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Est-ce la guerre ? : (1869) / par M. Pitre M. [Merlaud]

De
37 pages
impr. de Étiembre et Plédran (Nantes). 1873. France -- 1852-1870 (Second Empire). 39 p. ; in-8.
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EST-CE LA GUERRE?
(1869)
PAR M. PITRE M.
NANTES
IMPRIMERIE NANTAISE ÉTIEIMBRE ET PLÉDRAN
Quai Cassard, 5, près le pont d'Orléans
.1873
EST-CE LA GUERRE?
Les pages gui suivent ont été publiées en février 1869.
Elles sont reproduites sans changement. On jugera si l'au-
teur avait le juste pressentiment d'une guerre imminente,
de l'inégalité des forces, et des désastres dont le pays était
menacé. Cependant il ignorait comme tout le monde à quel
degré l'incurie, les dilapidations chroniques et l'expédition
du Mexique avaient abaissé le désarmement. Les premiers
chocs devaient le trahir.
Sur un autre point, l'exhumation a quelqu'intérêt. Elle
porte une réponse anticipée à ceux qui ont prétendu depuis
mettre la responsabilité de la guerre au compte de la vo-
lonté nationale. A Paris et dans les provinces elle était
presque unanime à la repousser. Elle est née de la résolu-
tion de la Prusse et des nécessités de l'empire ; nous l'avons
dit au commencement de ce volume.
Pendant vingt ans de présidence et de règne, j'ai appar-
tenu à l'opposition. A la première nouvelle du coup d'Etat,
je quittai la ville que j'habitais (Angers) et pris la route du
théâtre de la résistance. Elle avait cessé à mon arrivée.
L'effort instantané, surpris d'un petit nombre d'hommes
héroïques avait été facilement vaincu par une conspiration
de chefs militaires et une armée nombreuse, préparée. Je
trouvai les boulevards et les Champs-Elysées couverts de
troupes, infanterie, cavalerie et artillerie, de feux de bi-
vouacs, la nation conquise. La ville était morne, les rues dé-
sertes, obscures; la mort était là. Seulement j'entendis vers
huit heures du soir, des environs de l'Hôtel-de-Ville, la dé-
charge de deux feux de peloton, à un quart-d'heure d'inter-
valle, dans la direction du Champ-de-Mars. Ces détonations
isolées, dans la nuit et le silence, étaient, on n'en peut
douter, l'exécution, c'est-à-dire le meurtre des prisonniers
de la veille et du matin. D'autres peuvant apporter le même
témoignage à l'histoire. En ce moment, des fourgons chargés
de cadavres troués de balles traversaient la grille de l'École
militaire ou le pont d'Iéna, comme les crocs, dans les an-
ciens cirques, traînaient ceux des Bestiaires. A la même
heure, l'ex-connétable de l'Assemblée législative, M. Chan-
garnier, ne veillait ou dormait pas en paix à Vincennes. Il
est ressuscité avec elle; il délibère en gloire à Versailles.
Orné de l'antique laurier d'une unique journée, il est LUI !
Comme Tu renne, Condé et Napoléon. Il arrive de Metz.
Le caractère et l'oeuvre de Napoléon III étaient jugés.
Attaché au principe de la République, sous la domination de
l'Empire, mais ami de la patrie plus qu'ennemi d'un gou-
vernement haïssable, je me séparais sur un point grave
d'un grand nombre de ses adversaires.
Sa chute atout prix était leur aspiration passionnée : je la
redoutais. Dans les circonstances du pays, la vacance devait
apporter des calamités plus grandes que le règne même.
Le plus mauvais gouvernement vaut mieux qu'une mauvaise
Révolution. Celle-ci me semblait désespérée. La France
- 5 -
n'a pas le droit de maudire ce nom. Elle n'a jamais
obtenu justice et progrès que par ces appels énergiques au
dévouement et au courage des vrais citoyens. Je ne-voyais
rien à attendre d'une nouvelle épreuve. Toute révolution
traduit la valeur morale et politique du peuple qui l'accom-
plit. La France de l'empire n'avait pas le droit de prétendre
à l'honneur de sa libération. La dissolution de l'esprit pu-
blic, la négation et le mépris des principes qui l'avaient jadis
affranchie, l'indifférence presque générale pour tout ce qui
n'était par affaires personnelles ou plaisirs, l'incapacité des
masses rurales, souveraines de nombre,-à la merci de la ser-
vilité des administrations de tout étage, dix élections ou plé-
biscites, préjugeaient le résultat avec certitude. La perspec-
tive la plus favorable était, en effet, l'élection régulière d'une
Assemblée constituante par le suffrage universel. Qu'en
sortirait-il? La résurrection des Corps législatifs de l'empire.
ou d'une Assemblée législative de 1849, les compétitions dy-
nastiques, leurs intrigues rivales, les conspirations, l'inter-
ruption du travail, inséparable des grandes commotions,
la misère et l'irritation des classes ouvrières, une agitation
formidable, stérile, et peut-être la guerre civile. Le parti de
la Révolution, de la République ne pouvait attendre qu'un
nouvel échec, la persécution et la proscription de ses mem-
bres. Le suffrage universel ne procédait jusqu'ici que par
suicides. L'épreuve sincère et l'expérience l'ont éclairé, sous
la République, avec la promptitude et la sûreté dont nous
sommes témoins.
Ainsi l'état de choses intérieur, agravé par la malveillance
des Etats étrangers assiégeait le pays de dangers. Les virus
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de l'empire l'avaient pénétré. La France énervée, jésuitique
sans foi dans les classes dirigeantes, syphilitique jusqu'à la
moëlle, était incapable d'un mouvement viril sans y succom-
ber. On devait l'apprendre trop tôt. Une révolution pouvait
la précipiter sur des écueils irréparables, soit du dedans,
soit du dehors. La patrie est le principe supérieur; tout doit
y céder. Au nom du droit et de la liberté, il n'était pas
permis de se rallier à l'empire; il n'était pas permis de le
renverser, au nom de la patrie ; elle n'était pas prête. On a
dit de Dieu qu'il est patient parce qu'il est éternel ; c'est le
devoir des peuples qui aspirent à le devenir de s'inspirer
de cette vertu, difficile en France.
Une impression particulière, personnelle, venue de loin
n'était peut-être pas étrangère à ce jugement. J'appartiens à
la génération clair-semée du premier empire; j'étais sur
les bancs d'une de ses écoles militaires, achevantmes études,
en 1813, bientôt après dans les jeunes rangs de la fédéra-
lion bretonne. Napoléon était pour nous un demi-dieu ; on
nous l'enseignait dans le monde, dans le catéchisme. Le
clergé était discipliné comme les régiments. Il y est facile,
malgré /'apparence. Il a des droits; l'Etat les limite par les
siens. Il suffit d'imposer le respect des uns et des autres.
Par un contraste ordinaire aux faiblesses de tempérament,
il est exigeant, impérieux dans le commandement, si on le
lui laisse; commandé avec rigueur, dans une mesure d'or-
dre, il obéit. Son premier voeu n'est-il pas l'obéissance?
J'ai appris depuis longtemps à apprécier l'ensemble de
l'Empire. On a pu le voir dans la note qui précède la pièce
Le 5 mai, et par elle-même. Mais on ne revient jamais entiè-
_ 7 -
rement de telles préventions. Il m'en reste, sans doute, que le
nom de Napoléon ne m'inspire pas l'éloignement haineux fami-
lier au libéralisme de ce temps. La Légende me frappe toujours
les yeux, avec ses éclairs et ses ombres ; j'ai la témérité de le
confesser. L'esprit est saisi des grands phénomènes de la
nature; le passage sur la terre des hommes revêtus de fa-
cultés extraordinaires, qu'elle ne produit qu'à longs inter-
valles, en est un, le plus élevé. Le génie est le don de créer,
presque surhumain. L'inspiration, qui en constitue la part
dominante, échappe presque à l'organe de la pensée. Elle
naît soudaine et de profondeurs ignorées de l'esprit môme
qui la cherche et qui la reçoit. La philosophie peut mau-
dire l'usage; Napoléon l'a trop souvent provoqué. Mais elle-
même doit à cette essence, à sa puissance son étonnement,
son admiration. Dans le milieu peu philosophique où j'étais
placé, l'admiration était l'enthousiasme pur, dans sa cer-
titude. Waterloo et la chute de l'empire ont été la plus
grande douleur de ma jeunesse.
Un demi-siècle et plus s'est écoulé, siècle d'orages inter-
mittents, presque continus. A la mort de Napoléon III j'en
voyais éclater un autre,une crise formidable. L'élection d'une
Assemblée dite nationale, à conspiration monarchique, allait
plus qu'à aucune époque mettre le sort même du pays en
question, les libertés aussi menacées à l'intérieur qu'en
1815, en 1830, en 1849, leurs ennemis aussi puissants,
leur parti plus faible. Mon opinion était fixée. Dynastie
pour dynastie, mon vote allait à celle des Bonaparte.
Elle procédait du moins du droit de la révolution, de la
démocratie, de la souveraineté populaire, sans aucun em-
- 8 —
prunt au passé. Ses déviations aveugles, criminelles, in-
grates, insensées ne changeaient rien à son origine et à son
principe. Les partis ennemis de la révolution le proclamaient
eux-mêmes par leur résistance. Ils étaient irréconciliables
pour l'une comme pour l'autre. Leur alliance d'un jour
n'était que capitulations d'intérêts politiques ou religieux,
attestant toutes les déchéances morales. Elles s'épanouis-
saient en hostilité finale, acharnée, mortelle, dès que
l'occasion y faisait jour. L'empire s'était livré à eux; il
en avait fait sa famille de cour, militaire, religieuse, civile.
Par toutes les administrations, par les chefs d'armée ils
étaient maîtres du pays. De grands et terribles événements
ont à peine suffi à l'en dégager à demi. Pour les contenir et
détourner à la mort du père un immense danger, la trans-
mission calme, sans opposition du pouvoir au fils me sem-
blait seule sage, opportune. La possession supprimait ou
neutralisait les compétitions supérieures, et les convoitises
subalternes qui ne perdaient rien. La nation y gagnait du
temps. L'intégrité de ses droitsétait réservée. Le 2 décembre
était l'origine de ce second règne comme de l'autre. L'héré-
dité continuait le vice de l'avènement par la violence. Exempt
de la responsabilité morale, il restait sous le coup de la
solidarité politique inaltérable et imprescriptible. La nation
le jugerait à l'oeuvre et elle disposerait.à son heure. Napo-
léon III était pour moi ce qu'il est pour tout le monde. Dans
le fils enfant je voyais l'aïeul; j'oubliais le père. Une géné-
ration nouvelle s'élèverait à côté de lui. Par une réaction
ordinaire, dans le tempérament de la nation, rapide, on pou-
vait l'espérer plus digne que celle de l'empire de constituer
— 9 —
la nation et de restaurer l'avenir. Elle retrouverait les sen-
timents généreux, la haute nature des aînées qui ont fondé
la révolution ou rétabli son droit à diverses époques. L'âme
française était allanguie, mais n'était sans doute pas éteinte
en France, quand les libertés de l'Europe ne vivent que de la
lumière qu'elle a répandu. Il fallait attendre son réveil.
Ces considérations sont détruites. Sedan est venu. La
République a fermé le gouffre. La dynastie y est restée. Les
journées de décembre avaient été le Marengo et l'Austerlitz
du second empire; Sedan devait être son Waterloo et son
Fontainebleau. Quelle abdication plus irrévocable ? La pa-
trie perdue d'honneur et de biens.
Le but de la courte brochure que nous reprenons était
d'appeler le pouvoir à sauver la France menacée en se sau-
vant lui-même. Nous faisions parler la patrie et écartions
l'esprit de parti.
AVANT-PROPOS
Angers, 27 février 1869.
Un roi de Prusse, doué de volonté pour génie., a conçu
les prétentions ambitieuses de Napoléon. Il menace la
dernière partie de ce siècle des mêmes agitations militaires
qui en ont marqué les premières années.
L'esprit de conquête semblait éteint ou ses entreprises
impossibles. L'intérêt commun de préservation, la solidarité
des États, la pensée des gouvernements plus préoccupés de
luttes intérieures contre l'invasion et les progrès du principe
populaire que de rivalités entre eux, étaient des garanties de
sécurité : la guerre de Crimée l'avait maintenue et en con-
firmait la puissance. Elle réprimait sévèrement une force
accoutumée à fouler aux pieds les droits et les hommes.
Celle d'Italie, non moins légitime, avait la même tâche. Elle
réunissait en corps de nation les tronçons d'un peuple
séparés par des oppressions séculaires. Elle le rendait à la
liberté et à lui-même. Mais, par cela même qu'elle était
— 12 —
droit, elle portait une brèche à la prescription de la force.
Elle constituait un démembrement de son oeuvre. Le prestige
de la possession était effacé, l'édifice entier ébranlé.
La guerre porte en elle un principe de mal. Les plus
saines sont une contagion dangereuse. Elles mettent la force
en mouvement, et plus d'éléments destructeurs que répa-
rateurs en fermentation. Ces germes ont bientôt pris dans le
Nord le développement dont nous parlons. Le roi de Prusse
les a fomentés ; moitié corruption nationale, moitié violence
aux institutions constitutionnelles, il a étendu sa base poli-
tique et militaire. Fondé sur elle, il rouvre une période
d'envahissement de territoires qu'on ne craignait plus.
Il s'est enivré, en 1866., d'un premier succès. Le peuple
prussien s'en est étourdi de même. Il a adhéré à sa propre
défaite intérieure, compensée par une victoire au dehors. Il
se croit aujourd'hui le dominateur de l'Europe. Ce rêve accom-
pli le condamnerait à la servitude militaire. II l'accepte déjà,
la majorité s'y applaudit. Les rois de Prusse connaissaient
bien leur nation. Ils n'ont pas craint de couvrir le pays d'é-
coles de tout ordre ; on les mesure prudemment ailleurs.
Ils savaient que les lumières jetées sur ce sol n'y échauffaient
qu'un orgueil étroit et séparateur, plus heureux d'imposer
sa loi que de régner simplement chez lui, respecté du pou-
voir et libre.
L'ambition d'un prince isolé de sa nation trouve en elle
un premier obstacle. Cette entrave limite sa puissance. Elle
contribue à la contenir. Mais quand la passion populaire
prête un point d'appui à la sienne, et que le peuple entier lui
fait une armée, la tentation est irrésistible ; l'expansion est
— 13 -
presque certaine. C'est aux Etats étrangers à disposer leurs
propres puissances et a élever une digue qui la brise. Les
intrigues ouvertes de l'éminent ministre de Prusse., ses
quêtes d'alliances en tout sens et en tout pays., révèlent assez
des orages prochains. Au siècle dernier, on a appellé le duc
de Choiseul le cocher de l'Europe. Ce titre est l'idéal de
gloire de M. de Bismark, Il fait claquer du Nord au Midi
le fouet de son maitre. Son mouvement n'a point de repos ;
on le voit partout de service. La paix ne lui demandait pas
tant de fatigues; on y reconnaît un Courrier de guerre.
Rien ne peut assigner l'étendue du champ de la lutte une
fois engagée. Les préparatifs de guerre démesurés et uni-
versels n'ont pas d'autre source. À la Prusse seule appartient
la responsabilité de la panique des intérêts., de la suspension
des travaux et de la souffrance des travailleurs, de l'interrup-
tion du progrès de la richesse privée et publique. C'est à
l'introduction par elle d'un nouvel engin militaire qu'est dû
cet accroissement monstrueux d'armements qui dévorent
l'épargne de tous les peuples. Elle tient l'Europe sur le qui-
vive, la France en particulier.
Le pays s'est ému du compte récent des trésors versés dans
la reconstruction babylonienne de Paris. L'arbitraire qui en
a présidé l'emploi, le mépris des règles par l'Edilité, Préfet
et Conseil, avec le laisser-passer du gouvernement, ont visi-
blement aggravé les charges. Les reproches de l'opinion
sont trop légitimes ; mais l'oeuvre du moins est belle et du-
rable. L'inspiration n'y commande pas; elle n'évite pas la
monotonie. L'architecte a trouvé le faste, rarement le trait
de génie. On n'y voit pas l'originalité, la grandeur qui
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étonnent, comme en 'd'autres temps. L'ensemble a toutefois
de l'étendue, de la magnificence : il reporte l'imagination à
quelques villes illustres de l'antiquité. Le présent n'a rien
à y comparer. L'avenir est enrichi de ces sacrifices. A
aucun point de vue, il n'est permis de les dire stériles.
Si l'on accuse l'exagération de pareilles dépenses, quel
autre souci n'inspireront pas celles des armements! Quels
fruits de sueurs d'une nation perdus sans retour, éva-
porés, sans rien laisser de ce qu'on leur donne ! Pour quel
édifice rassemble-t-on ces immenses matériaux de fer et de
feu qui passent sans cesse des ateliers dans les arsenaux
ou sur les routes de toutes les frontières? Ils annoncent la
guerre, des batailles, des Babels de confusion et de destruc-
tion, où les hommes ne se donnent rendez-vous que pour la
haine et la vengeance. Quelles traces restent de chacune
d'elles? un pays ravagé, la cendre de villes, des débris d'ar-
mées. Plutôt bâtir d'autres Parthénon, d'autres Thèbes, si
on sait y arriver !
Après tant de préparatifs, quel sera le mot des événe-
ments ?Toutle monde attend. Les démonstrations publiques,
en sens contraire, se succèdent dans tous les pays. Il sem-
blerait que l'équivoque y fut calculée pour l'incertitude gé-
nérale. Ce serait le cas de dire, comme la comédie : « Qui
trompe-t-on ici ? » Nous cherchons à écarter les symptômes
mobiles, et à regarder au fond des choses. Nous venons d'in-
diquer ce que nous y voyons. On peut mieux juger, dans les
pages suivantes, sur quels fondements.
EST-CE LA GUERRE?
L'anxiété publique est suspendue depuis deux ans à cette
énigme, la paix ou la guerre. C'est le triomphe de la souve-
raineté des gouvernements. On voit à quel point l'avenir
des peuples est à leur main et le peu que pèse la volonté
des nations dans leurs destinées. Cette épreuve est claire et
sensible. Elles sont menacées dans leur sûreté, dans leurs
familles, dans leurs richesses, et elles s'y instruisent. Le
principe d'autorité y accentue et caractérise les dangers de
son indépendance. L'appareil moderne des institutions ne
les couvre pas. Il leur défère le droit de parler, non sans de
grands risques et sans grands résultats, au lieu de celui de
chansonner les abus que leur attribuait autrefois le flegme
railleur d'un premier ministre. Au fond, le commandement
est toujours le même.
Dans l'incertitude générale, nous avons le pressentiment
d'une guerre prochaine ; puisse-t-il être trompé ! Les agisse-
ments de certaines puissances sont de nature à éveiller de
graves soupçons. Nous consacrons ces quelques lignes à en
faire l'examen rapide. Les intérêts comme la philosophie de
cette époque éloignent les peuples de la guerre, et les rallient
aux gloires de la paix. Aussi que voit-on? La politique qui la

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