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Essai sur la poesie lyri-comique , par Jerome Carre

De
191 pages
A Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Delalain, libraire, rue & à côté de la Comédie française. M. DCC. LXXI. 1771. [2]-XIV-180 p. ; in-8.
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ESSAI
SUR LA POESIE
J A oR' J,£ ROMS CARRÉ..
Homtnum ingeniis noir plumas, ma alas,fed plumbuM.
& pondéra addimus. Fr. Bacoa.
Angl» Canc.imjietns PhildfopWcL
7e ne donne' point des ailes au génie de mes Keves
Biais du plomb dont le pOids puîfe aesarder leur courte.
fA AMSTERDAM^
Et fi trouve Paris;,
Cirez DïiALAIN, Libraire, me Se à cor<? de la CoWii<
M, DCC. LXXI.
FR É F A CE.
AVANT' que j'entreprenne, fuivant la loua-
ble coutume, l'éloge de l'Ouvrage dont je
régale aujourd'hui mes chers Parifîens, je'
veux me plaindre à eux & les défabufer d'une
calomnie dont je fais l'objet infortuné. On a
dit à tout l'Univers que j'étais mort. Ce bruit
répandu par ma chère coufine Vadé (qui fut
trompée la première ) femé malignement dans
une nuée de Journaux éphémères pafBrak
a la dèrnier-e poflérité à l'aide du Verdun Se
de l'Année Litréraire, } fi je ne me hâtais de'
le réfuter. On m'a ôté la moitié de mon exif-
rence; en m'empêchant de vivre dans l'efprit
des Lecteurs bénévoles on a prétendu me'
nicher dans les charniers à côté de la Filloa
& de- Frere Bertier. C'elt une malice bien
noire de vouloir me persécuter jufqu'après
ma mort. J'ai recours' vous, mes chers
Lecteurs vous pouvez me rendre tout moa
être en me reftituant votre admiration. let-
tez les yeux fur le Traité que je foumets a
vos lumières: je m'efttmerai heureux, s'il vous
prouve te ze!e ardent que j'ai toujours eu pour
travailler à vos plaifirs.
îj V R Ë F À C Ë.
JMaîs peut-être croirez-vous que le veux,
fous le marque de la bonne foi furprendre
votre religion & vous en impofer fur utifait
aufïï înrëreflànt. Pour diffiper tous vos dou-
'tes je vais vous narrer j«a déconvenue avec
•cette bonne foi cette candeur que vous me
ccttinoiflèz & qu'un fourbe nepourrait imiter.
Ma coufine Catherine que j'eftime & que
j'honore, vous a conté comme quoi après
m'être recommandé à frere Giroflée, elle re-
çut mes derniers foupïrs comme quoi je fus
mis proprement dans une bierre,&c^ mais elle
ignore le refte de faventure; fi la Renommée
,daigne fen inftruire je fuis fur qu'elle ver-
fera des larmes de joie.
Frere Giroflée & le Clerc de la Pareil
marmotaîent un De profundis à côté de ma
bierre, loriqtfils virent entrer deux grands
hommes fecs, noirs, vêtus d'une robe d'Ar-
ménien, la tête couverte d'un turban. Frere
Giroflée qui fe fouvenait encore des ten-
dres folies qu'il avait faites avec Paquette,
croyant que le diable venait lui en deman-
der compte prit la fuite & fut- fuivi du Clerc
'qui probablement n'avait pas la conscience
plus nette. Il ne fe piquait pas de bravoure,
ce frere Giroflée; du refte affez bon homme.
Je lui pardonne de tout mon coeur d'avoir
PRÈFAéE. /Sf
c/i-
publié', que le diable était venu m'énlever.
pour avoir renié S. Pennafor't & S. Régis.
Mes deux Arméniens enlevèrent mon ca-
davre & mirent â-fa place un morceau de
bois que l'un dés deux portait fur fon épaule
comme un gage des droits de l'Eglïfe; auffi
ne perdit-elle rien. Ma bierre fat portée au-
charnier. Ma coufinè Catherine revînt la pren-
dre à la téte du- Clergé elle l'arrofa de fts
tar.mes, & tout fe paffa avec la plus grande
décence;- Pour moi, je pris le chemin du gre-
nier, porté fur les épaules de yes vigoureux
Arméniens.
Vous êtes fort curieux mon cher Eeâeur }
d'apprendre quels étaient ces valeureux chkm~-
pions qui avaient joué avec tant de bonheur
le perfonnage diabolique. C'étaient deux jeu-
nes adeptes descendus en ligne directe de-
Paracelfe & de Cardan. Ils avaient lu (Parac.
Mv. f, ch. <j Gard, de Mirac. rer. L. a, j^ R.e
Bac. de fc, occ. t, 7 r C. 8 r §. 7» ) que pour*
parvenir au'grand oeuvre de la traafmutations
des ftabltances, les adeptes d6vaienc fè revê-
tu de cette robe, donc un grand, homme de
nos jours s'eft affiiblé' pour comptecter le:
grand œuvre de la réputation univerfelle à
laquelle il afpirait; de plus qu'il faliaiE dif
tiller dans un matras les oreilles Si le nez\
f* PREFACE.
.encore tout frais d'un. homme mort de 1:1
pefte. Comme j'avais le corps & le vifage
couvert de puftules, & que je ne tentais pas
bon, ils crurent que j'étais leur fait. Ils re-
folurent de m'enlever ce qu'ils exécutèrent
comme vous avez vu.
Je commençais à revenir de ma longue
faibîeïïe qui avait trompé ma coufine&T'rere
Giroflée, torique j'entendis mes deux Armé-
niens difputer entr'eux fur la manière dont
il fallait couper mes oreilles & mon nez. L'un
foutenait qu'on devait couper jurqu'à^la ra-
cine l'autre, qu'on devait fe contenter des
cartilages, attendu que la partie oflèufe,&c.
Un long raifonnenient qu'il fit fuivre & qui
parut 1convainquant à fon adverfaire, ne fit
que redoubler l'ardeur qu'ils avaient paur
l'exécution run des deux s'avança, tenant
d'une main le fatal couteau de l'autre j il vou-i
lut faifir mon nez. Je fis un effor-t; je me fou-
levai. & je lui mordis le doigt bien ferré.
L'effroi que mes deux Champions avaient
infpiré à Frere Giraflée & au Clerc, paffa
tout-à-coup dans leur ame: Eh pour Dieu
Meilleurs leur dis-je d'une voîxfépulchrale,
épargnez un malheureux laiflèz mon nez
& mes oreilles. Voulez-vous me faire paflèr
pour un traire? Iifez l'Hiftoire de Zppire^
PREFACE. V
a-u'ii
De quel front oferais-je après cela paraître
à la Vallée de Jofaphatr
CeraifoiuiementkurpanH:aflezbon.jQaatw£
ils furent remis de leur frayeur ils me dé-
barraflerent de ces bandes de linge dont mar
Couine m'àvoit emmailloté pour parairre-
au cimetière- d'une matière plus décente» IIs^
entreprizent de me purger de ce germe em–
pefté qui m'avoit conduit aux portes du tonv-
beau. Pour mieux y rèufl» ils en retranche.
ient la Source,
Si l'on eut fait une pareille opération à>
mon cher Antoine Vadé qui mourut de la:.
petite vérole; peut-être vivroie-ileacore poux,
travaillera nos plaifirs ?
Vous concevez, mon cher Leâeur, avec
quelle tranquillité', depuis cette époque, mon
fang a circulé dans mes veines. DébarraHë de-
cette chaleur inquiétante qui plus d'une fois
m'avait forcé d'interrompre mes- glorieux
travaux j'ai pu m'occuper, tout entier de7
votre amufement & de ma réputation.. Au1fi
j'ai enrichi depuis cette époque vos deux-
Théâtres d'une foule de ehefe-d^cEnvres
tous remarquables par lafageflê des penfées^.
par la noble fermeté du, flyle Se la. pompe déar
Vers. S'ils font l'ouvrage de mx vieilieflè
vous conviendrez que cette neilîeflè e£lea«-
PREFACE.
cbie_aflèz verte. J'ai fait paraître ces ouvrai
gés fous dés noms différens je vous l'avoue-
rai; j'ai voulu éprouver votre fagacité. J'étais
persuadé que l'empreinte de mon génie que
je leur avais imprimée ne vous échapperait
pas V, & que vous fehtîrîez le Carré dès les
premiers Vers, ou tout au moins dès la pre-
miëre fcène.
Réïblu de vous donner une nouvelle preuve
de mon zefe, je n'ai pas craint de puifer dans
ces treTors toutes les richeflès que j'étale
vos yeux. J'ai cru qu'il m'étoit permis d'ù-
fer dé mon bien; & quoique j'aie donné ces
morceaux brillans les juftes éloges qu'ils
méritent je ne crains point qu'on me taxé
de vanité. Pour fe rendre juûiçe- il n'eft pas
néceflâire d'être ûri.fàt; il tuffit d'êtreanimé
de ce noble orgueil qu'un grand homme ne
peùt s'empêcher de concevoir quand il a fait
les preuves, fut-il de l'Académie de Montaa-
ban ou d'Angers*
Au refte, c'efl: ici la dernière production
que je permettrai Il mon génie regardes-la
mon cher Leâeur comme le chant du Ci-
gne. Je le fèns j'ai donné mes plus beaux
coups de lance. Je ne veux point qu'on, me
range dans la claflè de ces Auteurs tena-
ces dont Qn dit avec raifon qu'ils né gavent
PREFACE: _vii
pas finira propos. J'ai fourni une carrière aflêz
étendue. Je ferai fagement, fuivant le pré-
cepte d'Horace, de dételer mon cheval qui
commence à devenir pouffi£ Il mérite les
Invalides du Parnaflè & je lui permets d'al- (
1er paître a côté de cet âne érudit dont le
doâe braire fait retentir tous les dix jours les
échos du facré Vallon.
Un mot des motifs qui m'ont fair entre-
prendre cet ouvrage & je finis. J'aï gémi plus
d'une fois ainfi que vous de la difette qui
commence à fe faire- fentir au Théâtre Lyrt-
Comique. Nous n'avons plus P-1-n-t-j fie
Taconet commence vieillir. J'ai cru queje
rendrais un fervice elfentiel aux jeunes-Au-
teurs qui afpirent à remplacer ce grand hom-
me fi je leur en facilitais les moyens. Pour-
rez-vous ne point regarder comme. le -chef-
d'œuvre de l'efprit humain un livre qui réduit
à un méchanifnie aifé des productions qu'on
croyait exiger du génie? Vous le compas
rerez fans doute à ces machines induftrîeu-
fes qui multiplient les chefs-d'oeuvres, en fim
pîifiant les procédés des Arts. C'eft mainte-
nant qu'on peut, grace â mes veilles, exécuter
pour la Poêfie Lyri-Comique le projet de bre-
verer tous les Auteurs propofés pour le bien
de l'Etat & des Lettres par le géant du Par-
Ml PREFACE
maflè moderne. (*) Peut-être cependant ne fê»
̃ra-t-il pas hors de propos de laiffer mûrir ce
.projet jufqu'à ce que quelque zélé Patriote
auflî habile & non moins heureux que moi,
ait exécuté pour chaque partie delta Litté-
rature un Ouvrage pareil à celui dont je gra-
,tifie aujourd'hui mes Confrères^
Je ne craindrai point d'être taxe d'utr',
-fot orgueil, fi je brigue le titre deRefiau-
,rateur ou du moins de Conservateur de ce
•Théâtre que vous chérirez plus que tous lés
autres. Il a joui de ma jeuneflè ma vieille/le
même ne lui fera point inutile. J'attends de
4à reconnoiflànce ou plutôt de fa juflice,
qu'il m'accorde un dixième de chaque pre-
mière repréfentation. Si je l'obtiens je fais
voeu d'acheter une paire de chauffés neuves
pour y paraître avec décence. Et certes on
devrait regarder ma préfence à ce Théâtre
dont je fuis l'appui comme beaucoup plus
néceilàire que ne l'en: à l'Opéra cet Ener-
gumene qui dirige la mefure.
Je crois, mon cher Lecteur en avoir dit
(* ) Voyez la Prfface da Poëme fur le génie, le goût
&,l'efprit oÙ le Chantre des fix Sens fe donne modefte-
ment pour un géant en Littérature, & tous les autres-
pour des nains. C'était un homme bien modefte q.ne km
"M. duR-f-y.
x
TESTIMONIA AUTORUM.
Fragment d'une Ode adrejfée à M. Jérôme'
Carré, l'occafion defon admirable Elfài
fur la Poëfie Lyri-Comique.
Par Guillaume Cherche-Pain.
Dans ùl coudé vagabonde
Roule en replis tortueux;
le pur criftal de fononde,- k
Qui brille & frappe nos yeux;;
Tel on voit dans la carrier*
Carré, la docte lumière
De ce fiecle tant vanté
Sa plume fage & féconde-
Pour les plaifirs de ce monde
Rajeunit la volupté.
Di ta furfon'fiont altiee
la Mufe Comi-Lyri<jue
Voyait flétrir con laurier j,
Dfja l'Opéra-Comique
Commençait à larmoyer^
Grace an Boileau de notre âge;
II va gagner le fufiiage
Du plus févexe Français,
Et le fommeil léthargiqua
De notre fcéne tragique
SU troublé pat fcs fuccès.
Maïs s quelle dode tateO»
ï>éja m'agite &mWpitèi • ̃
Non ce n'eft point une emetu:}
Dans favenir le vais lire,
L'avenir luit dans mon eqenr.
Qu'on écoute mes oracles
Paris attend des miracles
Des F-v-xd des T-c-nets.'
'Réformateur de la Scène,
¥on Jérôme grand S-d-ne
Va t 'apprendre le Français.
POTJRqOOI vas-tu 'bégayes
Sur le Théâtre Tragique L
C'eft bien affez d'ennuyer;
Viens l'Opéra-Comique;
II éprends ton premier initier..
Déjà fa Mufe ingénue
'Vient étaler à ta vue
Des traits. des appas nouveau
Vdis les Graces enfantines
Broyer les couleurs divines
Dont tu fotmes tes tableaux.'
Carré. tu guides Ces pas
De fes fuccès, de la gloirs
il te doit tout le tracas
Tu garantis ia mémoire
Des ombres d'un prompt trépa$
Viens égayer la morale
Que fans cetfe nous &aj»
le SublHtut de. 'i 2
Hiatus valde lachïimabtiï.
Ami Lecteur il m'aère" "irnpôffibie de re-
_trouver lafuite de cette Oder admirable. IWktn
amour propre y perd aîmi que votre goût.
Je l'avais laiffée par hasard entre Boileau &
Pope qui parent toujours mon bureau elle
n'a pu foutenir leurs regards critiques
blable à ces colofles de neige chefs-d'œu-
vres des P,oliflbns, qui fe fondent aux pre-
miers rayons du fbîeiï. Vous aurez dans tout
le cours de cet Effai vous' louer de mon
attention à conserver quelques lambeaux de
ces Ouvrages brillans que le Dieu du goût
devait confacrer à la gloire; énfans du génie
produits en un mois & qu'une critique
trop auftere fe plaît fouvent à détruire en
un jour.
Prophétie extraite de la cinquième Centurie
de Nojïradamus.
L'an Jîr-fept cent avec foixsnte & dit,
Maints troubadours aurùuf riches mdnïft-;
Merci Carré ce tant gentil jongleu^i
Les Meneftrels ci recevront ^btitiéur;
'Qut&raïn parUyacinâtt VlmùffoU.
îermets-moî d'admirer, Carié, ton brillant fort.
Ton Effai fait la nique à la fenlt de la morr;
A Phœbus, dès bons vers il va montrer l'exemple:
Ton pupitre fêta fon temple.
Maârigalpar M. Boiffec.
In vain la jaloufe rage
Du ïems qui tous nous outrage,
À -voulu de tait Mufe effacer les appât;
Cane, ton illuftre Ouvrage,
Ta critique jufte & Cage
Ift »n fàllo't brillant qui va guider Ces, pu.,
In Viti clatiflimi
JX O. HïtSONIMI CARUii-
Civis Montalbanenfis,
'Acutidimi Criticilroricoprulofopriologi,
de Poelî Lyri-Comica tentamea
Melius dicam
Aureolum tradtatum
Extremâ'jam feneâute editum
7. B. Xangxung otbis terraram civis.
Perfunfte ijuondam laudibus cunûis feoei;
Tu cui fenefta portus baud iaglûrix
Poterat quietis elfe
Quis tanius ardor mente concitâ rapi:,
1 Tot ut fubinde grandiora induftris
Monimenta vulges ufibus mortaliura
Sic uempè tes eft. Dia mentis indoles;
Quaito propinquat ultiraus dieu rnagis,
âr*
Cognat! eum jam vùîtabit ridera ;)
Deoquejwigetur & cœlo iuo,.
Hoc plura rentat qux fuis natalibus
Copdigna crédit. Snmma vircus liste Dei eSt
Se puBlicare mundo. Is eft par numini
Qui plurimum auget fecnli fui bona
Prodeftque cunâts. Petitur hâc cœlum vil.
LECTORI BENEVOLO.
Carolus Gxlyph lus s Hyeronimi fodallsi.
Quifquis in Aoniis tedor ftudiofts oberras
Hortis & ftudiis tempus ubiqiie locas.
Hune tibi crede librum fore quolibet sie parandomt"
Si tibi melliflua Gallica lingua placet.
Nil tibi Ptaxiteles, melius nil pinïic Apelleî
Quam tibi depidlum Gâllica pluma dabiu
Cedat Stfriblerus.ctdat Math.inaflns ip'fe,
Cedat Longiaus, cédât Ariltcteles.
Careï Parca; 'nt)n runipete fila val ebunt ""J
Aft age.: innuineros poft fiia fata «lies.' V
,Cui dot Neftoreis Pliccbus fnpeteffe diebus
ïlti Nettoreo cai dedu ore. Yale.
ESSAI
j:
ÂtiM e& ii^o^ifale que fflo$
la <téU
'ftifeS^ d'Ouvrages
qiies dont les Auteurs parlaient en vrais Rué-
gens du yarn^è fljûîis Virons plairemenc
que ce -Yieil-eiifane ?.
depuis cinq
que fes Précepteurs notaient que des per-
roquets un 'peu mieux fifflés "que d4utres
& dès que Martin
reîlîc,"gare le bâton. Pour "rrioî j'oiê me
flattçr de 'point le. férule.
Pourrais- je infpirer des. dégoûts?,Le fujeç
que le traite éfttout neuf -îlperfonne, que je
<pç^e> ,ne oblige
de m
pour ouvrir
.une fuiv^nts.
Satyriques, i
Rufliquesrî. ,,&e> Qlija.îsaifofiaéfur.
toutes les L'opéra Go^
miquè feul.a
B a produit on, ne
les a dûs qu'à la, Et-n'eftr
i«e pa$ .bien rg^âff que
Aij
de. prévenir Ton' épûifeinent en y répandant,
les principe féconds delà critiqué
liée. me. plaît 5 efle'eft'vfaie &- 'fy reviens
L'Opéra-Comiqae éft il '5*en
amttfc de borilie M-, fâris s^embWrafièr quèflè
-mine ~qxn • produit fes 'gf efots quelle
«ft* la roche qui a fourni îe crîflal quel eft
l'ouvrier qtu fleure? Oh bienj
ines beaux tour. Ne
«raïgnez^
pas mon deflèin ft-efl pasjik vous ôter votrp
joujou, je vous mais ^âprès vous
ravoir fait en détail, & vous fën-
rirez
afeahdàriné
ï tu eft le bér^
ceau -de-toue-Iles Ares.»' HoïneFe; avait '^1
l'Iliade & Trtp-
déMiié fi Poërîqô|.
On n^a GottmiéiicéJjÉ râifeÉËieir-iar lésera
à, s'affai-
éblbtti.ï Isomère de
Pour aflârer à jamais' 4h
-gloire rÂriïldte; S la France
^catr^ un phénomène que
4 EJteiJhrltt'&vBjîe
aux-
'mime,' pour
Comique.
quel/i^st?
f^Mté. Je» porte
jj^ïft dAtï% .non pas
ppitrine Egyptiens.
cette
autre maxime ¡ de' la nariotis";
Mrftke
divin.(1
eft de-ger^s
yeJç-
Aiii
iroiitè ta
'Cr
&'(5èt
^t^œ'Wiés" chers PafÉtâs-
âiê^I
& févèr nœàïcrbpnléâ.
on' ne
-foi
"4ui
.il! £:i
̃̃.r
b s."»'
y
Chant V.
Préface de
la Lettre de
Valcoutt à'
ton perd
oouyel
» fiel.i Je, connoître l'Au-
y>
ïl n'eft
la
.dans
lîanqmîle jp
des regains de
éviter toute ,fade
bouillonne, &j que
indignation^, ^fXquè, je quelle
pudence quelques depuis
hier, parlent, d'un protège' &
que j'ai enrichi. On ra'pbje^eca peuc4tre,,
dit un de ces Erabrions;da Parnaflè, le
Aiv
fuccès d'une fcène bâtarde & boofônne qui
enrichit quelques biens médiocres aux dé-
» pens du goût & de la raifon; mais e'eft
une exception dont il faut rougir, & qu'il
ne faut point citer. «̃ Mon vous
'ine permettrez! de vous k.^dùre avec toute
votre nourrice. Paflbns votre langue Pré-
face Hé~
roïde. J'y reconnais, mille traits- qui pfOùveàt
évjdeiiwtient, que .vous
«©"an Garde dû Sétatl il court geghâ- t
ait le granâ S-â-ljélMâis appartint-il à l*hi-
rondelle de vouloir égaler le vol de raî^l^?
Cependant r il h'àuraitl point
œravoaê cet ÎL court gagner la foL Pour.le-
^fécpnd vers'il p5>«rrart et|,(ïév£nàiquer.lït
"îpliis grande Kèauté c'eft œpar.mpi qui le-
terminé. Je démontre' qu'iîè^ pillé. À
'-)-i'- »•- -j ••
̃, y -̃_
0) Des barbons turent dupes par nous.
votre
̃J; » fon -des
Des levres de flâme!
lament!,Avee quel Art la Jaçguè,
dans psofée
eft agréablement me^rvir
̃ ÏV voiï uH ^îrfae^âfé^ m'eiieiante.
'De que! Chan-
'trè de Vàlcpurt
"iiÀe fcèriëWtarde > Enrichi de fés dépouiUe?,
vousi'oîez l'infuïter C'eiV âtnfî que MaÛé-
• bfanclie' âîédifait dé ,tandis
qu'il lui" devait' tout. S<;èflV tiàtardé quelle
injulUccl-Apprenez qu'dJe ^l, fille légitime
du & de là Fèlie.^ Le Carnaval
la vit aaltreV & Momus la reçue, dàiastïës
bras. Il l'éleya dans un, noble, mépris des
.Lyrf-Condqiie, 9
régies. &;des bienséances & fi elle appoint
toujours écouté les Iéçons duvîéiix bon feins,
l'imagination &4a_ gaieté n'ont pu qu'y gà-
gner. Galant D-r-t, était-ce
-nous reprocher & ntdetaent
peliez iî joliment; tant
nos'.fj-agiles
qupir£pporter fur, no,t«&«Scètieiin front attra-
galant •D-r-r^que plus
dé-
Au, refte^^il n'eft point le feul -,qui^è Xàfc
Ile^rastre. mon ÎT||éatre j'ai
gaesi^âans le troupeau dont je,fuis( le berger,
& j$&jsi les de
ont >ofé
faire, entendre des
qui voudrait être
mordant, &
de 'Sancko^Pança.
io R ÈfaiJîtrlaPéèjîe
Le Drame! n'eh qu'un corps dont le chant eft la vie, ̃
Et l'on pcnfe bien peu quand on fait des chadToi».̃
Et vous aujfi 3 mon cher Brute tu
trûBrute.
J'ai entendu avancer' plufieurs fois cette
accufarion ridicule contre I"Opëra-Comique,
& j'avouerai que malgré ma
n'ai. pu- m'empêcher
comme ils méritaient de Féirê. 'ïe'n'eÀéifr-
pais point parlé dans éet Ouvrage^ fi die né
-reparaiffait à la tête d'un Opéra bouffon qui
par fes éclata» devoir eh
prouver rabfurdité. m'arrêterai pas au
fécond vers; je le pardonne à mon joli ato-
me, à mon cher ilfçait bien cet
qu'il fait, quand il avoue que .l'on penfebien
peu quand on ce
que je ne lui* pardonne
donne à cette vérité un vernis de erinquè;
Sans doute £ tous Tei: jibn-
nétesc'bnfreres, ne
Eft-ce donc 'un repr'Jcbë "4 îeuîr fairêV "Si-
ce un • crime dé fè^ niçttrèlà la portée' du
balcon Quand on parler," àMSuc
quand on écrie il iaùt
qui
tes les ïbls que
tre chérf~, pris garde d'êtee tivp>
fort, ,<fe pkofis. Pqurqqoj. les Pièces de feu
mon cher -coufin Guillaume font-elles né-
gligées ? la gaicté.b pkis
folle cachait fouvent beaucoup de Cens.. S'il
eût ferait corrigé ->,
il en
bon- p^rçnt,ije. le, lui;Puiffè
cette oeuvre méritoire rendre plus, légère la
.terre qui le cou vre! *± •/ ;.ri
,Mais€ll-il donc
faits depuis lui corps dont
léchant eft, la. vie? Non, fans doute,, nos
Drames ie doivent point tous' leurs fuccès
à ,la
tout.
-Efl-ce,
dix ans-
rire àvéc
il eft.^clair
qu'on
Cf tterTévolïM-ien. Hatôn au
qu'il
de ce changement
feul fuffit pr>ur mettre l'Etat en danger. Il
a
faut trouer; nous tommes dans la nuancé
démode Frknçiîs/i£W mode Itafièiï. Maïs
ceux qui -veinent, 'éd bien de l'Etat peuvent
fè raffurer l'un cn'ëff pas plus dangereux que
peinegriérîr-la piqunre de la Tâf ehtale.Poarra-£
tout Fans cette
agréable fureur qui l'entraîne
hoavihimtat
harmonie trop
fublimeipbur dés-oÈtèïties moderne ]qai exi
iEteait^à ion gré~ou> dâjmait 'teS'pSflidiris ) SE
qui-, Mvarit>Arîftore?Vènfeignaiti toutes les
vertus.
eft
fait plus de && uhe^BciSfe^uerice
riécefîàire que lîOpséra^dbmiqnê doft tout aux
Auteurs des
lier mf démenti fôfkieï'à un AuteâfTfôvroïrfé
du Public. J'ai voulu* lui
̃peâef un
Meffî dès fois: il était trop môdëftér lV"
contredite, en foutëhant que c'eft'aïnc'pârô^
lés ;Çg non' à la' Mufîque" qu'il fâut"âf&îbùër
nos
-t 1 j
fait des chanfons ? Cette contradiction
point prétendu
qu'il fallût nullité ab-
folue de confeille à ceux qui you-
dront y cueillir de nouveaux lauriers de fe
fervir de, cet efprit volatil, de cette efpece
d'ether que^os que nos jo-
lies tant de délices..
^Mt
s'évappjter au mai$
iqin parfim n'en fera;que'plus flatteur, iprfr
qu'i} demeurera concentré T. ;,T
Quoiqu'il en foie, les Drames qui ont para
jour ont captivé les fuffitagesr,ll
faut donc avouer avec l'Auteur du ,Tonne,
que » ce genre
génie & fes reflbrts
»
tant d'effet que lorfque fes moyens font
» plus cachés «. Le Lecteur fentira toute
l'équité de cet éloge. Les. vérités qu'il ren-
naturellement à .exa,-
.qui_ convienne^
L
& la faîfon'qm lles;dir^;é, pèn^
lis
étâtenr'&itës çbûr
moifir dans la mais
j'ai ffirprife qu'on
que; oes ;tf6is qualît^" font indilp^nfâbïémént
à tous ïés; Poëtes. C'eft' contre
cette téméraire q'ùè le réclamier,
'cpfép,
d*admèttfl
imagination 'fait
de foriSœr'Ie
cerveau d'un Poè'te; & c'eft-Ià cette influence
fecrette dont parle -poileau ces bénignes
émanations de Paftre qui préfide à notre naif
fance. Or il eft clair que rien n'eft plus pro-
lyri-Comiqut, iç
pre à rèTroidir l'imagination que de l*aftrein-
drc à via marche compafiee dé la raifon t
donc, &c, l'argument eft démonilratif.
Auffi le fçavant, l'illuftre Doâeur Martin
Scribler, dans fon admirable Traité de l' Anti-
Sublime ou du Profond, nous avertit avec
ce ton, de vérité qui déigne une: aine vive-
ment pénétrée,» d'éviter foigneufement &
» même dételer & avoir en horreur toutea
les idées, tes productions: de ce dangereux
ennemi de deflrudeur des
plus belles figures qui eft connu, je ne
dirai pas 4e tourtes hommes fous le nom
ajoute-tt-il, que
le Poète s'applique tout entier à acquérir
f le véritable goût de travers & à Ce' faire,
«une manière, phs heureuse,
moins commune, bifarre, & dont il ne
puiflè pas même rendre raifon..
C'eddonc le goût que je deftine à tenj-
placer ce talent mefquin qu'on appelle le. fens
commun ou la raifon. Mais avant d'aller plus
loin, il maxime, vraiment
philofophique de M, Gobemouchej, enten-
dons-nous: Je vais en conféquence définir le
que l'on a droit d'attendre de moi. i
Le g^t'ëft cefentimenc intérieur;d11vrai
i6 ̃. EfaifarïaPoejte
beau qui dirige le Poëte dans Îa coïftpofitiort;
C'eft lui qui nous apprend à nous fervi^d'iin,
gracieux arrangement de paroles qui, (auvent
n'offrent que des mais des tons'. fi
doux, des paroles ajuftées les' unes aux Autres
d'une manière fi" fingulieré & fi extraordi-
naire qu'elles furprénhentl-l'efprir failflèrit
l'imagination ,& caufent dans le cœur l'émo-
tion la plusiflatteufe. '̃>'̃> '̃̃' ;i ̃
Voilà que
à mes;,Eleves de,cultivef avec fôin
goût; délicate qui. couve & .fidt!éc6>fe"ces
beautés faillantes ces fentiniens- quintefTen-
ciés lui
qui dans
fouvent jaillir
ces feux folets quif%ous éblouiflent.irC'eft lui
ftyle brillanté'V1 ces
-éclairs de l'imagination, ces ctfcaâèè^dë
l'écrit 'ces' tours "de force 'qui nous 'éton-
nent. C'èflriai qui ndiis/apprend à tirer de
nos talensle parti Hè?plus avantageux'; c'eft
lui qui met, pour aïnfi dire toute' la nature
à contribution pour enrichir nos- €>if rages".
S'agit-il par exemple, de peindre1 là vtva^
citéiaveciaqueîie i'Âmours'empàfe^dû cœuc
d'une jeune fille Une imagination 'montée
fur le'. ton qui nous le
champ
;ty
B
champ ridée d'une, pierre à faut que le bri-
quet vient l'amadoue.
Le goût adopte fans héfiter une idée fi neuve,
fi bizarre & fi .noble. & fur le champ il la
met en ,•
"•"̃
j '̃'• ̃'
,il I
,J » t
t ..t., ». Dont rAmoat/oiïr un garçon
Je crois ne m'être point trop avancé quand
j'ai dit que le goût mettait en œu^re cette
agréable comparailp.n. Les deux premiers
yers expriment, -d'une./ «lanière, éaejgique la
pétulance deTAmôarj Ilsfigorent-à merveille
-à;. cè(iê qui eft de.laplus grande
à ^i fçait en profiter de faire- la
moûela plus féduifante. • L'application n'eft
pas moins joue l'Amour fiappe la pierre
c'eft-à-dire le cœur "d*unë jeune fille qui enSâ-.
me auffi-tôt. Mais Je ne fçais
plus où retrouver mon amadoue: il faut que
ce: foit le coeur du jeune tendron. En effet
dé "plus comb'uftiblë? Pour li pierre & lè bri-
quet dont l'Amour fe fere» les trouvera qui
18 EJTaïfar la Ptiefie
Acajou.
Raton 8c
Rofette.
La meme.
pourra. Au refte, quand -nous manquerions
un peu de juftefïe, nous avons Uac'efi à
peû près qui, outre qu'il'eft irës-poétique1,
-difficultés 'qu'on
pourrait nous faire. ̃
Qu'un de nos /ublimes génies entreprenne
de nous repréfenter un Médecin qui cherche^
à chaflèr la fièvre tferce«£- la «[uarte,& qui
fournit- ne réuflît qu'à nous; écartëf de ce
monde par raxfon déftionftrâttve il (é forme
fur le champ l'image d'un Maître-en-fait-
̃
? • m Par iin principe certain, '̃ l •
S'il veut nous donner l'idée' d'un arnout
!hèurèui&paifible,Jl ne manque point de le
comparer i urië bouïè çiï/prend fon cours
Enroulant fon onde fu^tr^e^ J 1 Vi~T!x
» Comme "une boule
'Four ùn'AuteuiLàui fcaïtlràpetilTer les idée?
avec, tant d'art, un bois n'eft qu'un vàfte pa-
19
mj
Nous fert de parafât,
» On va la nuit entendre
Le chant ,<Ju Roflîgno!.
Qu'il eft agréable d'avoir un parafol auflî
touffu pour fe' garantir du foleil quand on va
là mat entendré le chant du roffignol
'S-d-ne veut-il !faite,' fenriif te 'néant de la
beauté quand Iayërtu ne l'accompagne point?:
If ne' manque pas de ûifir le rapport eflèn-'
a avec, un fétu. '.̃. '•
Tu fçais que fans la vertu
Tu fçais bien que fans .honneur
Une fille eft uni horreur. ̃
.Faut-il <^s
jeunes Suppôts de l'Eglife, d'une de ces'figu-
res ppupones que les Grâces ifrbpoTeflt jà.
'comme un modèle d'élé^nceî
le goût nous la montre plantée fur un piquer.
Ne faites point la conquête
ai D'un petit Abbé coquet,
» Qui femble porter la tête
Toujours far le haut'd'an piquet.
Quand Agathe1 veut repréfenter par une
viveiaiage'fofl Ç(Éiîr décore d'inquiétude &. =
de chagrin, elle né manque point de le com-
parer au linge qu'elle repaflèT
Le Jardi.
Seign€ttr.
ao Ejfai fur la Pqijîe
De ce linge que je repafle, ;̃ ̃•
Chaque pli di (paraît foudain; ̃
De mon coeur jamais riea n'efface
M L'inquiétude & le chagrin. >v
Quoi, de phjs jnftrûdif que ce, couplet î.H
pourra feryîr de à l'Encyclopédie
eu, au Rëcuieil de Meflleurs de. l'Académie
̃des Sciences. Je iie crois ppjnt gu'pn ait en-
côre fongé à donner la defeription de l'art
de la Repaflêufe. Ceux qui ont étudié ta sa-
turc au quatrième .étage, Sentiront infailli-
-ilement la précHiôn la jofteflè, lâ netteté de
iette description. Ils ne pourront s'empêcher,
.d'admirer une repafièufe qui fait difparaître
les 'plis au lieu de les former.
dans Rofe & Colas; elles apprendront que
ce n'eft pas Je fia qu'elles doivent mouiller,"
mais la quenouîïîe; Se que c'eftde la bouche
qu'elles doivent la mouiller.
Tant joliment,
Sa bouche, mouille ̃ ̃
X'exeiijple que je viens de, citer, plein du
faitiment le plus délicats mè conduit natu^
rellement!à faire quelques réflexions fur çetteî
autre qualité qùi-paraît abfolument aéceflàire
ànotrePoëte.
'«r
Buy
Le fentùnent eft ce taËt intérieur, cette
délicateffe d'organes qui mer te Poète àr 1k
place de tous'les perfonnages qtJll fait agit.
Par exemple, que M. ,F-?-n-t foit faifî' dit
veuille enrichir notre fcène
dfe-le génie &. le 'ton de rôos fes përfdrifta-
ges il devksDCitour à tolir Juftiné qui repaflè
fon linge &'qui allume fon feu en Jbufflant'
la vieille Sirnone qui invite lè Sorcier à b&ire -i
avec elle & à trinquer gaiement & qôi né
craint point de lui promettre que le: piai/îl"
ftâvm le moment qui' les mffèmbte~ Julièrk
,qui décrit fes voyages au moins aùffî-ten
qû'Arieqjiin à fim retOur dé-Chéfllor; Bttfè
qui careflèr*^
qui l'appelle *làt boanë amie d'an !aîr tout âii.
moins naïf, tandis qa^gàtheÇ» demandé
veut efer. Je- rie puis n^èmpêcher" de
«ômparef M.- P^f-ii-tk qu'un pete
Grûel- le corriger de k marna
des versr& qui pour rappaifeç lui a^àrei&tfœ:
,¡ ,Les' vergés'd'un critique iniufte n'ont jâ*i
mais' pu empêcher M: P-f-ù-t de le. livrer à
%i
Longin
Traité du
Sublime.
toute la naïveté prouve
la malice d'un, du parterre qui difoît
la première représentation
̃> vî
Ce que
fant pour
tefl pièces
dernes ne doivent leurs ;vers
de qui
ce qui-prpdpk une cef-;
taine admirarictn mêlée Â'étonnepent &-dç
peut-être encore
de-pr^-
jnique. Un nenàfly
de do»?
tron n'eft,
!eut, ,çeae ce, ^îifè qui
perfuade au Poëte qu'il eft
duit fur la Scène c'eft la nature feule qui
înfpire cerre fureur divine"; *& la nature a !e
défaut des prodi-
gue. A quelle affre,ufe difettçne.meréduiraisr
bW
je
fi fécond en prodiges ? II
la Féerie, de fe métamorphofèr à -fon gréf^
une
eïpese
p&M., qui laiffi àl'aine
qui nous permet
mouvtaate,
J&u,t,'Que
& nerveux Auteur dn
^têsJtHÇtt rArtifîe;ne
^ieàvsent. proiiiïre?,<}ue inédjto-
cres, sils ne gavent feconder ia naEUfe.:Âvaat
fe
fburnhiènt'. d'outils t & qu'ils apprennent à
nec intelleSiis.
bus opus
Poïmefti?
fe Génie. le
goût & l'eC-
nov. Or–
gin. tciïivt.
̃♦• h EJpdfwla'Boèfie
S-d-ne, te
Foi Se le.
Fermier.
ad
outils âtt Poëte Xyri-C©mique
examinons comment il fiéacrféaffità lestpef-
t ̃-̃
Les ami^dà" genre ihifHain; qui ottt;<$Or»
fâfcré leurs po&*
tiques, fe réupiïfeôt- tous* pour
"'i'^Qae unique,
r]j
Boï-
têtu1: niat§
j'èavlw"
épfïkté
Et monPin-
darej je te vois dans fes écarts les plus vigou-
exemple '} iqû'il-fetï
chanter à-ce oublié
i "j
1 `qui • j'J." b
3) îI-'jUO*
N*eft-il pas
leur & l'amant changés erildups, &la perdrix
ainfi que celle qu'elle défîgnèchangée en che-
vaux de bataille* Que êda eft bien vu L'in-
génieux emblème
Mais ce talent,de rendre la nature n'eft
point tellement propre <à M, &d-ne, qu/il foit
impoflîble de lç partager avec lui,& je vois
avec plaîfîr ,un antre âival de M. de Buffon
chanter l'union. £rès-<ofdtnàtre de l'allouette
& du moineau. T
•falloœtte x <i A •
chante tout le joui,; "•'
Peut-on peindre la nature par des
à ^ttôkr A
Sc-; plus
Ce n'en: point dans'
les phénomènes. met fous nos yeux;
l'Auteur qui veut aller au ̃= grand, 'doit auflî
fe familîarifer avec leVbuvrages'dfes^hommes
célèbres tjaiîônt le* mieux développé fesref-
forts, traiter 'Defeârtés
comme mn vieux 'fans' douté fon
jbmbie^én eût été' ùiconfolable J û un Poëre
rPhilofbpheîîe l'eût conduit en triomphe fur
le Théji&e de l'Opéra-Comique, '̃ "̃
F
Les Enfot-
celés.
fe ,,6 Effaifitrla.Potâe
Amours
Voler enfemble >-(,
Deux papillons j
{
ErailieiffS»-1--
Qui vole on le plailîr le flatte davantage» ̃
Cl a k. igf.
Votre efptit eft un tourbillon,,
̃ Qui tourne, tourne & porté le ravage.
,C'eft un J V
échappé à PÀuteui?
'-fc 1r lp'
de
^les
j jne le copiait 'le
de ta chandelle. Illnël'éftpas ttiotns;xlëv0ir
la niétamorphofée émun.
tourbillon
37
maintenant
en dépit de Newton, de, Dalembert(& de
Voltaire', que fa Phyfique vivra autant que
les chefs-d'œuvres que je ffcns Se citer. C'eft-
là que les Sauniaifes futurs iront'chercher
les idées phiîofophiques qui nous occupent,
comme'leurs ont trouve dans
Homère la Philoïbphie de fon tiède.
A l'étude de la'Phyfique, le Pèeré aura
foin de joindre" celle de la Më*tâphyfique fco-
laftique. Ç'eft elle qui par le moyen, d.es ca-
tégories, précieux héritage & de
S'côt étions
nos fentimens. C'ell par ta magie que
Tout prfend an corps- nae saaë.ua eipiit.iln-siiiize»
Mais il faut
apprendre à donner TèîïHr'
risque de-choquer les notions lès pîiïs com-
munes, Qu ,'iis ûfcnt
leur citer; ils
Aca-
démique.'
» Mon amour vous exhone _t
*"A me rendte content,
F*
Ce
i8 EjfaîfiirlàPoefie
Epoux
tige.
Le même;
Niaejté à
la Cent.
couplet à
la fuite de
On ne s'a-
vife jamais
de tour.
velle, le ficelé y s'avancer fur la fcène diî
laiflér des traces, de fes pas
̃ » Dujitele fûivant h$, tracts*.
Ayez autant qu'iLvons plaira
Ils verront tout uit.Villagë à la. fuite de 1*
gaieté.
.L'avantagea.' •
Du. Village ,U
Ils verront une
» Nous donnons un fpe&ade étranger s
Ils Verjfpftt un cœurjdiÀgié en fenirae càpa-
îa raifoiï
lies foiblèfles," A ̃* L
Et<ju*iï en- fait accroire aux belles ?
N'en conçoive de nouvelles.
'Ils apprendront 'enfin que le vraî^génïe reC-
Semble à ces miroirs dont la fur face réfléchie
les rayons &"changè la' forme dès objets,
̃ *♦
19
Clivant la courbe que l'artifte a fçu lui donner.
Le Poète achèvera de développer fes ta-
tens par l'étude de la morale. Un feul exem-
ple, pris au cafard lui apprendra où' il peut
puifer les idées & la manière la plus avanta-
geufc de l'employer. v
M au c Et. y:.
L'Amour Ce flair parmi les feux;
La fortune ne rend heureux
Que ceux qui vont d'un train rapide,
Chez Cupidon & chez Plntus
l'ardeur fait plus, que les vertus j
On perd tout quand on eft timide.
Tôt, tôt, tôt, &c.
Peut-on délayer une idées dans un galima-
thias plus exquis. Virgile avoit dit
Virgile n*étmtc|ùWécolier; il,éft clair qu'il
a facrifié l'abondance au défir de paroitre
nerveux. Vive Q-t-nt pour allonger la fauce;
il n'eu pas moins évident que c'eit du facé-
tieùx Gouverneur de l'Ifle Barataria qu'il a
appris l'art d'enfiler les proverbes & les maxi-
mes triviales & je joins mon fûffrage au fien
pour élever la perle des Ecuyers au grade
éminent de Proféffiuinde Morale à l'Opéra-
Le Poëte pourra ne point contenter
Maréchal
Ferrant.
.^o
d'étudier là fagêfll; des 'nations fous le'Pra-
feflèur Sàticho c!eft èh lui-même ^]4t cher-
cher^ laTriatarè
yùhi: H'illuflre Auteiir que j*aî ek^,rfoùfaîs aa
« précépée
ple. On Voit là c'eft-à-aJt'é ichëz lcs'-Tîiiari^
ciers dit-il dans la même-.ptecej 1
Penché fur le dos d'une charfe, "t.-itî 1
Tout On tâche ctfrn* à''fott «ie; ;< >-
Depuis feu faire
grimacer une figure; avec .plus, d'élégance.
Un grand Nkaifè,, un bras c^M* unxerps
Au relie que les ralens que j'exigç de mes
Elevés ne rebutettt ipo^tit ceùx.xjui défirent
en trer dansla foin de ^ban-
nir le fens tfeît un grand point:
l'imagination & W'&atxraéot pris comme
je l'entends peiiveftt" s'acquérir j jfans une
peïne e^ceflive. Pour l'étude de la morale,
vous avez les fublimes difcours dé;Sançho.
Pour la»PIiyfîque St h Métaphyfique vous
avez des Dictionnaires. Vous pouvez àüffl
confulter les Mémoires "de Martin Scribiler,
Chapitres VII, VIII & XII, pourvu que' vous
les liriez avec la (implicite de la colombe
tyfi-Comique. 31
Jique vous ayez grand ,foin de prendre tout
ce qu'il dit au 'pied de la lettre.
Maintenant jepuis, fans préfomption, vous
fuppofer munis de tous 'les ïnttrumens qu'exi-
de ce pas vous conduire dans une mine abon-
dante où! vous trouyerez plus de rubis que
VOrhntia'etiétah, & vous y. pourrez piocher
'tour-àtvotreaiferf, ^pt/;
On ne s'a-
vire jamais
de tout.
$t EJfaiJwlaPoèfie
r l?.t.rÀ CHAPJTJl,E.III.r>;r;l>
KJ N à dit depuis Iong-tems que Iéftyleeft
o l'habiti de la peifée»v Te .îi'auf ais 'pôïnr'Citë
cette définition
quelque chofe de trivial, fi je n'avais heu-
rèulèment découvert" qu'elle renferme un pré-
cepte utile, qui peut contribuer beaucoup à
diriger le vrai Le voici
de même qu'un* habit doit convenir à la taille
de celui qui doit faut point
couper le polichinelle fuf
le patron un joli
mique'ne doit point effë^modelé fur celui de
Moliere ainfi Monfieur S-d-ne aurait tort de
vouloir fe l'approprier. Outre le temps perdu
& l'argent qu'il manquerait, de gagner, il efl
clair qu'il déplairait au Public. Nous fom-
mes dégoûtés de la Fraife & de la mpullache.
0 vous, mes dignes Elevés, qui voulez
marcher à pas de géant vers ce but fortuné
où vous attendent la gloire & l'argent, n'al-
lez poin altéret votre génie au Théâtre Fran
çois;
33
c
.çais; ce ftyte. châtié dont fe font fervi les
grands Auteurs qui ont enrichi cette fcène
ne pourrait que retarder votre marche & gê-
ner: cette noble, liberté qui vous convient.
Ne détournez point vos regards; couvrez des
yeuX, fi j'ore le dire, les grands modeles que
je ne me laffe point de vous citer. Ceft l'u-
nique moyen d'obtenir, je ne dis point une v
couronne de lauriers; laifîèz cette vaine pâ-
ture aux ombres des Molière, des Regnard,
des Débouches mais une couronne d'or
prix bien plus flatteur pour vous qui ne-
vousTouciez point de mâcher à vuide.'
]Le Hyle fublimè, pour me fervir des ex-
preffions de riîlûftre JLongin, » confifte dans
» une certaine apparence de grandeur bâtie
» fur de grands mots aflemblés au hafard,
» dans une certaine enflûre de paroles qui
» enfle Pâme & par cohféquent l'élève &. la
femplït d'ttn noble orgueil. «
Ne femble-t-il pas que Longin, en écri-
vant ces paroles remarquables, fut animé
d'un efprit prophétique,, & qu'il voyait, dans
un lointain charmant la naiffarice de l'Opéra»
Conique, fes progrès & fes triomphes &
qu'on ne dife. point que nous ne tommes pas
faits pour le fublime; il me fera facile de
prouver le contraire, en gropofant à mes
34 EffaifurlaPoelîe
Elevés des exemples capables d'échauffer leur
génie & dignes de toute leur admiration.
'Si le'ftyte fublime confifte dans une cer-
taine enflure de poroles, je crois qu'on ne
refufera pas de ranger dans cette noble c1atfe
la defcription fûiyante
le vois de toutes farts
» Des gens épars
Et les géànts
-Grands grands,
Dont le nombre couvre nos champs.
On ne peut-difconvenir qu'il n'y aifdù grand
dans cette defcription. Où y vpit une gra-
dation finement ménagée qui exprime admi-
rablement les effets de la peur: D'abord l'Ac-
"teur ne voit-, que dés gens'; bientôt fe font
'des gêdnts r grands grands'; il femble qu'ils
^graridiiflènffôus les yeux; ils fe multiplient
"aôfflj1 car 'ils étaient épars, & bientôt' leur
nombre couvre les champs. Le Leâeur re-
marquera'dans cette defcription un exemple
'frappant d'ùne'figure'mbdeïné heureufement
Découverte Scrib'lerus & qu'il
"a''H(fc)fflé PÊhfânrine. Dïfgiants"gr'ands
""grands; il n'aurait point âflurément négligé
cet" exemple :"il renferme toute ta naïveté de
l'enfance. Les banbrns difent' ordinairement
de leur bon- efi grand grand comme
tout.
1
en
ftyi^fûblimé -(ails un Auteur' que je, citè^ à
Tout Coup vaiilé,fie Voïcî:
a Quand vient le temps des orages
f V Quel vacatriie qUels ravages
̃•••*> Le Ciel'toitt noir' ̃'•_̃•'•*
Fait peu; à yoir.,
1 refpire; je mèfens foulage: ffe vais faire
lever un lièvre que Te cKaflê'toujduis avec
piatfir.
X* chute d'an torrent qui gronde; î S i
y
Peint de vos vœu^'i'empoïte'pent. J
Ç'e£t,u%
unçfoitree féconds
•> Quelle eft ma mge J ,» i
Il s'interroge de
fa colère ou plutôt'îl eft étoflnéde fdiï excès.
Bient6t il éclatant. l
1 ;̃ ̃ 'C
Ji– iJ'AiiîtêEé^bleu!3^" c '*•
Morbleu corbleu!
su Corbteu morbleu •
M Morbleu corbleu!
Beigere
des Alpe,_
Tyrcis &
On ne sa-
vife jainai»
de tour.
tS
Le génie.
le goût &
̃ l'eiprit. ch.-
le rien oublié de ce. qu'un
honnête homme peut dire, dans fa colère.
Le Leâeur remarquera
de ces jurémens difpofés en fautoir. Peut-on
compaffer la fureur avec plus d'arc
̃ exemples
où il en: employé fort
je poignarde -i J
Des purifies ont ofé avancer que ces
'deux exTptziSioixs > poignarder un cœur ha>-
larder au hâiit-AI-
lèmand. leur- répondre
que ces vers ont été chantés applaudis à
l'Opéra-Comique; & s'ils ôfent
je leur jette par.ta phyfibnomie ces vers d^tm'
Poète très-connu par les planches qui ornent
fes
» Ils exerceront leur critique j. /'•̃
Mais te gtinie «À £er & jamais dida<aif]ite >
x Le calcul <3es détails eft la gloire des fots,
,Le grand S-d-ne nous offre les exemples
les plus frappans du fublinie qui fe tire des
exclamations.
M 0 la méchante femme I
31
Ciîj
S'écrie le Cuifinier dans le Diable à quatre.
Remarquez^ S-d-
ne a beau fe ? il fçâic
m vrai-femblable.i Ce
Cuffînier après méchante
fermée^ pour i exprimer point
elle s'emporte nepeuepasmievoe
ttne
Quelle grandeur J quelle noblefle £e
LeÔetHr- rèflaartqoeta- l'air ét«S»ger de ces ex-
preffîofis Frappantes, changer mon état, l'on
me âînff 'qèè ~ie vrai génie
fçait beautés des
langues étrangères. Il fallait toute îa'niauvaffe
humeur de Boileau, pour blâmer les brillana
tuddques dont fa.pu-
cette. ̃- ;:fj • ̃" v .•-• ̃
Marquife: