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Examen du décret de l'Assemblée constituante, du 27 août 1791, où l'on traite la question du célibat ecclésiastique,... ([Reprod.]) / par M. Ch. D. L. R.,...

De
126 pages
chez Le Clere (Paris). 1792. Célibat -- Aspect religieux -- Église catholique -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
Chex L CtERB, Libraire, rue Saint'-$Kfartin
près celle aux Ours N°. »f4-
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EXAMEN
D U D JÉ G^R E T
L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
Du 27 Août lj pi fur le Mariage*
JL«'AssEMBi.iE Nationale conftifuànte a décret^
\f 17 août 1791 ce qui fëft '̃£.
La loi ne con(îdere le comme
contrat civil. Le pouvoir lcglflaif établira
pour tous les habiiahs mode
par lequel les naifTances mariages & décès
'& il dclîgne les officiers
publics qui en recevront & cohferverom les
»> a&es <:
Sur les afférentes obferVâtions qui furent pro-
fofées à^a difcuOiOn de cet article » tout ce qu'oit
rut faire fut d'obtenir par (orme d'amende-;
A
( O
ment que l'on changeroit le mot reconnoît qui
àvoit d'abord été propose dans le projet du de.
fret, en celui de confidere & cette fubftitution
fut adoptée.
Cette loi a été. placée depuis dans l'acte conf-
tuutionnel de l'empire, que le roi a
jhent confacre par fon acceptation. On ne fe
diilimule.pis que beaucoup dé citoyens, amis de
l'ordre public dont il feroit le gage étoit
fidèlement pbferyé & zélés pour la religion, qui
în fetoit le plus femme appui fi la pratique en
étoit mieux fuivie Se fon efprit p!ns connu eht
été affligés de ce décret par les confequences aux-
quelles il parole dom..r lieu.*
En effet fi la Ivi ne coîîfidere plus que le coti-
trat civil dans le mariage, il femble que cet cn-
gagement fi fcfpeclable ne doit plus erre placé
"que dans la" cialle ordinaire & commune des
contrats divers qui font, admis dans la fociété.
Or, il eft de principè que tous les concrats que
es hommes font entr'eiix font des conventions
que le confentement libre & naturel des parties
fuffic feu) pour réfoudre comine il a fuffi pour
les former. On acheté une maifon ou un champ
le vendeur & l'acquéreur ont du regret, l'un d'a
voir .vendu 1 trop bon marché l'autre d'avoir
acquis trop chèrement cet immeuble ifs fe com-
( i)
A i
Monlquent mutuellement leurs difpo/ijions fc
le contrat par le concours de leurs votantes feules
eft téfilic. 11 -en feroit donc de même d'après la
loi que «ou? difaitcms ? Des époux qui croiroient
leur union nul allottié ou dont le capnee déter-
tnirieroir h démarche «Si le dégoût fie propofe-
Voient volontairement de réioudre le contrat qui
les lie l'un i l'aufte fous le fceau de laJoiiConju-
gale, Cette prbpofitioiv altetnativemeiit aëceptée
féfoudrbit par cela même le noeud de leur fo-
ciété & chacun devieodroit, en vertu de la noa*
vclle loi j.le maître 4e pafTsr à un autre enga-
gement: voilà donc le divorce proprement dit»'
indirectement autorifé par1me conséquence itn-
médiate du texte même du décret.
Le mariage des prêtres paroît auffi en ctre une
fuite non moins évidente & fenfiblçi Si la loi
ne confidere, plus le mariage que comme contrat
civil;, Ci de plus on défigne des officiers publics,
autres que ceux qui 6ht été chargés 'jufqu'i pré-*
fentjde ces onctions, pour recevoir & confervet
les aftes publics des mariages, vôilà le facremtnt
feparc du contrat civil & la porte ouverte k toi»
ceux qui voudront profiter de cajte loi pour con-
tracter mariage civilement & fans obdacle. Les
prêtres & autres minières, engagés dans les or-
dres facrés auxqads le vœu de conttheiVce perpé-
(4)
tuelle eftannexé cor trairont donc civilement
fâcrameutellement même fans craindre d'être
punis d'un pareil attentat par la puinance ec-
clcfiaftique qui ne trouve plus de proteaien
dans la puilîance fétuliere dans l'exccutcur &
le proteéteur'des canons qui les favorifcroit au
contraire déformais, puifqù'il ne confidere plus
d'après la. loi que le contrat civil dans le facre-
mént. Cette crainte cette prévoyance n'elt pas
chimérique des exempt multipliés la juftilîcnc
& la réalifent chaque jour. Plufieurs ptètrej ont
ofé déjà franchir cette barrière inviolable, au mé-
pris des factés 'de, leur çrdiijation.
Plufîeurs ont préfunic même, par un bofrible ia-
crilege, de recevoir la bénédiction nuptiale aux
pieds des autels; & ces unions tnonftrueufes que
la religion & la fainteté du facerdoce^ réprouvent
«galemgtt n'ont été réprimées par aucune force
corredive. #
Un juge *de paix de Paris a écrit à l'afTemblce
nationale que plufieurs de fe$ jufticiables eu
exéciuioii de l'acte conftîtutioiinel en queftion,
s'étoïent prefentés à lui pour lui faire la d4«:la-
ration de leur mariage, on y a vivement applaudi
a cette nouveauté ,&. fon renvoi au comité de
jégiflaùon aélé aufli-tôt décrété.
Divers avis font auffi pat venus au corps légîf-
( 5 )
A*
latifde demandes faites par devant tes ma'giftraf»
& les admimftration s de la part de certaines
perfonnes unies, par les liens du mariage, pout
êtrif autotiféès i profiler du bénéfice de U loi «Un»
laquelle ils ont cru entrevoir la fanion du di- «
vorce; enfin de tomes parts on commence à s'en
prévatoir pour cônfacrer la féparabilicF du con*
trac civil darvs le mariage, d'avec le factement.
Cependant il eft facile de. prouver que .cette loi
bien entendue A' dans le tens naturel qtte foa
texte eréfence, ne favorife & ne préjuge point la
conféquence de ces défofdres quoiqu'on puiflè
toutefois en abufer & détourner le fens pour les
introduire que telle qu'elle eIt exprimée en ter.
mes généraux, Se dépourvue d'une interpeétatior»
qui en fixe le véritable fens, elle donneroit lieu à
des dl feu Qk>n$ politiques S< retigieufes qui ne font
déjà que trop allumées, & des peines de cont-
cience qu'jj faut calmer à tout rtix & s'iheft
poflîble, com'me on'le penfs de l'cxpliriner dans,
un f:ns' très- légitime & très -orthodoxe, en le
conciliant avec la doctrine de l'églife ettayens de
le fixer d'après1 les principes même de raflem»
bitraire & favorable à la. cupidité des paflîons
humaines, il en réfulte une difpoftvon tage Ce
politique qui n'entceprenne point fur l'enfeigoe-.
(f )
ment de régK|f 6c les maximes de la religion
& que les droits des deux puiflances étant fépaté*
fans fe contrarier jamais, chacune puitte revenu
diluer fon domaine, & la tranquillité dé l'état en
être le fiuit.
< Nous ehrreprenons donc d'écablir dans cet écrit
deux objets principaux,
tQé Que le célibat des pitres, l^ndiflôlubirité
du mariage & l'union du cuncrat civil avec le
facrement font des points cjui tiennent à une
difcipline générale dans 1'églife, fondée fur les
faines canons, l'ir.fticuusH). de Jeftis-Chrift, & le
inaintieii.de la paix dans les empires & que le
divorce excepté, fur lequel l'églife ne peut rien,
parce que l'union qu'il romproit eft de droit divin
--les deux autres articles font trop- chers i l'églife,
& conformes au véritable 'intécêç de l'état ,^>owr'
que l'un & l'aurre ne foient pas jaloux de les con-
ferverj èc qu'en tout cas ce n'eft ni Ig droit de la
puiflance1 féculiere d'abroger l'un ht l'intcrct ca-
Fical du rriomcnt de réformer l'autre.
i°, Qjjfe ces trois objets étant contraires l'ef-
être admis comme conféquences du principe. dont
ils paroiOetn dériver & dont il eft facile pàjr la
difcijflion |e les féparer entièrement. Et nous en
tQj}.cIurons qu'il eft donc indifpcnfable que l'af-
!emblée nationale explique le .décret du 17 août
A +
pour détourner le tens qui feroic incon-
ciliable avec les principes de la religion catholi;
que qu'elle profefle avec tout le peuple français,
en le déterminant avec précifion à la feule inter-
prmtion légitime qui puiffe
mais les confeiences > & 'tarir cette
de troubles dans l'état.
On fe livre à cet cfprit, dans' t'examen de cette
queftion avec d'autant plus de confiance, q.uf te
culte catholique eft celui de la nation, quelque
nuage que l'on s'efforce de jettçr fut
teftable & confolante vérité, ¡(en confacré par le
décret du t;
l'atTemblée nationale n'a déclaré fon profond tee-
pe<ft que pour la religion catholique elle n'a nus
que les frais de ce culte au nombre des objets dp
fa depenfe j elle les a hypothéqués pour toujqur,$
fur les biens qu'elle a nus à fa 4ifp?^yon je i
novembre pat fon décret du même jour;
.elle n'a organifé elle
n'a fait conftarnrnent prpfelîîon "publique que de
ce' culte religieux pour lequel elle- a hautement
exprimé [on, attachement inviolable elle doit
donc en refpeâer Se maintenii les loix| ou les
engagerïferrHés plus facrés &/ fondés fur la vo-
lonté générale de la nation tant de fois.renou-|
yellée, ne .feroient plus qu'un jeu.
(«)
•: V .• Célibat Eccléfiajlique
en débutant, quf1 le
n'appartient point à la fui',
générale de l'églife qui n'en
pas moins digne de nos refpe&s que le dogme
catholique 8c que fon inltitution remonte jus-
qu'aux apôtres.
pas fondions facrées des per-
du mariage il eut
v(été même difficile alors d'en ufer autrement le
mariage étant à la nai (Tance du chtidianifmc
l'état le plus ordinaire des hommes en fociccé.
Mats on fait auffi qu'appelles à cette vocation fu-
Mime, ils étoient toujours obligés! la continence
parfaite dans l'épi fcop.it & la prêtrife chez les
Latins & chez les Grecs j tandis qu'ils étoient li-
bres d'en allier les devoirs & les droits avec l'e-
xercice du diaconat, chez les Grecs feulement,
quand ils exprimoient au' tems de leur ordina-
tion une intention & ab-
folue cet égard.
Le dixieme canon du concile d'Ancyre en 1 4
ordonne que les diacres qui, a leur ordination, ont
protefté qu'ils prétendoient ft inarier s'ils l'ont
fait enfuie, demeoreront dans le minière
N)
puifque t'évoque le leur a permis j que s'ils n'ont
rien dit dans leur ordination & fe marient en»
fuite, ils feront privés du mjniftere diaconi qui'
cumqut ordinantur% fî ïn ipjà ordinaùone proteftati
nec
contiàere y fi pofleà ad nuptias venerint mantcnt
in minifterio ticen-
ciam dtderit quicumque htc tacuerlnt & fufcepe-
tint manu s impojîcionem profefji conùnenûam fi
pofleà ad nuptias ventant t à minïflenb (effare
(i) M. Fleuri nous apprend, dans Ton troifleme diccuurs
fur l'hiftoîre «clcfiaftiqoc que les Grecs furent les premiers
qui, dès la An du feptieme fietle, fecouerent le joug; Sa-
lutaire du célibat par le canon Au concile M Trullo où
ils permirent aux prêtres de garder Icurs femmes c'eli-à-
dire, celles qu'ils avoieut époafées avant leur ordination
car il nous a/Ture qu'il n'a jamais ûc permis dans l'<!glife
Grecque ni dans Nglife Latine, à^ aucun ^vêcjuc ci a au-
eun prêtre de te marief après (on ordination. Il ne le fut
même, jamais anx diacres dans IVglifc Latine & dans t'é-
dite Grecque cette pcrmirlion ne fut accordée cjo'au» dia-
cres qu'oo avoit ordonnés malgré leurs proreftations qu'ils
ce vouloietit point renoncer au mariage comme ils font
encore & ils prirent pour prétexte un c*anoo de Carthage
niai. entendu, & les fcardales déja trop, fréquens chez les
Mais le premier Occident
lui de ce curé de Crtâlons qui voutut Ce, marier 'publique*
ment, & contre lequel il y eut Une réclamation générale
lia').
Mats depuis plus de quinze (ieclés l'ufage Sç
les réglcs canoniques ont rendu «s deux états in-
compatibles dans l'églife catholique (k il y aurait
aujourd'hui les plus grands ineoiivéHiens à prooon?
cer la loi contraire en abrogeant cette heureufe
liberté, en proferivant cette fainte inftitution.
En effet, ,-3 quel éjat la pureté de la continence
parfaite convient-el!^ mieux qu'à celui qui .ejVU
plus fa itvii tarife avec les
modele des pafteurs a voulu; na|§re,4'uue vierge
fon difciplc- bieiv air^é «pic vierge les ininiftres
dépofitaires de fon autorité ne devroient-ils pas
l'ctre auflî & par,14 dégagés dé tout foin tem-
commè on feroit àujoud'hui tant on avoit d'horreur d'un
fi nouveau. H'.fl. tçel. tont.
Le concile in trullo a!la plus loin il défendit aux'iîve-
<jue$ de garder les femmet «jii'iUàroîcilt "avant leur cônfe*»-
«ration j mais il le férmit aux frèxtei, aux diacres & aiik
fôudiacres de peur, dit-il, qae nous ne piroiifions m^ptî-
v fer ce que Dien a établi, ^c que.], C. a honoré de fà pr<
fence. Raifon ridicule, contraireHa doftrine de h'C. k
de faînt Paul qui militeroit également pour les évê<jùes à
elle avoit quelque folidiii* Mais non
f ejene le concile In Tr*l/o en cette patrie, parce Cju'it pér-
w« le mariage de! prêtre!; manette improuve form^lfë-
ment ta pratique de l'Orient «jai leur permet lawîe conju-
gate } elle la tolère feulement dans la ctïiûtc d'entretenu
le fchifrne.
,(̃»̃)̃'̃
porel, de follicituJe
étrangère à leur miniftere ?
Aull] cette difcipliné fe trouve-t-elle établie
par une' foule de témoignages des fai.nts pères
des mo-
humens de la ttaditiou ( i ). 11 eft plus facile d'en
citer &.d'en choifir .quelques uns dans le nom-
bre plufiôurs qui ont paru dan»
ces derniers .rems fur
multiplier les citations,
Le pape Sirice attefte félon la f*r
vante collection des conciles, tom, p. toto,
que lés prttres Se tous les lévites, ce qui veut dire
les diacres (les foadiacres n'ctoîent pas encore
connus ) & plus forte raifon les évoques font
engagés par une loi inviolable à coofetver leur»
corps & leurs coeurs purs & fournis la charte
depuis le jour de. leur ordination afin de plaire
en tout lui of-
(t) On pourroit ajouter de r«critr.rc:faiiitc, elle- même
où voit dans rApocatypfe la ptofciipri;*) Je l'erreur de»
Nicolaïtes dont la principale cV;it l'impureté i & c'eft
pour cette raifoa qufl le cardinal Hiimbert, légac du pape
en Orient dans, fa ferwepee deicommunication contre
Michel Cc"rulaire packiarche de Conftantinoplc & fes i* a»
teurs leur fait « ce «>mnn Us ils ftt-
< «*)
fient tous les. jours & il fc renferme lui-même,
dans la fidélité ce devoir (
Saint Jérôme, dans fon épure contre Jovinien
tbm. 4. p. 441 paît. 2. recommande exprefle-
ment, félon la loi de l'églile, que les évèques
les prêtres & les diacres [oient élus parmi ceux
qui font vierges ) ou dans la viduité, ou qui
garderont, après l'ordination la continence per«
Le troifieme concile d'Orléans en 5)8, or-
donne que les eccléfiaftiqoes qui font dans les
ordres facrés gardent le célibat fous peine d'ê-
tre dépofés & réduits à la communion laïque ).
Celui de Worms en 8<58 ordonne que les
évoques, les prêtres, les diacres & foudiacres
(s) Sacerdoces omnes arque levitx (ive diaconi > infolubili
lege conftringimur, ut à die ofdinationis nortz. pudici-
tix & corda noftra manc:penius Se zorpora, ut per omnia
Dco noftro In bis quz quotidit orTerimus facrificiis plicea.
mus. Hier. uc/upr.
(») Epifeopi presbyreri diaconi aut vtrgines eligan-
cur aut vidui', aut c&nè port fa«rdotium in sternum
pudici. S. Hier. fupr.
()) Ut Quitus cler'icorum te Coprà^uos
uxores in propofito (uo accipere inhibetur proprix 6 forte
jam hibeat mi(ceat«r uxor! j quod û fecerit laïcà com-
Tnunione eontentut ¡Girl priorom f aiiCbum ftatuU at officio
deponatur. Cont. Auttl, ut fupr.
( If )
s'abflicnnent de Fufage des droits du ma-
Celui d'Ausbourg en prononce égale.
ment que les évoques, les prêtres lés diacres &
les foudiacres l'ont aftreints à la même loi ainû
qa'il eft céglé dans une multitude de conciles
parce qu'ils difpenfent les facrés rhyfteres de la
religion ( ).
Les conciles généraux de Latran en n»j &
ont.défendu la même chofe ck confirmé
la même loi ( j).
(t) PUcuit ut epifeopi presbyteri diaconi & fubdia-
eoni abftineant Ce ab uxoribus. Concil. Format. cap. 9.
tom. 8. pag. J48.
(t) Epifcopus presbyter, diaconus fnbJiaeonu* ut
inmultis conciliis firmitum. c'X quia divir.a ir.yftcila con-
tre&ant ab oxoribus abfi incanr. Condl. j4uguft. ut jupr.
(j) Prcsbyceris diaconibus fubdi.tconibus & monacbis
concubiim habere, feu nurrimonia contraherc interdicimus,
̃ contracta quoquc msnimonu ab cjufmoiii rerfonis disjun-
Ct îc pcrfona<: £<1 poenientiim dtlcrc f.oigi juntafai.ro-
rum emonum dcfinitioncin judicarnus. fond!. Laier. aitt
nij. Can. il. Statuiiius quatcnùs «pifeepi, rcgularcs,
canonici Se monaclii atquc converfi profe-fii <jui fancr
tuin traofgredjeate* propofitum i;xo:ti (\'o\ copuîarc, quàm
contrà «cclefiafticam rcgulam conftat cite contrailam mi-
irimoniiim non effe cenfimus. Idipfum quoquc de fanâi-
rtunialibus fetminis, fi «juod abfic, nuberc attenuverint
obfcrVari decernimus. Concil. Later. an. 1 1 j 9. can. 7 6p t.
<M)
Enfin le concile de Trente qui a mis le der-
nier, fceau à ces autorités & les réunit toutes,
prononce dans fon canon fur le mariage» que
Jî quelqu'un dit que tes (cclcfiafliques qui font
dans les ordres f actes peuvent contracter ma-
riage que l'ayant coinraclé j il efi bon & va*
lide nonobjlixnt la toi ecdéfiafliqile^.i que de fou-
tenir le contraire j ce n'ejl autre chofe que de
condamner le mariage qu'il foit anathême 3 puif*
que Dieu ne refufe point ce don à cefix qui le lui
demandent comme il faut qu'il ne permet pas
que nous foyons tentés au-dejjus de nos for ces (1).
C'eh au dernier canon du concile général de
Latran ci«deflus cité en qu'il faut fixer
l'époque précife de h difeipline générale qui
met le voeu folemnel de continence au nombre des
empêchemens ditirnans du mariage $cp qui a
toujours été obfervé depuis dans l'églife. Il eft
vrai que le mariage étoit. défendu aux prêtres
& aux diacres, & plus forte raifon aux évêques
•( 1 ) Si quis dixerît clcriços in facris Otdiiiibus confUcu-
to< poffc raatrimonium contraherc <ontritturn<pe va-
Jidumene, non obftantetege ecclcfuftkâ.i & pppofimip
nihil aliud efte, quam tjarmure ifiatrimônium. artathema
fît} cum Dcus id tçùi petentibus non deoeget, nec paria-
tut nos fuprà id quod pofTumus tciuati. Cendl. Trid,
loc» tit, kt fuprà..̃̃̃/̃
(•5)
Jong-tems auparavant dès les premiers fîeclës
de l'églifé j mais cette dcfenfe attichée aux or-
dres facrés n'etoit qp'un empêchement prohibi-
tif & non dirimant du mariage.
Le canon du concile d'Auibotirg, en 951 ci-
deflus, cité Si quis epîfcopprum presbyterorum
diaconnrum & fubdiaconorum • uxprem accepit x à
fibi injuncto officio deponenndus ejl t fîfut in conci-
lio Carthagïnenji eenetur prouve que dans le di-
xième fiecle rempêclicment de l'ordre n'etoit pas
encore regarde dans l'églife comme un empé-
chement dirimant du mariage puifque les pères
du concile fe contentent de dépofer les prêtres
les diacres & les foudiacres qui fé marient, fans
déclarer leur mariage nul & invande.
Burchard, évêque de Worms depuis l'an .|oo8_»
Jufqu'en dans fa collection des dnons
n'en rapporte aucun qui ait fait désole! facrés
un empêchement dirimant du mariage j d'où l'on.
peut conclure qu'il n'y avoir alors aucun canon qui
eût établi cet empêchement. On voit par-là que la
continence n'étant attachée aux ordres facrés que
par le droit eccléfiaftique» l'empêchement diri»
niant:du mariage fondé fur les ordres facrés, n'eft
audi que de droit eccléfiaftique dont l'cglife p2ut
dlfpenfer en changeant la difciplinc fur ce point
mais jufques-li elle doit être maintenue & rigou-
reofement obfervée.
( »O
On n'en cirera pas davantage pour établir l'exlf-»
tence d'une loi eccléfîaftiquc qui concerne le cé-
libat du clergé lié aux ordres (actes & que cette
loi appartient 1 la rlifeipline générale c!e l'cglifd
dans Pintérieur du faultuairc j qu'elle remonte
jufqu'âux tems aportoliqnes & ne Ce rapporte
qu'au règlement des moeurs de fes minières fans
troubler ni interne en rien l'ordre public des
empires, & par conféquent que la puiflance fécu-
Jiere ne peut pas elle-même l'abroger..
En effet, n'eft-il pas bieo légitime & conforme
au refpeâ dû la religion que l'état le plus faim
exige la profeflion de la plus fainte de la plus fu-
blime des vertus évangéliques parmi lefquellcs
le célibat a toujours obtenu le premier rang
même panni les payens, quil'avoient honore dans
l'infticàrion de leurs vexâtes, fi refpeâées par cette
feule pratique, Se condamnée» à la mort quand
elles en violoient lobfervance ? Les foins tempo-
rels dont on a entendu ditpenfer le clergé par le
nouveau régime en le privant de feî biens re-
deviendroi^nt bientôt (on partage, fi les embarras
d'une famille Se tous les détails qu'entraîne le
mariage,' étaient pour lui un nouveau furcroît
d'occupation.
On a voulu rappeller ',dit ,ou les eccléfi?.fti-
ques à la difcipline. primitive de l'églife & il
n'en
B
n'eft pertbhne qui n'applaudifle. de tout fqn cœur
la Gocérité de cette réforme.. Jamais ils ne mé-
riteront la confiance publique, & le refpeâ de*
peuples, qu'autant qu'ils feront remplis du véri-
table efprit de leur tmniftere » 6c qu'ils réuniront
leurs efforts pour retfemblçr aux minières de la
"religion qui dans les premiers fiecles étoient fa
gloire par .leurs lumières comme ils faifoieqc
la confolatfon des fidèles par leur charité & IV
rnent. Q: la continence
celle des pafteurs des ames;
& l'on n'étoit attentif à les chpilir que dans cette
partie la plus pure du ttoupeau.Si Fon'veut donc
teufs de ces grands exemples qu'on leur per-;
mette d'être jaloux de fe diftinguer d'édifier
comme eux te peuple fidèle par h pratique conf-
tante de cette vertu t leur plus cher, leur plus
ancien patrimoine comme, on entend, comme
on a droit d'exiger qu'ils Soient désormais recom-
tnandables par la fainteté de leur vocation & leur
arTranchifTemcnt de
peut douter quej.'églifc en fera mieux fervie par
des d'Une* famille don|
ils par le facri-
( ̃̃̃«• )
biens & où ils rehrfetolênt tn&ilii-
fckmem par un état & des liens^gui^les partagé»
iokm entre Dieu 9c le monde, ciel & la terre
le facté & le profane. Ce font deux exwc«r'<$ foiit
lui r félon le ?«eu même des firteles fe confa-
^entfxmr toujours, & veulent déformais fe liviet
^©ny au* oeuvres de pharicé", toutes les foçc-
rions' du zele fle peuvent concilier cette haute
deûirtée & d'aufli faiftces occupations avec la,
^erfpeâive d'an ménage <onjugal les aflii/etriiïe-
inéas multipliés de l'union matrimoniale l'édu-
<atk>n n<jcc(Taire des enfàns les telations habi-
tuelles<]e fociété", & la conduite des affaires tem-
porelles qui font înféparablés da mariage en
W>rt comme une milice çcdéiiaftique f^mblable
e^i quelque forte la conftitution de l'armée dont
l'état elt incompatible pour le foldat avec celui
du mariage. Telle eft roiganifatioh du militaire
& la tribune nationale a retenti plus d'une fois
des motifs graves qui en juftifient la neceflîté.
Que deviendroient d'ailleurs les enfans <jui naî-
ttoient <Uns on mariage eedéfiaftique, quel
fort leur feroit téfetvé dans uh état auflî précaire ?
Quel mauvais Service leur tendrott la patrie ea
B x
\ti faifaat fortir d'une telle origine 1 On ne paf
lera pas des abus déplorables & des défordres pu+
blics qui en font la faite ordinaire dans une con-
grée voifine & rivale de la nôtre » ou le mariage
n'eft pas interdit aux minières de fon culte reli-
gieux. Parmi nous le fort viager 6c modique qne
l'état a voté pouf les nôtres, n'ocre aucune ref-»
fource favorable » aucun avantage encourageant
pour la
ceux qui auront quelque patrimoine feront peu
tentés, hors le cas d'une vocation bien rare, d'en*
crer dans uo état dont les fonctions avives & pé*
nibles renouvel lces fans cefle 6c qui exigeiit
toute leur affiduité donnent lieu de prévoir que
Jes autres moins accommodés de la fortune > rif
fupplceront pas par leur induftrie.
Mais ce qui ne peut être palTé fous lîlence
personne n'ignore que les perfonnes pieufes, fie
beaucoup d'autres me, qui fans avoir la même
dclicacelTe de c fcience ont aflez de vertu pour
aimer & ttfaeûet les regles. de l'cglife feront
fcandalifé^s de voir des prêtres matiéj comme il
eft arrivé deja dans plofieurs paroiflès où cefean»
date a foulevé les moins fcrupuleux leur 6terpic
toute confiance, les préviendrait même contre le»
légiflateurs qui l'auront autorifé & ne croiront jaj-
auais que leur puiflancç fouveraioc s'étende |of*
qu'à changer une difcipline qui fait la gloire de
!a religion a leurs yeux. On fait ce qui fe part»
fur-tout dans un des diftriâts de la capitale, lorf-
qu'un prètte ofa y proposer lai-même ^abrogation
<le cette loi i "né indignation générale Se je mé-
pris furent tout l'accueil -que cette étrange ptopo-
firioa dans une bpuehe dont on né devoit pas
l'attendre, lui mérita,
Cette^opinion auez uniforme i laquelle on
doit tendre hommage quelle que fbit ia cor1-
ruption du fiecje, car enhn la plus pu «(Tante au-
torité dans le monde n'a de folide appui que dans
J'opinioiï fondée fut la tâifon
peut-elle pas par cela msme çbranléé d'édifice de
licpnttitutiou.qui vient d'être donnée la France,
diminuer le nombre rde> (es parti(ans,^c arTiiblir
(es, appuis, qu'il faiidroit a« contraire accroître
'Il fortifier par la ceux
qui nous gouvernent que la îeconnpiirance des
peaples avec l'influence du niiuiftere ecc'é&jftique
leur infpirera leur facilitera fans celfe de eooei-
lier aux lait, qui nous régîffertt,' par la fécondité
4e fes reiTources & les erforts de leur patriotifiTiè
c'eft-à-dire de leur attachement à la conftitution
de leur pays qui ne peut être inébranlable que
-pat leur attachement i celle de leur état?
Viiïemblée conftuuante a reconnu les limites
..(«̃I:
BV
qui doivent circonfcrire les doux autôtire's qui
nous gouvernent, l'une pour nous rendre beurcut
fur la terre, 8c l'autre pour nous préparer & nous
conduite au bonheur du ciel. Elle a religieusement
refpe&é lés dogmesqui appartiennent a la foi; h*
générale intéricure & apoftolkjue qui fe rapporte
aux faciès dcînr «lié
'.la laconfervacrice&/efouiicn ? H en eflt une -fans
doute locale, paniculierc.indirTérente en elle même
relative 4 l'ordre publie de l'empire avec lequel il
faut la concilier pour le bien de ta paix, & (m*
vre Pefprit de Jefus Cbrift qui n'a rien propofé
que de
fon delfcin ,i<]Uoiq.ie tout dépendît dé Jui qoè
l'églifc peut de dyit varier -fuivant ies cuconù
tances; les befoins & la. volonté de- laporfj
fane? publique dont rimérêt doit toujours -être
confulcé ( ,}.Ou
lemi;el cette vérité que loue ce' qui petit s'y
eft de leuc relfort parce
que. toute cèle fte & divine qà'el!eeft^
la juriïçitfion dc'l'ègîifc, 6c \c' diliitigtc. "'fT
(kl «
(
luit neWTairemetic dans fa^police extérieure teloh
la. ferveur ou le relâchement des ficelés, la defti*
née des indications humaines & qu'elle éprouve
comme elles les viciflîturles de la condition des
chofes créées -mais' les. rems qui ont changé les
moeurs 8c la discipline n'ont pas changé Ton ef
prit ni abrogé les règles de (on régime etfentiel.
Mais la difdpline générale qni embraflè l'uijiver-
Êtlité de l'eglife appartient i l'églife même
^parce qu'elle fait partie du dépôt, qui, lui a été cou-
fié ,& qu'il n y a qu'elle qui ait jamais prononcé for
cet objet. Ceft ainfi qu'elle a réglé par une pra-
tîque uniforme que l'on
feule çfpece, fauf quelques exceptions «sigées par
les drçonftances qui confirment la règle que les
facremens feroient conférés fous une forme déter-
minée, en employant certaine matière; que l'on
céllbreroit le dimanche 9c certaines fêtes folem-
nellçs dans toute l'étendue de la catholicité. Tout
k monde eft obligé de c'y foumettre,
fomie
loti qu'elle exige rigooréufemerit qu'il n'en foit
qu'aptes Irf Avoir annoncé que la condition «k*
preffe de fon ordination feroir de garder acon..
tinence perpéta«ll«
iC«)
8
n'eft & pour des caufes ttls-
graves qui ne cette
difdpline ni déloger à cette loi.
:En vain» diroit on qu'un vœu qu'un engage-
ment perpétuel tel que feroit celui du célibat
eedéfiaftique eft contraire a la loi de l'état 'y U
eft facile de répondre qu'il ne
traire que le ferment civique qui reiifume fans
doute un engagement irrévocable d'être fidèle £
Ja» nation à la loi Se au roi.
La loi dit-on encore fc borne à ne défendu
pas le mariage des prêtres $ mais cette indifférence.
n>ft autorifer lje ce--
libat, en permettant d'en violer le précepte j elle
n'ordonne pas non plus d'aflifter le dimanche à la
tnetfè cependant cela n'empêche pas que la loi
de l'églife l'ordonne, comme elle défend* le ma»
liage à Tes
cutionde l'un & de l'autre commandement.
On eft bien éloigné de ptéfenter au refte (et,.
de crier indiferette-
ment a la perte de la foi au
religion en écoutant un zèle plus amer qu'éclat»
té, plus aveugle, que- charitable,
qu'édifiant} d'infpirer des
les pattïUnç
i Mit
Inceres dc "l'opinion que nous n'adoptons pas
parce que l'cglife la rejette. Nous favons tout ce
qu'on peut alléguer en fa' faveur, avec les inten-
tions les plus dettes, 8c les motifs les plus loua-
bles en vain fe diiïimuleroit-on atiflî les incon-
véniens qui1 peuvent accompagner le célibat des
prêtres mal appelles à cette fublime vocation qui
eft un don fpécial de Dieu
qu'il jnfpire} mais il en cft de plus terribles en-
core dans l'abrogation de cette précieufe difcipliriV.
On aimé à penfer que fes détracteurs Ce foin
trompés en jugeant des moeurs du elerge futur
par foi abus. & les imperfections qu'ils ont entre-
vus clans l'état du clergé ancien qui vient d'être
régénéré j 6c 1 Dieu ne plaife que l'on fe permette
aucune application ni inculpation injurieufe, en
même -rems qu'on ne peur difeonvenir qu'en
général il avoit befoin de réforme & les bons
citoyens ont atfez de Confiance dans l'ouvrage 9c
la f âge (Te de leurs reprcfcntans, quand ils ne fui-
6V
favent écarter toue ce qui ne les rappclleroit pas à
la hauteur où doit lés élever le Sentiment intime
de
alTuré* que
& qu'il adoptera
( ¥y
rets:, rendra cette précaution wuulc la pureté
de leurs vues» 6c dangeteufe peut-être au fuccès
la
Ou}, 6 l'on pouvoit pénfer qu'uni jour le chan-
gement de cette difçipline ramenerok les mœurs
& la régularité dans le ian&uaire croyons que
les tetranchemehs lefreftlés dans les richelfes dt
l'état temporel du clergé ïùffiront feuls pour opé-
rer ce grand bien » & parvenir à ce but falutaire.
Et s'il devôic en arriver autrement, ce qu'il n'eft
pas facile de fe perfuader en voyant loin de l'au-
tel ce qui étoit le plus grand écueil de la vertu,
alors on peut s'en repofer avec confiance fur le
2élé de h génération qui nous fiiccéder» pour
ajbUter ce dernier remède avec le concours de l'é-
glifeqlii s'empiefferoit d'en féconder rertet s'il
ttoît j^Jgé néeciraire tous ceux que la régénéra-
tion du cterge doit mettre au rang des bitnfAÎts
de la puiflance féculiete.
Ah qu'il nous foit-petavis de le dire avec
qûejque regret, en fini(Tant cet article. On Me
connoît pas alfez la religion & l'heureufe influence
qu'elle peut & doit avoir fur raffermiirerheni
même des empires. Ne lui coflteftoiVs pas le plus
floble apanage de Tes rhiniftrtsj le plus beau titre
qu'elle leur aflute à la vénératioft de» petites, le
f**>
a
des excès accablans de
infenfés de la licence. Si oni la çonnoiffoijt bien
en l'aimeroic fous ce rapport i fi on falmoit fin-
cuement on en favorifetoit la prxtique fi on
h ptati^uoit on l'hcnotcioit dans la peifonnc de
/es miniftres qwahd H$ fitvent J'honorer eux-
mêmes, en n'oubliant jamais qu'ils /ont les mo-
dèles <$u troupeau. Il eft digne de nos auguftes
• repréfentans de ce
blime dans le pénible emploi qu'ils exercent pouc
te bouhéur de la patrie, inséparable de lafageflfe
pour la religion & les fublimes facrifices qu'elle
commande, joint d la confeience de leur carac-
tère fera retentir de toutes parts aux témoins de
leur zèle 6c de leurs efforts pour la profpérité
général, ce mot célèbre de Cinéas l'envoyé de
Pyrrhus mi Ycn.U de Rojpe que la ville ènuer«
-Jeuravôit paîûTuS temple, cVl'aUgufte enceinte
des arbitres de fa deftinée une aflemblée de rois
On n'en dira pas davantage en faveur du cé-
libat eccléfiaftique i maison invite le lecteur à f«
procurer deux exccllens ouvrages qui répondent
tout fut cette rnaticre & nous difp«nfent
de l'approfondir de nouveau. L'un eft inthulé
Difiipiine de VÉglife furie mariage des pritres/t voK
par M, Maultrot, qui ft vend chtz les frerei
le Clere, libraires, Paris j Ce
l'autre Le fanatifmc du libertinage confondu > ou
lettres fir le célibat des miniftres de l'éghfe dt
M. He'lwfon à M. Du- de Saint-
BenfiU-fur-Stïnt t aiiflS chez Us mêmes libraire».
On ne (aurait trop en recommander la lefture t
«Ile édifiera confolera & encouragera tout e».-
femble les vrais amis de la religion.
Le Divorce,
Le divorce pour lequel on demande de plu»
6eurs côtés ano loi expréfle eft une de ces qn«C*
lions politiques de religieufes fur laquelle on
peut dire que s'U^a des raifons capables de faire
quelqu'impreflîon en fa faveur on peut citer de
grand4__ejseinplçs &de plus grandes conlidcra*'
lions encoce pour ne pas ^admettre. On fait tout
ce qui peut être allégué de fpécieux fur les heu-
reux effets qui peuvent ou que l'on croit qui peu-
vent en réfuiter pour les mœurs générales & 1.
profpérité de l'empire, d'après le fyftême Se les
idées de ceux qui ont écrit ou parlé peut en déve-
lopper les avantages. Il eft jufte aufli de les UaUii-»
qo'il préfertte j
«pour fe. décider avec une entière connoiflancé de
jCiu/e fut cette iw»tiere iropoctante j i
,'(̃*?:)̃
facile <Uvfe convaincre que le divorce, avec la
faculté de former d'autres nœuds car t'en le feul
dont il s'agit ici ,eft également inconciliable avec
lçs principes.de la cônftitutioiî & les n-àxlmes dé
Et d'abord il n'eft pas néceflaire d'infiftsr beau.
coup fur les autorités réunies de l'écriture & de la
tradition ecclcfiaftique où les adverfaires du di^-
yorce croyeiit lire fa condamnatipri éxpre(Ie« Patrni
les ouvrages eftimables & favans .qui ont porté
cette vérité au dernier degré de certitude on
diRingue rintérefTant ouvrage de M. l'abbé de
Ràftignac. y digne oeveu du prélat célèbre annuel
nous devons l'iitimortel ouvrage fur la juftice
chrétienne. Il n'y- laiCTe rien à deftrer pour coin
noître la véritable doctrine de Véglife fur ce dogme
^jthoKquei^îTpeut voir aufli fur <ett«niatiere ta
tradirion de l'églife recueillie jufqu'à nos jours
dans un boii ouvrage en'i volumes in-t i. intitulé
lien con*
jugal qui fe trouve chez les fteres le Clere li-
blaires me Stj-Msrtin.
L'homtâc < quitiera fort père & fa mite pour ?'at~
tachèr â
que;Dieu
pe feront toits deux, qu'une feule ïhàir. J«fus-Gh tift
U ̃ fcrc de ces paroles poto montrer que le Jientilfi
union*
̃(,?'):
lui foit au monde > où l'homme & la femme ne
font plus qu'un, même efprit un même tout,
dont les parties n'ont plus ni fehtimens ni incli-
nations, ni intérêts féparcs, ne peut être, rortf U
par le divorce; Se il en conclut, que le mari & la
femme h 'étant plus «Jeux, mais une feule chair,
l'homme ne doit pas entreprendre de féeaier ce
que Dieu a uni..
Nous nous contenterons donc de rappeller, ici
le&eurs ces textes célèbres
de l'évangile que j tout le inonde connoît où il.
eft dit Que quiconque renverra fa Femme & co
époufera une (i). Çes
& plufieurs autres ihfpirés 6c
dictés par
.remeot difeutés dafii* dés écrits qui font générale-
ment répandus ^Aj§^pjyçem
.faifant tomber la caufe d'adultère câm«ie motif
fur la feparation des époux j5f. non pas' comme
un; titre pour rompre le mariage
(l) Quicumque dimiferk uiorcm ïaim', 'te affam duxe
rit duherium coramitùt. fi uxor din>ifcfit virum fuo^i,
& alii nupfait, raoccbatùr. Marc. 10. ilv L- »'̃
Omnis qui dimittit uxotem fuarft, M-^ f ltfjr*n» duck
mœchatuc, & qui dimilTam à vitoducit, inacbatur. Luc.
Quicumque dtmtfetit
Bcm*. & aliâm duuiù if. 9.
(,Ci)'
«ne autre union qu'on ne peut en tirer aucun
argument en faveur du divorce j ils établirent aa
contraire fa, ptofcription comme conforme, à la
«parole de Dieu écrite qui permet bien la fépa-
fation des éponx en os d'adultère j mais dans ce
,cas-là même ne permet pas de contracter un au-
jre .engagement tant que la partie coupable eft
vivante. Les théologiens,& les jurifconfultes les
iplus habiles ont unanimement fourchu le fens qui
vient d'eue exprimé, les paroles & la ponctuation
idelaphrafe n'en présentent pas un autre cVne
ipoutroient en comporter on différent, fans faire
violence au texte, fans ajtérer la lignification ria*
turelle des mots fans renverfer toutes les tegles
An langage
fur des rai*
ifonneotens te des fatu que perfonne nignore.
La tradition ne paroît pas moins formelle &
il fuf&.t après a.voir rappelle le décret du faint
concile de Trente touchant l'expofition qu'ils y
qu'il nous apprend ce que nous avons
rapporté plus haut & s'en fert pour prouver que
4e premier père du genre-humain par Pinfpira-
tion du faint-Efprit a déclaré le lien du mariage
perpétuel À indi(Tolublc quand.il a, dit C'efi
mainttnant l'os dfjmtfetj $r (a .<hair dt
( et )
t'efl pourquoi l'homme laijfcra fan ptrtô fa mère?
pour s'attacher à fa femme & ils ne feront tous
deux qu'une même chair. Et d'abord après Jefus»
Chrift confirme la fermeté de ce lieu déclarée par
Adam û long- tems auparavant, en difant Que
l'homme donc ne fe'pare pas ce que Dieu a ani. Et
puifque fainc Paql devons-nous ajouter a dit:
Maris aime\ vos femmes comme Jefus-Chri/i a
aimefon églife pour
cet amour en tout feaiblable des deux côtés doit
être auflî indiiïblubie dans le mariage des chréV
ttens que dans 1» Société fpirkuèlle de Je(us-
CbriA avec Ton églife. •
On fait auflî l'ufnge que l'on peut faite pour
même conci^(j), qui prononce anathême contrt
ceux qui difena que
quand elle enfeigne que l'adultère ne dijfout pas le
(t) Si qui* diierit «clefi»m ertare cum doeuit 8c docet
fium poffir
iiffoM te. utrumc]ue vel eciare ioooccnteip qui caufain
adulterio non dcdü, son pode, altçr o conjuge vifeoce
«Had ntauimoniam «ootrahew tnOEebari<]ae «um qui i,
iiroiftâ adultéra alian» duierit 6c eam que» dimiffo téul*
aoKLcaa fit. Çetuil, sw.ùtfufn
(il)
mariage pour en conclure feulement avec la foule
des auteurs inftrnits fur cette matière & des mo-
tifs particuliers qui ont préfidé à la rédaction de
.ce décret, que fi t'on n'eft pas hérétique pour nier
la doctrine confacrée pat ce canon on eft dans
ane erreur bien approchante de Phéréfie quand
on combat la doctrine de l'églife fur ce point
ptiirqu'clle ne s'eit abftenue de la définie comme
un dogme rejeté & de la propofer comme telle
aux fidèles ait» fi que le portoit la première ré»
dation du concile que pardes raifons de pru-
dence 8c de charité alléguées par les ambafladeurs
toire lati'në du concile de Trente & qci l'onc
|>orrée t.rès-judicieufement à tempérer fon dé-
cret ( i )..
Ajoutons à ces autorités que Tufage eft con-
forme en ce point depuis l'établilTement de ré-
glife jnfqu'à nous, à la doctrine qu'elle a conlhm-
inent fuivie dans fpn enfeignement. H feroit fa-
cite d'étabtic vi&orieufement que-; l'on ne peut,
citer depuis dix huit fiecles dans le fein de l'églife
diJToliibilité du mariage qui ne puitfè s'expliquer
( i) Voye\ } au mot dMr-
lib. 1, cap. 4. pag. ii(. ii'tt. d'Anvers 1^70. leur
t jj)
leur porter atteinte
Tous ceux qui for.t configneV dans l'hiftoire ,oii
font un abus condamné par l'églife ou le réful-
tjtt d'un jugement dans les tribunaux éccléfiafti-
qués & civils; qu'il n'y avoïTpoint eu de lien con.
jugal valablement contracTte, & jamatt de ptonon-
ciation aothetitique pour dédarer en termes for-;
mels que le nœud faCtédii mariage reconnu
exiftaiu, cV forme fous les aufpices de là religion
de l'état a été rompu avec faculté accordée à
chacun des époux ainfi féparés, d'en contractée
un nouveau du vivant de l'un ou de l'autre c'eft
urtTFoTmément
tous les faits hiftoricjues qui font cités avec affec-
tation par les partions du divorce & fcmblent
dépofer du contraire! f
Il y a plus t on convient c|ue les anciennes îoix
romaines & impériales ont permis le divorce.
Conftantin ,« Théodofe Valentinien Juftihieh
memei L'avàientâutôtifé dans le fens dont il s'agit j
tnais quelles que fuflènt lés rai Cons de politique
bolir4 ou engagé à le tolérer l'ég!i(ç ne les a
mais approuvées elle a retranclié de fa commu-
nion, & fournis à la pénitence pub'iqua ceux qui
le temarioient à d'autres après avoir divorce, juf*
qu'à ce qu'Us fe féparaCTent. Voy. le conifil. ïn
Exam, du Dârtc, C
(*4)
Trul/o j en 691 %an, 87 cV celui de Tours
en ,can. 9. ( 1).
Les canons des apôtres quoique faufTemenc
attribués i ces fondateurs du chriftianifme, n'en
font pas moins des roonumens de la plus haute
antiquité d'une autorité inconteftable dans
l'cglife proferivent le divorce en termes formels;
voici comment s'exprime le canon 48. Si un laï-
que après avoir renvoyé" fon époufe ce prend
une autre Ou époufe une femme fiparée de Jon
mari qu'il foit exclus de la foeïtté des fide-
Le concile d'Elvire en Efp.igne fouirent allé-
j>ué n>ft pas plus favorable au divorce que les
précédens. Ecoutons M. Duguet du
totn. 1. de fes cotifcrences. Quant au 8'. canon
( 1 ) Si une femme quitte Ton mari pour en prendre on
autre elle cfl coupable d'adultère, & mérite d'être punie
félon les loi% de l'ég'ife mais ton mari ne eta pas pour
cela privé de la communion, La même ebofe eft dire du mari
qui. quitte fa femme, pour en prendre une autre. Ils ne feront
reçus à la communion qu'après fept années de pénitence,
fuivant les 'degrés marqués dans le J7e* canon de S. Bafilc.
CM, lir. du tout, de Trullo.
• Le concile de Tours enfeignc abfolumenc la même chote.
(0 Si quis laïeus uxorem propriam pcllens vel akeraro
ab alio dimi/Tara duerit, cofBrnunione privetur. Can.
un
Ci
(du concile «TÊlvire ) ( i ) » que nous allons expli*
quer il défend le divorce aux femmes clycticnnes",
fur quoi il faut faire d'abord ces deux léoiarqiKsj
la premier*, que les évêques d'Efpàgnc ne dMitt.-
gucnt pas le ntari fidèle d'avec 1 infidèle h f«-
coude ,qu'il femble reconnoître qu'il y a des rai-
fons qui peuvent rendre le divorce légitime, ,car
il ne condamne que celui qui le fait hors raifon,
nu/là précédente causa cette conjeèlute n'eft
pas plus folide ,& le canon fui vaut ( pe.) y eft
contraire. Or voici ce qu'il porte
Un« fttnmefidellt (c'eft-àdire chrétienne) qui
abandonne pour en époufer
un autre doit être réprimée afin qu'elle ne /Y*-
poufe pas que fi elle poffe outre i qu'elle ne foit
odtnïftltla eommunTûn~qu^ap'rèT^li décès de celui
qu'elle a quitté, à moins que l'extrême ttécejju/
de la maladie ne mette dans le cas de fuivre urté
conduite contraire.
( i ) Item foemin* qti* nullâ ftictiçhtc caasi rcli<}uo-
tunt viros fuoî & ait* ris Ce copultvetunt née in fin< icch
riant communionem. Cône il. Clii.can. lii.fuprà.
(i) famina fidelis qo* adulttrum marîtum rêliqùentf
£dc!em te alterum ducit < f rohibeatur ne ducat ù duxcn'r
non prius accipiat cdrofnuniohcm nifi quert rdiquerit, ptiih
de fetula exlcfit ni forcé ntctflîus infiimitatit date COftw
patent. C«n, Cli6. f.dt.fupri,
( J')
Comment concilier ces deux canons Se quelle
cft la raifon du huitieme, dit le P. Richard dans
fon di&ionnaire au mot divorce? Le voici. Les
foix tomâines ^emieuoie/it le divorce pour cet-
taines caufes, celles que i'adultece & le vol, mais
non pour routes fortes de caufes, ni à plus forte
raifort fans caufe. Les conciles hepouvoieht donc
point punir comme ils l'auroient voulu les
époux qui fe fépatoient & fe remar ioient à d'au-
tteS dans le cas d'adulcere, parce qu'ils ne vou-
loient point choquer les puiffances temporelles
{bd exemple des méiugemens à garder aVec elle
pour les intérêts de la religion) qu'ils aVoieht un
intérêt ertVntiel fe concilier, Il arrivent de là
que fi l'un des époux chrétiens fe remarioit un
autre dans le cas d'adultère quoiqu'on lui eût
«Jéferxki de le on (te
l'obligeoit pas de fe féparer du deuxième cppox;
& l'on fe contencoit de le priver de la commu-
nion durant la vie du premier. Mais pour ce qui
«ft des époux qui fc remarioient à d'autres fans
aucune caufe on les puni(foit plus févetement, en
leur refiifant la commitniori i l'article triêrne <fe
la mort. Ôa blâmoit donc tous les ëpoqx qui Ce
xemarioieiit après avoir fait divorce > foit qu'ils
«uflent des raifons pour le faire foit qu'ils n'en,
euflent pas; mais on puniffoit les
C3
derniers, fans appiouver les premiers. Tell* fat
la conduite des tel
cft le fens des canons cités dans cette fainte
a Semblée.
que l'on objecte encore continue Richard au
même endroit n'eft pas plus favorable au dir
vorcequeîe 10e
qui veur qu'on exhorte quifur-
prennentfleurs femmes en adultère, a ne point
époufer d'autres femmes du vivant des premières»
quoique les loix civiles alors en vigueur, leur pet"
initient dé le faire ( 1 ) j majs ce canon ne figniiie
autre chofe continue le même auteur fi ce n'eft
que,quoique les loix civile» permettent aux jeunes
gens qui ont des femmes adultères, d'en prendre
d'autres du vivant des premières, les lois de
tur nubercî d'où vient qu'on doit leur confeillçr
autant qu'il eft poflible de ne point fe rermrier
c'eft-à-dire que les payeurs doivent faire tpuc ce
qui eft en eux par leurs avis 6: leurs exhortations,
(1) De hîs qui conjuges fuas deprehendunt,
êc iidem
piacuJt ut »n qoaonim poflU eonfilium eis detur ne vivcnr
tlbui o,iorib^» Ta}» liect idultais alias accîpiaut. Cûiii
pour les détour net d'un nouveau mariage prohibé
par l'églife. Voili tout ce que figni6e le mot de
confeiî d^ns ce canon.
On s'éraie auffi très-mal-à-propos pour auto-
rîfer le divorce fur une décifion niai entendue
du pape Grégoire H. en 710 lequel dans une épî-
tre mife par l'églire au nombre de fes, canons
permet â un mari dont la femme étôit hors d'état
d'accomplir les devoirs du mariage, de fc rema-
rier une autre. En effet voici le texte #e la loi
Si par quelqu'infirmité une femme n*a pu rendre le
devoir conjugal à Jon mari vous demande^ ce que
fera le mari.«. Il ferok bon qu'il demeurât
la continence maïs s'il ne peut la car-
ier > qu'il fe marie plutôt. Cette décifion n'a paru
étrange à quelques théologiens, ôc favorable aux
partifans du divorce que parce qu'ils n'ont pas
fait réflexion qu'il s'agit là d'un empêchement di-
rimant, celui de Fimpuiltance car le pape ne dit
fii^Ji la femme ne peut
non valaerit. Ceft 1 quoi fans doute
M. Fleuri p'a pas fait attention » quand il dit que
i l'évangile & à fajnt ^a«l,ll a toujours é.té cer-
tain dans la doûrim d« l'églife que les empê-
chemens ordinaires du mariage, tek que celui do
îimfuUTaricç, nepermetttoient pas de les 0ntr*c^
(J?)
Ci
*ter, s'ils étoient connus d'avance; & le faifoient
annuler s'ils n'étoient découverts qu'après fa
célébration.
On eft d'accord néanmoins, & nous fônomes
obligés d'en convenir de bonne foi, qu'il y a quel-
ques conciles qui ont permis le mariage après, le
divorce dans le cas d'adultère cV d'incefte tels
que celui de Soiflbns en (i) celui de Ver-
beries en 7S (t), & celui de Compiegne en
757 (*)•
Origene & S. Bafilé ont au(ri embraffé la même
opinion ainfi que quelques autres peres de féglife.
Mais quelles que foient ces autorités, Se toutes
celles qu'on poiuroit alléguer pour preuve de c^t
(1) Le 9*. canon de ce concile défend aux laïques d'epou-
fer la femme d'un autre du vivsnt de ton mari, parce que
le mari ne peut répudier fa femme, ici ce neft pou&|aufc
"d-adultere." ̃ •̃
(i) Le canon de ce cooeile porte Si une femme rt-
fufe de fuivre Con mari obligé* de pafTee dans une autre
province. ou de fuivre fon ftigneur elle ne pourra pas fc
marier un autre du vivant de fon mari rpais le mati
qu'elle a refufé de Cuivre; pourra époufer une autre femme,
en' ce foumettant à la pénitence.
(j) Le 8«, Cjmpn de ce concile eft en ces termes Celui
qui a conimu un adu'tere avec la femme de (on frerc, ne
pourra jamais ce marier riba plus que la femme adohetçi
mais le mari de çetee feauns jpourt* tn ptttdte une autre. ̃>
(^i
ufage, nausée vons penfer que réglife, ni le pape
<juï «n «ft le chef vifible n'ont point reçu <je J. ci
le pouvoir de rompre le lien du mariage, & qu'ils
ne pettvei.it par confctjuçiitdifpenfer un mari pouf
époufer une feconde femme du vivant d'une prer
tnierc, qui l'auroit abandonne, pouç aller fe rç^
marier dans un autre pays.
Mais on peut rcpoiidre qu'en examiuant de près
les textes de ces divers conciles ils ne patlenr
que d'une fuhple feparation de corps, 6c non d'uin
divorce réel qui rompe le lien du mariage &
permette de palTer à de nouvelles nôces du vivant
.des époux ou qu'il y étoit queftion de caufes de
diflblution qui ëcoient alors un empêchement
dirimant du mariage, ou qu'enfin les règles J«
J'cglife étoietit peu connues dans ces tems dvigno-
rance même de la part de ces évêques fur i*in-
di^lubilité du mariage, l'un des points de U
morale chrétienne qui a trouvé le plus de contra-
diaion parmi les peuples convertis à la foî &
gu'après tout, l'autorité de ce petunp^bie»1?
peut l'emporter fur l'unanimité morale 4es pre^
miers pafteurs.
Quant aux pères qui ont paru favori[et le di-
yorce,,on les explique de même que ces conciles
il eft d'ailleurs facile de leur oppofer IVutorûé-
u« ̃̃)'̃
fc, de S AugufHnjdeSJcrôme, & de tous lés pi-
pes fur-tout de S. Léon & S, Grcgoire-le-grand qui
(ont uniformes pour l'indUTblubilité du mariage.
S. Augufiin en particulier /dans fon livre dés
mariages adultérins placé au 6*. tome de la col-
leûion bénédi&ine de fes ttuvr^s traite tt quef-
tion du divorce ex profejfo & prouve folidement
qu'il n'çft jamais permis à un homme de fe fépa-
rer dç fa femme; & viciffim que pour caufe d'a-
dultere; & qu'après cette féparatipn qui eft légi-
time dans ce cas il ne lui eft pas permis d'en
époufes une autre e»fin M, Boiruet dans fes
(avanies difcufliions Avec, le minïftre Jurieu Sç
fur-tout daps Tés avertiflemens adreiïes aux pro-»-
teftans, fuppofe 8? prouve par- tout avec une
fupériorité, une folidité fans réplique l'imniua-»
ble doâtine que J. C. a révélée à (on églife fur
rindi.lTolubilité du mariage.
Point de coiifcquenee même adret, félon les
principes de la tradition, des exemples des pa-
triarches anciens Ôc de l'autorité qui pourroit
itre invdquée d'après ,la pratique primitive du
peuple Juif; car il faudrait en conclure aufli
qu'on pourroit à Piiiftar de ces perfonnages rcf-
pec^ables, épouter en légitime mariige plufieurs
femmes la fois, ce que la rai (on Se la religion
jrépwttvçnt igalemcnf ce qàç U permfité du
(4V)
fiede & la courtuption de nos *nœu rs n'ont pas
encore o(é bazarde*, ni fe permettre d'ériger en
loi. On fait 4'ailleurs que Dieu ne permit alors
le divorce, ou plutôt ne toléra cette dérogation
i. l'inftitution originaire du mariage, pour parler
le langage du teste facré qu'à caufe de la dureté
du coeur de fon peuple t «d dtrUiem coi dis.
Le mariage a donc été rappellé dans la loi
nouvelle à fa première inftitutiou !k fa fainteté
primitive, quod Deus conjunxit homo qon/eparet
qui ne permet pas aux hommes de fcparer ce que
Dieu a une fois uni dans l'ordre du mariage, &
que dans la natale même de cette union, égale-
ment augure Se refpeihble deux épçux qui ne
font qu'un, dans une même chair comme dans le
même efprit, doivent l'être jufqu'à la fin, comme
le corps & l'ame dont l'union forme la vie ne
font défunis que par la mort.
En vain diroir-on que |i liberté confacrée par la
conftitution répugne, comme, on Ta dit du célibat
des prêtres, des engagemens irrévocables, Se
ne permet point de raliénér toute entière & pou.
toujours par des liens hidiVcrets. La liberté n'eft
autre chofe que Ja foumifTion à la loi & cette
foumiffion doit c:re perpétuelle à plos forte rai-
fon quand il s'agit de la loi divine. Les divers en-,
les hommes forment entr'eux font
4J )
irrévocables de !enr nature,- & avec l'étre tuprème
ils ne le fefoiépt pas Quelle contradiâion Tant
qu'on ne .fera pas convaincu de cette vérité fi com-
mune que le dcfpotifme de la loi eft la fauve-
garde de la liberté il n'y aura que défordre dans
l'état comme il n'y, aura que renvérfement d'i-
dées & de raifon, tant qu'on fc diflimulera que
l'égalité politique contrée par la déclaration
des droits, n'eft pas une égalité morale & phyfi-
que d'individus que la nature rejette & qui ren-
verfeJa focicré; mais uni égalité de droits aux
yeux de la loi, qui ne connoît de diftindions que
celle des talens & des vertus pour parvenir aux
emplois, ou obcenir juftice, fans préjudice de
celle que fulspofent les rangs, les autorités les
propriétés les catafteres qui différencient les
hommes tntr'eux.
Ainfi pour revenir à la queftion fous l'enga-
gement perpétuel du mariage on eft libre comme
un citoyen eft libre dé toute autre chaîne fous
l'empire des devoirs que ce titre itS impofe en
,Vertu de la loi Se la réparation légale q*ii peut avoir
lieu dans les cas prévus par elle, fans di (foudre le
noeud conjugal, quand il exiftoit auparavant eft
un moindre fcandale, un moindre attentat contre
fa Sainteté, que le divorce, puifqu'elle peut n'être
pas fans retour. Elle tepréfente le cas d'un citoyen
mécontent de la loi de ion pays qui croit trouver
Je bonheur dans un climat étranger, & cbnferve'
ion/ours dans fon coeur l'efpoir & le droit de
ievenir en goûter les véritables douceurs dans le
lein de fa patrie.
On trouve bien dur, nous allèguent encore cfcrr
.tains partions du divorce de s'engager quelr
qu'état ou être pour toute
M vie. Quelle incônféqueiice! le ferment civique
.que tous les citoyens ont prononcé le 14 juillet 1799,
n'ctojt il pas un engagement du même genre? Èbran-
Jera-t-on la fuliditc de celui-ci, ên mcconnoilTant
J'infolvabilitc du premier ? & la religion ainft que
Ja patrie, ne nous offrent elles pas des adouci f-
femens &: des reffources dans l'inMifloIubilité
«incme du lien conjugal quand il devient infup-
.portable fans te détruire, fans en former un
.nouveau ?
Mais en mettant part tesdiverfes auto-
f?tés que l'on n'a fait qu'indiquer il faut
;en fuient une autre méthode pour parvenir ail
•jjnême réfultat examiner rapideuient les funeftes
:inconvcniens du divorce dans l'ordre de la fo-
jciété, par conféquent dans fes rapports avec la
jconfticution qui en eft le fondement cV le lien.
Ceuxqui ne l'adoptent pas, le irouventinfiniment
iplus d^
moeurs publiques, parce que là facilité ou refpcran-
ce de pouvoir un jour rompre ce lien facré, quelque
rigotireufes conditions qui foient exigées pour en
prévenir la rupture rendra les époux difpofés à
le contracter moins circonfpects dans leurs choix,
plus hardis à former des unions mal alîorries 6c
inconvenantes fous tous les rapports,. tant qu'Us
feront a (Turcs de pouvoir tacitement Se continuel-
Jement les rompre un jour quand J'jnçonftance
ou la corruption du coeur'après le Mins écoulé
de l'illufion funefte des pàflîons les leur aura
rendues in fupportables.
il eft contraire i l'intérêt des époux honnêtes
& religieux, mais difeordans dont la réunion eft
toujours fi defirable & fi intéreÏÏànte pour leur-
famille parce qu'il leur ôteroit l'efpérance &;
les rnoyeris de fe réconcilier & de reflerrec
plus étroitement encore après J'éprouve & la
leçon d'une difgràcjfclatante des liens qu'une
affection nouvelle & 'oubli de leur ancienne mé-
fjinelligence poutroient tenouer pour leur propre
çonfolation & le bien de leurs enfans C deux
époux féparés ou l'un d'eux feulement, contrac-
t oient des engagemens étrangers à leur première
II ta contraire for-tout' i Tintérêt Ci touchant
&.$ «n/ans nés danv un premier mariage, & dont

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