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ÉTUDE CLINIQUE
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QUELQUES MÉDICAMENTS USUELS
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STRASBOURG,
IMl'lUJIl-KIE DE G. SILBEUMANN , PLACE SAINT-THOMAS , 5.
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ÉTUDE CLINIQUE
DE
QUELQUES MÉDICAMENTS USUELS.
La thérapeutique depuis des siècles s'avance, ballotée entre
deux.écueils contre lesquels elle se heurte alternativement : la
loi aveugle et le doute systématique. Ces, deux tendances se
produisent réciproquement l'une par l'autre comme l'action
engendre la réaction. C'est ainsi que tantôt la médecine pra-
tique s'élance témérairement sans gouvernail et sans boussole,
c'est-à-dire sans réflexion et sans expérimentation , pour être
ramenée par la réaction du doute bien en deçà du point de
départ. De là tant de relard dans cette branche de la méde-
cine qui devrait être, et que le public croit être la première ,
puisque tant est que la médecine s'intitule orgueilleusement
l'art de guérir.
D'où vient le doute rebelle des uns, la foi obstinée des au-
tres? Nous n'avons pas l'intention d'en étudier ni même d'en
énumérer toutes les causes; nous nous bornerons à faire res-
sortir l'une d'elles : la variabilité, l'infidélité des résultats
comme suite de la mauvaise préparation des médicaments.
Nous ne rappellerons pas les fameuses affirmations contradic-
toires de BROWH et de SÏDEMHAM sur l'opium ; ni les discussions
récentes sur les propriétés du laurier-cerise ou du colchique,
où d'honorables et savants contradicteurs ont été induits en
erreur par des préparations mal faites. Nous nous bornerons
à donner le résultat de l'étude clinique de quelques médica-
ments très-usuels, dont l'action diversement interprétée, tient
principalement à la diversité du produit pharmaceutique.
Une s'agit pas ici de critiquer des préparations précisément
mal faites, mais de faire ressortir la différence d'activité du
médicament suivant la partie de la plante dont il est extrait.
Ce ne seront pas absolument des choses nouvelles que nous
offrirons au lecteur, mais des choses étudiées à nouveau au lit
du malade.
Ces études portent sur quelques plantes narcotiques usuelles
telles que l'aconit, la jusquiame, la belladone, le dalura, la
digitale et la ciguë. Nous les ferons précéder de quelques
considérations pharmaceutiques que nous devons au savant
chef de la pharmacie de l'hôpital, M. HEPP.
Le but général que l'on se propose dans la préparation des
extraits, c'est d'obtenir sous un petit volume les principes mé-
dicamenteux, sans leur faire éprouver aucun changement
dans leur nature; et plus on se rapproche de ce résultat plus
on est près de la perfection. Ce précepte ainsi formulé par
M. SOUBEIRAN s'applique surtout aux extraits narcotiques, qui,
très-souvent ne répondent pas au but principal qu'on cherche
dans les extraits, de fournir les principes médicamenteux sous
un petit volume. Ce but n'est pas atteint, d'abord parce que
les parties de plantes employées suivant le codex à la prépara-
tion des extraits narcotiques ne sont pas celles qui renferment
au plus haut degré les principes actifs, et en second lieu parce
que ces principes s'y trouvent associés à des substances essen-
tiellement altérables et altérantes, influant par leur contact
soit immédiatement, soit pendant la durée de la conservation.
On se rapprochera par conséquent de la définition donnée,
en recherchant dans la plante la partie la plus active, et dans
laquelle les principes essentiellement médicamenteux seront le
plus dégagés des matières .albumineuses dont la présence est
une cause constante d'altération.
C'est comme application de cette idée que nous avons expé-
rimenté à la clinique les extraits suivants :
Celui d'aconit tiré de la racine, celui de belladone de la
racine, l'extrait de ciguë de la semence, celui de digitale de
la semence, l'extrait de jusquiame de la semence, celui de
stramoine de la semence.
Le mode de préparation a été le même. La substance végé-
tale, réduite en poudre a été traitée par déplacement avec
de l'alcool à 65 degrés. Le liquide étant évaporé en consis-
tance d'extrait mou, on le reprit par de l'alcool à 80 degrés.
Les solutions alcooliques sont évaporées dans le vide, ou
bien au bain-marie , dont la température est réglée de ma-
nière à ne pas dépasser 60 degrés an liquide en évaporation.
Ces extraits actifs à un haut degré peuvent avantageuse-
ment remplacer les alcaloïdes de ces plantes, en ajoutant à la
constance dans l'effet l'avantage d'un dosage plus facile.
Les doses auxquelles ces préparations ont été employées se
résument par les chiffres suivants, pour vingt-quatre heures:
L'extrait de racine d'aconit à la dose de 0gr,01 à 0er,02;
L'extrait de racine de belladone à la dose de 0«r,Ol à Ogr,05;
L'extrait de semence de ciguë à la dose de 0sr,02 à 0gr,0S ;
L'extrait de semence de digitale à la dose de 0gr,01 à 0gr,Ô5 ;
L'extrait de semence de jusquiame à la dose de 0gr,05 à 0«r,<IO ;
L'extrait de semence de slramoineà la dose de 0«r,04 à 0gr,05;
11 est sans doute difficile d'établir un rapport entre la va-
leur de ces extraits et ceux habituellement en usage. Cepen-
dant , si on était pressé de formuler une opinion , on pourrait
rapprocher les chiffres suivants :
L'extrait de racine d'aconit est à celui de feuilles comme
25 : 1 ;
Celui de la racine de belladone à celui de feuilles, comme
5:1;
Celui de le semence de ciguë à celui de feuilles; comme
20: I ;
Celui de la semence de digitale à celui de feuilles, comme
40:4;
Celui de semence de jusquiame à celui de feuilles, comme
40: 4;
Celui de semence de slramoiue à celui de feuilles, comme
5:4.
Ces chiffres ne sont pas justement les proportions des alca-
loïdes de ces différentes préparations, car certains de ces
extraits, comme celui de digitale fait de feuilles, ne laisse que
fort peu de chance d'en isoler l'alcaloïde, trop souvent mo-
difié par la préparation.
L'emploi de ces extraits fournirait au médecin qui saurait
les manier avec habileté des remèdes certains à la place de
préparations quelquefois de nulle valeur.
C'est ainsi que l'extrait d'aconit fait de feuilles est sans va-
leur thérapeutique; celui d'herbe de digitale est ordinairement
d'un rapport bien inférieur aux feuilles employées. L'extrait de
feuilles de ciguë est d'une faible action , même avec une pré-
paration très-soignée, la coniine n?existanl qu'en assez faible
quantité dans les parties vortes de la plante; l'extrait de jus-
quiame des feuilles s'altère aisément, et il n'est pas rare de

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