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Examen des causes de la disette des bestiaux, et des moyens de nous en rédimer ([Reprod.]) / par Eugène Préaudeau,...

De
32 pages
chez Debray, libraire (Paris). 1794. Agriculteurs -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, L7K
DE LA DISETTE
DE NOUS EN RÉDIMER.
PAR Eugène
Diftrift de Cropy Département
Membre de la Société libre d'Eco-
à* çtits Socit'te.
A R:I S,
Cliei D Ë B R A Y Libraire, au Grand-Buffon,
jraîfon Egalité, galerie de bois, n'.
Y1 A N DEUX I E M E,
A
DES CAUSES DE LA DISETTE
ET DES MOYENS DE NOUS EN RÉDIMER.
qu'on entreprend de traiter linté-
reHe toutes les familles tous les individus des
la République il s'agit des fubfiftances. Nos re£
fources font infuflîfantes faut-il en aceufer 1®
fol où' il culture?
Les befoins qui caufent aujourd'hui notre Yol–
iious menacent encore pour. l'avenir,
fi nous n'avions aux moyens de nous en pré-
ferver; ils exigent des méfurés auxquèl^s fufWent
peine les fains d'une Adminittration patriote &
éclairée. Les voeux du Citoyen préoccupe du falut
la Nation doivent s'étendre
au Jel? du cercle
des caufes qui les font
fuggéicra des niefuies
pour l'avenir, nous mettront à l'abri
n'eft pas préfent, ga.r-
de les accueillir; s'ils euffent
été employés quelques années plutôt, les befoins
douloureufemcnt aujour-
loin de nous. Conildérons que
l'avenir fera bientôt pour nous le
Une Nation telle que la France, favorifJe par •
retendue la variété de foi'i fol & les avantages
de fon climat, devroit être indépendante des autres
Nations, & tirer de fon propre fond ce qui lui
efc necefl'aire en grains de toute cfpèce, en viande,
en fuifs &en cuir$; & cependant il efl connu
que, rr.tmy avant que la- guerre eût multipliô
pour toutes ce:
d-\u<:es do première ne'ceîTité dépendais des
auîf1.,» peuples. Cette dépendance, dont les con-
graves, a duré auffi long-teint
dofit la révolution a brifé le joug.
génie de la Liberté nous en afFian-
chîlTc. Nouî !c pouvons, cette difeuflion en pre-
nol^ie devons c'ett un devoir:.
1 3)
/A 2
auquel tout Citoyen
de notre Liberté
l'efpc'r-jnce d'entraver nos ciForts par
Cette par tous les
maux dont elle cil la caufe par l'exportation de
numéraire qu'elle nécdlite elle cft honteufe
pour une Nation qui, pour s'en redimer n'a
qu'à changer en mieux fa pofitton..
dës autres
en tirant «Je notre en état de rendre
eitet cei'tain d'uiic cultuie plus éclairée plus con..
fonne aux principes qui vont être développés.
Des calculs ri/ourcufemeiu faits donnent corr.-
pantivement le produit de*, terres en Fiance &
Le produit d\m mille quarrô en
France, comparé à celui de mênie fuperiicie en
Angleterre j efteomme a Kwtjt 5 c'eft-â-dire,
que Je produit des terres en France, qualités ÔC
dimcnfions égales, ne donne que les deux cin-
quièmes de celui d'Angleterre. Quel reïultat en
le multipliant pour l'élever a fon terme Uns
telle dilTcrerice f grave cfons les confëquçnces
qu'elle entraîne ne provient cependant que de
la différence des deux cultures Et tous les efforts
i\(i fc îtfuniroient pas pour fubftituer à un fyf-
tctrie défavorable un mode de cuit" d'où d-s-,
coulent toutes lesfourcesde prof ':lité nationale
avec vérité mais avec cou-
iage tous les désavantages du nôtre.
On appelle fur cet important objet l'attention
dont il eft digne il s'agit de Tintent & du bon-
heur de tous.
On démontrera que le Cultivateur obtiendra
plus de productions en élevant un plus grand
nombre de beftiaux; fes récoltes en grains, au-
travaux, feront plus
abondantes, parce qu'il aura une plus grande
quantité d'amendemens, qu'ïls feront mieux com-
bine's & plus appropriés au terrain. Il ajoutera
à fes récoltes de grains les produits des befliaux
qu'il vendra annuellement ( dans les pays ou cette
méthode ell pratiquée, le produit des befUaux
paie la redevance du Fermier). Cesventes mul-
tipliées fubâitueront l'abondance la diiette,
l'habitant peu ailé des campagnes & l'artifan
feront mieux nourrice mieux vêtus. Quelles
conféquences quel vafte .intérêt elles acquièrent
quand elles s'étendent fur des millions d'êtres!
A cet égard, la différence du bien au mal eft
tout pour la profperîté d'une grande Nation,
parce qu'elle frappe fur l'organifation phy/ique
& morale de tous les individus qui la compofent.
Sentons le prix de procurer à l'homme qui l'a
raeritée par'fon travail, une nourriture digne
de Jyi.
( O
A 3
L'abondance des denrées de première ne'ceffité
opérera ces heureux effets: on les obtiendra en
dùruifant les abllacles qui s'y font trop long-tems
oppofe's qui enchainent le zèlç & les taicns du
Cultivateur, qui, tendant toutes combinaifons
inutiles, ôtent la faculté & le ddird'en faire; de
"là i'i.nfufîifance de nos refl'ources, & une inertie
qui nous fait me'connoître nos force; Il importe
donc de développer ces caufes, et d'en faire un
examen approfondi, pour en déduire de luttes
conféquenecs.
Si les produits de notre fol font fi fort au-cîef-
fous de ceux qu'on en obtiendrait par un autre
mode de culture, celui qui eft généralement
adopte en: vicieux.
Le but de toute bonne culture doit être d'ob"
tenir du fond tout ce qu'il peut rendre, en entre-
tenant le même état de fertilité; l'on doif' mettre
au rang des inoduflions, non feulement le. grains
de toute espèce qui fervent à la nourritu de
l'homme & des animaux qui lui font néceffaires
mais àuffi les produflions des bertiaux. Ils font,
autant que le grain; néceffaires à Ia nourriture
de l'homme; fes dépouilles fervent à les vêtemens
& fous tous lès rapports des befoins de l'induf-
trie ils préfentent d'immenfes avant.-ges, ceux.,
fur-tout, de fournir aux manufaflurcs qu'ils créent
&tn;ultiplient, des matières qui font le produit du fol..
d'?uunt plus
la multiplication de» belliaux,
8c multiplient les productions
végétales, celle de
de grains. On ne peut avoir de récoltes abondantes
& fùres qu'avec de r.oinbrcux beftiaux; ils nous
manquent; on n'ofe dire à quel point nous foimnes
au-delfous de l'etat où nous devrions être. L.a
Fiance ne nouTrit pas la vingtième paitie dos
beftiaux que fon fol devfoit porter. Quelles con-
fcquences pour la r.ifhefl'c individuelle & natio-
donc eflentielicment
vicieufe; plufieurs caufent y concourent. Les prin-
Le niodtî de culture qui établit deux récoltes
de grain fuccelïivcî.
̃ L'annte de jachères nulle pour les productions.
Le peu de prairies artificielles.
Le inanque de clôtures.
La routine des cultivateurs qui les attache à
un fyftôme de culrure qui leur
Toutes ce* erreurs, don: lesefiets font fi préjudi-
ciables tiennent me caiifc qui les perpétue,
)a trop courte durée des baux.
(7)
A4
victs de nette
La fuccefllon confiante & régulière de deux
productions céréale*, prJct'Jccs & fuivios d'une
année de jachères, ne donne rien pour les
autres que ceux ncceflai.-es à la culture du domaine:
premier vice auquel fe joint edui de fYr.c fuc-
céder deux plantes de inême nature, dont le»
racines rampantes. s'etablilTcnt & s'etendent à là
fuperficie du, terrain. Cet eflet obtenu pendant
deux ans, elTiite le fol & nécéflite cette anned
Ce mode de cuhure, généralement fuivi Pen-
dant la durée des baux, donne, pour un bail de
neuPUnne'es (lx rtcoltc* de grains; il y a trois
Par un autre ordre de culture plus conforme
aux vrais principes de la végétation, on peutob-
tenir des récoltes tous les ans & ne point épuifer
la terre; il s'agit de varier les, de
faire fucceder à une plante qui trace et fe nourrit
fuperficiellemenr, comme le* corc.«les,des plinteî
qui, comnie lescarottes, les navets & les panais,
prennent leur nourriture plus profondément', &
deftinées l'année fuivante, a la prodviftion du
grain. On peut encore alterner les céréales avec
(8)
ou deux ans & avec la
pomme de terre & le chou.
Quoiqu'on.ne puifte les affimïler aux plantes
pivotantes, elles n'en font pas moins utiles pour
par les
procurent pour ^nourriture des beftiaux. Les
labours qu'elles ncceflitcnt,' les fumiers qu'elles
exigent, tournent à l'avantage des récoltes de
grains qui doivent fuivre. Si ce fyftcvoe de oil-
ture exige plus d'engrais, il donne auifi les moyens
dé les multiplier. Ain fi on auroit tous les ans des
• re'coîtcs; celles de grains feroient plus abondantes,
inteunediairts deviendroient
la fource' de grands profits pour le cultivateur,
s'il les fait cp.nfommer par les beftiaux il ne
pourra les employer plus utilement. Ce mode de
culture la multiplication des bef--
tiaux; c'eft un de fes grands avantages; c'eft ce
qui motive la préférence qu'il mérite, & que
cependant il n'a point encore obtcnu parmi nous.
Faifonsen connoîue la caufe.
Par ce mode de- culture on a tous les ans des
îécoites, mais partie de ces productions fi nécef.
aites pour la nourriture des beftiaux ,̃ ne font
pas d'ifponibles poulie Fermier comme cet!es de
grains. La trop-courte durée de fort bail ne lui
a pas permis d'être muni de beftiaux aflez nom-
confornmer les productions qu'il ob.
(>>"̃̃̃̃
tiendrait en alternant ces
dans la révolution de neuf années cours ordinaire
des baux, il n'aura, en ahernant fes produirons,
que deux récoltes de blé au lieu de trois, dans le
régime ordinaire le produit des deux fera autant
& plus confidirable que celuides trois, mais un
Fermier dont la jouifïancc eft bornée, ne croira
pas à ces réfultats ou n'ofera pas les tenter. Si
ion bail eft plus long cet obfcacle ceffe & alors
il héfitera d'autant moins de fe livrer à d'autres
il ajouterait au produit desgrains, aujourd'hui feul
but de (es fpcculations, celles qui résulteraient
d'élèves qu'il nourriroit & vendrait annuellement.
Dans cet état de chofe», ces deux moyens pro-"
Le Fermier,
ft'mulJ par., fon propre intérêt, n'héîltera pas
d'animer ainfi fa culture quand une jouiîTânce plus
étendue 1? lui permettra^ il ne le peut, reiîreint
par une jouilTancc bornée à neuf années. Le vice
cf: donc dans la trop courte durée'des baux.
On fe pl.iint, & avec r?ifon de la ftérilité
des jachères, qui prive la France d'un tiers des
récoltes qu'elle c'evroit obtenir. On provoque l'en-
femcr.ceinent des jachères on cherche éxciter
le zèle du Fermier h à vaincre ce que l'on re-
Garde comme préjugé nais, après deux récoltes
céréales la jachère cI généralement nécelî'aire

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