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Essais poétiques

30 pages
imp. de J. Marchand (Dijon). 1871. In-8°. Pièce cartonnée.
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ESSAIS POÉTIQUES
ESSAIS POÉTIQUES
Ils iront, d'un seul trait, du tombeau dans les cieux,
Joindre, où la mort n'est plus, les héros et les dieux,
Ceux qui, vainqueurs des sens pendant leur courte vie,
Ont soumis à l'esprit la matière asservie,
Ont marché sous le joug des rites et des lois,
Du juge intérieur interrogé la voix,
Suivi les droits sentiers écartés de la foule,
Prié, servi les Dieux, d'oii la vertu découle,
SoMert pour la justice, aimé la vérité,
Et des enfants du ciel conquis la liberté !
(LA MORT DE SOCRATE.)
DIJON
IMPRIMERIE J. MARCHAND, RUE BASSANO, 12.
1871
AUX NOBLES COEURS
DE
MON NOBLE PAYS
PRK1AGB
Selon l'accueil qui sera fait à ce mince opuscule et le
caractère qu'on lui prêtera, je pense donner dans une
seconde édition, et l'exposé détaillé des motifs qui m'ont
conduit à publier ces essais, motifs:assez clairement 1
exposés déjà dans le corps même de cette brochure, et
une série d'autres chants faisant suite, ou mieux, com-
plétant ceux que je publie ici.
En dédiant ces débuts aux coeurs honnêtes et géné-
reux, je ne fais que donner satisfaction à l'intime désir
qu'éprouve tout auteur convaincu, de trouver de l'écho
pour ses pensées dans les âmes d'élite, ses contempo-
raines; sorte de boussole littéraire sur laquelle, selon
que l'aiguille de la sage opinion dirige le plus invaria-
blement sa pointe inspirée vers le pôle des sublimes
aspirations, l'écrivain, armateur au long cours, emprun-
tant d'un siècle à l'autre les idées qu'il a mission d'é-
changer, dirige et règle la marche de son fragile esquif à
travers l'océan des générations.
J'accueillerai donc, avec le plus vif sentiment de gra-
titude les témoignages d'adhésion à des idées qui ont
moins la qualité d'être clairement rendues que celle
d'être une expression du sens commun.
Seront également bien accueillies les remarques cri-
tiques qu'une plume, autorisée pourrait faire sur ces
quelques chants, que la précipitation apportée à les
publier laissera, pour la majeure partie, j'en conviens
d'avance, remplis de beaucoup d'imperfections ; imper-
fections cependant, que je me dois, que je dois à ceux
auxquels ces chants s'adressent, de juger être moins du
domaine de la pensée que du domaine de l'art.
UN ESCHOLIEE\.
Lâhgres, 17. mai 1871,.
APOSTOLAT DE LA LYRE
Des sacrés desseins interprète,
Visible ambassadeur des Cieux,
Dans sa mission, le poète
Ne doit relever que des Dieux.
Son devoir est grand, redoutable,
Loin des tumultueux festins,
Il doit, du Ciel vivant oracle,
Des mortels fixer les destins.
De l'Eternel, sublime organe, .
Le barde, au luth consolateur,
Doit dévoiler à l'oeil profane,
Les plans secrets du Créateur.
— 10 —
Comme sur l'onde fugitive
On voit en tremblant s'infléchir,
Du Ciel, des monts et de la rive,
Les traits corrects se réfléchir,
Qu'ainsi, dans tes chants, ;ô poète!
T'ennoblissant de sa grandeur,
Le, divin Type se reflète,
Rayonne en toute sa splendeur.
Non, tu ne peux aux chants joyeux,
Consacrer l'emploi de ta lyre,
Quand partout s'étale à tes yeux
L'aspect, du plus honteux délire !
Non, non! tu =ne peux par tes chants
Poétiser la convoitise,
De tes accents les plus touchants, *
Acclamer l'inepte sottise.
Du dieu du jour, l'idole argent,
Peux-tu vanter l'ignoble règne,
Et sans pudeur te faire agent
D'un maître indigne qu'on le craigne?
Non, non ! dût plutôt contre toi
S'élever l'univers lui-même,
Tu dois, parlant selon ta foi, ! .
Jeter au vice l'anathème :.
— II —
Montrera ceux qu'on dit petits!...
Que lutter contre l'ignorance,
Que limiter ses appétits,
C'est triompher de la souffrance ;
Prêcher aux grands que le pouvoir
N'est point qu'Un mot, à la fortune,
Que le travail, sacré devoir,
De tous est la règle commune.
Comme l'architecte savant,
Pour le temple qu'il édifie,
Cherche le sol le moins mouvant,
Puis d'arcs-boutants le fortifie;
Ou bien encore, ainsi qu'on voit :
Le laboureur, travail utile,
Arracher, quand il l'aperçoit,
Le chardon au produit futile,
Ton devoir est de procéder :
Tu dois prévoir l'oeuvre des sages,
Réglant ce qu'il faut concéder
De futurs droits aux futurs âges.
Oui, dans le bût de préparer
Ton siècle à des moeurs plus fécondes,
Tu lui dois de le réparer
Sur des assises plus profondes :
— 12 —
Laissant à d'autres d'abolir
Des tyrans l'exécrable culte,
D'en renverser, d'en démolir
Le temple au sacerdoce occulte ;
A tous tu dois faire entrevoir
Le plan du nouvel édifice.
Qu'il faut établir, concevoir,
Baser sur le droit, la justice.
Toi-même, défricher le champ,
Où doivent un jour grandir, croître,
Et la valeur d'un nouveau camp,
Et les vertus d'un nouveau cloître ;
En arracher, plants vénéneux,
Les préjugés et les routines,
Ces causes des vouloirs haineux,
Germes des guerres intestines.
Ne tente point un vain effort
Pour tirer un chant de ta lyre,
Si le puissant et saint transport
De l'amour du bien ne l'inspire,
Car, à qui tient cet attribut,
Dieu, pourtant si bon, fait un crime
De mépriser le noble but
Qu'il assigne ..à- ce don. sublime.
— 13 —
Certain que le divin progrès,
Loi pour l'humanité féconde,
Comprend tous les sacrés degrés
Que parcourt le destin du monde :
Tu dois, t'inspirant de leur foi,
Des peuples diriger la marche,
Leur donnant la nouvelle loi,
Leur construire une nouvelle arche !
Camp de Sathonny, le 12 mai 1870.
CROYANCE
Peut-être on te lirait, simple et modeste ouvrage,
Si, bavant à grands flots l'écume de la rage,
Si, pour les seuls badauds, stylé creux, mais ronflant.
Sous la vitrine en vogue on t'eût vu te gonflant :
Ce chant, je le crains bien, nul ne voudra le lire ;
Combien trop lui feront l'accueil d'un froid sourire !
Et pourtant, quel motif, autre que le désir
De tâcher d'être utiie et non mon bon plaisir,
M'inspire dans ces vers, conduit, soutient ma plume,
M'adoucit d'épuiser de ce fruit l'amertume ?
Je ne suis dans ce chant qu'un écho, qu'une voix
Qui précède ce siècle et le suit à la fois ; .

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