bonheur et
en puissance sera extrême et positive.
Pendant les courts instans de la libre ex-

Un pour Un
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