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Etat actuel du dépôt de Soissons, précédé d'un Essai sur la mendicité, V. compte, année 1786 ([Reprod.]) / [par M. Leclerc de Montlinot]

De
73 pages
de l'impr. de Ponce Courtois (Soissons). 1789. Mendicité -- France -- Soissons (Aisne) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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1
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headiflgtofl H«l Hall, Oxford OX3 OBW, UK
ACTUEL
« «̃
D U O T >
SUR LA MENDICITE.
T
DE SOISSONS,
4^ Précédé
..UN' ESSAI SUR :.LA
V. Compte. Année 1786.
'•JOE IMPRIMERIE DE PONCE COURTOIS,
IMPRIMEUR DU ROL
M £> £ C, L X X XI X
A
ESSAI SUR LA MENDICITÉ.
N a beaucoup écrit depuis quelque temps (ut la Mendicité.
Mais# la plu part de ceux qui ont traité cette grande qaeftion,
de droit public ou n'en ont pas fend toute l'importa oce on
rnanquoient des détails néceflaires pour parler dignement du
Pauvre. La fcience politique tourmentée par des mains plus ou
moins- habiles femble avoir entouré le Peuple de
de projets. Au milieu de cette foule d'opinions & de fpécula
tions de bienfaifance, peut-être nous eft-il pensas de propofer
quelques idées (impies, qui ne font que le réfuîtat de l'expé-
rience & de robfervation. Si jamais ce foiblî écrit jwrvervok
|uf<^u*à l'homme indigent il verroit du moins que loin de
l'avilir par l'aumône, nous cherchons à rhonc-rer par des bien-
faits, & que c'eft dans la févérité de nc$ principes qu'il
trouvera bien mieux que dans une faufle & puérile commi-
férâtion le feul remède à (es maux. S'il n'esl pas en notre
pouvoir d'empêcher le Gouvernement de faire dcs Mendiant,
engaéeon^le du moins à ne pas faire de la France un hôpi-
tal général. Va
LA Mendicité proprement dite n'eft ni un crime ni un
délit: cet a&e ne devient un objet de police que <juan<i il
.en urti à une a&ion qui trouble l'ordre
flétrir l'homme u(é par des travaux pénibles
On commence par confommer fa. jeunetfe mais qusnd f«
membrues font deflechés on l'empêche de (en*
îîbiUté paffagère de Ces deftruûeors & fon /eul espoir eu de
Vivre fous la lente Servitude des hôpitaux.
Les Arcs fans en excepter l'Agriculture dévorent en moins
de trente ans les machines vivantes dont ils s'emparent, ou qui
m
végètent à leur folde aucun État aucune Âdc0ûftf3îîoh «V»
Europe ne doit prétendre à détruire ce genre <k Mendicité
toujours renaiiTant & qui a fa racine dans les grandes iafti-
tutions fociales. Ceft un charlatanisme de bienfaifar»e& que
d'ofer promettre adminiflrer en Franc.e plus cîe quatre enflions
d'individus qui ne favent jamais où ils trouveront la fuUif»
tance du lendemain } c'eft une abfurdité que de vouloir .pte*
tendre empêcher l'air, l'eau le Jeu d'agir fur ies corps de
ceux qu'emploient les arts de luxe ou de première
La conflruction des monumens publics, les grands atuliers de
charité peuvent bien pour un moment affutec VexîÛe»Ke du
journalier mais ils ne retardent pas l'époque de fa def-
truclion. Que les heureux du fiècle faffent attention que tous
les arts qui ont l'œil pour premier agent depuis U Lapidaire
jufqu'à l'Epihglier ne peuvent plus employer lés ouvriers
dont la vue saiîoiblit ainfi l'âge des befcîns eft celui de h
détrefle. Aucun Carrier Maçon, Charpentier n'a exercé (on
métier fans être bleffé tous les ouvriers qui manient Ie cuir
ont le tein plombé, ceux qui travaillent les métaux font îtv
filmes de bonne heure enfin le V'alet de charrue le- Batteur
en grange le Vigneron le Moiflbnneur & cette foule de
Journaliers dont l'éhumération feroit trop longue contraient
tous des maladies habituelles avant l'âge de 50 ans ces trilles
vérités font appuyées fur des détails qui ont été donnes daM
les Comptes précédens.
La Société confomme donc le Pauvre comme une denrée,
ce qu'il y a de plus affligeant c'ert qus ta jeupdle en la
feule proie dont le luxe & Padminiftration toit avide. Jcunefle
& fanté pour la Servitude domeftique } jc\îrîe0e & légèreté
pour les arts d'agrémens jeûner & taille avântageufe' pour
e fervice militaire jeuneffe & force pour i'agrkoJture } enfin
jeunefle & beauté faut-il le dire, pour les corrupteurs de
tous les âges. Si le remède n'étoit pas dan$ le \t$A même fi
UsMix-neuf vingtièmes des gens fans propriétés ne «ioaroient
pas avant le temps le poids de ces malheareox ne pourroit
pas feulement être foulevé par rAdraioUlrrition } c'eA tui fo-
( i )
phififte de dire que ces* qui exercent les ms vivent âclt
long-temps que ceux qcti en jouant. Ce n'eft qu'à !a Villa
oû ton rencontre des fquelettes ambu!ans tout ce qui en
foibie fur-tout dans les Campagnes eft xoxiè à une more
prochaine. La plupart de ceux qui écrivent lur le Peuple, ne
fe pénètrent pas affei de ces affligeantes vérités ,& le ci-
lomnient prévue toujours.
r Calomnie fur fon peu de prévoyance dans la force de Pige.
Et quelle épargne peut faire un ouvrier auquel on n'accède
qu'un modique falaire pour le plus grand emploi de* fes fa-
culcés ? Dans la loterie de la vie humaine il n'a que des
chances de malheurs à attendre défaut d'ouvrage maladif.'
accidens intempérie des faifons tout pèt-e tur lui de la ma-
nière la plus forte fa reproduction même II plus graine
confolatioa des êtres vivans devient un poids qui l'accable,
Ah û on vouloit l'entendre, ne pourroit^H pas dire au
Biche pendant que vous refpiriez un air frai 5 le coupois
vos moinons courbé fur une terre brûlante; vous dormiez
encore quand je dévançois le jour pour vannef vos grains $
vous étiez à l'abri du froid quand je voiturois couvert de* ftl-
mats,* le produit de vos récoltes des millieis de bras Soient
encore en action pour vous procurer les fenfations les plus
agréables. Né avec des organes foibles vous prolongez ce-
pendant votre exigence au -delà du terme & moi » »
accablé de maux incurables dans un âge peu avancé
qu'atlez-vous m'offrir après trente ans de travail? peut-lire
le pain de l'aumône Malheureux j'ai vop vécu, Yom
m'accufez d'infouciance mais en e(t-il un feu parmi vous qui
largement ftipendié par le Gouvernement pendant fa jeuneile,
foit en état à cinquante ans de fe pafler de ^out fecours? Au
moindre accident qui vous arrive vos plaintes" font écotirées,
vos fervices font petés, des penfions, des grâces" Vous aOurent
«ne exigence douce, & en ceflant de travailler on vous paia
encore & moi? Si ceux qui me connoifftnt font pauvres
& me forcent d'aller mendier au loin la fubiirtance du jour,
en m'enferme comme un homme dangereux Si l'homoio
posant Ce plaint de l'incommodité que tui
paflager de nia détrône on m'arrête. toutes les
Douches fenjblénE répéter. Malheureux m a* trvp v&m*
On abandonne dit-on dans «les Colonies le Nègre visu* &r
hors d'état de fervice. J'en ai vu un affute un Voyôgeur
connu Qui n'avoit que la peau & Us Or chair d'un
cheval mort pour la mange'- c j- e,toi.1 un
un auue Vous frémilTez Eh bien, voilà le fort qui
m'attend.
On accufe encore le Peuple d'être adonné &\i vin, .Si le viti
ne procoroit que l'oubli des mau* Si l'ivièffe «ï'entfafnoit
pas l'ogbli de tous les devoirs & n'étoit pas la fûQfce'de pl«-
fleurs maladies qui de nous oferoit en faire un çfimo f Le
malheureux Habitant des Campagnes, n^ ni cabine pouf
fes t&ir^es ni lieux de délaflèment qui puuîeot te^oîacei ce
que nous cherchons dans les fpeûacles les cercks 6r les cafés.
Si les cabarets, ^toient fournis à une police aMve Se fèvèie
tû on n'y fouffroit pas d'ivro gnes y auroit-il un grand mal à
y laiiter tranquillement le Peuple jouir de la gaieté de fes
égaux ? Mais ce Peuple pour lequel on ne fo'U tien devient
erapuleux par habitude, on le laifle s'enivrer comme les Ilotes
pour avoir enfuite le droit de le méprifer.
Lès mots de Mendians & d'Oifiveté fembl;dt être toujours
unis par ceux qui ne connoitfent le Pauvre que de non!. @Il
n'eft pas d'homme qui à 45 S ou 50 ans n'éprouve une révo!u-
tion dans fon alors que s'éïâbîit le fiége
de maladies graves & que lijgerme de la monte développe
avec plus ou moins d'énergie. Si cet état eft afe généra! poiir
tous les êtres vivans entourés des précautions de Taifance
comment veut on que le journalier mal nourd) mal vltu
encore plus dans
corps Tain & vigoureux ï Quelle force queîle 'nfHyïré vç«{-
on qu'il offre quand fa poitrine refpire avec piîn«> quand fês
tews ce peuvent plus fe courber ? Nous avons obfçrvé wn nom-
bre conftdérable de Mendiani 4e l"efpèce de ce',]): dont il efi ici
quelUon, & nous n'en avons guère vus qui ?a delà de f 0 tns
( t ̃).
se. pâment légitimement excofer la prétendue ©i|veti qu'on
leur reproche. Laiffons aux déclamateurs aux cceijti dors in-
venter des moyens pour tourmenter la vieHJcfle anticipe1* de
quelques malheureux coupables d'avoir réfifté à l'intempérie des
/ai/bus d'avoir furvécus aux dangers des atts cw/u£/&
d'avoir confervé on refte de vie avec des membres rovtjtés
ou affaiblis par des travaux continuels. N'imaginons* pas* eu
atteliers pénibles pour les affujettir environnoes-les plutôt de
la fenfibilité de la commifération générale que ce, foit la
première fauve -garde* de cette foule de journaliers mie nos
befoins nos fancaifies ont ufé ? Interrogeons la Loi î'Àdroi-
nirtrâtion & rendons-nous dignes s'il fe peut, de devenir' leyf
interprète.
La Loi ne peut punir que ce qui ta contraire à Il traf)quit-
lité'publique ou ce qui cil mauvais en foi or t homme qui
ne peut fe livrer à un travail continuel, parvteHe .caufe que ce'
foit, mendie & n'eft pas coupable, parce qu'il cède à 1*f ci-
pire de la néceffité vivre Il eft donc an
£eux de la Loi qu'un homme fubfifte d'aumône oa de pen-
'¡on: ces deux états très-différens dans l'ordre de la fociété,
ont cependant pour rapport un emploi de forces utiles dont
on a fait abus & pour différence, aue le jomnaliff a kî vî "(
lufieurs Se le penfionnaire un fetiî. em-
braffe l'homme tous tous les rapports pofliblcs veut qu'il n'e-
xifte que d'une manière confurme à fès vus r elle écarte des
grands chemins des Cités tout ce qui annonce la détreffe ou
infpire' la crainte elle fait élever des Hôpitaux, bâu'r des
Dépôts, & follicite des Lois contre la Mendickf fixais comme
tout a fa hmite quand il eft queftion de dépe'Àfd il s'élève
alors une contradiction entre ce que la Loi ordonne & ce que
TAdminiftration peut. Ce défaut d'équilibre entre une charge
énorme & 'des revenus bornés rendent emhamiïéu 8c pref-
qu'impoffibles dans Pexécution toutes les Lois générales fur la
Mendicité. Avant que d'ordonner des punitions il fVudroitavoii
pourvu à la fubfiftance de trois ou quatre million* d'hommes,
qu'une feule gelée d'un mois peut plonger dans la miftre la
des peines contre les maraudeurs ?
Le Gouvernement d'un autre côté ferme <iâns Tes prur*
cipes n'accorde rien à qui ne le fert pas: l'homme oblctK
fans, propriété foncière ou d'induite, inhabile m travail
n'eft plu* compté au nombre des Citoyens que
tion protège. Homme, il o'a droit qu'à la cooîmitèf.iùon des
hommes quand il cefle d'expofer fes merrbïss à l'e.ttan
quand ce leut patrimoine lui el\ enlevé ,fil ne lui ie!>e à choifir
que la mort ou la mendicité parce qu'il nVvide aucune loi
cjui oblige un Maître à nourrir te ferviteur q'ai s'eft caifé U
jambe à fon fervice aucune- loi n'oblige le (on..
fetver dans leur vieilleffe les ouvriers qui l'ont enrichi. Que
ces idées déchirantes doivent tourmenter au rxitïeti de fa jouif-
fances l'homme qui réfléchit. ( A )
cependant pour calmer de juftes remords cV tranooillifef la
coHfaence des grands Propriétaires, on a doté de* Hôpitaux;
tnais tous les malheureux ne peuvent pas y être admis & les
Campagnes manquent de ces fortes de ré(uge-s- 1: dans un
ouvrage judement célèbre on évalue à quaram'ôVwile hommes
ceux qui compris dans toutes les claJTes pauvres dit Royaume,
trouvent des fecours dans les Maifons de 'Si main
Toute-Puiflànte qui remue les coeurs ci ta Providence bien
fupérieure à nos calculs ne veilloit pas fans cefle fur les
infortunés, cette foibte offrande de quarante
dépose aux pieds du
prouver rinfuflUance de nos moyens. C'ed cependant d'a tés
nidation a Couvent provoqué des Lois contre les mendiais.
Je ne rappellerai point ici toutes celles qui ont été publiées
depuis Charlemagne juiqu'à nos jours comp;o elles font par..
ticttlièrernem dirigées contre les vagabonds qu'elles porter
(A) Voyr» h sou 1.
iin caractère de éventé très-éloigoé de nos moeurs aphélies
& qu'elles enveloppent enfin d'une manière aflez confufe toute
efpèce de mendicité, on fe contentera d'indiquer dans une
note les Lois principales qui ont été promulguées avant l'é-
poque, où la que ilion fur la mendicité a été pk*s examinée
plus approfondie. ( B )
• M'. le Contrôleur Général en forma une Coramîf-
fion compofée de quatre Confeillers d'État" & d'un Rappor-
teur pour examiner la aueftion de la mendicité. M." les Corn»
mifiVires après avoir fixé leurs idées fur l'objet qu'il s'agiîïoit
de traiter, donnèrent un Réfultat qui fut commul M.n les
lntendans on y défîgnoit quatre efpèces de mendtarw » hs ra-
lides, Us Mutilés, ks Invalides Us Enfans. Oa aÉInila les pre-
miers aux vagabonds on propola deicnouveHer contre
eux la peine des galères ceux de la féconde clafle dévoient
être fecourus dans le Lieu de leur domicile & Ton vouloir
à cet effet établir des Bureaux d'aumône dans les Chefs.
Lieux, & des Bureaux dé^Correfpondance dans les principaux
Bourgs pour faire les fonds de ces on comptoit
fur lés dons dés Perfonnes charitables.
Les vieillards les infirmes dévoient être placés d-sns les
Hôpitaux comme on prévoyoit bien crue ces Maifons feroient
furchargées on fe propofoit encore den établir dç nouvelles
& de perfectionner l'Adminiftration de celles qui exiiloieot.
On fenvoyoit les Enfans dans leurs familles, « les Orphe-
lins étoient placés dans les Campagnes il fut décidé en outre
quten attendant !a réforme des Hôpitaux il feroit établi dans
chaque Généralité deux ou trois Dépôts, pour y renfermer
les mendians qui (croient arrêtés. On entre dans tes détail
relatifs à la police & à l'ameublement de ces Maifons on
charge les Hôtels-Dieu de recevoir les
de la Maréchauflee, des Procédures contre les mendians.
Ml De Saint Florentin fit demander de la part ckv Roi
(B) Voyei U note II.
I lotît les Êvêqoe«, fétit des Hôpitaux &*&!
tables de leurs Diocèses on tes pria de
blilTéffieot des Bureaux d'aumônes, afin de
les mendians vagabonds & fainéant.
irions qui précédèrent la Déclaration du 3 Août
au Parlement le n Août de la
Cette Déclaration fut envoyée à tous les & o.t
prévint par une Lettre circulaire du 5 Septembre 1*164 que»
(tans le cas où tes Hôpitaux ne Cuffiroiem par. pour -revoit
les vagabonds, il y fut fuppléé par des Dépôts
ration fur encore confirmée par un
Septembre 1767. Tandis que les Lois nouvelles déchoient
les peines 1er plus févères contre les gens fans aveu, PAdim-
lîiftration pluç circonfpecle dans fa marche inAcuitc q«e la
plupart des Provinces du Royaume n'avoient pas de Dépôt»
prêts à recevoir une mage énorme d'individus qu'oi) alloii
arrêter prévoyant peut-être la réfïftance
craignant une dépenfe excefTive déJtkraina M.1 le Vicc-Chltt*
ceîier à écrire au mois de Septembre t764
reurs du Roi des Maréchauffées d'ufer d'une grande circonf*
peclion fur une peine auffi grave que
fur la détention à l'Hôpital, d'être réfervé
pour ne pas furcharger les prifons & enfin do fe contenter,
de faire quelques exemples. Le Miniftre de la Guefte éciivit
de (on côté aux Prévôts de Maréchauffée ds fe conformer
à la Lettre que M.' le Vice-Chancelier avoit écrite :"aî»lî
VAdminidration adouciflbit
l'Ordonnance tandis que prefque tous
sèrent de recevoir les mendians qui étôient arrêtés
de fonds. Il eft refaite de-^e grand appareil. de Lois &
d'autorités que l'Ordonnance de n'a eu ii'erTcf que contre
les gens fans aveu, & que fans les Dépôts qui tei contiennent
Ilferoit fans doute curieux de fuivre les
entre l'AdminiAration & la Loi ou pour pa>:Ur' plus,
la-
ment; de faire PhidoJre de la confpirtHon des pwptt«air«
contre les gens fans propriétés jusqu'en oa parot er*9
nouvelle Ordonnance qui n'eft que la réplique de celle .de
on n'en teroit pas mention s'il n'y avoit pas fur cette
Loi deux remarques à faire. La première c'eft qu'on y dit
qu'après les me(ures qui ont été pnfes foit en torniarw des
atteliers de charité (oit en donnant des fecours aux hdpîtiiur,
le Roi n'a pu qu'être étonna, qu'il pût encore exîilef des
mendians comme fi l'Adminirtration tenoit dans fes faims
les infirmités, les malheurs publics & privés, la caufe toujours
renàiffanre du luxe & de la misère comme Ci l'on ^>ouvok
ignorer que les reffources du Gouvernement font bornées &
le nombre des malheurtux illimité..
La feconde remarque eut relative au tit. 1 de l'Ordonnance.
On oblige tous mendians, de l'un & l'autre fexe vagabondi
ou domiciliés dans le délai de quinze jours de prendre un
état ou emploi métier ou profeffion qui leur --procore les
moyens de fubfiiler fans demander l'aumône comme Ci le
Gouvernement avoit créé dans le moment du travaux par-
ticuliers analogues à la force aux talens de chaque individu }
commet on avoit ouvert de nouveaux champs à h çulttsre,
^des atteliers ^ns tous les genres d'induftne j cotûtoe fi enfin
un homme., à la volonté de l'Adminiltratiort "pouvoil èiiô
dans le délai de quinze jours, Tiflerand ou
Nous avons anucipé fur les temps, en parlant de l'Ordon*
nance de parce qu'elle avoit un rapprochement femar-
quabfe avec celle de Nous allons reprendre le travail
de M." les CommilTaires qui après avoir tédigé^ h Loi da
1764 contre les vagabonds &-tes gens fans aveu s'occupèrent
de celle contre la mendicité. Leur rapport fuit mis fous \m
yeux du Roi dans le mois de Juin 1761. On envoya au Par-
lement de Paris ce projet de Loi au commencement d'Août
il66\ mais ni cette Loi, ni les moyens employa
porcs mais des difficultés que M. les Comotifeç* -n« puretù
( -!©̃•̃)
lyauîtfe laifsèrènt fans effet en riment
/oins & occafionné beaucoup
de rapporter avec quelle fageflè tous les
on peut confidérer une Loi générale, furent
les détails dans lefqueU nous ferions obligés ^carrer, font
étrangers à notre objet. Il fuffit de /avoir
promis dans de longs mémoires de »
Ignorent que la plupart des moyens qu'ils proposent comme
ces idées neuves ont été fouvent rejetés. Nous n'avons pas
la prétention de vouloir ajouter un projet au. projet des as-
ires. mais peut-être ou'en préfentant la
dicité fous' un point de vue fimple nous
quelque trait de lumière.
La première obfervation qui fe préfente, c'eft que tous les
pauvres font forces d'être mendians n'impose fous quelle
dénomination & fous quelle forme ils reçoivent' le reootanî
de leur lubfiftance journalière.
Tous les mendians ne font pas des pauvres: tel* font le»
vagabonds les mendians de face, les coureurs d^ pèlerina-
ges &c. Il nous paroît que TAdroinirtrarion s'épargnent
beaucoup d'embarras en pofant pour première baie que U
Mendicité fimple, comme on ('a déjà dit,
ni un délit. Le renfermement dans un
une peine. Une Loi inutilement injufie, feroit celle qui en-
velôpperoit dans les mêmes difpofitions de figues, lé vicîllafd
de ans qui a trop vécu & d^ 18 anj
qui n'a pas encore vécu & Ja femme qui
elle que la pauvreté. ̃" ̃
eft abfurde de multiplier les Lois
dans un pays où le cinquième de la Nation eil toujouf $ par
les évènemens à la veille de demander l'aurai?,
Il eft barbare de laifler mutiler
des journaliers fans mettre un prix à cette mutilation.
Une confidération importante à faire
contre la mendicité c'eft qu'elles
la privation de la liberté contre tout
%AN>6 en traîne un homme en prifon parce p«mc i
crime avant de l'avoir interroge. Envam diroit-
en ,que tout mendiant eft de ce tout chef réputé comme vaga-
bond mais avant tout ne conviendroit-il pas de favoir, » jufqu'à
quel point s'étendent .les forces & s'il n'a pas un vice de
cooftiturion qui s'oppofe à ce qu'il puifle être appliqué aux
travaux rudes des journaliers. Le punirez-vous parce qu'il ti\
foible? Vous loi reprochez fon peu d'énergie: le puoke«-vou$
parce qu'il eft fans talens ? Enfin vous le puniflefe par ce qu'il
li'eltpas appliqué à un travail proportionné à fon genre d'ift*
duftrie mais exifte-t-il une Loi qui fcblige les Propriétaire*
les Manufacturiers les Artifans à donner de l'ouvrage à ciui
en demande ? Etes vous bien affuré que le malheureux que
vous occupe, n'a été rejeté par perfonne & que le travail
èft venu au-devant de lui ?
f Pour détruire ces objections on propofe des atteliers de
charité fur-tout dans les Campagnes mais outre que ton ne
poutroit pas les ouvrir dans la faifon la plus rigoureufe de
l'année il faudroit les répartir fur tous les points d'une Gcné-
talité. Leur multiplicité nuiroit à leur fuccès, ils coûurroiem
des fommes énormes d'ailleurs on ne pourroit pas y enchaîner
les vagabonds, y fixer les artifans & les pauvres dont il eft
ici quedion ne pourroient pas y être uùlemenc eo^pîoyés
fans une prodigalité qui ne peut exiger qa'ert fpéculatton.
Un des moyens toujours avidement faifi p3r ceux qui s'oc-
cupent du pauvre, c'ert l'établilVement des Bureaux d'aumônes
dans les Campagnes. Les Membres du Parlement qui fureiu
conduites de confiance en 1764 par M." du
Roi rejetèrent ce genre de fecours comme ddlru^lir" dtï
toute émulation, tendant à domicilier la mendicité, & met-
tant un vi lage à la charité de l'autre. Il y a plus de danger
lance, & à faire nourrir le pauvre par ce\1'\ qui (vqpànsnt
déjà impatiemment le poids & la chaleur du jour. N'implan-
tons tas toujours nos idées dans les lieux où la liberté de
l'aumône doit régnec, Excepté les temps de grande*
( I»)
le vrai pauvre n'eft pas entièrement abandon!
i'Adminutration ne s'en méle pas, H fout encore ajouter t|w
l'aumône flétrit le courage., oc que celui qui la recuit pu-»
bliquement n'eft prefque jamais aftif ou
Les Bureaux de chanté dont il a été beaucoup
les circonilances aéhielles accoutument les pauvres ménages
à une demi-fubfiftance & rendent prefque toujours svilïfiant
les travaux auxquels on les occupe. Suivant notée ©piaioo,
ils ne conviennent que dans les Villes de fabriques ©fo il
s'agit de conferver des ouvriers & de les empêcher de fe por-
ter dans d'autres contrées. La des fecours bien ^dminjftiés de.
viennent un fupplément au bas prix de la main « d'eenvre
c'eil une forte de restitution du fabricant envets Ton ouvrier
qui continue fon travail, '& qu'on ne donne pas en fpe^acb
dans des atteliers qui lui font étrangers. Les affociadoiJS
«naîtrifes ou par fociétés particulières feroient un grande biea
dans les Villes fans manufactures. (C) Si l'on permet d'ajouter
de grands exemples à ce raisonnement en poimoit ̃ cite*
comment à Rome les Empereurs firent dégénérer lc Peuple
Roi en lui donnant du pain & les jeux du «cirque comment
en France les grands Propriétaires s'armant cour la Terre-
Sainte les journaliers ne demandèrent plus quVcîes hospices
& des pèlerinages des fêtes & du pain à ta porte des Mo*
mltères. Ne cherchons pas à trop multiplier les
tions de charité. Laitons agir cette grande loi de 1a morale
univetfelle qui nous pouffe à fecourir nos fembiables ce
n'eu point une loi sèche qui mefure ce qu'elle doit & ce qu'elle
peut à l'afpeft de la misère elle n'a plus de Imiite elle fait
verger fur le pauvre & les fecours qui foulagent 6c les con-
folations qui relèvent, & ce doux efpoir d'un a venir meilleur.
Ah fi l'Homme Puiffant ne voyoit plus i uîoù? de lui de
Malheureux fi le pauvre n'aidoit pas le pauvre, 6 le prit»
fonnier ne s'intéreffoit pas au fort de Con compagnon, la fo^
(C) YejnUiotilU.
(M >
çiété ne ferolt le» on bien ait CeÛ donc et la iefifibiut&
générale qu'il faut attendrie des recours elle feule toujours
«giflante faif les objets qu'elle a fous les yeux $ elle, le
repaît de larmes & de douleurs & c'eû dans «es enivr actes
fondions que le coeur s'ouvre & favoure à longs traits cette
douce bienfaifance fi connue des ames fenfibleSi C'eft un adage
reçu qu'it n'y a pas de fouffrances où extfU une refftme
c'erVdans leurs cours qu'il faut aller chercher -ces délicieufe*
émotions ce tréfor inépuifable de tendreffe qui
par la Religion ou légitimée par le Mariage ou enfin anoblie
par des fentitnens généreux produit tant d'ailes de charités.
S'il éloit poffible de pefer une feule de ces journées de bieti*
faifance que les hommes qui raifonnent tant leurs bienfaits,
feroient humiliés Ne repouffons donc pas indiftinclement tous
ceux qui ont droit·de réclamer nos recours: n'ayor*s pa.s la
fauffe & perfide délicateûè de ceux qui ne veulent s'entourer
que d'objets agréables & que l'Adminiltraiion for tout fe
persuade bien, qu'elle ne doit pas laifler ignorer qu'il y a des
malheureux & qu'inutilement elle veut les cacheï?(D)
Il réfulte de ces apperçus que la mendicité acquife par le
travail ne peut être adminiftrée que par la commifération
univerfelle. Le pauvre a un patrimoine diftin;cT & connus il
ne peut faire un pas fani marcher fur fon terrain c'eft k fe$
tuteurs légitimes que l'AdrainUlration doit les renvoyer ,& ils
ont droit de demander compte d'une tutelle trop prolongée.
L'Adminiftration feroit indiferète de provoquer de nouvelle
lois contre la mendicité parce qu'elle ne pourroit ni préparer
ni maintenir ^e\ir exécution. Touies les fois qu'elle voudra
confulter des hommes ils voudront prefque toujours accorda
les principes qu'ils ont dans la tête & ceux qu'ils ont claris le
coeur alors ils ordonneront des punitions excelfives ou ma.
cifeileront des inconféquences.
Le mendiant ne commet de fautes que qaand il s'éloigne
(D) Voy«Uoot«IV.
de ceux qui lont va naître & travailler* il ft^ commet do
délit que quand il eii en ttoupe it ne trouble tordre public
que quand il inquiète dans les Campagnes le Calchateur qui
ne lui doit pas 1 hofpice. Nous reviendrons fut ces dtftinfôon*
quand il fera queilion des gens fans afile.
L'abandon que nous paroiflbns faire du Menant o»j <ki
Pauvre, eA le plus grand moyen de fubfiftam't que nous tmli-
fions demander à l'Adminift/ation. Ceft à Rmportunité delà
misère, ( on ne peut trop le répéter ) que l'on doit les éta-
bliflemens les plus utiles. Il ne, faut pas indifcrètemem ôter
toutes les épines des rofes qui couronnent l'hampe infoucianr.
fur le fort de fes femblables. Mais comme l'Àctfmnift ration ne
peut ignorer qu'elle fait des pauvres il ne lui foffit pas d'acre
ferme & julle elle doit encore être.bienfaifante, & donner
ea quelque forte l'impulfion à la fentibilizé générale. Cert
fous ce rapport, qu'au milieu des grandes opérations dont elle-
é(l chargée, elle abaiHe fes regards fur le malheureux qui la
tourmente. Elle protège avec éclat les Arts qui rmmknt les
hommes, & les Maiîons de charité qui les reçoivent dans
leur détrelTe. Mais ces Maisons, limitées dans leurs revenus,
calculant leurs befoins ont été forcées de lijmtef le nombre
des pauvres qu'elles pouvoient nourrir. Il ed réfolté de,ce
nivellement que chaque Hôpital a cru ne devoir, appliquer les
ai&es de bienfaifance qu'aux individus des Villes où ils étoient
établis & le pain de l'Hôpital eft devenu le pain privilégié
du Citadin,
Dans ce partage de charités, les Campagne* -ont été en-
tièrement oubliées. Si l'Adminirtration qui n'ifole r»i fes bîea-
faits ni Ces vues ne venoit pas dans des cifconïtances eîlar-
manies au-devant du Cultivateur, la mort auroit ph planer
impunément fur fa tête & moiflbnner indiftinâewcnt- &1e
vieillard infirme & l'orphelin, pour lefquels il n'exiile aucoo
afile dans les Villages. (E)
(E) Voyci la note v.
̃ftfXaiflbns aux Cités fans envie leurs AdmuYÎihâdorvt th.st-
fitables leurs Bureaux d'aumône leurs Maladreries exami-
nons ce qu'il convient de faire pour les pauvres Habitans des
-Campagnes, & afin de ne pas généralifer trop nos couvres* de
charités bornons-nous à ce qu'il feroit utile de faire pour !a
Généralité de Soiffons, Province lâns Manufacture & entière-
jntm Agricole.
Il n'eft pas de Pauvres à la Campagne yi n'ait wfé (a
jeuneffe au fervice des Cultivateurs il n'en cil pas un fr.ui
qui après trente ans de fatigue, n'ait acquis qaejqu'infiimitl
accidentelle, que des circonttances particulières ont dévelop-
pée. Voila les vrais Pauvres de l'Administration» ceux qu'il
faut honorer & non avilir par l'aumône, ceux qui pourroicm
mendier impunément, & contre lefquels toute loi feroit injufle.
Qu'ils deviennent ( qu'on me parte cette expreïîion ) Pu:-
fionnairks du Gouvernement: ils le méritent.
D'après des calculs d'approximation, je pcnfe qu'il peut y
avoir cinq à Cx cents hommes de cette efpèce repars dans
la Généralité de Soiflbns. Parmi ce grand nombre de malheu-
reux, il faut dittinguer deux dalles; celle des vieillards in-
firmes ou ellropiés tans afile fans parens qui piaffent les fe-
courir l'autre clafle renferme ceux que que!qu'accid<îM par.
ticulier des maladies acquits rendent ea quelque forte
inhabiles au fervice habicuel des Cultivateurs.
Les premiers font dignes de compaflion o:i devroît pUcer
les plus néceffiteux dans une maifon commode fpacîeufe c\'
{¡tuée à la Campagne; ils feroient connus fous la déhomina*
tion de Cultivateurs J'évalue la déper<fe à j<S$oo Hv»
pour deux cents individus de cette première claflb à faifon
de livres par tête. Cette Adminiftration feroit d?ns lés
mêmes mains que celles des Dépôts afin qVe le Gouverne-
ment puifle toujours montrer, fous le même point de vue, &
la peine infligée aux vagabonds la récompenfe du travail.
Les Habitans des Campagnes qui, quoique pauvres ûyfm
ençore un ante, peuvent fe livrer à des travaux palîa|et$, cV
que l'on peut confidérer comme des demi-ouvriers en
( 16 )
ont pcnfion de 71 livres une verte de la vmlenr tfemîim
if Uvres tpotes les années ce qui porteroit ta totalité de Il
dépenfe pour deux cents Penfionaaires à livret.
Pour obtenir ane place de Cultivateur InvaJih tU Uuêtdt
prouver par des certificats authentiques, un fervke à la Cam-
pagne de vingt-cinq ans, foit comme manouvrkr chtfiief
vigneron, &c. Tous ceux qui tiendroient at>ï .Ait» ck
rAgriculture feroient exclus..
',On délireroit que ces places ne furent porîédées qu*aprJs
l'obtention d'an Brevet ligne du Minière, oa s 0 moins da
Cômm.ifTdtre départi afin de ne pas avilir cette efpèce de
pauvres par l'aumône, au lieu de t'honorer fur rf^s récom-
penfes. Une condition efientielle pour être aomis -*u nombre
ces Cultivateurs Invalides feroit de, n'avoir jamais été repris
ce Justice ou renfermé dans un Dépôt.
Ias Cultivateurs Invalides de la première c\?X(e habiteroient
feuls une cabane de'8 pieds for 7. Il faudroit éviter toute grande
dépenfe de conftruélion ainfi il n'y auroit aucune étage fripé-
rieur au-delà de 8 à 9 pieds d'élévation en
couvrir en chaume ces cabanes pour rappcliei a ceux qui
les habiteroient & leur ancien état & leur première demeure.
II n'y auroit pas d'infirmerie: chaque individu, traité dans
la cabane feroit vifité & foigné comme un domicilié. Il
faudroit éloigner tout ce qui reffemble trop au régime àm
Hôpitaux fi redoutés par les gens de la Campagne.
Quatre rues contenant So cabanes de chaque côté avec
itn arbre devant la porte formeroient tous les Mtimsos de
•C€tte maifon peut-être unique en Con genre.
Pour écarter ce qui fent la gêne, attire des Maintes
tiplie les Agens d'une Admimitration toute efpèce de nour.
riture {doit fowrne en argent par quinzaine 'v"cxctpté. le
pain & le linge.
On diviferou pour ta vie autant qu'il feroit .poifibl? too*
ces individus par chambrées de fept.
Ces Invalides (croient vécus comme ils l'aoroierirà peu près
toujours été, ayec un habit de toile de treillis des guàrel
( '7 )
c
tîne beloufe ou rouillère de même. ge.rm pcn^nt fhivef.
Ceux qui âuroient confervé quelques pojir-
raient obtenir des congés pour les vifiter il foudroit toujours
Yappeller à ces bonnes gens leur ancienne liberté & ne pas
les priver de l'air qu'ils ont fi long-temps refpité.
Les Cultivateurs invalides de la féconde cîatTë qui pettveai
encore habiter la Campagne & qui y font doroiciii& re»
cevroient aoucre 71 livres de penlion une vefte avec uiw-
marque-^ranélive ils feroient infpe&és par la Maréchîuflle
dit cantol dans les tournées que les Brigades, font obligées
de faire.
On pourroit aligner deux ou trois Villages à cel Penfion*
fiaires foit pour y porter les ordres du Gouvernement, foit
pour rendre compte des gens fans aveu, dont ils âuroient con»
noilTance. Ces efpèces de Cantonniers ne feroient pas inutiles
fous ce fimple rapport.
Le plus beau monument élevé à l'Agriculture', fi honorée
dans nos Livres feroit l'établiilement dont il çft ici qudUon.
Le pauvre journalier apprendroit qu'on s'occupe de lui, ck
qu'uoe longue vie de travail eil récompenlêc par l'Adminif-
tration. Pour remplir cette bonne oeuvre, il faut cinquante
mille livres. Où les prendre? Citoyens je connois vos
reflburces Sans rien demander au Clergé, aux Hôpitaux,
au Tréfor Iloyal fans établir d'impôts: en 1794 il m tient
qu'au Minière des Finances d'ordonner l'esévUtion de ce plan.
On fera peut-être furpris de voir que l'on n'établit dans les
Campagnes, aucuns recours pour les femmes 6c les entans j
mais on s'appercevra facilement que le premier but de noue
inllitution eft de favorifer l'Agriculture. Le GouvéineiaeDi
ne pouvant pas tout faire doit le borner à donner de grands
exemptes, fans aller au-devant des befoins de tous. il faut
Jaiffer aux ames fenûbles les plus douces parties de Menfai-
fances à exercer. Les femmes les enfans cm des droits par?
ticufiers à la commifération générale: ils frappent durement
au coeur de l'homme. Les larmes de la veuve 6t de l'orphelùï,
(pnt rarement répandue* fans être effuyées..
( •«)
Des ù du Mendiant 3e
qui mendie lorfqu'il eft foible ifolé & près de ion <k»p»i-
file elle s'arme de rigueur quand l'individu ^qu'elle Cent
d'oublier dérange l'ordre général qu'elle
les mendians en croupe font coupables uoion
leur donne une force qu'il faut réprimer par h $|p|ej qu'ils
inquiètent le paiGble habitant des Campagnes & il$ trou-
blent la police des Villes. Sous ce rapport la en
un délit de police. Rien en effet ne (croit plu? inf
pirer la terreur que ces hordes de vieillards de gens mutilés,
qui demanderoient tumultueufement l'aumône & i'hofpitaHté.
Semblables aux fauterelles elles dévoreroient la
oe l'homme induûrieux c'eft cependaot aux cris importuns
de cette multitude que i'on doit en partie des
Hôpitaux alors t'Autorité l'Adminiftration & la Loi s'unirent
pour cacher dans des aliles de bienfaifance le ramas le plus
dégoûtant des infirmités humaines. Nous parlerons de l'effet
produit par ces' inûitutions, en nous occupant des Dépôts.
Il eft un autre genre-de mendicité plus contraire aux vues
du Gouvernement } c'eft celle que nous avons déjà défignéa
dans les Comptes précédens fous te titre de &
de race. Les uns & les autres font perpétuelle-
ment l'objet des recherches de la MaréchaiCiée, qui exerce
à leur égard les fondions de ces Archontes qui avoîeot le
droit de demander à un homme quels moyens il employoit
pour fubfifter. Qui lia -vous? Oùau^-vouj) Qut faits t-voust
Tel eft le court interrogatoire des routes, toujours ttès-em«
bartaflant pour l'homme fufpecl. C'eft à cette formule irupo-*
fan{e,dans la bouche d'un homme armé que l'on don une
partie de la fureté publique. On ne peut trop le répéter, la
MaréchauiTée par fa feule piéfence fait un bien qui ne pcac
être calculé plus ellé fera active, plus elle rompra les at-
tfoupeœenj, Ce n'cil que dans les lieux où les liomin>s fort
r
me$ que les loups chaQent en troupe. On a fdevl que!.
que'rois avec trop aaijreur des abus moins eomroons qu'on
ne penfe, dans tarréurfênt de quelques particuliers. Les. vingt.
quatre Brigades du Soiflbnnois ont conduit au Dépôt pendant
lefpace de fept ans plus de trois mille indmayj dvge
d'état & de fexe différent. On ne penfe pas ao'il y ait eu uns
feule capture faite fans motifs c£b#fans. lMarainiftrateur
fous les yeux duquel nous écrivons, peut décider fi on déguife
la vérité Lui qui a tant de fois rectifié les écarts d'Agens
trop inquiets peuc dire fi les abus viennent du Corps de la
Marée hauflee.
Un homme célèbre, & qui a eu la plus grande influefice
dans les affaires publiques, paroît avoir douté de la po!îibilit<5
de distinguer le vagabond de l'homme malheureux; le îpen-
diant, du pauvre & de l'infutrifance de toutes les Lois pro-
mulguées contre la mendicité. Donnant enfuite à ion opinion
toute la force qu'il tiroit de beaucoup d'art & d'efprk il croc
pouvoir remédier à tout, en établiflant un cc«Je pénai allez
compliqué des galères de terre & une échelle de bureaux
de charité qui partageoit la France en deux parts, les pauvres;
les vagabond^, & ceux qui dévoient les adrnmiftrer. Il nous
pâroît qu'il jjeroit très-facile en ajoutant unr courte explica-
tion à la Loi de de prévenir les abus. fans 'multiplier
inutilement les/Agens de l'AdminHlration.
Le mendiant invalide qui n'ert ni en troupe, ni éloigné de
fon domicile de plus de deux lieues ne peut être réputé
vagabond, puifqu'il a des témoins de fà conduite, qui peuvent
certifier de Je bonne vie fi moeurs.
Le mendiant invalide, accompagné de femmes & d'enfarts,
doit être compris dans la clafle des vagabonds, parce qu'il
accoutume à l'oifiveté des fujets qui appartiennent à l'État
& qu'il met en fpeftacle l'incontinence iV les inauvaife»
mœurs.
Le mendiant invalide éloigné de (on domicile, doit tue
arrêté quand même il feroit leul parce qu'alors il trouble la,
police en demandant l'hofpitalité à qui ne la lui doit p^s en
(10)
fuyant les regards de ceux qui peuvent
comme un fujet vicieux enfin parce qu'il va hm miÔion
usurper le patrimoine des autres pauvres.
Il eft facile de diftinguer l'homme malheureux du vagabond,
& il paroit que la Loi s'exprime d'une manière claire fur cet
objet important. Seront réputé* vayaèonds & gens fans 4ym-,
fuivant la Uëclaration du Roi de 1764 ceux dix
mois révolus n'auront exercé ni profeffion ni milice <pt
n'ayant aucun itai, ni bien pour fubjijler ne pourront faùe certifier
de Uur bonne vie mœurs par personnes
Plufieurs marques annoncent l'état d'un homme interrogé
fur les routes un pafle-port du lieu d'où il ton, fa pofeûion,
fon vêtement, la qualité du paquet qu'il porte la quantité
d'argent qu'il a le nom du dernier maître qui Ta employé
enfin fon état de mariage ou de viduité ion genre de pa«
tenté. Il eft impoffible qu'un homme cialheureoxj
ne poifle fatisfaire à aucune de ces conditions fans être-vïn
homme dangereux.
Un'y a que deux fuppofitions à faire en fav£Uf de celai
qui ne pourroit pas répondre aux principales demandes oue
nous ne faifons qu'indiquer: une maladie longue & cruelle,
& le défaut d'ouvrage. Dans le premier cas on peut
exiger un billet d'hôpital & dans le fecood fajppeiîef le
nom du dernier maître que l'on a fervi. A cette occafion on
remarquera que la Loi auroit dû peut-être mettre une aftnée
révolue car il peut arriver des circonftances particulières à
quelques métiers de luxe qui éloignent les ouvriers de, leurs
attelters mais ces cas font excelîivement rates,
Le vêtement tient toujours par quelqu'ei^roiY au métier
qu'un homme exerce. Il aide les gens accoutumés à ôbferver
le peuple à diffinguer celui qui en impofe. Le,« Auvergnats,
les Limoufins font faciles à reconnoïtre leurs proférons les
̃ ramènent prefque toujours dans les mêmes Provinces où ils
ont des dépôts d'outils & des maîtres connu. On ne pente
pas en avoir jamais vus d'airétés qui ne fuifent coopables de
quelques délits particuliers. On tiroit cependant des courfes
r
Îles habftans de ces Province* une objection comre h loi
qui nit pro pofée en Loi incomplète difoit-on puif-
gu'elte eft ibjette à des exceptions, au moment même où on
veut la rendre générale. Il y avoit une réponfe à faire, c'étoit
d'ordonner à ceux qui quittent leur Province à des épo^ces
fixes d'étre porteurs de certificats ou paflï -ports fignés du
Juge .du lieu on auroit pu y donner une forme pankulière.
La qualité des effets qu'un homme porte decèk- prefque
toujours fes habitudes; celui qui n'eft revêtu qie de haillonf;,
doit tomber dans la misère & la misère eft très-prêt du crime.
On a vu plufieurs individus qui, arrêtés dans ces circonihnces
fâcheufes font convenus quon leur avoit fauve bien des ten-
tations. Le défaut d'argent annonce un befoîa exceftif tout
homme, dans ces circonstances preffantes efl à h veille de
devenir e(croc ou fcélérat. Le Gouvernement doit donc alors
prévenir le crime, & affurer la tranquillité des Citoyens par
tous les moyens poflibles. Celui qui, fans afile, fans tetlource,
ne peut plus payer fa fubfillance cette d'êcre libre il eU
fous l'empire de la force il ne peut faire un pas fans com-
mettre un délit: enfin un mot tranchant, c'eft qu'cn fuppolant,
,qu'un homme dénué de tous fecours depuis un longs terme
ne fui qu'un homme malheureux qu'il fût injufle de l'atr^*
ter Eh bien, il faudroit commettre cette ir.juftice' politique,
& ne pas laiffer errer fur les routes, celui qui n'ayant rien
peut tout ofer.
Nous n'aurions rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit
'dans les Comptes précédens, fur le mendiant de race (Von
homme auffi connu par fes talens que par (.1 naiflance ne
nous avoit pas fait relativement à cette efpèce d'hommes,
quelques quêtions, dont les principales peuvent fe réduire à
À't'O/i quelques notions fur la première origine du Mendiant
2e race ?
A-'t'On obfeni quelles font les Provinces où «tti 'tfpUt De
gens font en plut grand nombre?
dO
# Ont-ils un régime particulier à leur iuu
Prvfiffent-ils la Religion Chrluenne ? Ou
quelques fuperfîUions particuùlres ?
Ont-ils un certain efprit De galet/ qui lu
L'origine de la prorVffion de mendiant de race a f« fc>urç«
dans le coeur humain. La vie errante paroît îîtë la première
deftination de l'homme, qui n'a nulle idée des- lois foetales &
de réciprocité. Au milieu du luxe, des plai6rs,-<ï?$"diftip?ùons
qui nous environnent, notre imagination
ou bonheur d'une vie toute paftorale. La houlette du berger
& la befacc du mendiant de proteffion» ont ta tD^f^e origine.
Subliftance fans grand emploi de force courts & fepos daaï
un air libre puiflances de femmes fans embarras huouçlance
fur l'avenir tel cil le but du mendiant & du bsrg^/qui .par*
tent des points de la même ligne.
Les pays où l'on trouve de grandes exploitations qui oc-
cupent beaucoup de gens foibles dans certains temps de l'»rt-
née, font ceux ou l'on rencontre des ménages ambolans. Les
mendiantes Jchirdonnent les blés pendant une quinzaine de jours
à la fin de Mai elles glanent quelquefois pendant 11 t'VoUîbn
vendangent en automne, $( dopent ces pejits g.yn$ l'hiver
dans les cabarets. En général ces fortes de gens aiment le
travail en troupe, comme plus gai, tout ce .qui favptife le
coucher dans les granges, comme les lieux les plus favorables
pour former de nouvelles affociations.
La Généralité de Paris celle de Campagne 8c de Picarde,
coptenoient autrefois une aiîez grande quantité de Ç4s ménages
arnbulan^} le nombre en eft prodigieufement dirainaë Hépu?>
la Loi de C'eft à cette époque que l'ca fit rien ir ceux
qui n'avoient pas de domicile & qui vivoienr avec des
concubines. Les galères les prifons les
*pju? de quatre mille hommes de cette efpèc*? en moins de
trois ans. On ne peut pas apprécier combien il rçfte en Françç
(M)
île ménages ambulans; il faudroit avoir fur les différentes Prcn.
yinces do Royaume des connoiflances locales qui nous man-
quent On penfe cependant que la Généralité de Paris de
Champagne, de Soif Tons ,en contiennent encore odeurs malgré
la vigilance de la recrutent par-
mIles manouvriers foibles que les Kéjmè^reoaucheQt en pro-
mettant de lès .nourrir comme on l'a obfervé danses Compta
précédens. ils fe cachent enfuite fous la forme de petits
merciers, raccommodeurs de boucles fon<ieui$ de cuilleis
marchands de bagues de Saint Hubert &c.
Les mendians de race n'ont aucune cofrefpondance avec
les étrangers, aucune police intérieure comme «fans la Bohême.
Ils fe reconnoiflent parce que fouvent ils ont été enfermés
dans les mêmes Dépôts ou qu'ils fe font trouvés dans les
mêmes cabarets, les mêmes atteliers. Voici à quoi fe borne
ce que l'on a pu favoir fur leur régime intérieur ils fe fervent
entre eux d'une forte àAyoi, On avoit le
trpuveroit (peut-être, quelqu'analogie entre les. mots qu'ils em-
ploient de quelque langue connue mais il
percevoir aè premier coup d'oeil, que le patois des payfans,
gçoffîèrement corrompu forme le da
mendiant de race. (F) Le fe«l ufage
propre, a rapport à fon aiTociation de
Quand un homme choifit une concubine, il change de bâton
& caue un pot en quatre telle eft la courte cérémonie de
cette union..
Si par Chrétien on entend un individu qui
&; qut connoit quelques dogmes de nom, je ne connois pas
dç meilleur Chrétien que le mendiant de race î maU fa religion
et} fans principes ta mora1e eu nulle.
cOmcoe un malheur le travail comme une tyrannie & h
privation inftantanée de la liberté, comme un accident
̃ (f) Voyoli note VL i
(H)
fion ni grande induftrie ni efprit de
pourfuivis, manquant toujours leurs allures
tranquilles que dans Ici taudis où ils fe tapifôm. Le vin
la jooiflfance de leurs dégoûtantes compagnes, voilà ce qo,i
Ici confole & leur fait entreprendre de nouvelles cordes.
Tel eft le .précis des réponfes que nous finies dans le temps*
à M. Le C. D. B. Mais le mendiant de v^ce ne pas
feul la claffe nombreufe des vagabonds il faut encore y
ajouter tous les êtres fans propriétés, qui ont plus de befoins
que de force plus d'activité que dïnouftrie i leur tlpreftion
en bien autrement néceflaire que celle des rnendians qui
quelquefois ne font qu'incommodes. Prétendre les renvoyer
dans les Villages où ils font nés, c'eft multiplkr les embarras
& ne remédier à aucun défordre. Le bannifle^ent, les galères,
la réclufion à terme font de foibles moyens ? que faire alors
des femmes & des enfàns ? Car il ne faut pas fe le' dilfimuîer,
les femmes corrompues entraînent les hommes, & l'expérience
a dér%ntré en l'infufBfance des lois. La plupart de
çeuï^ui écrivent fur la mendicité, font de faux calculs
ils peignent les vagabonds comme des gens oififs nr»ai.s do-
.Ciles qu'ils peuvent attachér facilement à des atfeliers de.
charité, & à tous les petits genres imaginent»
Ils ignorent (ans doute que -lon ne fait pas vivre
celui qui ne loue pas fes bras à vil prix celui qui veut jouir
fans travail pénible & qu'enfin c'eft un? chimère que do
prétendre tuer le vagabond avec le modique (les jour-
naliers: c'eft cependant contre cette
faut fans ceffe tenir en armes près de
de Maréchauflee. Cette guerre inteOine ett dirigée contre. p!us
de vingt mille individus, qui fe recrutent parmi tes
déserteurs, les gens échappés ou fortis dé h chaîne, les
'contrebandiers, les enfans dhêpitaux, les
coa*
Que peut le (gouvernement contre cette écUf' delà Nstioh?