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Essai sur l'éducation et l'existence civile et politique des femmes, dans la constitution françoise ([Reprod.]) / par M. Charles-Louis Rousseau,...

De
40 pages
de l'impr. de Girouard (Paris). 1790. Éducation des femmes -- France -- Ouvrages avant 1800. Femmes -- Droits -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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E S S A
S U R
L'EDUCATION
ET
^'EXISTENCE: CIVILE ET POLITIQUE
DES FEMMES.
̃ E S. S AI
SUR
I/ÉDUC AT 1 ON
̃; ̃'̃;•. et
L'EXISTENCE CIVILE ET POLITIQUE
DES FEMMES,
DANS LA CONSTITUTION FRANÇOISE,
DÉDIÉ A MADAME B A ILL Y,
Par M. Charles-Louis Rousseau Députe extraordi-
naire de Tonnerre demeurant à taris, rue de la Verrerie^
l.u au Waux-Hall d'Eté le i Décembre et dont
Xh ssemblce a voté l'impression par voie de souscription.
A • P*A R I S.
Grenell*
Saint-Honoré a* 64,
A madame bailly.
MADAME
Vos vertus suffit oient pour vous assurer la con-
sidération publique lors même que votre illustre
époux ne seroit pas représentant de la Nation et
Maire de Paris. Il est doux pour ceux qui ont le
bonheur de vous connaître a d'admirer votre %èU
à secourir t'indigence et consoler- les malheureux.
Votre humanité et votre bienfaisance vous ren-
digne du rangdistingué dont vous jouisse^.
On ne peut asse, applaudir aux vues de sagesse
qui ont dirigé vos éiablissemens de Charité en
faveur des jeunes. filles que la misère des tems et
l'uisivaté auraient entraînées dans la débauche Js
sais combien vous désire^ voir les mœurs: se puri-
fier, et à quel point vous serie\sansfaite si votre
sexe conservoit sa dignité c'est pour seconder vos
intentions patriotiques que y entreprends dans
ce premier Essai de mes forces, de montrer aux
femmes. leurs droits, en les ^appelant à leurs
devoirs d'où dépendent leur bonheur et la prospi?
rke de l'Etat, léserai trop heureux
si vous daigne^ approuver mes idées soyez
assurée de la vive reconnoissance et du respec-
tueux dévouement avec lesquels 'j'ai l'honneur
d'être,
MADAME/
Votre très-humble et très-
obéissant serviteur
Rousseau Député extraordinaire.
ESSAI
L'EDUCATION
L'EXISTENCE CIVILE ET POLITIQUE
DES FLEMMES,
DANS LA CONSTITUTION FRANÇAISE;
DÉDIÉ A MADAME BA:LLY,
Ter 'M. Chahlks- Louis Rousse <v Député extraordi-
nairr de Tonnerre, demeuranr à Paris rue de la Yerrerie,
La au Waux-Hall d'Eté,de 1 Décembre 1790 ,'et dont
l'Assemblée a voté l'impression par voie de souscription.
J\'i o N dessein est d'inspirer à de généreuses
épouses, le noble désir de mériter les couronnes
civiques à tous les individus qui
rendent des services à L- Patrie et travaillent au
bonheur de rhnmaniïc.
Notre sexe ne doit
titres a !a reconnoissance publique, sont dans
nos travaux les plus
les'plus généreux. D'autres
mais
( 6 )
̃Viol^ius msis plus Soutenus d'au ti es sàeiifiïfië
îttoins grands en apparence 0 mais plus utiles dans
la société, réclament en faveur des fourhes les
gîoiieu;es récompenses de la venu. Trop long»
temps ce sexe si tendre- fut soumis n l'empire de
la force et de .{'injustice. trop* î.mg-temps l'op-
pression étouffa les garnie des
nirnesquela nauirelui avoir imprimas; trop long.
teins enfin ta dégradation de
et des loix vicieuses qui leur furent i;n-
Puisque l'augiisfe verito, cette ëmanarmn pre'-
cieu-e de la sagesse divine descend du ciel avec
Il liberté pour régner sur ta terre c'ect le mo-
-.me.ifde déchirer le voile de; iniquités,et de pu-
rifier le genre humain. Quiconque méditera sur les
vraies sources delà félicité de ses semblables les
trouvera dans la justice qui peut seu!e conduire à
la perf.-ction. Alors, l'intérêt particulier cédera à
Mérite et h force protégera la timide innocence.
Alors les vertus enfanteront. des acti msh'iroïquss,
les mœurs conserveront la génération présente et
prépareront aux races futures les plus heureuses
Les moyens d'aiîl:rmir une constitution sont
principes publics*
d'éclairer les citoyens sur le-tirs
(7~)
de joindre à la théorie des vrais
principes, la pratique constante des
relâcher en rien sur la rigueur
des préceptes et la nécessité des devoirs. Pour
succès de toute associa-
lion humaine, il faut employer les mères de familles
qui par leurs exemples autant et plus que par
des êtres -nouveaux
pour la gloire de la Patrie mais pour remplir une
ii auguste' destination, il faut les rendre liberté
qui leur convient car pour élever des hommes
libres, il faut en sentir le prix. Hommes rendez
donc aux femmes tous leurs droits mais montrez-
leur en toutes leurs obligations;
qu'elles trouvent du plaisir dans, leurs devoirs et
dommages que notre reconnoissaftce
leurs
services et qu'enfin tonte considération sera
exclusivement accordée au mérite.
j'ai si bonnoopinion de ce que peuvent devenir
ce qu'elles ont
ce qu'elles doivent èire
désormais pour répondre aux espérances de la
le bonheur des générai ions
Tous Jes vices qui déshonorent l'espèce hu-
rrnine'i sont les fruits d'une éducation dirige
a'servie à âes usages bar-
réprimer les passions pir les
voies naturelles de la douceur et des exemples
irrite k"ir dévelf>ppement par des contrariétés
Quand on pense aux prfjiiîrés qui
nom environnent dès notre enfmce aux usages
qui en entrant dans le monde
aux crimes d'habilude qui s'y comnvnettent avec
«n scandale impuni, comment résister au torrent?
Et si le.; hommes les mieux élevés dans
tèmes actuels t tombent souvent dans
comment les femmes pourront- elles s'en
et comme ses or-
se communique
Créateur l'Intelligence
trayante et
d'ardeur dont
préjudiciables. L'amour qu'elles sentent encore plus
qu'elles ne l'inspirent est un effet de ce feu qui
circule dans leurs veines
formes plus majestueuses quel éclat plus
parle
d'un regard, d'un geste,
pas toujours l'énergie de la
ses idées avec une délicatesse qui nous séduit et
nous .enchante. la ter-
dédaignent de
préfèrent s'exposer aux
de se créer des droits
de leur postérité. A
peine entres dans la maison paternelle
par l'insouciance crimi--
lumière .que pour découvrir une terre d'exil, et
leurs pré frappent que des oreilles
petites mains careisantes pro-
en vain le doux sourire qui devroit leur
quand ils ne sont
pas changes, ou empoisonnes par des sucs
parens ont été punis de leur indif-
par la perte de leurs plus chères
v.
qui sortent des mains de la nour-
succombé aux douleurs des plus
qui par leur djffor-
premier âge.
Rendus enfin aux secours maternels, quel sort
Cire vierge qui va prendre toutes les formes qu'il
vous plaira lui donner mais tremble/, qu'elles
soient mauvaises, car le tems la rendra dure
comme le marbre, et vous ne pourrez jamais
retoucher votre ouvrage.
-Ne préférez donc pas vos plaisirs aux soins
qu'attend de vous, cette jeune fille q\n ne df.it
pour die de vivre à vos
votre
marcher sur vus traces ? Quel exemple
nerez^vous? Ah tout me fait craindre que vos
habitudes actuelles ne corrompent
cette jeune innocente. Il vaut encore mieux vous
séparer, qne de lut laisser respirer l'air impur
qui vous environne mais où la
préservera de la contagion qui la menace?
dans une maison de retraite,
la cachent aux
sans ? Trop souvent le crime s'insinue sous
cette effroyable manie, de parler sans
( M )
ces Etres sensibles
jaloux qui semble vouloir régner par la terreur
des supplices plutôt que par les affections de
ses créatures. On diroit qu'on
force de leur peindre la
attises pour assouvir sa tandis qu'il
faudroit ia leur présenter comme
tre toutes les fuiblesses humaines leur parler le
langage de la douceur évangélique leur faire voir
un Dieu plein de bonté et de miséricorde, tou-
jours dispose à recevoir dans son sein le malheur
reux qui se repenr d'avoir violé les loix de la
justice » gravées dans son coeur.
Le tems pas^é dans la retraite du monde
suivant nos usages est donc au moins inutile et sou-
vent dangereux. Les sciences, les srtsysont si mal
enseignés, leur choix est si ten-
dent à corrompre le cœur pius qu'à orner l'es-
prit..
rentre dans le monde aveè une .imagination
c'est à vous de lui présenter un époux.
existence auraient
à
rendre digne de
des
la voyons per-
et étudier la coquet-
elle fait tout pour séduire
un homme et se l'attacher elle ne sait pas que
ces moyens produisent des effets entièrement
de cette coquet-
pas souvent d'autre cause que l'envie
bien naturelle de piaire de terribles effets car
par perdre la fille qui
œuvre, les parens apprennent avec
le, regards
des hommes et leur font ensuneup crime d'a-
voir cède au penchant qui les entraîne vers nous.
mal est fait <-l
alors il faut beaucoup de prudence pour ne pas
l'augmenter La désola-
.tion est dans la famille; la pauvre fille gémit;
sont dans la fu-
leur ouvrage. Eux
désirs de ceux
imagination; ils la
( *5 )'
dans le tourbillon des plaisirs ils exposent l'in-
nocence à rougir de ce qui se vue
et ils sont étonnés de la voir céder à l'impulsion
qu'ils ne cessent de lui donner, ils l'accablent de
reproches, eux qui devroient se repentir de
exposée aux malheurs les plus grands.
Il est de fait que les premières inclinations sont
presque toujours opposées aux vues des parens et
cela est fort simple à concevoir, car de jeunes coeurs
ne calculent pas;pour aimer. Ils voiencleur bonheur
dans leur attachement non dans les richesses /1
les rangs ou les honneurs. Les parents conduits
par d'autres vues, veulent rompre des affections
qu'ils ont fait naître, et préparent le malheur cer-
tain de leurs enfans car si j'admets que cette
jeune fille se soit attachée à im homme sans dé-
licatesse il la perdra de réputation et si au con-
traire il a de la droiture de la sensibilité et de
la noblessse dans les sentimens, les suites de cet
attachement rompu par les parens pourront
devenir encor plus funestes.